{"id":92489,"date":"2026-03-26T16:37:21","date_gmt":"2026-03-26T20:37:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=92489"},"modified":"2026-04-01T12:38:48","modified_gmt":"2026-04-01T16:38:48","slug":"entretien-marc-andre-hamelin-au-sujet-du-duo-quil-forme-avec-charles-richard-hamelin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2026\/03\/26\/entretien-marc-andre-hamelin-au-sujet-du-duo-quil-forme-avec-charles-richard-hamelin\/","title":{"rendered":"ENTRETIEN | Marc-Andr\u00e9 Hamelin au sujet du duo qu&rsquo;il forme avec Charles Richard-Hamelin"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_86378\" aria-describedby=\"caption-attachment-86378\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-86378\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/02\/Copie-de-ENTREVUE1.jpg\" alt=\"Marc-Andr\u00e9 Hamelin (Photo : Sim Cannety-Clarke)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/02\/Copie-de-ENTREVUE1.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/02\/Copie-de-ENTREVUE1-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/02\/Copie-de-ENTREVUE1-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/02\/Copie-de-ENTREVUE1-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-86378\" class=\"wp-caption-text\">Marc-Andr\u00e9 Hamelin (Photo : Sim Cannety-Clarke)<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>par Michelle Assay<\/em><\/p>\n<p><strong>Hamelin &amp; Richard-Hamelin<\/strong> : on pourrait croire au nom d\u2019un cabinet d\u2019avocats prestigieux. En r\u00e9alit\u00e9, il s\u2019agit de quelque chose de bien plus rare : la r\u00e9union sur sc\u00e8ne de deux des meilleurs pianistes du Qu\u00e9bec lors d\u2019un r\u00e9cital \u00e0 deux pianos promettant \u00e0 la fois \u00e9clat et profondeur.<\/p>\n<p>J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 eu le privil\u00e8ge de m\u2019entretenir avec ces deux artistes par le pass\u00e9. Ces rencontres m\u2019ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des musiciens d\u2019une intelligence et d\u2019un talent artistique exceptionnels, mais aussi d\u2019une modestie et d\u2019une chaleur d\u00e9sarmantes.<\/p>\n<p>Ce fut donc un plaisir tout particulier de renouer avec <strong>Marc-Andr\u00e9 Hamelin<\/strong> alors qu\u2019il entamait la partie canadienne de sa tourn\u00e9e actuelle. Je l\u2019ai retrouv\u00e9 \u00e0 Kitchener, en Ontario. Pour un pianiste constamment sollicit\u00e9 par un emploi du temps charg\u00e9, il s\u2019est montr\u00e9, comme toujours, g\u00e9n\u00e9reux de son temps.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons toute la matin\u00e9e \u00bb, m\u2019a-t-il rassur\u00e9. Cette g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 d\u2019esprit est \u00e9galement au c\u0153ur de ses partenariats musicaux \u2014 et aucun n\u2019en est plus empreint que sa collaboration avec <strong>Charles Richard-Hamelin<\/strong>.<\/p>\n<h3>Marc-Andr\u00e9 Hamelin &amp; Charles Richard-Hamelin<\/h3>\n<p>\u00ab C&rsquo;est <strong>Fran\u00e7oise Davoine<\/strong> (ancienne animatrice bien connue \u00e0 Radio-Canada), qui, nous connaissant tous les deux, a d\u00e9cid\u00e9 de nous mettre en contact. \u00bb, se souvient-il.<\/p>\n<p>Les deux pianistes se sont retrouv\u00e9s dans l\u2019un des restaurants v\u00e9g\u00e9tariens pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de <strong>Marc-Andr\u00e9<\/strong> \u00e0 Montr\u00e9al et ont discut\u00e9 pendant des heures.<\/p>\n<p>\u00ab Tr\u00e8s vite, j\u2019ai compris que c\u2019\u00e9tait quelqu\u2019un de vraiment formidable. