{"id":89685,"date":"2025-09-18T15:55:57","date_gmt":"2025-09-18T19:55:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=89685"},"modified":"2025-09-19T14:01:21","modified_gmt":"2025-09-19T18:01:21","slug":"critique-ouverture-de-saison-losm-entre-enfer-et-damnation-des-lueurs-celestes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2025\/09\/18\/critique-ouverture-de-saison-losm-entre-enfer-et-damnation-des-lueurs-celestes\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Ouverture de saison \u00e0 l&rsquo;OSM\u00a0: Entre enfer et damnation, des lueurs c\u00e9lestes"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_89686\" aria-describedby=\"caption-attachment-89686\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-89686\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/09\/Copie-de-CRITIQUE3.jpg\" alt=\"L'OSM, le Ch\u0153ur de l'OSM et les Petits chanteurs de Laval ainsi que les solistes Karen Cargill, Andrew Staples et Willard White sous la direction de Rafael Payare. 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(Photo : Antoine Saito)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour l&rsquo;ouverture de saison de l&rsquo;O<strong>rchestre symphonique de Montr\u00e9al<\/strong> (OSM), <strong>Rafael Payare<\/strong> a choisi de pr\u00e9senter <em>La Damnation de Faust<\/em> de Berlioz, cette \u00ab l\u00e9gende dramatique \u00bb (appellation choisie par le compositeur) qui, sans \u00eatre une \u0153uvre ressass\u00e9e \u00e0 outrance, fait partie de l&rsquo;histoire de l&rsquo;orchestre depuis 1943. On se souviendra que sous <strong>Charles Dutoit<\/strong>, l&rsquo;orchestre l&rsquo;avait enregistr\u00e9e, bien qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse pas de la plus grande r\u00e9ussite de sa discographie berliozienne.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir abord\u00e9 la <em>Symphonie fantastique<\/em> en concert et en tourn\u00e9e, (cette derni\u00e8re \u0153uvre fait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;objet d&rsquo;un enregistrement disponible sous peu sous \u00e9tiquette Pentatone), <strong>Payare<\/strong> revient donc \u00e0 Berlioz et en explore la partition riche et subtile, tout en nourrissant l&rsquo;h\u00e9ritage de cette musique fran\u00e7aise dans l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;orchestre.<\/p>\n<h3>L&rsquo;enfer de la prononciation fran\u00e7aise<\/h3>\n<p>Cette<em> Damnation<\/em> reste une \u0153uvre complexe parce que tr\u00e8s hybride, destin\u00e9e au concert, donc plus proche de l&rsquo;oratorio dans sa forme, mais p\u00e9trie de drame th\u00e9\u00e2tral qui laisse croire qu&rsquo;une sc\u00e8ne d&rsquo;op\u00e9ra pourrait lui rendre justice, ce qui n&rsquo;est que rarement le cas! (Le Festival d&rsquo;op\u00e9ra de Qu\u00e9bec en a fait sa pr\u00e9sentation principale en 2013, dans une mise en sc\u00e8ne de <strong>Robert Lepage<\/strong>.) Cette forme hybride fait en sorte que le ch\u0153ur, bien qu&rsquo;essentiel, n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement omnipr\u00e9sent, tandis que les solistes, et plus particuli\u00e8rement le r\u00f4le de Faust, sont particuli\u00e8rement sollicit\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour ce concert-ci, les quatre solistes choisi\u00b7e\u00b7s sont tous anglophones. Certes, chanter en fran\u00e7ais n&rsquo;est pas l&rsquo;apanage exclusif des francophones, et on conna\u00eet de nombreux chanteurs\u00b7euses n\u00e9\u00b7e\u00b7s dans la langue de Purcell ma\u00eetrisant admirablement bien la langue de Berlioz, mais dans la distribution qui nous \u00e9tait propos\u00e9e, nous en \u00e9tions loin.<\/p>\n<p>En aucun cas n&rsquo;est-ce la valeur intrins\u00e8quement musicale des artistes qui est remise en cause. Le t\u00e9nor <strong>Andrew Staples<\/strong>, artiste multidisciplinaire qui conjugue une carri\u00e8re vocale \u00e0 celle de cin\u00e9aste, fait preuve d&rsquo;un sens musical naturel et fluide &#8211; tant qu&rsquo;on n&rsquo;\u00e9coute pas trop les mots. Car sa projection \u00e9trangement arrondie modifie \u00e0 outrance les sonorit\u00e9s de la langue fran\u00e7aise, ce qui d\u00e9forme consid\u00e9rablement le texte, sombrant parfois dans des substitutions de mots fr\u00f4lant le ridicule.