{"id":88587,"date":"2025-07-04T12:55:23","date_gmt":"2025-07-04T16:55:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=88587"},"modified":"2025-07-04T14:00:02","modified_gmt":"2025-07-04T18:00:02","slug":"critique-los-elementos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2025\/07\/04\/critique-los-elementos\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Los Elementos : Fantaisie charmante au Festival Montr\u00e9al Baroque"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_88608\" aria-describedby=\"caption-attachment-88608\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-88608\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/07\/Copie-de-CRITIQUE18.jpg\" alt=\"Harmonia del Parnas pr\u00e9sentait, avec l'aide de musiciens et chanteuses montr\u00e9alais\u00b7es, l'op\u00e9ra Los Elementos d'Antonio de Literes le 20 juin dernier. (Photo : Philippe Latour)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/07\/Copie-de-CRITIQUE18.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/07\/Copie-de-CRITIQUE18-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/07\/Copie-de-CRITIQUE18-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/07\/Copie-de-CRITIQUE18-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-88608\" class=\"wp-caption-text\">Harmonia del Parnas pr\u00e9sentait, avec l&rsquo;aide de musiciens et chanteuses montr\u00e9alais\u00b7es, l&rsquo;op\u00e9ra Los Elementos d&rsquo;Antonio de Literes le 20 juin dernier. (Photo : Philippe Latour)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le <strong>Festival Montr\u00e9al baroque<\/strong>, ce festif d\u00e9ploiement de musique baroque en continu pendant trois jours, proposait du 19 au 21 juin une programmation particuli\u00e8rement all\u00e9chante. Parmi les nombreux attraits comptait la visite de l&rsquo;ensemble<strong> Harmonia del Parn\u00e0s<\/strong>, venu d&rsquo;Espagne pour nous faire d\u00e9couvrir, en collaboration avec des instrumentistes et chanteuses montr\u00e9alais\u00b7es,\u00a0\u00bbl&rsquo;op\u00e9ra harmonique dans le style italien\u00a0\u00bb <em>Los Elementos<\/em> du compositeur espagnol Antonio de Literes (1673-1747). Il s&rsquo;agissait de la premi\u00e8re fois que cette \u0153uvre compl\u00e9t\u00e9e en 1718 \u00e9tait jou\u00e9e au Canada.<\/p>\n<p>La pr\u00e9misse l\u00e9g\u00e8re de cette \u0153uvre charmante, mieux d\u00e9crite comme une <em>seranata<\/em> ou une <em>zarzuela <\/em>qu&rsquo;un r\u00e9el op\u00e9ra, est toute faite pour servir de pr\u00e9texte \u00e0 une suite de num\u00e9ros musicaux de caract\u00e8res vari\u00e9s : au cours de la nuit, un conflit se d\u00e9veloppe entre l&rsquo;Eau, l&rsquo;Air, la Terre et le Feu, chacun d&rsquo;entre eux \u00e9tant convaincu qu&rsquo;il est le meilleur candidat pour r\u00e9gner \u00e0 la place du Soleil. L&rsquo;Aurore d\u00e9plore la situation qui met en danger la survie du monde, et ultimement le Temps intervient pour que le Soleil r\u00e9apparaisse et reprenne sa juste place, r\u00e9tablissant l&rsquo;harmonie entre les \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>Les r\u00f4les de l&rsquo;Air et la Terre, plus substantiels que les autres, \u00e9taient tenus par les membres de la troupe invit\u00e9e <strong>Ruth