{"id":92618,"date":"2026-04-05T20:10:49","date_gmt":"2026-04-06T00:10:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=92618"},"modified":"2026-04-05T20:10:49","modified_gmt":"2026-04-06T00:10:49","slug":"critique-osm-requiem","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2026\/04\/05\/critique-osm-requiem\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Requiem allemand de l&rsquo;OSM : la reproduction historique au prix de l&rsquo;\u00e9motion"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_92637\" aria-describedby=\"caption-attachment-92637\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-92637\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE26.jpg\" alt=\"Le Ch\u0153ur et l'Orchestre symphonique de Montr\u00e9al sous la direction de Kent Nagano. (Photo : Gabriel Fournier)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE26.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE26-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE26-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE26-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-92637\" class=\"wp-caption-text\">Le Ch\u0153ur et l&rsquo;Orchestre symphonique de Montr\u00e9al sous la direction de Kent Nagano. (Photo : Gabriel Fournier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;<strong>Orchestre symphonique de Montr\u00e9al<\/strong> (<strong>OSM<\/strong>) et son <strong>Ch\u0153ur,<\/strong> dirig\u00e9s par <strong>Kent Nagano<\/strong>, pr\u00e9sentaient vendredi soir la premi\u00e8re de deux repr\u00e9sentations d&rsquo;un concert ayant comme \u0153uvre principale le <em>Requiem allemand<\/em> de Brahms, pr\u00e9sent\u00e9 en deux versements, chaque portion \u00e9tant suivie d&rsquo;une s\u00e9lection de trois ou quatre courts extraits d&rsquo;autres \u0153uvres sacr\u00e9es ou d&rsquo;expression contemplative.<\/p>\n<h3>Le Ch\u0153ur<\/h3>\n<p>Le <strong>Ch\u0153ur<\/strong>, pr\u00e9par\u00e9 par <strong>Andrew Megill<\/strong>, s&rsquo;est montr\u00e9 en grande forme, \u00e0 la fois puissant et subtil. Les pupitres \u00e9taient \u00e9gaux et bien fondus. Le timbre \u00e9tait plein et vibrant, m\u00eame dans les fortissimos, comme le climax \u00e0 l&rsquo;unisson du deuxi\u00e8me mouvement, \u00ab\u00a0<em>Denn alles Fleisch es ist wie Gras<\/em>\u00ab\u00a0, dont la puissance avait de quoi donner des frissons. Plus loin, la victoire sur la mort et l&rsquo;enfer (\u00ab\u00a0<em>Tod, wo ist Dein Stachel, H\u00f6lle, wo ist Dein Sieg<\/em>\u00ab\u00a0) du sixi\u00e8me mouvement est demeur\u00e9e cependant un peu trop jolie, n&rsquo;osant semble-t-il pas pousser jusque dans la fureur et la provocation.<\/p>\n<h3>La revanche des consonnes<\/h3>\n<p>Pour une fois, vous ne lirez nulle part que le ch\u0153ur escamotait les consonnes : au contraire, il les attaquait presque avec hargne, clairement d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 ne se faire reprocher aucune mollesse de ce c\u00f4t\u00e9. Comme souvent dans la vie, le pendule a bascul\u00e9 dans l&rsquo;autre exc\u00e8s : se faire r\u00e9conforter (\u00ab\u00a0<em>geTTRR\u00f6steTTT!!!<\/em>\u00ab\u00a0) avec cette intensit\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait un peu comme se faire ass\u00e9ner un coup de po\u00eale sur la t\u00eate pour oublier ses soucis. Je caricature, bien s\u00fbr, et en fait, je me r\u00e9jouis de cette clart\u00e9 de la prononciation &#8211; nul doute qu&rsquo;un petit adoucissement permettra d&rsquo;atteindre le proverbial juste milieu la prochaine fois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_92640\" aria-describedby=\"caption-attachment-92640\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-92640\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Johannes-Kammler-OSM-Nagano\u00a9Gabriel-Fournier-3.jpg\" alt=\"Johannes Kammler (Photo : Gabriel Fournier)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Johannes-Kammler-OSM-Nagano\u00a9Gabriel-Fournier-3.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Johannes-Kammler-OSM-Nagano\u00a9Gabriel-Fournier-3-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Johannes-Kammler-OSM-Nagano\u00a9Gabriel-Fournier-3-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Johannes-Kammler-OSM-Nagano\u00a9Gabriel-Fournier-3-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-92640\" class=\"wp-caption-text\">Johannes Kammler (Photo : Gabriel Fournier)<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Johannes Kammler<\/h3>\n<p>La voix du baryton invit\u00e9 <strong>Johannes Kammler<\/strong> est tout \u00e0 fait appropri\u00e9e pour le r\u00f4le qui lui est confi\u00e9 par Brahms. Par contre, la connexion entre le soliste et le ch\u0153ur \u00e9tait t\u00e9nue, les deux chantant en parall\u00e8le, c&rsquo;est-\u00e0-dire ensemble, mais pas en symbiose.<\/p>\n<h3>L&rsquo;orchestre<\/h3>\n<p>L&rsquo;orchestre, \u00e0 l&rsquo;image du ch\u0153ur, a jou\u00e9 avec beaucoup de d\u00e9finition et d&rsquo;\u00e9quilibre, optant pour l&rsquo;impact de la pr\u00e9cision et de l&rsquo;ampleur souple, plut\u00f4t que celui de la force sans retenue : les cuivres, sp\u00e9cifiquement, ont fait preuve de mesure, tenant compte des rapports de force existant entre les instruments \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Brahms.