{"id":92344,"date":"2026-03-16T15:45:36","date_gmt":"2026-03-16T19:45:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=92344"},"modified":"2026-03-18T14:00:02","modified_gmt":"2026-03-18T18:00:02","slug":"entrevue-tabea-zimmermann-et-javier-perianes-lechange-didees-musicales-et-lamitie-sont-indissociables","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2026\/03\/16\/entrevue-tabea-zimmermann-et-javier-perianes-lechange-didees-musicales-et-lamitie-sont-indissociables\/","title":{"rendered":"ENTREVUE | Tabea Zimmermann et Javier Perianes : \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9change d&rsquo;id\u00e9es musicales et l&rsquo;amiti\u00e9 sont indissociables\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_92345\" aria-describedby=\"caption-attachment-92345\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-92345\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-ENTREVUE8.jpg\" alt=\"Javier Perianes et Tabea Zimmermann (Photos : Marci Borggreve)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-ENTREVUE8.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-ENTREVUE8-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-ENTREVUE8-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-ENTREVUE8-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-92345\" class=\"wp-caption-text\">Javier Perianes et Tabea Zimmermann (Photos : Marci Borggreve)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il est 9 heures du matin vendredi, mais d\u00e8s que les cam\u00e9ras sont allum\u00e9es, ce sont deux visages p\u00e9tillants d&rsquo;humour et de convivialit\u00e9 qui m&rsquo;accueillent : <strong>Tabea Zimmermann<\/strong> et J<strong>avier Perianes<\/strong> ont beau avoir derri\u00e8re eux d\u00e9j\u00e0 une premi\u00e8re partie de tourn\u00e9e en Allemagne et avoir travers\u00e9 l&rsquo;oc\u00e9an il y a peu pour la poursuivre aux \u00c9tats-Unis et au Qu\u00e9bec (Qu\u00e9bec et Montr\u00e9al sont leurs seuls arr\u00eats canadiens), ils sont en meilleure forme que moi.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tu vois qu&rsquo;il est impossible de ne pas rigoler avec lui!\u00a0\u00bb, lance <strong>Tabea Zimmermann<\/strong> en cours d&rsquo;entrevue, r\u00e9agissant aux boutades badines de son coll\u00e8gue. (L&rsquo;entrevue se d\u00e9roulait en anglais, mais je suis pas mal certaine qu&rsquo;on en aurait \u00e9t\u00e9 rendus \u00e0 tu \u00e0 ce point dans la conversation.) Sans le vouloir, le th\u00e8me de l&rsquo;amiti\u00e9 est devenu central \u00e0 notre \u00e9change, autant parce que leur album paru le jour m\u00eame de notre entretien c\u00e9l\u00e8bre l&rsquo;amiti\u00e9 et les influences r\u00e9ciproques entre Brahms, Joachim et le couple Schumann, que parce que la bonne entente entre <strong>Zimmermann<\/strong> et <strong>Perianes<\/strong> perce l&rsquo;\u00e9cran.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On s&rsquo;est rencontr\u00e9s par l&rsquo;entremise d&rsquo;une amie commune qui insistait pour qu&rsquo;on joue ensemble. D\u00e8s notre premi\u00e8re rencontre, on s&rsquo;est mis \u00e0 lire de la musique et le courant est pass\u00e9 tout de suite\u00a0\u00bb, se souvient <strong>Zimmermann<\/strong>. \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9change d&rsquo;id\u00e9es musicales et l&rsquo;amiti\u00e9 sont indissociables l&rsquo;une de l&rsquo;autre. C&rsquo;est si important, quand on fait de la musique ensemble, d&rsquo;avoir un langage commun bas\u00e9 sur le respect et des \u00e9changes qui m\u00e8nent vers de nouvelles d\u00e9couvertes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans notre carri\u00e8re, on passe tellement de temps \u00e0 voyager, vaut mieux s&rsquo;assurer de le faire avec des gens qui nous rendent heureux!\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit <strong>Perianes<\/strong>.