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 entendu certaines de ses interpr\u00e9tations et je savais qu\u2019il \u00e9tait un grand musicien. \u00bb<\/p>\n<p>Leur premi\u00e8re collaboration a eu lieu un peu plus tard, au Festival de Lanaudi\u00e8re en juillet 2022, o\u00f9 ils ont interpr\u00e9t\u00e9 la <em>Sonate pour deux pianos en r\u00e9 majeur<\/em> de Mozart ainsi que son <em>Concerto pour deux pianos<\/em>. \u00ab \u00c7a a tellement bien fonctionn\u00e9 que nous avons d\u00e9cid\u00e9 de continuer. \u00bb<\/p>\n<p>Il est clair que <strong>Marc-Andr\u00e9<\/strong> a la plus haute estime pour le talent musical de son coll\u00e8gue.<\/p>\n<p>\u00ab Il est tr\u00e8s po\u00e9tique \u00bb, dit-il \u00e0 son sujet. \u00ab Il ne se pr\u00e9occupe jamais de lui-m\u00eame en tant que musicien, mais uniquement de ce qui est dans la partition, de ce qui doit \u00eatre communiqu\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Lorsque je sugg\u00e8re que cette modestie est une qualit\u00e9 qu\u2019ils partagent, il balaye mon compliment d\u2019un revers de main et le redirige vers son partenaire.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est l\u2019un des interpr\u00e8tes de Chopin les plus remarquables. Son Chopin est tout simplement hors du commun. \u00bb (<strong>Charles Richard-Hamelin<\/strong> a remport\u00e9 la m\u00e9daille d\u2019argent au Concours de piano Chopin de 2015.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_65164\" aria-describedby=\"caption-attachment-65164\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-65164\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/10\/2-Charles-Richard-Hamelin-Photo-Elizabeth-Delage.jpeg\" alt=\"Charles Richard-Hamelin (Photo : Elizabeth Delage)\" width=\"1024\" height=\"683\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/10\/2-Charles-Richard-Hamelin-Photo-Elizabeth-Delage.jpeg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/10\/2-Charles-Richard-Hamelin-Photo-Elizabeth-Delage-300x200.jpeg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/10\/2-Charles-Richard-Hamelin-Photo-Elizabeth-Delage-768x512.jpeg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-65164\" class=\"wp-caption-text\">Charles Richard-Hamelin (Photo : Elizabeth Delage)<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Les deux Hamelin en duo<\/h3>\n<p>En tant que duo, leur complicit\u00e9 semble presque instinctive.<\/p>\n<p>\u00ab Nous passons beaucoup de notre temps \u00e0 \u00eatre du m\u00eame avis \u00bb, remarque Marc-Andr\u00e9, avec un soup\u00e7on d\u2019amusement. \u00ab Et la plupart du temps, cela se produit sans que nous ayons \u00e0 faire grand-chose, ce qui est signe que les choses fonctionnent bien. \u00bb<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, les \u00e9changes critiques ne manquent pas. \u00ab Aucun de nous deux n\u2019h\u00e9site \u00e0 faire des suggestions. Et je prends tout ce qu\u2019il dit tr\u00e8s au s\u00e9rieux, parce qu&rsquo;il y a toujours une tr\u00e8s bonne raison derri\u00e8re. \u00bb<\/p>\n<p>Ce dialogue alimente directement leur objectif commun : sonner, autant que possible, comme un seul instrument.<\/p>\n<p>\u00ab Le but est de devenir aussi homog\u00e8nes et connect\u00e9s que possible \u00bb, explique-t-il. \u00ab Il est toujours utile de se rappeler que ce que nous faisons n\u2019est pas n\u00e9cessairement la meilleure solution. Cela nous am\u00e8ne constamment \u00e0 remettre les choses en question. \u00bb<\/p>\n<h3>Le r\u00e9pertoire<\/h3>\n<p>Leur nouveau programme refl\u00e8te \u00e9galement cet esprit de collaboration. Les suggestions ont \u00e9t\u00e9 faites de part et d&rsquo;autres : la pi\u00e8ce de Medtner a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e par <strong>Charles<\/strong>, le Mozart s\u2019inscrit dans le prolongement naturel de leur collaboration pr\u00e9c\u00e9dente, tandis que d\u2019autres pi\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 choisies plus au hasard.