
Un message de la Salle Bourgie
La Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal accueillera le 4 mars 2026 un concert du baryton Brett Polegato et du pianiste Stephen Hargreaves, consacré à la musique contemporaine. La poésie y est au cœur du programme, illustrant comment les compositeurs s’inspirent des textes de grandes femmes de lettres, de la Torontoise Gil Adamson à l’Américaine Emily Dickinson.
En préparation de ce concert, Brett Polegato répond à quelques questions sur ce programme intimiste et sur sa relation avec la poésie et le chant.
Le programme va de Vaughan Williams à Julian Philips, Matthew Ricketts et Estacio, couvrant différentes générations et langages musicaux. Comment construisez-vous un parcours émotionnel cohérent pour le public à travers ces styles si variés?
BP : La construction d’un parcours émotionnel change évidemment d’un programme à l’autre. Ce qui m’a attiré dans ce programme en particulier, c’est l’affinité de chaque compositeur avec sa muse, le poète. À l’exception de Ralph Vaughan Williams et de Fredegond Shove, nièce par alliance de Vaughan Williams, aucun des compositeurs de ce récital n’a rencontré la femme dont les mots ont inspiré sa créativité.
Et pourtant, chaque groupe de pièces présente un équilibre naturel : la musique et les mots se complètent et s’élèvent mutuellement, et le langage musical semble se plier à l’esprit des poèmes.
Pour trouver le fil conducteur qui relie poète et compositeur, j’ai abordé chacune de ces œuvres comme si j’explorais différents aspects d’une relation. Aucun point de vue ne domine pour moi. Je me sens engagé dans un dialogue avec quatre “couples” différents.
Vous avez construit une carrière internationale dans l’opéra et le répertoire de récital. Qu’est-ce qui vous attire aujourd’hui vers des programmes de récital intimistes comme celui-ci, et comment reflètent-ils votre évolution artistique?
BP : Les récitals ont toujours été pour moi la colonne vertébrale de ma carrière. Je me considère avant tout comme un chanteur de concert qui chante de l’opéra. Il n’existe pas de communion plus grande que celle d’un chanteur et d’un pianiste racontant des histoires au public, dépouillés de tout artifice : costumes, décors, et (oui!) même orchestre. Je suis attiré par l’humanité des récitals.
Passionné de lecture, je place toujours les mots au cœur de mon art. La poésie est l’un des plus grands dons de l’humanité, et ces poèmes (écrits il y a un siècle!) sont étonnamment modernes. Ils nous rappellent que, malgré les avancées technologiques, l’humain a peu changé : nous aimons, nous souffrons, nous cherchons la connexion, surtout dans un monde de plus en plus déconnecté.
Pour citer James Elroy Flecker, dont le poème « To a Poet a Thousand Years Hence » a inspiré l’une des plus grandes chansons de Gerald Finzi :
« Je me fiche que tu franchisses les mers,
Ou chevauches en sécurité le ciel cruel,
Ou bâtisses des palais parfaits
De métal ou de maçonnerie.
Mais as-tu encore du vin et de la musique,
Des statues et un amour aux yeux brillants,
Et des pensées folles de bien et de mal,
Et des prières à ceux qui siègent au-dessus? »
(Traduit par Florence Geneau)
Enseigner à McGill a-t-il transformé votre approche artistique? Le mentorat de jeunes chanteurs a-t-il changé votre manière d’aborder vos propres performances?
BP : J’enseigne à McGill depuis près de dix ans et c’est un privilège de travailler avec certains des meilleurs jeunes talents du pays. Je suis impressionné par leur désir de raconter des histoires et par la passion qu’ils y mettent. Comme jeunes chanteurs, leur passion dépasse souvent leur technique. L’artiste mature que je suis prend plaisir à aider un chanteur à découvrir comment répondre à ses besoins de narration à chaque étape de son développement. Rappelez-vous : il ne faut pas beaucoup de couleurs pour créer une image, apprendre à utiliser et mélanger le rouge, le jaune et le bleu a aidé bien des artistes!
J’ai également constaté combien notre humanité nous empêche – moi y compris – de tout dire. J’ai appris qu’aucune interprétation d’un chant n’a besoin d’englober tout ce que je pense. Et si j’ai de la chance, j’aurai l’occasion d’en dire davantage plus tard. Pour l’instant, il suffit de se concentrer sur ce que je veux dire aujourd’hui. À ce public. Sur ce qui m’importe à cet instant.
En concert à la Salle Bourgie avec Stephen Hargreaves au piano le mercredi 4 mars à 19h30.
Vivez ce moment exceptionnel!
Pour plus d’informations et pour se procurer des places, rendez-vous sur sallebourgie.ca
Des billets unitaires sont disponibles à partir de 10 $.
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