
L’Opéra de Montréal a procédé aujourd’hui au dévoilement de sa programmation 2026-2027, la première saison complète sous la direction générale de Jean-Pierre Primiani, arrivé en poste en novembre dernier. Six œuvres sont annoncées, dont deux créations mondiales et quatre coproductions, une hausse par rapport à la saison en cours. La maison d’opéra consolide par ailleurs ses liens avec l’Orchestre Métropolitain, qui participera à quatre productions.
L’ambitieuse saison affiche ses couleurs dès le départ en ouvrant avec Turandot, opéra monumental déployant tout l’arsenal le plus spectaculaire du genre : vaste chœur, troupe de danse et scénographie imposante. Cette coproduction avec le Washington National Opera et le Dallas Opera intègre une nouvelle fin signée Christopher Tin, qu’on annonce « plus sensible et plus cohérente que les complétions traditionnelles ». Le rôle titre sera tenu par Maida Hunderling et Andrea Shin se glissera dans la peau de Calaf. Joyce El-Khoury sera Liu et Raymond Aceto, Timur, tandis que Nathan Keoughan, Rocco Rupolo et Angelo Moretti formeront le trio Ping, Pang et Pong. Richard Margison en Altoum et Colin Mackey en Mandarin complètent la distribution. Devant l’Orchestre Métropolitain et le Chœur de l’Opéra de Montréal, le chef Paolo Arrivabeni tiendra les rênes musicaux de cette production mise en scène par Francesca Zambello, dont les représentations auront lieu du 26 septembre au 4 octobre.
À la fin novembre, ce sera au tour du très romantique Werther de Massenet de garnir la scène de la salle Wilfrid-Pelletier, dans une mise en scène imaginée par Alain Gauthier dans une esthétique empruntée à la célèbre émission télévisée Downton Abbey – l’écrin parfait, dit le communiqué, pour cet opéra français emblématique. Je ne dis pas que c’est une mauvaise idée, mais c’est une affirmation un peu saugrenue, de déclarer sans autre contexte que l’esthétique d’un récit se déroulant dans un manoir très British au cours de la deuxième décennie du XXe siècle forme l’écrin parfait pour un opéra résolument français de la fin du XIXe siècle, basé sur un roman d’un des plus grands auteurs de la littérature allemande du dernier quart du XVIIIe siècle. Nonobstant cette incongruité de formulation, Jacques Lacombe sera au podium pour diriger l’Orchestre Métropolitain, le Chœur de l’Opéra de Montréal et une distribution réunissant noms connus et découvertes. Julie Boulianne fera un retour à l’Opéra de Montréal dans le rôle de Charlotte, qu’elle chantera face au ténor français en vogue Julien Dran, qui fera ses débuts dans notre ville. Sophie Naubert et Hugo Laporte seront de la partie, ainsi que Tomislav Lavoie, Jeremy Scinocca et Dante Mullin Santone. Les partenaires de l’Opéra de Montréal pour cette coproduction sont cette fois la Canadian Opera Company et le Vancouver Opera.
Pour commencer 2027, l’Opéra de Montréal nous titille en annonçant une version concert d’un autre opéra emblématique, de la culture viennoise cette fois, avec Der Rosenkavalier de Richard Strauss. Yannick Nézet-Séguin sera au pupitre de l’Orchestre Métropolitain pour les deux représentations, les 28 et 31 janvier 2027, de cet événement marquant, Der Rosenkavalier n’ayant pas été présenté à Montréal depuis une trentaine d’années. La distribution vocale reste cependant un mystère pour l’instant.
« J’ai commencé ma carrière comme assistant chef d’orchestre et chef des chœurs à l’Opéra de Montréal quand j’avais 23 ans, et c’est comme ça que j’ai appris à connaître l’OM. Je crois sincèrement à la synergie entre les deux institutions : la musique en ressort gagnante. » – Yannick Nézet-Séguin, Directeur artistique et Chef principal de l’Orchestre Métropolitain de Montréal
Le communiqué envoyé par l’Opéra de Montréal souligne avec raison l’engagement de celui-ci envers la création de nouvelles œuvres lyriques, engagement qui a récemment été récompensé par le succès retentissant de Clown(s) d’Ana Sokolovic et de Martin Genest. La nouvelle programmation poursuit cette mission en proposant deux créations. La première, La lettre au général Franco, est une reformulation du texte de l’auteur espagnol Fernando Arrabal, auquel l’adaptation s’abreuve librement. Michel Beaulac, directeur artistique de l’Opéra de Montréal, cosigne le livret avec Kristian Frédric, la mise en musique étant l’œuvre de Pedro Halffter, qui sera également au pupitre. Le texte transformé donne vie à trois personnages, chantés par Dominique Côté, Magali Simard-Galdès et Rose Naggar-Tremblay, sur un accompagnement fourni par l’Orchestre de l’Agora. Les représentations auront lieu à la Salle Pierre-Mercure du 27 février au 7 mars 2027.
Un mois plus tard, une création hybride, entre musique baroque et langage actuel, sera présentée au Monument-National. Se saisissant de l’opéra Atys de Lully et Quinault, les compagnies et groupes montréalais Ballet Opéra Pantomime (BOP), l’Opéra de Montréal, Les Boréades de Montréal et UBU compagnie de création imaginent une nouvelle tragédie en musique dans l’univers politique des États-Unis des années 1980. Le compositeur Jonathan Dawe est chargé d’actualiser la musique de Lully, la mise en scène du produit final étant confiée à la metteure en scène Stéphanie Jasmin. Hubert Tanguay-Labrosse dirige Les Boréades de Montréal, le Chœur BOP et les solistes Frédéric Antoun, Myriam Leblanc, Jamal Al Titi, Ellita Gagner, Dante Mullin Santone, Odile Portugais, Grace Budoloski et Colin Mackey.
La saison se conclura avec un autre moment fort au début du mois de mai, alors que Matthew White, Sarah Dufresne, Étienne Dupuis, Nathan Berg et Rose Naggar-Tremblay seront réunis dans Rigoletto de Verdi. Ils seront appuyés par Gregory Dahl, Grace Budoloski, Onur Hilaloglu, Ellita Gagner, Jeremy Scinocca et Dante Mullin Santone, sans oublier le Chœur de l’Opéra de Montréal. Dans la fosse, le chef Simon Rivard sera à la tête de l’Orchestre Métropolitain. Cette nouvelle production de l’Opéra de Montréal sera mise en scène par François Racine.
Billets et abonnements
Les billets seront mis en vente à partir du 20 avril, à l’exception de Der Rosenkavalier, dont la mise en vente débutera le 28 avril. Les abonnements seront disponibles quelques jours plus tôt, soit dès le 16 avril.
Les abonné·e·s bénéficient des avantages suivants : la possiblité d’un paiement échelonné sans frais, une réduction de 15 % sur l’achat de billets supplémentaires pour leurs proches, une invitation gratuite à la finale des Auditions nationales de l’Atelier lyrique le 10 novembre 2026 à la Salle Wilfrid-Pelletier, ainsi que divers avantages partenaires et d’un cadeau exclusif.
Plusieurs formules sont proposées, dont l’abonnement Classique ainsi que l’abonnement à tarif réduit pour les 18-34 ans (ce dernier en quantité limitée).
Les personnes déjà abonnées souhaitant renouveler leur abonnement peuvent le faire dès maintenant et jusqu’au 10 avril.
Toutes les informations sont disponibles sur le site de l’Opéra de Montréal.