{"id":93438,"date":"2026-05-28T16:44:25","date_gmt":"2026-05-28T20:44:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=93438"},"modified":"2026-05-29T14:00:04","modified_gmt":"2026-05-29T18:00:04","slug":"critique-osm-schumann-vide-et-wagner-interminable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2026\/05\/28\/critique-osm-schumann-vide-et-wagner-interminable\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | OSM : Schumann vide et Wagner interminable"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_93442\" aria-describedby=\"caption-attachment-93442\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-93442 size-full\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/Copie-de-CRITIQUE36.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/Copie-de-CRITIQUE36.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/Copie-de-CRITIQUE36-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/Copie-de-CRITIQUE36-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/05\/Copie-de-CRITIQUE36-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-93442\" class=\"wp-caption-text\">Rafael Payare et l&rsquo;OSM interpr\u00e9tant Le Ring sans paroles de Wagner\/Maazel \u00e0 la Maison symphonique le 27 mai 2026. (Photo : Gabriel Fournier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;<strong>Orchestre symphonique de Montr\u00e9al<\/strong> (<strong>OSM<\/strong>) donne cette semaine ses concerts de cl\u00f4ture de saison, dont avait lieu hier soir la premi\u00e8re repr\u00e9sentation devant une Maison symphonique remplie. En premi\u00e8re partie, l&rsquo;Orchestre accueillait un partenaire familier, le pianiste <strong>Yefim Bronfman<\/strong>, qui s&rsquo;est produit plus de 45 fois avec la phalange montr\u00e9alaise depuis ses d\u00e9buts nord-am\u00e9ricains au Forum \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans. Ensemble, ils ex\u00e9cutaient le <em>Concerto pour piano<\/em> de Schumann, suivi en deuxi\u00e8me partie du <em>Ring sans paroles<\/em>, un survol orchestral des quatre op\u00e9ras formant la t\u00e9tralogie de l&rsquo;<em>Anneau du Nibelung<\/em> de Wagner, arrang\u00e9 par Lorin Maazel.<\/p>\n<h3><em>Concerto pour piano<\/em> de Schumann<\/h3>\n<p>Coquille vide que cette ex\u00e9cution banale de ce c\u00e9l\u00e8bre concerto romantique. D\u00e8s le d\u00e9but, l&rsquo;orchestre et le pianiste ont de la difficult\u00e9 \u00e0 s&rsquo;entendre sur le tempo \u00e0 prendre : la connexion ne passe clairement pas. Du d\u00e9but jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, <strong>Bronfman<\/strong> se contente d&rsquo;ex\u00e9cuter les notes, mais ne propose aucune id\u00e9e musicale, aucun investissement personnel, aucun discours coh\u00e9rent. M\u00eame le timbre, clair mais sans substance, manque de personnalit\u00e9. Au moins, le premier hautbo\u00efste <strong>Vincent Boilard <\/strong>ne s&rsquo;est pas laiss\u00e9 contaminer par cette apathie et a fait chanter le th\u00e8me qui lui est confi\u00e9 avec son timbre riche et son fin sens musical habituels.<\/p>\n<h3><em>Le Ring sans paroles<\/em> de Wagner\/Maazel<\/h3>\n<p>Il serait naturel de penser que r\u00e9sumer 15 heures de musique (la dur\u00e9e totale des quatre op\u00e9ras formant la t\u00e9tralogie de l&rsquo;Anneau) en 70 minutes ne puisse faire autrement que de rendre le tout plus digestible. Or, comme le principe d&rsquo;un r\u00e9sum\u00e9 est de s\u00e9lectionner les moments les plus marquants d&rsquo;une trame narrative ou musicale, ces 70 minutes se d\u00e9roulent constamment \u00e0 un niveau de la plus haute intensit\u00e9, ne comportant que quatre ou cinq passages plus calmes ou plus l\u00e9gers. Tout comme la s\u00e9rie d&rsquo;op\u00e9ras lui servant de base n&rsquo;ont pas d&rsquo;\u00e9quivalent dans le r\u00e9pertoire, la pi\u00e8ce orchestrale qu&rsquo;en a tir\u00e9e Lorin Maazel suit un mod\u00e8le se d\u00e9marquant des autres exemples de musique de concert tir\u00e9es d&rsquo;\u0153uvres pour la sc\u00e8ne : d&rsquo;une part, ces suites orchestrales sont g\u00e9n\u00e9ralement en plusieurs mouvements (ce \u00e0 quoi l&rsquo;\u00e9criture en continu de Wagner se pr\u00eate certes mal), et d&rsquo;autre part, l&rsquo;ordre de ces mouvements a souvent \u00e9t\u00e9 remani\u00e9 pour l&rsquo;adapter \u00e0 la forme de musique de concert. Personnellement \u2014 et l&rsquo;accueil d\u00e9bordant qu&rsquo;a r\u00e9serv\u00e9 