<\/p>\n<p>Le \u00ab Pas des cymbales \u00bb de C\u00e9cile Chaminade (extrait de <em>Callirho\u00e9<\/em>, 1888) a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 \u00e0 la demande d\u2019un festival qui souhaitait une \u0153uvre d\u2019une compositrice.<\/p>\n<p>\u00ab Je connaissais cette pi\u00e8ce, elle est tr\u00e8s captivante \u00bb, explique Marc-Andr\u00e9. \u00ab J\u2019en ai m\u00eame un rouleau pour piano m\u00e9canique chez moi. \u00bb \u00c0 l\u2019origine \u00e9crite pour orchestre, elle se transforme en un brillant morceau de bravoure pour deux pianos. \u00ab \u00c7a fonctionne parfaitement \u00bb, ajoute-t-il. \u00ab Ce n\u2019est pas compliqu\u00e9, mais c\u2019est tr\u00e8s efficace. \u00bb<\/p>\n<p>Le <em>Rondo en do majeur pour deux pianos<\/em> de Chopin pr\u00e9sente des d\u00e9fis assez diff\u00e9rents. \u00ab C\u2019est exub\u00e9rant, mais pas facile \u00bb, dit-il. \u00ab Il y a des passages, surtout dans ma partie, que je ne peux d\u00e9crire que par le mot \u201ctricotage\u201d \u00bb, faisant r\u00e9f\u00e9rence aux textures complexes de la composition.<\/p>\n<p>La musique de Nikolai Medtner, un contemporain proche de Rachmaninov mais bien moins souvent jou\u00e9, est l&rsquo;expression d&rsquo;un univers plus rar\u00e9fi\u00e9 et introverti. <strong>Marc-Andr\u00e9<\/strong> lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 une porte d\u2019entr\u00e9e id\u00e9ale dans le paysage sonore richement cisel\u00e9 de Medtner pour de nombreux auditeurs.<br \/>\nLorsque j\u2019\u00e9voque l\u2019admiration de <strong>Charles<\/strong> pour son autorit\u00e9 dans ce r\u00e9pertoire, <strong>Marc-Andr\u00e9<\/strong> d\u00e9tourne le compliment et se concentre sur la musique elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>\u00ab La pire chose que l\u2019on puisse faire \u00e0 Medtner, c\u2019est de l\u2019interpr\u00e9ter de mani\u00e8re passive \u00bb, dit-il. \u00ab \u00c0 premi\u00e8re vue, il n\u2019est pas aussi g\u00e9n\u00e9reux sur le plan m\u00e9lodique que Rachmaninov. Mais si l\u2019on prend le temps de p\u00e9n\u00e9trer son univers, on ne pourra plus s\u2019en d\u00e9tacher \u2014 c\u2019est fascinant. \u00bb<\/p>\n<p>Les <em>Deux pi\u00e8ces<\/em><em>,<\/em> op. 58 sont les seules incursions de Medtner dans le domaine du piano \u00e0 quatre mains. \u00ab C\u2019\u00e9tait un artisan hors pair. Sa ma\u00eetrise de la forme est extraordinaire. \u00bb Pourtant, leurs textures denses exigent une attention particuli\u00e8re. \u00ab Elles finissent par \u00eatre plus charg\u00e9es que les \u0153uvres pour piano solo, il faut donc les aborder avec beaucoup de prudence. Il faut \u00e9couter attentivement et mettre en valeur certains \u00e9l\u00e9ments pour guider l\u2019auditeur \u2014 sinon, les merveilles infinies qui se trouvent dans la pi\u00e8ce ne sont pas mises en valeur. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_92491\" aria-describedby=\"caption-attachment-92491\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-92491\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/marc-andre-hamelin-credit_-ben-ealovega.jpg\" alt=\"Marc-Andr\u00e9 Hamelin (Photo : Ben Ealovega)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/marc-andre-hamelin-credit_-ben-ealovega.