{"id":91624,"date":"2026-01-28T16:14:14","date_gmt":"2026-01-28T21:14:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=91624"},"modified":"2026-01-29T07:00:03","modified_gmt":"2026-01-29T12:00:03","slug":"critique-onirisme-musical-et-visuel-entre-mer-et-nuages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2026\/01\/28\/critique-onirisme-musical-et-visuel-entre-mer-et-nuages\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Onirisme musical et visuel entre mer et nuages\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_91625\" aria-describedby=\"caption-attachment-91625\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-91625\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/Copie-de-CRITIQUE10.jpg\" alt=\"De la mer aux nuages avec St\u00e9phanie Pothier et Rosalie Asselin. (Photo : Simon Jolicoeur-C\u00f4t\u00e9)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/Copie-de-CRITIQUE10.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/Copie-de-CRITIQUE10-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/Copie-de-CRITIQUE10-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/Copie-de-CRITIQUE10-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-91625\" class=\"wp-caption-text\">De la mer aux nuages avec St\u00e9phanie Pothier et Rosalie Asselin. (Photo : Simon Jolicoeur-C\u00f4t\u00e9)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans la salle, apr\u00e8s le salut final, le public tarde \u00e0 bouger. Dans les rang\u00e9es devant et derri\u00e8re moi, des bribes de conversations chuchot\u00e9es me parviennent : \u00ab Magnifique! \u00bb, \u00ab J\u2019ai bien fait de vous convaincre de venir voir \u00e7a, hein? \u00bb<\/p>\n<p>Les spectateurs et spectatrices ainsi envo\u00fbt\u00e9\u00b7e\u00b7s viennent d\u2019assister au concert multimedia <em>De la mer aux nuages<\/em>, un concept de <strong>St\u00e9phanie Pothier<\/strong> concr\u00e9tis\u00e9 avec la contribution de <strong>Julien-Robert<\/strong>, et interpr\u00e9t\u00e9 sur sc\u00e8ne par <strong>Pothier<\/strong> et la pianiste <strong>Rosalie Asselin<\/strong>.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9 tout d\u2019un jet, <em>De la mer aux nuages<\/em> est un spectacle immersif d\u2019une rare coh\u00e9sion. Un voile d\u00e9ploy\u00e9 en haut de la sc\u00e8ne cr\u00e9e un cocon enveloppant d\u2019images aquatiques, au c\u0153ur duquel \u00e9voluent les interpr\u00e8tes. Le programme musical combine compositions existantes (Faur\u00e9, Liszt, Debussy, Ravel, Berlioz et la compositrice qu\u00e9b\u00e9coise Rhen\u00e9 Jacque) et les quatre mouvements de <em>Confluents, <\/em>une \u0153uvre pour voix, piano pr\u00e9par\u00e9 et traitement \u00e9lectronique compos\u00e9e par Julien-Robert sp\u00e9cifiquement pour ce spectacle. Le premier mouvement pour voix seule et traitement \u00e9lectronique est particuli\u00e8rement prenant, surtout lorsque rendu par une interpr\u00e8te poss\u00e9dant l\u2019intensit\u00e9 dramatique de St\u00e9phanie Pothier. Les autres mouvements sont \u00e9crits avec la m\u00eame sensibilit\u00e9 au propos et la m\u00eame authenticit\u00e9, chaque effet du piano pr\u00e9par\u00e9 et chaque manipulation \u00e9lectronique \u00e9tant porteurs de sens, jamais gratuits.<\/p>\n<p>L\u2019ajout d\u2019un traitement \u00e9lectronique discret et bien dos\u00e9 \u00e0 la s\u00e9lection de m\u00e9lodies tir\u00e9es du pass\u00e9 unifie encore plus la pr\u00e9sentation. J\u2019oserais m\u00eame dire que ces m\u00e9lodies, autrement pr\u00e9sent\u00e9es avec un respect m\u00e9ticuleux des intentions du compositeur ou de la compositrice, acqui\u00e8rent ainsi une expression unique. Il n\u2019y a que dans <em>La mort d\u2019Oph\u00e9lie<\/em> de Berlioz, chant\u00e9 avec un timbre droit aux couleurs na\u00efves bien choisi, que l\u2019ajout de r\u00e9verb\u00e9ration m\u2019a sembl\u00e9 excessif. Les projections, toujours belles, \u00e9taient particuli\u00e8rement r\u00e9ussies durant ce chant, recr\u00e9ant \u00e0 partir d\u2019images d\u2019algues des textures et couleurs rappelant l\u2019Oph\u00e9lie peinte par l\u2019artiste pr\u00e9rapha\u00e9lite John Everett Millais.<\/p>\n<p>Un autre moment marquant des projections est le passage \u00e9voquant les probl\u00e8mes de pollution\u00a0\u00e0 l\u2019aide d\u2019images de d\u00e9tritus aux contours rudes se d\u00e9coupant agressivement contre le mur du fond. Bien qu\u2019il \u00e9voque une r\u00e9alit\u00e9 sombre, ce passage apporte une \u00e9nergie contrastante bienvenue au sein du spectacle\u00a0: il pourrait m\u00eame durer plus longtemps.