{"id":92392,"date":"2026-03-19T17:15:46","date_gmt":"2026-03-19T21:15:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=92392"},"modified":"2026-03-23T14:00:06","modified_gmt":"2026-03-23T18:00:06","slug":"critique-les-noces-de-figaro-losm-du-bonbon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2026\/03\/19\/critique-les-noces-de-figaro-losm-du-bonbon\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Les noces de Figaro \u00e0 l\u2019OSM : Du bonbon!"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_92393\" aria-describedby=\"caption-attachment-92393\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-92393\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-CRITIQUE24.jpg\" alt=\"La distribution de Les noces de Figaro sur l'avant-sc\u00e8ne de la Maison symphonique, avec l'OSM et Rafael Payare. (Photo : Gabriel Fournier)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-CRITIQUE24.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-CRITIQUE24-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-CRITIQUE24-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-CRITIQUE24-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-92393\" class=\"wp-caption-text\">La distribution de Les noces de Figaro en pleine action sur l&rsquo;avant-sc\u00e8ne de la Maison symphonique, avec l&rsquo;OSM et Rafael Payare. (Photo : Gabriel Fournier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Apr\u00e8s <em>Cosi fan tutte<\/em> l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, l\u2019<strong>Orchestre symphonique de Montr\u00e9al<\/strong> (<strong>OSM<\/strong>) proposait hier soir la version concert des <em>Noces de Figaro<\/em> de Mozart. Cette formule en concert raffin\u00e9e et mieux d\u00e9velopp\u00e9e que celle de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re fait par l\u00e0 ses preuves et confirme qu\u2019il est possible de r\u00e9aliser des \u00e9v\u00e9nements lyriques de grandes qualit\u00e9s \u00e0 la Maison symphonique.<\/p>\n<h3>Une distribution en or<\/h3>\n<p>D\u00e9j\u00e0, c\u00f4t\u00e9 qualit\u00e9, on a \u00e9t\u00e9 g\u00e2t\u00e9 par une distribution de haut vol! Dans le r\u00f4le-titre, <strong>Ildebrando D\u2019Arcangelo<\/strong> est tout bonnement parfait. Il est autant agile vocalement que th\u00e9\u00e2tralement, et il propose un Figaro sautillant et rus\u00e9, amusant et complice, mais surtout tr\u00e8s humain, \u00e9tayant une gamme d\u2019\u00e9motions riches et subtiles. Et quelle voix! On est vraiment envout\u00e9 par son timbre riche et sa projection puissante.<\/p>\n<p>Le reste de la distribution n\u2019a pas \u00e0 p\u00e2lir devant lui! <strong>Luca Pisaroni<\/strong> est un Comte d\u2019autorit\u00e9, qui fait preuve aussi d\u2019un sens du jeu solide. Il est coupl\u00e9 \u00e0 <strong>Masabane Cecilia Rangwanasha<\/strong> qui offre toute la noblesse souhait\u00e9e au r\u00f4le de la Comtesse. Son interpr\u00e9tation de l\u2019aria <em>Dove sono<\/em> a \u00e9t\u00e9 un moment de pure beaut\u00e9.<\/p>\n<p>Soulignons aussi le Cherubino d\u2019<strong>Avery Amereau<\/strong>, musicalement solide mais surtout bien dos\u00e9 dans le jeu (c\u2019est facile de surjouer l\u2019effervescence adolescente de ce personnage, et Amereau ne tombe pas dans le pi\u00e8ge).<\/p>\n<p>Le cas d\u2019<strong>Anna Prohaska, <\/strong>qui incarnait Suzanna, est int\u00e9ressant. Durant les deux premiers actes, elle ne nous a pas impressionn\u00e9 outre mesure. Vocalement correcte, sans plus, et au jeu un peu terne, elle a sembl\u00e9 s\u2019\u00e9veiller et s\u2019\u00e9panouir apr\u00e8s la pause, transformant sa performance en quelque chose de plus p\u00e9tillant et de plus sensible. La fameuse <em>Canzonetta Sull&rsquo; aria<\/em> de l\u2019acte 3, chant\u00e9 en duo avec la Comtesse, nous a fait frissonner de plaisir tant le contraste de couleur des deux sopranos s\u2019agen\u00e7ait avec d\u00e9lice.<\/p>\n<p>Pour les petits r\u00f4les secondaires, rien de secondaire! <strong>Robert Pomakov<\/strong> (Don Bartolo), <strong>Angelo Moretti<\/strong> (Basilio \/ Don Curzio), <strong>Geoffroy Salvas<\/strong> (Antonio) et <strong>Carole-Anne Roussel<\/strong> (Barbarina) \u00e9tait tous\u00b7tes excellent\u00b7e\u00b7s. Mais la grande surprise, c\u2019est <strong>Dorothea Roschmann<\/strong> en Marcellina : une interpr\u00e8te de cette trempe dans un petit r\u00f4le de la sorte, c\u2019est un grand luxe, mais c\u2019est surtout une belle le\u00e7on d\u2019art! Il n\u2019y a pas de petits r\u00f4les, il n\u2019y a que des petits interpr\u00e8tes. Ici, Roschmann d\u00e9voile l\u2019imp\u00e9rialit\u00e9 de son art avec une voix toujours aussi magnifique, coupl\u00e9 \u00e0 une pr\u00e9sence sc\u00e9nique investie et naturelle. Elle a pratiquement vol\u00e9 la vedette, c\u2019est tout dire!