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, l&rsquo;ex\u00e9cution, pourtant empreinte de grandes qualit\u00e9s, souffrait d&rsquo;un certain aspect \u00ab\u00a0fabriqu\u00e9\u00a0\u00bb, manquant d&rsquo;abandon et de naturel.<\/p>\n<h3>Le programme<\/h3>\n<p>Le programme disparate reproduisait celui du concert du Vendredi Saint 1868 \u00e0 la Cath\u00e9drale de Br\u00eame, alors que Brahms dirigeait la premi\u00e8re audition des six mouvements d&rsquo;origine de son <em>Requiem allemand<\/em> (le cinqui\u00e8me mouvement, avec le solo de soprano, a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 plus tard). Regroup\u00e9s en deux groupes de trois, les mouvements du <em>Requiem<\/em> \u00e9taient entrecoup\u00e9s d&rsquo;\u0153uvres courtes pour voix, violon et orgue (interpr\u00e9t\u00e9es \u00e0 la Maison symphonique par la mezzo-soprano <strong>Paula Murrihy<\/strong>, le violoniste <strong>Alexander Janiczek<\/strong>, qui jouait Bach dans un style romantique charg\u00e9 de glissandos, comme ce qu&rsquo;aurait connu Brahms,\u00a0et l&rsquo;organiste <strong>Jean-Willy Kunz<\/strong>).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_92641\" aria-describedby=\"caption-attachment-92641\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-92641\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Alexander-Janiczek-et-Paula-Murrihy\u00a9Gabriel-Fournier-6.jpg\" alt=\"Alexander Janiczek et Paula Murrihy (Photo : Gabriel Fournier)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Alexander-Janiczek-et-Paula-Murrihy\u00a9Gabriel-Fournier-6.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Alexander-Janiczek-et-Paula-Murrihy\u00a9Gabriel-Fournier-6-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Alexander-Janiczek-et-Paula-Murrihy\u00a9Gabriel-Fournier-6-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Alexander-Janiczek-et-Paula-Murrihy\u00a9Gabriel-Fournier-6-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-92641\" class=\"wp-caption-text\">Alexander Janiczek et Paula Murrihy (Photo : Gabriel Fournier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Je ne peux pas dire que j&rsquo;ai trouv\u00e9 l&rsquo;exp\u00e9rience concluante. Les extraits de concertos pour violon de Bach et Tartini et des <em>Kinderszenen<\/em> de Schumann, transcrits pour violon et orgue, le \u00ab\u00a0Erbarme dich, mein Gott\u00a0\u00bb de la <em>Passion selon saint Matthieu<\/em> et les trois extraits du <em>Messie<\/em> de Haendel (\u00ab\u00a0I know that my Redeemer liveth\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Behold the Lamb of God\u00a0\u00bb et l&rsquo;in\u00e9vitable \u00ab\u00a0Hallelujah\u00a0\u00bb, chant\u00e9s en allemand dans la version orchestr\u00e9e par Mozart), toutes des pi\u00e8ces en soi int\u00e9ressantes et ex\u00e9cut\u00e9es par des interpr\u00e8tes de haut niveau, \u00e9taient cependant r\u00e9duites au niveau d&rsquo;interruptions h\u00e9t\u00e9roclites sans substance. Je me suis plus sentie priv\u00e9e de l&rsquo;exp\u00e9rience profonde qu&rsquo;aurait pu offrir une interpr\u00e9tation int\u00e9grale du <em>Requiem allemand<\/em> comme on le conna\u00eet aujourd&rsquo;hui, qu&rsquo;enrichie d&rsquo;une nouvelle perspective acquise par l&rsquo;immersion dans la reproduction d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement historique.<\/p>\n<p>D&rsquo;un aspect purement logistique et environnemental, je trouve \u00e9galement peu pertinent de faire venir un violoniste de Londres et une chanteuse de Francfort pour leur confier des interventions aussi anodines, mais c&rsquo;est l\u00e0 une consid\u00e9ration qui tarde vraiment \u00e0 \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e dans les crit\u00e8res de programmation.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> <a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI<\/a>.<\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Orchestre symphonique de Montr\u00e9al (OSM) et son Ch\u0153ur, dirig\u00e9s par Kent Nagano, pr\u00e9sentaient vendredi soir la premi\u00e8re de deux repr\u00e9sentations d&rsquo;un concert ayant comme \u0153uvre principale le Requiem allemand de Brahms, pr\u00e9sent\u00e9 en deux versements, chaque portion \u00e9tant suivie d&rsquo;une s\u00e9lection de trois ou quatre courts extraits d&rsquo;autres \u0153uvres sacr\u00e9es ou d&rsquo;expression contemplative.<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":92637,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42368,52],"tags":[],"yst_prominent_words":[15555,11230,9934,7202,10072,11275,9323,14381,9839,14124,9963],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/04\/Copie-de-CRITIQUE26.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-o5Q","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92618"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=92618"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92618\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":92642,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92618\/revisions\/92642"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/92637"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=92618"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=92618"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=92618"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=92618"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}