<\/p>\n<p>Les deux interpr\u00e8tes offrent une ex\u00e9cution musicale bien sentie, interpr\u00e9tant avec la m\u00eame concentration s\u00e9rieuse et la m\u00eame pr\u00e9sence sc\u00e9nique investie musiques du pass\u00e9 et compositions ad hoc, incluant les manipulations du piano pr\u00e9par\u00e9. Leur connivence et leur attachement \u00e0 ce spectacle unique sont \u00e9vidents dans chaque intervention.<\/p>\n<p>S\u2019il y a des faiblesses \u00e0 relever, elles se trouvent au niveau de la forme. L\u2019introduction r\u00e9cit\u00e9e par la voix hors-sc\u00e8ne est une bonne fa\u00e7on d\u2019\u00e9tablir le ton de ce qui s\u2019en vient, mais elle est trop longue\u00a0: le contenu, une pr\u00e9sentation \u00e0 la premi\u00e8re personne certes admirablement r\u00e9dig\u00e9e des exp\u00e9riences personnelles \u00e0 l\u2019origine du projet, pourrait en \u00eatre resserr\u00e9.<\/p>\n<p>Il existe \u00e0 mon sens un autre point de friction important entre cette introduction et la pr\u00e9sentation qui la suit : alors que l\u2019introduction fait \u00e9tat de l\u2019attachement \u00e9motif de la conceptrice envers le fleuve Saint-Laurent et de ce que la d\u00e9couverte de celui-ci a repr\u00e9sent\u00e9 pour elle qui a grandi sur les rives d&rsquo;un lac, les projections ne sont constitu\u00e9es que de plans rapproch\u00e9s pouvant provenir de n\u2019importe quel plan d\u2019eau. Sans l\u2019introduction, rien ne nous indique qu\u2019il s\u2019agit du fleuve. (De fait, certaines images ont \u00e9t\u00e9 prises au canal Lachine, mais c\u2019est sans importance pour mon propos). Il n\u2019est cependant pas question de simplement couper l\u2019introduction, bien que la construction le permettrait : celle-ci op\u00e8re comme une cl\u00e9 ouvrant un passage vers le monde onirique de la pr\u00e9sentation principale, un peu comme la travers\u00e9e de l\u2019armoire magique menant vers le monde de Narnia dans les livres de C. S. Lewis. Plut\u00f4t, j\u2019aurais souhait\u00e9 l\u2019insertion d\u2019une ou deux vues du fleuve en plan large, peut-\u00eatre justement pour accompagner le texte de l\u2019introduction.<\/p>\n<p>Cette option fournirait du m\u00eame coup la cl\u00e9 (une autre) pour former une coda au spectacle, dont la fin arrive inopin\u00e9ment : un retour \u00e0 un plan large cr\u00e9erait un encadrement sym\u00e9trique et offrirait une voie de sortie en douceur.<\/p>\n<p>Cette arriv\u00e9e surprise de la fin n\u2019aurait pas n\u00e9cessairement \u00e9t\u00e9 palli\u00e9e par l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un programme, absent lors de la repr\u00e9sentation de jeudi. St\u00e9phanie Pothier tient \u00e0 en porter la responsabilit\u00e9, ayant oubli\u00e9 de transmettre le code QR devant y donner acc\u00e8s \u00e0 l\u2019organisation du Th\u00e9\u00e2tre Outremont. \u00c0 son invitation, j\u2019en transmets<a href=\"https:\/\/www.stephaniepothier.com\/clairobscur\/programme-de-la-mer-aux-nuages\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> le lien ici<\/a>. Le texte d\u2019introduction, celui-l\u00e0 m\u00eame auquel je recommande des coupures, s\u2019y trouve en int\u00e9gralit\u00e9\u00a0: vous pourrez constater que la qualit\u00e9 du texte n\u2019est aucunement en cause et que ma recommandation n\u2019est li\u00e9e qu\u2019\u00e0 une question d\u2019\u00e9quilibre de la forme.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> <a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI<\/a>.<\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un public envo\u00fbt\u00e9 a assist\u00e9 jeudi dernier au concert multim\u00e9dia De la mer aux nuages, un concept de St\u00e9phanie Pothier concr\u00e9tis\u00e9 avec la contribution de Julien-Robert, et interpr\u00e9t\u00e9 sur sc\u00e8ne par Pothier et la pianiste Rosalie Asselin.<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":91625,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42368,52],"tags":[42369,42372],"yst_prominent_words":[25605,9897,15987,7141,17326,15961,34905,11689,18231,20792,32768,9971],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2026\/01\/Copie-de-CRITIQUE10.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-nPO","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91624"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=91624"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91624\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":91636,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91624\/revisions\/91636"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/91625"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=91624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=91624"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=91624"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=91624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}