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NOUVELLE | En 2026-2027, l’OSD se pète les bretelles

Pour sa saison 2026-2027, l’Orchestre symphonique de Drummondville (OSD) annonce avoir « envie de se péter les bretelles et de vous dire à quel point c’est exceptionnel d’avoir un orchestre symphonique de ce calibre dans la région. » Ce n’est pas que de l’esbrouffe : depuis douze ans que Julien Proulx en a pris la direction musicale et artistique, l’OSD se distingue par une programmation combinant attraits et curiosités, interprétée par un orchestre en évolution constante.

Le concert de jeudi soir dernier faisait la démonstration de cette évolution, alors que, pour la première fois de son histoire, l’OSD osait s’attaquer à une symphonie de Bruckner : « On était rendus là », affirme Julien Proulx. « On a fait beaucoup de musique romantique allemande, avec tous les Brahms et presque tous les Schumann. Bruckner, c’était la prochaine étape dans cette veine-là. »

La relation de confiance entre le chef et le public drummondvillois s’est elle aussi consolidée avec les années, lui permettant de leur proposer ce voyage dans cette musique « rigoureuse, différente dans sa façon de raconter une histoire en musique ».  Julien Proulx s’applique toujours à offrir à son public une clé d’écoute spécifique pour apprivoiser les œuvres au programme. Cette fois, il lui a présenté la Sixième symphonie de Bruckner comme une visite dans une grande église, où le regard alterne entre éblouissement grandiose et admiration d’un détail dans une petite alcôve, une approche qui a porté fruit : « J’ai été étonné à quel point le public a apprécié et s’est laissé embarquer dans ce long voyage : les applaudissements finaux ont été très nourris, accompagnés de cris bruyants! »

Il n’y a pas qu’au niveau du répertoire que l’évolution de l’OSD se fait sentir. Au fil des années, l’Orchestre a développé des initiatives pour se rapprocher d’autres tranches de public.

La série de concerts de musique de chambre offre une initiation en douceur au monde de la musique classique. Animés par Julien Proulx lui-même ou par Gabriel Paquin-Buki, ces concerts-causeries rassemblent un petit nombre de membres de l’orchestre dans des formations variées, abordant des thématiques telles que les voyages de Mozart, l’utilisation de la musique à des fins patriotiques, l’influence de la musique folklorique japonaise ou la contradiction inhérente à l’attribution de la nationalité française au cor. « Il y a pas mal de public qui viennent voir l’orchestre pour la première fois à travers cette série-là, » se réjouit le chef. « Et c’est agréable aussi pour les musicien·ne·s de travailler quelque chose ensemble en petit groupe. »

Parallèlement, l’OSD s’applique à rejoindre les populations dites empêchées, qui pour plein de raisons sont dans l’impossibilité de venir au concert. « En région, l’orchestre symphonique est souvent le seul pôle qui existe en musique classique. À Drummondville, il y a un seul programme de musique au niveau primaire et un au niveau secondaire. On est pratiquement un service public, » souligne Julien Proulx.

Cette conscience communautaire s’exprime entre autres par un projet développé avec la contribution de spécialistes de la médiation culturelle, amenant une équipe de musicien·ne·s à monter un petit spectacle avec des jeunes d’âge scolaire. D’autres partenariats ont été développés, ou sont en voie de l’être, avec la Maison Normand Léveillé, œuvrant auprès d’adultes vivant avec une déficience intellectuelle; avec Espace Transition du CHU Sainte-Justine, afin d’aider des jeunes dont la vie est affectée par des problèmes de santé mentale à retrouver confiance en eux à travers une pratique artistique, ainsi qu’auprès de la Maison de la famille Drummond.

 

Saison 2026-2027

Arrivé à maturité, l’OSD entre dans une phase de consolidation. Il se sent prêt à se révéler à un public encore plus nombreux, attirant l’attention avec une signature visuelle accrocheuse. Son objectif? Rien de moins que « conquérir le monde, un·e Drummondvillois·e à la fois »!

Pour ce faire, l’OSD et Julien Proulx misent sur des combinaisons surprenantes, passant de la musique du film Psycho de Bernard Herrmann à l’Oiseau de feu de Stravinsky (Cauchemar sur la rue Ringuet, 15 octobre 2026), du Concerto pour violoncelle de Denis Gougeon avec le soliste Stéphane Tétreault à la Symphonie no 1 d’Emilie Mayer (Classique ou pas, j’y vais, concert dirigé par la cheffe invitée Monica Chen, 19 novembre 2026) et de la Symphonie no 2 de Brahms à une chanson écrite et interprétée par la contralto Rose Naggar-Tremblay, invitée à chanter Les nuits d’été de Berlioz en première partie (Voir la nuit en rose, 15 avril 2027).

Si Julien Proulx s’est laissé convaincre d’enfin inclure un concert de musique de film (Un popcorn avec ça, 17 décembre 2026), il ne pouvait s’empêcher d’y donner une dimension historique démontrant la filiation entre le son hollywoodien (l’omniprésent John Williams, avec La guerre des étoiles, E.T., La liste de Schindler et Maman, j’ai raté l’avion!) et l’héritage de la musique viennoise (représentée par Seahawk d’Erich Wolfgang Korngold, considéré le grand-père de la musique de film, ainsi que Casablanca et King Kong de Max Steiner).

En février, l’Orchestre propose de contrer l’ennui de l’hiver qui s’étire avec un programme ensoleillé mettant de l’avant le bandonéon de Denis Plante (qui avait provoqué un « engouement hallucinant » lors d’une causerie) et la guitare de Tommy Dupuis, Révélation Radio-Canada 2025 et originaire de la région.

Causeries

La série des causeries propose trois rendez-vous à la salle Canimex du Complexe Swift : Ceci n’est pas un cor français (24 septembre 2026), Rives : l’univers de Yuki Isami (4 février 2027) et Espana, je rêve à toi! (6 mai 2027).

Tous les détails de la programmation et l’achat de billets et d’abonnement sont accessibles dès maintenant sur le site de l’OSD.

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