
Poursuivant les célébrations entourant sa 60e saison, la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) présente le vendredi 30 janvier le concert Fougue concertante, mettant en valeur trois jeunes solistes dans des concertos du répertoire contemporain, accompagnées par l’Ensemble de la SMCQ dirigé par Cristian Gort.
Le programme est le fruit d’un appel de dossiers lancé par la SMCQ l’an dernier dans le but de faire place à la relève. La sélection a été confiée à un comité de sélection composé de membres de la SMCQ et de membres externes, qui a arrêt son choix sur les propositions de trois instrumentistes formant un éventail éclectique. La percussionniste Catherine Cherrier sera la soliste pour (d)Tourner (2017) de Philippe Leroux. Ce sera ensuite au tour de la hautboïste Élise Poulin, qui sera mise en valeur dans Trame I (1997) de Martín Matalon, tandis que le concert conclura avec le Concerto pour violon Graal Théâtre (1997) de Kaija Saariaho avec la violoniste Bailey Wantuch.
En début de concert, la SMCQ honorera la mémoire d’une compositrice dont la carrière prometteuse est arrivée à terme prématurément le 13 novembre dernier. D’origine croate, Margareta Jerić était établie à Montréal depuis de nombreuses années, ayant fait l’ensemble de son parcours universitaire à l’Université de Montréal. Son décès à l’âge de 43 ans a bouleversé ses collègues du monde musical, dont Simon Bertrand, directeur artistique de la SMCQ. Dans un message de sympathies publié sur le compte Facebook de la SMCQ, il rendait hommage à la compositrice, « une musicienne d’un talent exceptionnel » dont les œuvres ont démontré tôt « une musicalité et une subtilité hors du commun ».
À partir de la France où il se préparait à rentrer à Montréal, Simon Bertrand a répondu à quelques questions au sujet du concert de vendredi soir.
Parlez-nous du concours qui a mené au choix des concertos.
L’idée était, en plus de faire place à la relève, d’encourager de jeunes solistes à effectuer des recherches dans le répertoire contemporain pour leurs instruments respectifs. La qualité des dossiers soumis à fait en sorte que ce sont trois jeunes femmes qui ont été choisies.
Pouvez-vous décrire chaque concerto en quelques mots?
L’œuvre de Matalon est un dialogue subtil (et, somme toute, assez lyrique) entre le hautbois et l’ensemble instrumental, qui contient également, par moments, un tonus rythmique fascinant.
Quant à la pièce de Leroux, elle est très virtuose et haletante, avec un travail très approfondi sur le « trait » et la « ligne », où des motifs, souvent de forme circulaire et en transformation continue, circulent d’un instrument à l’autre. Comme c’est souvent le cas dans la musique de Philippe Leroux, l’attention de l’auditeur est en permanence stimulée, et c’est très excitant à écouter!
L’œuvre de Saariaho, Grall Théâtre, inspirée d’un livre du même nom, possède une linéarité caractéristique de cette compositrice et un caractère presque narratif. Elle révèle des couleurs saisissantes, complexes et parfois opaques, typiques de cette immense compositrice.
L’œuvre qui ouvre le concert revêt un sens particulier, quel est-il?
En début de programme, nous avons décidé de rendre hommage à la jeune compositrice Margareta Jerić, décédée en novembre dernier. Nous reprendrons son œuvre Échos de l’Adriatique, un vibrant hommage à son pays natal, la Croatie. J’ai commandé cette œuvre à Margareta quand je suis arrivé à la SMCQ comme directeur artistique en 2023, car je connaissais déjà son travail : en effet, à l’université de Montréal, où quand j’étais chargé de cours et auxiliaire d’enseignement, j’avais corrigé ses travaux d’étudiante à l’époque, qui me semblaient déjà de véritables petites merveilles. Échos de l’Adriatique a été créé lors de la dernière édition du festival Montréal/Nouvelles Musiques en 2025. Nous étions loin de nous douter qu’il s’agirait de son testament musical… Le concert sera dédié à sa mémoire.
LE 30 JANVIER, 19 H 30, SALLE PIERRE-MERCURE DÉTAILS ET BILLETS