Rosique<\/strong> (l&rsquo;Air, soprano) et <strong>Marta<\/strong> <strong>Infante<\/strong> (la Terre, mezzo-soprano), tandis que les quatre autres r\u00f4les avaient \u00e9t\u00e9 confi\u00e9s \u00e0 des chanteuses \u00e9tablies \u00e0 Montr\u00e9al : <strong>Denise Torre Orme\u00f1o<\/strong> (l&rsquo;Eau, soprano), <strong>Rosalie Lane L\u00e9pine<\/strong> (le Feu, mezzo-soprano), <strong>Janelle Lucyk<\/strong> (le Temps, soprano) et <strong>Ellen McAteer<\/strong> (l&rsquo;Aurore, soprano).<\/p>\n<p>Les interpr\u00e8tes habitaient leur r\u00f4le \u00e0 diff\u00e9rents degr\u00e9s d&rsquo;intensit\u00e9 et d&rsquo;aisance. <strong>Ruth Rosique<\/strong> a brill\u00e9 par son jeu assur\u00e9 reposant sur l&rsquo;expression du texte tandis que <strong>Janelle Lucyk<\/strong> s&rsquo;est d\u00e9marqu\u00e9e par son approfondissement de l&rsquo;expression musicale. Les noms d&rsquo;<strong>Ellen McAteer<\/strong>\u00a0et <strong>Rosalie Lane L\u00e9pine<\/strong> sont, pour moi, deux d\u00e9couvertes \u00e0 retenir pour la richesse de leur timbre et de leur projection. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les num\u00e9ros solos \u00e9taient plus achev\u00e9s que les num\u00e9ros de groupe, qui n&rsquo;atteignaient pas le m\u00eame niveau de confort.<\/p>\n<p>Chez les instruments, le noyau form\u00e9 par les artistes invit\u00e9s \u00e9tait lui aussi amplifi\u00e9 de musiciens montr\u00e9alais pour interpr\u00e9ter les accompagnements souvent tr\u00e8s imag\u00e9s, ex\u00e9cut\u00e9s avec \u00e9lan et une d\u00e9finition rythmique entra\u00eenante.<\/p>\n<p>Fournissant tour \u00e0 tour des accompagnements \u00e9labor\u00e9s en duo avec la soliste du moment, les violonistes <strong>Hiro Kurosaki<\/strong> et <strong>Lucia Luque<\/strong> formaient l&rsquo;essentiel des voix sup\u00e9rieures de l&rsquo;ensemble. Pour des membres d&rsquo;un ensemble \u00e9tabli, il est \u00e9tonnant \u00e0 quel point les sonorit\u00e9s des deux violonistes \u00e9taient diff\u00e9rentes. Le son de<strong>\u00a0Kurosaki<\/strong> \u00e9tait mince, m\u00eame dans la petit Chapelle Notre-Dame-du-Bonsecours, et <strong>Luque<\/strong>, bien qu&rsquo;ayant une sonorit\u00e9 plus int\u00e9ressante, jouait pli\u00e9e vers son violon et avec une \u00e9nergie \u00e9parpill\u00e9e de sorte que le r\u00e9sultat n&rsquo;\u00e9tait pas proportionnel aux efforts investis. L&rsquo;ajout occasionnel du timbre des fl\u00fbtes de <strong>Matthias Maute<\/strong> apportait un relief bienvenu.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 du continuo, le jeu diff\u00e9renci\u00e9 et engag\u00e9 du violoncelliste <strong>Hermann Schreiner<\/strong>, alli\u00e9 \u00e0 la direction de <strong>Marian Rosa Montagut<\/strong> \u00e0 partir du clavecin, formait le c\u0153ur d&rsquo;un groupe aux timbres vari\u00e9s. M\u00eame si la partition annonce un \u00ab\u00a0op\u00e9ra dans le style italien\u00a0\u00bb, le compositeur a gard\u00e9 certaines caract\u00e9ristiques propres au style baroque espagnol, dont l&rsquo;inclusion de la guitare (<strong>Daniel Zuluaga<\/strong>) et des percussions (<strong>Ziya Tabassian)<\/strong>, ajoutant couleur, contour et caract\u00e8re au groupe, qui \u00e9tait compl\u00e9t\u00e9 par la contrebasse de <strong>Reuven Rothman<\/strong>.