<\/p>\n<h3>Album<\/h3>\n<p>Le respect mutuel et les \u00e9changes d&rsquo;id\u00e9es musicales au sein du quatuor form\u00e9 de Robert et Clara Schumann et des amis Johannes Brahms et Joseph Joachim sont bien document\u00e9s. C&rsquo;est ce que le duo d&rsquo;interpr\u00e8te a souhait\u00e9 mettre de l&rsquo;avant sur leur enregistrement, qui culmine par le <em>Trio pour clarinette<\/em>, op. 114 de Brahms, dans sa version pour alto, violoncelle et piano. Cerise sur le sundae, pour ainsi dire, l&rsquo;\u0153uvre leur donnait l&rsquo;occasion d&rsquo;inviter leur grand ami r\u00e9ciproque <strong>Jean-Guihen Queyras<\/strong> \u00e0 se joindre \u00e0 eux.<\/p>\n<p>Plusieurs des autres \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 arrang\u00e9es par <strong>Tabea Zimmermann<\/strong> pour son instrument : le \u00ab\u00a0Scherzo\u00a0\u00bb de la<em> Sonate F. A. E<\/em>\u00a0de Brahms, les <em>Trois romances<\/em>, op. 94 pour hautbois et piano de Robert Schumann et les <em>Trois romances<\/em>, op. 22 pour piano et violon de Clara Schumann. Les <em>M\u00e9lodies h\u00e9bra\u00efques<\/em>, op. 9 de Joseph Joachim compl\u00e8tent le programme.<\/p>\n<p>Sur l&rsquo;album r\u00e9sultant, paru chez harmonia mundi, <strong>Zimmermann <\/strong>et <strong>Perianes\u00a0<\/strong>interpr\u00e8tent le romantisme des \u0153uvres choisies avec une d\u00e9licatesse ravissante, explorant la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 fleur de peau de l&rsquo;\u00e2me romantique plut\u00f4t que ses grands \u00e9panchements explosifs.<\/p>\n<h3>R\u00e9cital<\/h3>\n<p>Trouvant le r\u00e9pertoire de l&rsquo;album stylistiquement trop homog\u00e8ne pour une tourn\u00e9e de concert, <strong>Tabea Zimmermann<\/strong> et <strong>Javier Perianes<\/strong> ont con\u00e7u un nouveau programme uni par le m\u00eame th\u00e8me du respect et de l&rsquo;amiti\u00e9 entre compositeurs. Robert Schumann (<em>Fantasiest\u00fccke<\/em>, op. 73) et Brahms (<em>Sonate pour clarinette (alto) et piano en mi b\u00e9mol majeur<\/em>, op. 120 no 2) conservent des places de choix en premi\u00e8re partie, tandis que la seconde partie met de l&rsquo;avant le profond respect qui liait Benjamin Britten (<em>Lachrymae<\/em>) et Dimitri Chostakovitch (<em>Sonate pour alto<\/em>, op. 147). Il ne faut peut-\u00eatre pas s&rsquo;\u00e9tonner de l&rsquo;amiti\u00e9 qui a fleuri entre les deux compositeurs d\u00e8s leur premi\u00e8re rencontre en 1960, malgr\u00e9 le fait qu&rsquo;ils n&rsquo;aient eu aucune langue en commun hormis la musique, car la leur, de musique, entra\u00eene l&rsquo;auditeur dans des couleurs et des id\u00e9es \u00e0 la fois sombres et raffin\u00e9es. \u00ab\u00a0Bien qu&rsquo;on ne puisse pas dire de leur musique qu&rsquo;elle est remplie d&rsquo;espoir, on trouvait que le fait de r\u00e9unir Britten et Chostakovitch dans notre r\u00e9cital cr\u00e9e un moment tr\u00e8s sp\u00e9cial, o\u00f9 les sonorit\u00e9s sombres de l&rsquo;alto peuvent tout \u00e0 la fois r\u00e9fl\u00e9ter le monde ext\u00e9rieur et nous permettre de l&rsquo;oublier.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La <em>Sonate<\/em> de Chostakovitch, la derni\u00e8re pi\u00e8ce qu&rsquo;il a compos\u00e9e, d\u00e9bute par une musique tr\u00e8s clairsem\u00e9e, de simples pizzicatos en cordes ouvertes sur des notes graves tenues au piano. \u00c0 la question \u00e0 savoir comment aborder une musique aussi d\u00e9pouill\u00e9e, <strong>Tabea Zimmermann<\/strong> offre un aper\u00e7u de sa philosophie comme interpr\u00e8te :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au moment d&rsquo;interpr\u00e9ter en concert les \u0153uvres qu&rsquo;on a r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, il ne s&rsquo;agit plus de faire, mais de se placer dans un \u00e9tat sp\u00e9cifique, qui diff\u00e8re pour chaque pi\u00e8ce. Une fois \u00e9tabli le trajet \u00e9motionnel de la musique, je le traverse chaque fois comme pour la premi\u00e8re fois. Dans le cas de cette sonate de Chostakovitch, o\u00f9 les phrases sont tr\u00e8s longues, il faut anticiper la phrase compl\u00e8te. J&rsquo;imagine un