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/marc-andre-hamelin-credit_-ben-ealovega-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/marc-andre-hamelin-credit_-ben-ealovega-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/marc-andre-hamelin-credit_-ben-ealovega-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-92491\" class=\"wp-caption-text\">Marc-Andr\u00e9 Hamelin (Photo : Ben Ealovega)<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Les d\u00e9tails<\/h3>\n<p>M\u00eame dans un r\u00e9pertoire qui peut sembler plus accessible \u00e0 premi\u00e8re vue, les questions d\u2019\u00e9quilibre et de texture sont essentielles.<\/p>\n<p>Chez Mozart, par exemple, \u00ab l\u2019interaction entre les pianos est merveilleuse. Il r\u00e9partit le mat\u00e9riau d\u2019une mani\u00e8re qu&rsquo;on retrouve chez peu de compositeurs. \u00bb<\/p>\n<p>Leur approche repose donc sur une intervention subtile. \u00ab Nous faisons de petites choses, mais nous essayons aussi de ne pas nous mettre en travers du chemin \u2014 c\u2019est tr\u00e8s important. \u00bb Une touche de spontan\u00e9it\u00e9 subsiste dans une br\u00e8ve cadence improvis\u00e9e du troisi\u00e8me mouvement, partag\u00e9e entre les deux pianistes, un \u00e9cho de la pratique du XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<h3>Percy Grainger<\/h3>\n<p>Leur programme se termine par la <em>Fantaisie sur<\/em> Porgy and Bess <em>de Gershwin<\/em> de Percy Grainger, une r\u00e9interpr\u00e9tation empreinte de vivacit\u00e9 des th\u00e8mes de l\u2019op\u00e9ra de George Gershwin.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est vraiment plus qu\u2019un simple arrangement : c\u2019est une fantaisie de 18 minutes \u00bb, explique Marc-Andr\u00e9. \u00ab Grainger aborde cette musique avec un immense enthousiasme, mais aussi beaucoup de respect. \u00bb<\/p>\n<p>Il appr\u00e9cie particuli\u00e8rement la compr\u00e9hension pratique que Grainger a de l\u2019instrument. \u00ab Il s\u2019est toujours souci\u00e9 des interpr\u00e8tes : c\u2019est tr\u00e8s bien \u00e9crit, tr\u00e8s attentionn\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>O\u00f9 s&rsquo;arr\u00eate Gershwin et o\u00f9 commence Grainger, exactement ? \u00ab Je pense que Grainger apporte avant tout son enthousiasme d\u00e9bordant pour la musique, mais aussi sa propre mani\u00e8re de la fa\u00e7onner \u2014 l&rsquo;encha\u00eenement des morceaux, les contrastes \u2014 ; il cr\u00e9e ainsi un ensemble tr\u00e8s coh\u00e9rent. On ne se demande jamais quand \u00e7a va finir; l&rsquo;\u0153uvre forme une tr\u00e8s belle courbe narrative. \u00bb Quant au style, \u00ab je n\u2019ai jamais vraiment consid\u00e9r\u00e9 Gershwin comme du jazz pur. Il y a du jazz, bien s\u00fbr, mais c\u2019est aussi de la musique populaire \u2014 de la musique de danse. \u00bb<\/p>\n<p>Ce sens du rythme et du mouvement trouve un \u00e9cho plus personnel dans le bis pr\u00e9vu : un court tango de <strong>Marc-Andr\u00e9<\/strong> lui-m\u00eame, \u00e9crit pour duo ou pour deux pianos. \u00ab C\u2019est peut-\u00eatre un peu long pour un rappel \u00bb, dit-il en souriant, \u00ab mais \u00e7a fonctionne tellement bien \u00bb.