<\/p>\n<p>Sans support plus \u00e9toff\u00e9 que la liste des titres en espagnol et les noms des personnages impliqu\u00e9s dans chaque num\u00e9ro pour nous guider, il devenait ardu de suivre le d\u00e9roulement de la mince intrigue. Ne restait qu&rsquo;\u00e0 se r\u00e9soudre \u00e0 \u00e9couter le tout &#8211; debout \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re de l&rsquo;\u00e9glise, le meilleur emplacement pour att\u00e9nuer une partie de la r\u00e9verb\u00e9ration excessive du lieu &#8211; comme un encha\u00eenement d&rsquo;airs et de num\u00e9ros d&rsquo;ensemble de facture int\u00e9ressante et tout \u00e0 fait agr\u00e9able, quelques indices sur le contenu du texte \u00e9tant fournis par le figuralisme adopt\u00e9 par de Literes.<\/p>\n<p>Au total, la soir\u00e9e fournissait une initiation convaincante \u00e0 ce r\u00e9pertoire qui m\u00e9riterait d&rsquo;\u00eatre jou\u00e9 plus souvent.<\/p>\n<h3>De la nature au <em>Surnaturel<\/em><\/h3>\n<p>Apr\u00e8s avoir d\u00e9gust\u00e9 la gaspacho pr\u00e9par\u00e9e par un chef (de ch\u0153ur, mais \u00e9galement chef culinaire en cette occasion) bien connu et servie sur le parvis de l&rsquo;\u00e9glise, il \u00e9tait temps de se transposer dans un tout autre univers sonore pour le deuxi\u00e8me concert de la soir\u00e9e. Intitul\u00e9 fac\u00e9tieusement <em>Surnaturel<\/em>, le programme mettait \u00e0 l&rsquo;honneur la musique de J.S. Bach interpr\u00e9t\u00e9e aux claviers \u00e9lectroniques par <strong>Henry Webb<\/strong>, deuxi\u00e8me prix du Concours international d&rsquo;orgue du Canada, et travaill\u00e9e par <strong>Pierre-Luc Lecours<\/strong> et<strong> Daniel A\u00f1ez\u00a0<\/strong>aux synth\u00e9tiseurs modulaires.<\/p>\n<p>Voir <strong>Lecours<\/strong> et <strong>A\u00f1ez\u00a0<\/strong>\u00e0 l&rsquo;\u0153uvre permettait de constater le degr\u00e9 de concentration et de pr\u00e9cision qu&rsquo;exige la manipulation des synth\u00e9tiseurs modulaires pour transformer les sonorit\u00e9s fournies par <strong>Webb<\/strong>, install\u00e9 entre les deux. Un travail intense doit aussi se faire en amont pour choisir les timbres, les programmer et ensuite les appliquer au bon moment. Autre r\u00e9v\u00e9lation, l&rsquo;assignation des timbres n&rsquo;\u00e9tant pas contrainte \u00e0 un clavier ou l&rsquo;autre, cette ex\u00e9cution \u00e9lectronique permettait de mieux distinguer les voix enchev\u00eatr\u00e9es et par cons\u00e9quent d&rsquo;en clarifier la conduite.<\/p>\n<p>Les versions entendues lors de ce concert &#8211; bien que par moments un peu plus sages qu&rsquo;on ne l&rsquo;aurait imagin\u00e9 &#8211; auraient s\u00fbrement bien surpris Johann Sebastian, qui n&rsquo;aurait pu s&rsquo;imaginer de tels sons, mais c&rsquo;est tout aussi vrai de certaines sonorit\u00e9s offertes par les orgues d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Pour les plus infatigables des \u00ab\u00a0baroqueux\u00a0\u00bb, la soir\u00e9e s&rsquo;est conclue au caf\u00e9 du festival, o\u00f9 l&rsquo;invitation \u00e9tait ouverte \u00e0 tous\u00b7tes de faire de la musique dans un cadre informel et d\u00e9tendu.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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