<\/p>\n<p>Les courtes contributions du petit ch\u0153ur, solide, ont \u00e9t\u00e9 livr\u00e9es avec panache et prestance.<\/p>\n<h3>Une formule qui fonctionne<\/h3>\n<p>En version concert, le principal avantage de pr\u00e9senter un op\u00e9ra \u00e0 la Maison symphonique est que l\u2019acoustique y est infiniment meilleure qu\u2019\u00e0 Wilfrid-Pelletier. Ainsi, ce que l\u2019on perd en spectacle \u00e0 grand d\u00e9ploiement gagne en richesse et en raffinement musical.<\/p>\n<p>Mais on ne perd pas n\u00e9cessairement en th\u00e9\u00e2tre. On utilise ici le terme de \u00ab version concert \u00bb, mais il y a n\u00e9anmoins beaucoup de mise en sc\u00e8ne. Il y a bel et bien un spectacle \u00e0 voir. En fait, il n\u2019y a juste pas de d\u00e9cors \u00e0 voir! Le metteur en sc\u00e8ne <strong>Oriol Tomas<\/strong> a dirig\u00e9 les artistes avec acuit\u00e9 et r\u00e9ussi avec trois fois rien (une armoire, une chaise, un porte-manteau, et des costumes agr\u00e9ables) \u00e0 raconter l\u2019histoire et \u00e0 nous faire voir l\u2019\u0153uvre de Mozart.<\/p>\n<p>La formule comporte aussi une narratrice (magnifique et efficace <strong>Madeleine Sarr<\/strong>, \u00e0 la voix envoutante et \u00e0 la diction impeccable) qui compense les petites coupures (essentiellement dans les r\u00e9citatifs) par des \u00e9pisodes qui permettent de ne pas briser le fil narratif et de garder le rythme du spectacle. Il faut souligner la grande intelligence de ce texte, brillamment imagin\u00e9 par <strong>Mani Soleymanlou<\/strong>, dans lequel perce des pointes ironiques sur les jeux de r\u00f4les et de classes que mettent en lumi\u00e8re cet op\u00e9ra. Quand l\u2019intelligence est au rendez-vous, on ne peut qu\u2019\u00eatre combl\u00e9!<\/p>\n<p>Et du rythme, la soir\u00e9e n\u2019en manquait pas! <strong>Rafael Payare<\/strong> dirigeait avec enthousiasme cette partition, tout en \u00e9tant \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ses interpr\u00e8tes vocaux, qu\u2019il soutenait avec attention et sensibilit\u00e9. Et franchement, quel plaisir d\u2019entendre l\u2019op\u00e9ra accompagn\u00e9 par un orchestre aussi magnifique (les vents \u00e9taient splendides, et plus particuli\u00e8rement les bassons, v\u00e9ritables \u00e9toiles du match). Pour les quelques r\u00e9citatifs qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 retranch\u00e9s, le duo form\u00e9 d\u2019<strong>Esther Gonthier<\/strong> au pianoforte et d\u2019<strong>Anna Burden<\/strong> au violoncelle a \u00e9t\u00e9 impeccable.<\/p>\n<p>Cette soir\u00e9e a \u00e9t\u00e9 du bonbon, et on souhaite ardemment que d\u2019autres op\u00e9ras soient pr\u00e9sent\u00e9s en version concert \u00e0 la Maison symphonique, et ce dans d\u2019aussi bonnes conditions, afin que les amateur\u00b7e\u00b7s d\u2019art lyrique puisse jouir d\u2019une exp\u00e9rience musicale aussi grande que satisfaisante.<\/p>\n<p><em>Les noces de Figaro\u00a0<\/em>est pr\u00e9sent\u00e9 de nouveau vendredi soir.<\/p>\n<p>LE 20 MARS, 19 H 30, MAISON SYMPHONIQUE\u00a0 D\u00c9TAILS ET BILLETS<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> <a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI.<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s Cosi fan tutte l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, l\u2019Orchestre symphonique de Montr\u00e9al (OSM) proposait hier soir la version concert des Noces de Figaro de Mozart. Cette formule en concert raffin\u00e9e et mieux d\u00e9velopp\u00e9e que celle de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re fait par l\u00e0 ses preuves et confirme qu\u2019il est possible de r\u00e9aliser des \u00e9v\u00e9nements lyriques de grandes qualit\u00e9s \u00e0 la Maison symphonique.<\/p>\n","protected":false},"author":111,"featured_media":92393,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42368,52],"tags":[42369,2542],"yst_prominent_words":[9842,7202,20510,7498,31077,15057,11442,9869,19640,29830,25229,20367,16498,26919,9839,18482,15701,9971],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-CRITIQUE24.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-o2c","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92392"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/111"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=92392"}],"version-history":[{"count":36,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92392\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":92445,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92392\/revisions\/92445"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/92393"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=92392"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=92392"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=92392"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=92392"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}