Ludwig Van Montreal

ENTREVUE | Les Rugissants offrent une plongée dans la musique et l’architecture arméniennes

L'ensemble vocal Les Rugissants au Théâtre Paul-Desmarais du Centre d'architecture canadien le 19 avril. (Photo : Luigi Capasso)
L’ensemble vocal Les Rugissants au Théâtre Paul-Desmarais du Centre d’architecture canadien le 19 avril. (Photo : Luigi Capasso)

L’ensemble vocal Les Rugissants poursuit sa série ARCHES dans laquelle il allie musique et architecture pour offrir une expérience multidimensionnelle de mise en valeur des patrimoines culturels de différentes origines dans l’espace montréalais. Cette nouvelle édition met en valeur le legs de la culture arménienne à travers un programme combinant musiques liturgique, classique récente et des arrangements de chants folkloriques, présentés dans quatre lieux significatifs.

Les Rugissants

Le directeur musical Xavier Brossard-Ménard a fondé Les Rugissants en 2017 en tant « qu’organe de réflexion sur la façon de faire de la musique de concert au XXIe siècle, sur comment sortir de la pratique muséale de la musique pour faire de la musique live en synergie avec notre époque ». Le nom du groupe est une indication de la large palette d’expression humaine auquel il aspire : tiré de l’appellation « les quarantièmes rugissants » donnée par les marins aux latitudes entre le 40e et le 50e parallèles en raison des vents forts qui y soufflent, il annonce une prise de position en faveur des contrastes forts et un détachement de la « partie apollinienne » de l’interprétation musicale.

Le concept de la série ARCHES est né autant du désir d’élaborer une formule permettant de présenter le même concert plusieurs fois devant des publics différents que de la grande curiosité du chef pour les langues et les traditions de différentes cultures. Les premières itérations (Montréal Pluriel, Westmount, Sud-Ouest) ont vu le jour sous forme uniquement de capsules vidéo, disponibles sur le site du groupe. Depuis 2021, la série a pris une forme hybride combinant concerts en présentiel dans des lieux représentatifs, incluant animation verbale sur l’histoire du lieu, et tournage de capsules vidéo. La série actuelle fait suite à celles sur les communautés italienne et ukrainienne. La prochaine série, elle, aura comme sujet la langue française en tant que point d’intersection des expériences des communautés immigrantes et d’accueil.

« La série agit comme un sas où se rencontrent les communautés mises en valeur et la communauté québécoise, mais aussi les membres des différentes vagues d’immigration de ces mêmes communautés », se réjouit Brossard-Ménard.

ARCHES : Présence arménienne

Puisant dans des ressources fournies par la cheffe de chœur d’origine arménienne Gohar Manvelyan, Xavier Brossard-Ménard a assemblé un panorama assez large du répertoire choral des XXe et XXIe siècles. « La musique vocale arménienne a commencé à intégrer l’harmonisation à plusieurs voix à partir du XIXe siècle, alors qu’auparavant dominait le chant monodique, dont les lignes étaient empreintes de couleurs orientales, » explique-t-il.

L’histoire du peuple arménien est remplie de souffrances, et la musique est naturellement un outil privilégié pour consigner à la fois les événements et leur charge émotionnelle. « C’est un répertoire intense, très, très beau, et très singulier, » décrit le chef, mentionnant particulièrement les chants liturgiques de Komitas qui ouvrent le concert, une pièce de Vatché Sharafyan, un compositeur arménien dont les crédits incluent d’avoir été le compositeur officiel du projet Silk Road de Yo-Yo Ma , et les extraits d’Ars Poetica no 3 de Tigran Mansourian, qu’il compare aux œuvres vocales du compositeur tchèque Bohuslav Martinu.

La série est soutenue par la Fondation Famille Manouk Djoukhadjian, permettant la participation de la soprano Anna Karslyan. L’Ensemble vocal de Saint-Laurent se joindra aux Rugissants pour interpréter ensemble une pièce du programme lors du premier concert, tandis que Musica Orbium fera de même lors d’un concert subséquent.

 

Lieux

Les concerts des 26 avril, 1, 2 et 9 mai se tiendront dans quatre églises représentant quatre branches confessionnelles différentes de la foi arménienne. La première église, Notre-Dame-de Nareg dans Ville Saint-Laurent, est construite conformément à la forme typique des églises d’Arménie, agrémentée d’un angle contemporain. Le deuxième lieu, la Cathédrale arménienne Saint Grégoire L’illuminateur dans Outremont, a connu une histoire typique du contexte montréalais, ayant d’abord été une église unie avant d’être achetée en 1969 pour y établir une communauté arménienne. Similairement, la Première Église évangélique arménienne, où aura lieu le troisième concert, a commencé son histoire en tant qu’église catholique Saint Gaëtan. Construite entre 1965 et 1967, elle est considérée comme le bâtiment le plus remarquable de l’architecte québécois Louis Lapierre. La série conclura à l’épicentre des activités de la communauté arménienne, l’Église arménienne Sourp Hagop, dans Ville Saint-Laurent.

Veronika Brandl-Mouton, du partenaire Héritage Montréal, sera présente lors des concerts pour offrir un commentaire historique et architectural sur chaque lieu.

ARCHES : PRÉSENCE ARMÉNIENNE

LE 26 AVRIL, 16 H, ÉGLISE NOTRE-DAME-DE-NAREG

LE 1 MAI, 19 H, CATHÉDRALE ARMÉNIENNE SAINT GRÉGOIRE L’ILLUMINATEUR

LE 2 MAI, 19 H, PREMIÈRE ÉGLISE ÉVANGÉLIQUE ARMÉNIENNE

LE 9 MAI, 19 H, ÉGLISE ARMÉNIENNE SOURP HAGOP

DÉTAILS ET BILLETS

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