{"id":92850,"date":"2026-04-20T15:10:36","date_gmt":"2026-04-20T19:10:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=92850"},"modified":"2026-04-20T15:12:13","modified_gmt":"2026-04-20T19:12:13","slug":"critique-lom-celebre-hetu-et-la-musique-francaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2026\/04\/20\/critique-lom-celebre-hetu-et-la-musique-francaise\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | L&rsquo;OM c\u00e9l\u00e8bre H\u00e9tu et la musique fran\u00e7aise"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_92851\" aria-describedby=\"caption-attachment-92851\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-92851\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE28.jpg\" alt=\"Le Trio Hochelaga et l'Orchestre M\u00e9tropolitain sous la direction de Fran\u00e7ois Leleux. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE28.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE28-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE28-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE28-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-92851\" class=\"wp-caption-text\">Le Trio Hochelaga et l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain sous la direction de Fran\u00e7ois Leleux. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;<strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong> (OM) donnait vendredi soir \u00e0 la Maison symphonique un concert qui avait tout pour devenir un \u00e9v\u00e9nement. Cet \u00e9v\u00e9nement, c&rsquo;est la pr\u00e9sentation du <em>Triple concerto<\/em> de <strong>Jacques H\u00e9tu<\/strong>. Nous aurions pu \u00e9crire \u00ab la v\u00e9ritable cr\u00e9ation \u00bb, car la premi\u00e8re de l\u2019\u0153uvre ne s&rsquo;est pas d\u00e9roul\u00e9e dans les meilleures conditions. La cr\u00e9ation a eu lieu \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2003, par l&rsquo;Orchestre symphonique de Montr\u00e9al et le Trio Hochelaga, \u00e0 l&rsquo;Amphith\u00e9\u00e2tre de Lanaudi\u00e8re, un soir d&rsquo;orage o\u00f9 les \u00e9l\u00e9ments avaient notablement parasit\u00e9 l&rsquo;\u00e9coute de l\u2019\u0153uvre. Votre humble serviteur peut en t\u00e9moigner puisqu&rsquo;il avait brav\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque les intemp\u00e9ries pour assister au concert, assis sur une chaise de jardin dans la pelouse lanaudoise, \u00e0 peine prot\u00e9g\u00e9 par un imperm\u00e9able et un parapluie!<\/p>\n<p>Cette reprise, dans le confort et la qualit\u00e9 acoustique de la Maison symphonique, \u00e9tait donc l&rsquo;occasion de jouir ad\u00e9quatement de l\u2019\u0153uvre et de la d\u00e9couvrir dans toute sa subtilit\u00e9. Il faut dire qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exception du <em>Triple concerto<\/em> de Beethoven, cette formule d&rsquo;un concerto pour une formation chambriste ne s&rsquo;est pas impos\u00e9e au concert, et les rares compositions qui s&rsquo;y sont attel\u00e9s n&rsquo;ont pas trouv\u00e9 de place au r\u00e9pertoire. Nous avons ici une \u0153uvre qui aurait le potentiel de se d\u00e9marquer.<\/p>\n<h3>Une \u0153uvre substantielle<\/h3>\n<p>On reconna\u00eet dans ce <em>Triple concerto<\/em> la griffe du compositeur : l&rsquo;harmonie riche aux couleurs cr\u00e9pusculaires, son orchestration ma\u00eetris\u00e9e et un lyrisme complexe et expressif qui \u00e9voque parfois Berg, parfois Dutilleux. Les mauvaises langues diront que rien ne ressemble plus \u00e0 un concerto de Jacques H\u00e9tu qu&rsquo;un autre concerto de Jacques H\u00e9tu. Ce que ces mauvaises langues ne comprennent pas, c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 travers cette forme classique, H\u00e9tu y a insuffl\u00e9 le meilleur de son inspiration. De plus, la formule de ce concerto \u00e0 trois solistes lui permet d&rsquo;exploiter des configurations diverses o\u00f9 la notion de dialogue ne se fait pas seulement dans la dichotomie soliste\/orchestre, puisque la formation chambriste permet aussi la pr\u00e9sence de sous-ensembles.