paysage sib\u00e9rien, monochrome. Chostakovitch s&rsquo;immisce entre les dissonances, avec ces passages o\u00f9 chaque interpr\u00e8te est solitaire, jouant en m\u00eame temps mais pas ensemble &#8211; jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;on atteigne un de ces accords poss\u00e9dant une beaut\u00e9 particuli\u00e8re. Mais il ne faut pas essayer de \u00ab\u00a0faire\u00a0\u00bb les choses, il faut les laisser se produire. J&rsquo;aime penser qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de moi, j&rsquo;ai un million de petits miroirs qui r\u00e9fl\u00e8tent le sens de la musique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Javier Perianes<\/strong> exprime un sentiment similaire, en d&rsquo;autres mots : \u00ab\u00a0J&rsquo;aborde chaque concert sans a priori, parce qu&rsquo;il y a trop de facteurs diff\u00e9rents : la salle, mon humeur du jour&#8230; Une fois sur sc\u00e8ne, pour une raison que je ne comprends pas, j&rsquo;ai toute l&rsquo;\u00e9nergie du monde. On cr\u00e9e un moment de communication, en ouvrant plus ou moins nos \u00ab\u00a0r\u00e9cepteurs\u00a0\u00bb, et c&rsquo;est l\u00e0 que se fait l&rsquo;\u00e9change d&rsquo;\u00e9nergie. On a une mission comme interpr\u00e8te, c&rsquo;est de donner, dans l&rsquo;espoir que le public re\u00e7oive ce qu&rsquo;on envoie &#8211; quand c&rsquo;est le cas, c&rsquo;est magique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les publics de Qu\u00e9bec et de Montr\u00e9al auront le privil\u00e8ge de vivre ce contact magique avec deux interpr\u00e8tes g\u00e9n\u00e9reux et sympathiques le 17 mars, dans le cadre de la s\u00e9rie du Club musical de Qu\u00e9bec, et le 18 mars \u00e0 la Salle Bourgie.<\/p>\n<p>LE 17 MARS, 19 H 30, PALAIS MONTCALM\u00a0<a href=\"https:\/\/clubmusicaldequebec.com\/cmq\/index.php\/programmation\/saison-2025-2026\/zimmermann-perianes\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> D\u00c9TAILS ET BILLETS<\/a><\/p>\n<p>LE 18 MARS, 19 H 30, SALLE BOURGIE\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.mbam.qc.ca\/fr\/activites\/tabea-zimmermann-alto-javier-perianes-piano\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00c9TAILS ET BILLETS<\/a><\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em>\u00a0<a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI.<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est 9 heures du matin vendredi, mais d\u00e8s que les cam\u00e9ras sont allum\u00e9es, ce sont deux visages p\u00e9tillants d&rsquo;humour et de convivialit\u00e9 qui m&rsquo;accueillent : Tabea Zimmermann et Javier Perianes ont beau avoir derri\u00e8re eux d\u00e9j\u00e0 une premi\u00e8re partie de tourn\u00e9e en Allemagne et avoir travers\u00e9 l&rsquo;oc\u00e9an il y a peu pour la poursuivre aux \u00c9tats-Unis et au Qu\u00e9bec (Qu\u00e9bec et Montr\u00e9al sont leurs seuls arr\u00eats canadiens), ils sont en meilleure forme que moi.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":92345,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42368,10998],"tags":[42369,29791,11137],"yst_prominent_words":[19422,18975,9863,25254,26052,38514,18274,18272,9811,24802,13035],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/03\/Copie-de-ENTREVUE8.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-o1q","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92344"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=92344"}],"version-history":[{"count":20,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92344\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":92369,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92344\/revisions\/92369"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/92345"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=92344"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=92344"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=92344"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=92344"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}