<\/p>\n<h3>Conclusion<\/h3>\n<p>Les questions pratiques, comme qui jouera sur quel piano, sont r\u00e9gl\u00e9es avec l&rsquo;absence d\u2019ego caract\u00e9risant l&rsquo;ensemble de leur collaboration. \u00ab Nous tenons toujours compte de la personnalit\u00e9 des pianos, de leur comportement acoustique dans la salle et du caract\u00e8re de la musique. Si les instruments sont trop diff\u00e9rents, il faut tout repenser. \u00bb<\/p>\n<p>La d\u00e9cision n\u2019est jamais hi\u00e9rarchique. \u00ab L\u2019ego n\u2019a pas sa place ici. Il s\u2019agit de savoir ce qui sert le mieux la musique. \u00bb<\/p>\n<p>Notre conversation, \u00e0 l\u2019image de tant de prestations de <strong>Marc-Andr\u00e9<\/strong>, oscille avec fluidit\u00e9 entre pr\u00e9cision et digression, abordant bri\u00e8vement les compositeurs, les enregistrements et les int\u00e9r\u00eats musicaux communs. Tout au long de notre entretien, il reste engag\u00e9, r\u00e9fl\u00e9chi et discr\u00e8tement enthousiaste, laissant fr\u00e9quemment percer une pointe d&rsquo;humour. Je me rappelle soudain que <strong>Charles<\/strong> m\u2019avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crit son coll\u00e8gue comme \u00ab la personne la plus dr\u00f4le que je connaisse \u00bb. Je vois maintenant ce qu\u2019il voulait dire.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est que vers la fin que je r\u00e9alise que le temps a fil\u00e9. Pour moi, cette journ\u00e9e rev\u00eat une signification suppl\u00e9mentaire : c\u2019est Nowruz, le Nouvel An persan. \u00c0 quelques minutes du passage \u00e0 la nouvelle ann\u00e9e, je m\u2019excuse et explique que je dois appeler ma famille.<\/p>\n<p>\u00ab Bien s\u00fbr, bien s\u00fbr \u2014 Bonne ann\u00e9e! \u00bb<\/p>\n<p>Je pars avec le sentiment d\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u le plus beau cadeau de Nouvel An qui soit : pas seulement une interview, mais un rappel de l&rsquo;importance de l&rsquo;\u00e9coute, du partage et d&rsquo;un sentiment de connexion, exprim\u00e9s \u00e0 travers la musique, les \u00e9changes et la collaboration.<\/p>\n<p><strong>Marc-Andr\u00e9 Hamelin<\/strong> et <strong>Charles Richard-Hamelin<\/strong> se produisent en r\u00e9cital \u00e0 la Salle Bourgie le 30 mars et les 1 et 2 avril, et au Club musical de Qu\u00e9bec le 31 mars.<\/p>\n<p><em>Cette entrevue a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e et r\u00e9dig\u00e9e en anglais par Michelle Assay et publi\u00e9e par Ludwig van Toronto. Elle a \u00e9t\u00e9 traduite et adapt\u00e9e par B\u00e9atrice Cadrin pour Ludwig van Montr\u00e9al.\u00a0<\/em><\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> <a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI<\/a>.<\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hamelin &#038; Richard-Hamelin : on pourrait croire au nom d\u2019un cabinet d\u2019avocats prestigieux. En r\u00e9alit\u00e9, il s\u2019agit de quelque chose de bien plus rare : la r\u00e9union sur sc\u00e8ne de deux des meilleurs pianistes du Qu\u00e9bec lors d\u2019un r\u00e9cital \u00e0 deux pianos promettant \u00e0 la fois \u00e9clat et profondeur.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":86378,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42368,10998],"tags":[42369,4678,2061,11137],"yst_prominent_words":[9842,9961,9966,7313,13532,9788,17266,15896,9811,7449,9967,11542],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/02\/Copie-de-ENTREVUE1.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-o3L","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92489"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=92489"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92489\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":92581,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92489\/revisions\/92581"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/86378"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=92489"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=92489"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=92489"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=92489"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}