<\/p>\n<p>Incarnant M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s, <strong>Willard White<\/strong> offre une performance de belle tenue, avec une couleur vocale sombre et p\u00e9n\u00e9trante, quoi que certains aigus, plut\u00f4t rares dans la partition, \u00e9taient plus fr\u00eales. On admire l&rsquo;art consomm\u00e9 du chanteur, bien qu&rsquo;on ait ici l&rsquo;impression qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas aussi \u00e0 l&rsquo;aise que dans d&rsquo;autres r\u00f4les plus marquants de sa carri\u00e8re. De la distribution choisie, il est assur\u00e9ment celui qui ma\u00eetrise le mieux la prononciation fran\u00e7aise. Sans repr\u00e9senter un parcours sans faute, la prestation du chanteur nous permet \u00e0 tout le moins de d\u00e9crocher des sur-titres sans perdre le fil du propos.<\/p>\n<p>Pour le r\u00f4le de Marguerite, <strong>Karen Cargill<\/strong> offre une tr\u00e8s bonne interpr\u00e9tation musicale, mais ici encore alourdie par une diction pataude. <strong>Cargill<\/strong> nous avait \u00e9bloui l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re dans son air des <em>Gurrelieder<\/em> de Schoenberg, et on la retrouvait ici avec autant de plaisir. Pour la romance de Marguerite (<em>D&rsquo;amour, l&rsquo;ardente flamme<\/em>), l&rsquo;\u00e9motion \u00e9tait \u00e0 fleur de peau. Elle nous a offert l&rsquo;un des moments de magie de la soir\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour le petit r\u00f4le de Brander, le baryton-basse <strong>Ashley Riches<\/strong> a quant \u00e0 lui d\u00e9montr\u00e9 une belle \u00e9nergie et un sens comique bien \u00e0 propos.<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0 le n\u0153ud du probl\u00e8me : nous \u00e9tions l\u00e9gitimement en droit de nous attendre \u00e0 mieux pour un concert d&rsquo;ouverture de saison d&rsquo;une des plus importantes institutions culturelles du Qu\u00e9bec, et qui plus est dans un r\u00e9pertoire fran\u00e7ais. Certes, les vedettes et les grands noms de la sc\u00e8ne internationale ajoutent au prestige de l&rsquo;institution et de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, mais de nombreux chanteurs\u00b7euses d&rsquo;ici auraient \u00e9t\u00e9 aussi bon\u00b7ne\u00b7s, voire m\u00eame meilleur\u00b7e\u00b7s, que les artistes choisi\u00b7e\u00b7s ici, et ce tant du point de vue de la prononciation que des qualit\u00e9s musicales.<\/p>\n<h3>Orchestre et ch\u0153ur en grande forme<\/h3>\n<p>Si la distribution vocale ne nous a pas sembl\u00e9 parfaite, l&rsquo;orchestre, en revanche, \u00e9tait dans une grande forme! Il est clairement \u00e0 l&rsquo;aise dans les couleurs et les textures dict\u00e9es par le compositeur, et la direction de Payare approfondit les effets et les innovations de la partition.<\/p>\n<p>L&rsquo;OSM g\u00e8re autant les moments de d\u00e9licatesse et de dentelle que ceux de d\u00e9bordements de d\u00e9cibels avec finesse et musicalit\u00e9. On retiendra notamment les trombones \u00e9clatants et particuli\u00e8rement bien d\u00e9finis, particuli\u00e8rement dans la c\u00e9l\u00e8bre \u00ab\u00a0Marche hongroise\u00a0\u00bb et dans le \u00ab\u00a0Pandaemonium\u00a0\u00bb, mouvement fort audacieux pour l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p>Soulignons finalement le ch\u0153ur tr\u00e8s bien pr\u00e9par\u00e9 par <strong>Andrew Megill<\/strong> \u2013 auquel s&rsquo;est ajout\u00e9 pour le final les <strong>Petits chanteurs de Laval<\/strong>, pr\u00e9par\u00e9s par <strong>Philippe Ostiguy<\/strong> \u2013 et plus particuli\u00e8rement les voix masculines, qui sont tr\u00e8s sollicit\u00e9es dans cette partition iconoclaste. Quel plaisir que d&rsquo;entendre ces voix aussi solides que bien dirig\u00e9es dans les divers caract\u00e8res de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>Au final, l&rsquo;<strong>OSM<\/strong> poursuit son exploration du r\u00e9pertoire fran\u00e7ais et approfondit cette musique avec panache, ne reniant pas son pass\u00e9 glorieux dans le domaine, mais ne s&#8217;embourbant pas non plus dans une vision fig\u00e9e de cette esth\u00e9tique. Il serait n\u00e9anmoins bienvenu que le choix des solistes invit\u00e9\u00b7e\u00b7s soit en ad\u00e9quation avec cette r\u00e9putation d&rsquo;excellence.<\/p>\n<p>Le programme est repris ce soir \u00e0 la Maison symphonique \u00e0 19 h 30.<\/p>\n<div>\n<div class=\"x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a\">\n<div dir=\"auto\">\n<div class=\"avatar-container ng-tns-c445575518-179 ng-trigger ng-trigger-scaleDown\">\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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