<\/p>\n<p>On retient donc de ce concerto la partition particuli\u00e8rement riche du violon et du violoncelle (ce dernier est magnifiquement mis en valeur au second mouvement), ainsi que le discours aux harmonies denses et complexes du piano. Du <strong>Trio Hochelaga<\/strong> d&rsquo;origine (pour lequel le concerto a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9), seule demeure la violoniste <strong>Anne Robert<\/strong>, qui porte l\u2019\u0153uvre \u00e0 bout de bras avec une passion communicative. Au violoncelle, <strong>Dominique Beaus\u00e9jour-Ostiguy<\/strong> a d\u00e9montr\u00e9 une solide interpr\u00e9tation coupl\u00e9e \u00e0 une grande musicalit\u00e9. Le pianiste <strong>Dantonio Pisano<\/strong> aborde quant \u00e0 lui la partition avec cran et caract\u00e8re. Ces solistes\/chambristes sont d&rsquo;excellents avocats pour d\u00e9fendre cette \u0153uvre imposante.<\/p>\n<p>H\u00e9tu est particuli\u00e8rement efficace dans les interventions en d\u00e9flagration de l&rsquo;orchestre, ce dernier \u00e9tant bien fourni. N\u00e9anmoins, on a l&rsquo;impression que l&rsquo;imposant orchestre n&rsquo;est pas aussi pr\u00e9sent qu&rsquo;on pourrait le souhaiter dans l&rsquo;aspect \u00ab\u00a0dialogue\u00a0\u00bb typique du concerto. Les solistes sont donc tr\u00e8s bien mis en valeur tandis que l&rsquo;orchestre l&rsquo;est peut-\u00eatre un peu moins. Ceci dit, on ne boude pas notre plaisir \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de ce concerto solidement construit et substantiel.<\/p>\n<h3>L\u2019enjeu de la diffusion de notre musique<\/h3>\n<p>Ce concert d\u00e9montre n\u00e9anmoins une situation d\u00e9plorable\u00a0: il aura fallu attendre 23 ans entre la cr\u00e9ation de l\u2019\u0153uvre et sa reprise. On peut lire dans le programme que \u00ab\u00a0Jacques H\u00e9tu fait partie des compositeurs contemporains les plus jou\u00e9s au pays\u00a0\u00bb. Si on doit attendre 23 ans pour r\u00e9\u00e9couter une \u0153uvre majeure du compositeur le plus jou\u00e9 au pays, autant mieux dire qu&rsquo;on ne joue pas vraiment nos compositeurs! Certes, le catalogue d&rsquo;H\u00e9tu est riche et vari\u00e9, ce qui permet d&rsquo;affirmer sans trop se tromper que sa musique est couramment pr\u00e9sente dans nos concerts. Le constat demeure\u00a0: que fait-on de notre musique et de notre patrimoine musical?<\/p>\n<p>Saluons donc l&rsquo;audace de l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain d&rsquo;avoir programm\u00e9 cette \u0153uvre d&rsquo;importance, mais posons-nous la question\u00a0: pourquoi jouer la musique de nos compositeurs est une audace, alors qu&rsquo;elle devrait \u00eatre la norme? Notre milieu musical a un examen de conscience \u00e0 faire \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<h3>Un programme fran\u00e7ais<\/h3>\n<p>Pour diriger ce concert au programme ax\u00e9 surtout sur la musique fran\u00e7aise, l&rsquo;OM accueillait <strong>Fran\u00e7ois Leleux<\/strong>, hautbo\u00efste qui d\u00e9veloppe aussi une carri\u00e8re de chef. L&rsquo;artiste nous laisse un souvenir sympathique, avec une gestuelle expressive (peut-\u00eatre m\u00eame un peu trop!) qui permet de mousser l&rsquo;effervescence des musiciens. La suite de <em>Ma M\u00e8re l&rsquo;Oye<\/em> de Ravel ouvrait le concert avec des <em>tempi<\/em> plut\u00f4t vifs, o\u00f9 la po\u00e9sie descriptive \u00e9tait un peu \u00e9vacu\u00e9e au profit d&rsquo;une all\u00e9gresse presque forc\u00e9e.<\/p>\n<p><em>Le R\u00eave de Cl\u00e9op\u00e2tre<\/em> de Mel Bonis aura \u00e9t\u00e9 une belle d\u00e9couverte, avec une atmosph\u00e8re sensuelle et orientale qui rappelle un peu la musique de Roussel ou de Koechlin. La sonorit\u00e9 g\u00e9n\u00e9reuse de l&rsquo;OM trouvait ici une partition parfaite pour y d\u00e9voiler des couleurs nouvelles dans cette r\u00eaverie contrast\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour clore le concert, Leleux a dirig\u00e9 par c\u0153ur, sans partition, la <em>Symphonie en Do<\/em> de Bizet avec une vivacit\u00e9 soutenue. Ses <em>tempi<\/em> rapides font mouches dans les premier et quatri\u00e8me mouvements, mais sont moins pertinents dans le mouvement lent, marqu\u00e9 <em>Adagio<\/em>, et qui \u00e9tait ici nettement trop vite. N\u00e9anmoins, on a pu appr\u00e9cier le magnifique solo de la hautbo\u00efste <strong>L\u00e9anne Teran-Paul<\/strong> ainsi que l&rsquo;implication d\u00e9vou\u00e9e des musiciens de l&rsquo;orchestre.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> \u00a0<a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI.<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain (OM) donnait vendredi soir \u00e0 la Maison symphonique un concert qui avait tout pour devenir un \u00e9v\u00e9nement. 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