le public \u00e0 la prestation d&rsquo;hier soir indique qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une opinion effectivement toute personnelle \u2014 je ne vois pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 subir une version \u00e9lagu\u00e9e (quoique pas suffisamment) et diminu\u00e9e par l&rsquo;absence de voix de l&rsquo;enti\u00e8ret\u00e9 de l&rsquo;histoire de l&rsquo;<em>Anneau du Nibelung<\/em> en s&rsquo;astreignant de plus \u00e0 un d\u00e9roulement chronologique superflu. Ma constatation \u2014 encore une fois, toute personnelle \u2014 est que la musique en ressort amoindrie, le format condens\u00e9 mettant en lumi\u00e8re la r\u00e9p\u00e9tition des formules employ\u00e9es par Wagner et le manque de traitement \u00e9volutif.<\/p>\n<p>La prestation de l&rsquo;<strong>OSM<\/strong> n&rsquo;est nullement en cause : je n&rsquo;ai rien \u00e0 redire au sujet de l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;hier soir, hormis des cors wagn\u00e9riens pas tout \u00e0 fait r\u00e9chauff\u00e9s au tout d\u00e9but. Je croyais \u00e9galement qu&rsquo;on en avait fini avec la sursaturation sonore depuis l&rsquo;ajout de plateformes additionnelles et les ajustements apport\u00e9s \u00e0 la hauteur du plafond acoustique, et suis d\u00e9\u00e7ue de me faire de nouveau assaillir les tympans par des cymbales trop fortes et des timbales ultra s\u00e8ches, mais je vais simplement accepter qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une diff\u00e9rence de conception et\/ou de perception entre l&rsquo;audition de <strong>Rafael Payare<\/strong> et la mienne. Mis \u00e0 part ces deux points, l&rsquo;Orchestre se m\u00e9rite des f\u00e9licitations pour l&rsquo;exploit accompli.<\/p>\n<p>\u00c0 la sortie, j&rsquo;ai entendu un auditeur exprimer son impression de la soir\u00e9e : \u00ab\u00a0Une exp\u00e9rience unique!\u00a0\u00bb Je suis heureuse pour lui que son choix d&rsquo;expression indiqu\u00e2t une impression positive. Quant \u00e0 moi, je serai heureuse que l&rsquo;exp\u00e9rience conserve son caract\u00e8re unique en n&rsquo;\u00e9tant pas r\u00e9p\u00e9t\u00e9e.<\/p>\n<p>Ce qui n&rsquo;est pas pour dire que je n&rsquo;assisterai pas aux repr\u00e9sentations des op\u00e9ras entiers de Wagner annonc\u00e9es hier soir : en effet, au micro avant le concert, <strong>M\u00e9lanie La Couture<\/strong> a d\u00e9voil\u00e9 qu&rsquo;apr\u00e8s les cycles Mahler (dont j&rsquo;attends avec curiosit\u00e9 l&rsquo;\u00e9ventuelle cl\u00f4ture par l&rsquo;immense <em>Symphonie des Mille<\/em>), Chostakovitch et Mozart\/da Ponte, l&rsquo;<strong>OSM<\/strong> et <strong>Rafael Payare<\/strong> s&rsquo;attaqueront dans les prochaines ann\u00e9es aux op\u00e9ras de Wagner, en commen\u00e7ant par <em>Das<\/em> <em>Rheingold<\/em> (<em>L&rsquo;Or du Rhin<\/em>).<\/p>\n<p>D&rsquo;autres annonces justifiaient l&rsquo;intervention de la pr\u00e9sidente et cheffe de la direction. D&rsquo;une part, elle a f\u00e9licit\u00e9 sa pr\u00e9d\u00e9cesseure <strong>Madeleine Careau<\/strong>, pr\u00e9sente au concert, pour le doctorat <em>honoris causa<\/em> lui ayant \u00e9t\u00e9 remis au d\u00e9but du mois par l&rsquo;universit\u00e9 McGill, en reconnaissance de sa contribution essentielle au paysage culturel qu\u00e9b\u00e9cois \u00e0 travers une fructueuse carri\u00e8re en gestion des arts. D&rsquo;autre part, elle a soulign\u00e9 le d\u00e9part \u00e0 la retraite de deux musicien\u00b7ne\u00b7s de longue date de l&rsquo;<strong>OSM<\/strong>, pierres angulaires moins visibles que le visage de la direction mais tout aussi essentielles. Apr\u00e8s plus de 40 ans, <strong>Monique Poitras<\/strong>, membre de la section des seconds violons, et <strong>Pierre-Vincent Plante<\/strong>, pr\u00e9cieux joueur de cor anglais, joueront ce soir leurs derni\u00e8res notes avec l&rsquo;Orchestre. Bonne retraite et un sinc\u00e8re merci \u00e0 tous deux!<\/p>\n<p>ERRATUM &#8211; <em>Dans le<\/em> Concerto pour piano<em> de Schumann, la partie de premier hautbois a \u00e9t\u00e9 tenue par <strong>Vincent Boilard<\/strong>, et non <strong>Alex Liedtke<\/strong> tel que nous l&rsquo;avions d&rsquo;abord indiqu\u00e9. Heureusement, les qualit\u00e9s mentionn\u00e9es s&rsquo;appliquent tout aussi bien aux deux excellents musiciens.<\/em><\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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