{"id":88398,"date":"2025-06-18T14:54:55","date_gmt":"2025-06-18T18:54:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=88398"},"modified":"2025-06-23T14:00:02","modified_gmt":"2025-06-23T18:00:02","slug":"critique-lorchestre-metropolitain-tournoie-en-tournee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2025\/06\/18\/critique-lorchestre-metropolitain-tournoie-en-tournee\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | L&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain tournoie en tourn\u00e9e"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_88411\" aria-describedby=\"caption-attachment-88411\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-88411\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/Copie-de-CRITIQUE17.jpg\" alt=\"Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin dirigeant l'OM le 15 juin 2025. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/Copie-de-CRITIQUE17.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/Copie-de-CRITIQUE17-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/Copie-de-CRITIQUE17-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/Copie-de-CRITIQUE17-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-88411\" class=\"wp-caption-text\">Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin dirigeant l&rsquo;OM le 15 juin 2025. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)<\/figcaption><\/figure>\n<p>L\u2019<strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong> et <strong>Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/strong>, en compagnie du soliste invit\u00e9 <strong>Alexandre Kantorow<\/strong>, pr\u00e9sentaient dimanche apr\u00e8s-midi \u00e0 la Maison Symphonique le programme substantiel qu\u2019ils interpr\u00e9teront dans cinq villes europ\u00e9ennes &#8211; Bruxelles, Paris, Vienne, Hambourg et Baden Baden &#8211; du 23 au 29 juin. Un concert pr\u00e9-tourn\u00e9e a la mission d\u00e9licate de convaincre le public local que l&rsquo;orchestre est pr\u00eat \u00e0 r\u00e9colter le succ\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tanger, tout en laissant place \u00e0 une maturation suppl\u00e9mentaire de fa\u00e7on \u00e0 atteindre l&rsquo;apog\u00e9e au moment le plus opportun. Il faut donc se projeter un peu dans le futur et anticiper la forme achev\u00e9e sur la base des indices fournis dans le pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>La prestation de dimanche dernier offrait certainement la promesse d&rsquo;un concert extraordinaire \u00e0 venir. Un aspect particuli\u00e8rement r\u00e9ussi se trouvait dans la palette de coloris exprim\u00e9s dans les nuances douces, que ce soit la d\u00e9licatesse, la tendresse, la vuln\u00e9rabilit\u00e9, etc. Cela s&rsquo;entendait chez les cordes, mais aussi chez le premier clarinettiste <strong>Simon Aldrich<\/strong>, qui a jou\u00e9 avec raffinement et sensibilit\u00e9 chaque fois qu&rsquo;il \u00e9tait mis de l&rsquo;avant.<\/p>\n<p>Le point principal emp\u00eachant le concert de dimanche de s&rsquo;\u00e9lever \u00e0 un niveau r\u00e9ellement m\u00e9morable \u00e9tait simplement un souffle g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de prudence de la part des instrumentistes de l&rsquo;orchestre, qui semblaient se surveiller eux-m\u00eames d&rsquo;un \u0153il &#8211; d&rsquo;une oreille, plut\u00f4t &#8211; ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Cela n&rsquo;a pas permis \u00e0 <em>La valse<\/em> de Ravel, par exemple, de donner l&rsquo;illusion de perte de contr\u00f4le et d&rsquo;effondrement foudroyant que son tourbillon d\u00e9sax\u00e9 est cens\u00e9 entra\u00eener : les pieds valsants touchaient un peu trop fermement le sol, plut\u00f4t que de l&rsquo;effleurer.<\/p>\n<p>La pi\u00e8ce <em>Eko-Bmijwang<\/em> (<em>Aussi longtemps que la rivi\u00e8re coule)<\/em> de <strong>Barbara Assiginaak<\/strong>, qui suit <em>La valse<\/em>, est un excellent choix comme carte de visite pour la musique canadienne. L&rsquo;\u00e9criture est efficace, vari\u00e9e, en ad\u00e9quation avec le th\u00e8me aquatique exprim\u00e9. L&rsquo;OM en donne une interpr\u00e9tation m\u00fbrie, l&rsquo;ayant int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 son r\u00e9pertoire depuis quelques ann\u00e9es maintenant. Son seul d\u00e9faut est qu&rsquo;elle est trop vite pass\u00e9e, donnant l&rsquo;impression de servir d&rsquo;introduction \u00e0 autre chose qui ne vient pas. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que l&rsquo;ordre de pr\u00e9sentation inverse &#8211; Assiginaak en ouverture, Ravel ensuite &#8211; serait plus efficace, accordant un poids rh\u00e9torique et dramatique plus substantiel aux deux \u0153uvres. L&rsquo;ordre actuel plombe le d\u00e9roulement de la premi\u00e8re partie, l&#8217;emp\u00eachant d&rsquo;atteindre un \u00e9lan organique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_88412\" aria-describedby=\"caption-attachment-88412\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-88412\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/OM_invitation-au-voyage_2-shot_Kantorow_cropped.jpg\" alt=\"Alexandre Kantorow dans le Concerto pour piano no 2 de Saint-Saens. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)\" width=\"1200\" height=\"878\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/OM_invitation-au-voyage_2-shot_Kantorow_cropped.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/OM_invitation-au-voyage_2-shot_Kantorow_cropped-300x220.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/OM_invitation-au-voyage_2-shot_Kantorow_cropped-1024x749.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/OM_invitation-au-voyage_2-shot_Kantorow_cropped-768x562.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-88412\" class=\"wp-caption-text\">Alexandre Kantorow dans le Concerto pour piano no 2 de Saint-Saens. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)<\/figcaption><\/figure>\n<h3 data-start=\"3305\" data-end=\"3375\">Concerto pour piano no 2 de Saint-Saens<\/h3>\n<p data-start=\"3377\" data-end=\"3711\"><strong>Alexandre Kantorow<\/strong> a livr\u00e9 une prestation remarquable du <em>Concerto no 2<\/em> de Saint-Saens, d\u00e9ployant une sonorit\u00e9 plus ronde et plus riche que lors de sa visite \u00e0 l&rsquo;OSM dans le <em>Concerto no 2<\/em> de Tcha\u00efkovski, en 2023. Son agilit\u00e9 et la pr\u00e9cision de ses articulations, \u00e9voquant par moments la finesse de Mendelssohn, se mariaient \u00e9l\u00e9gamment avec celles de l\u2019orchestre.<\/p>\n<p data-start=\"3713\" data-end=\"3940\">Dans le premier mouvement, cependant, lorsque les cordes reprennent le th\u00e8me tandis que le piano s\u2019active dans des encha\u00eenements virtuoses, la sonorit\u00e9 des cordes \u00e9tait diffuse. La m\u00eame chose s&rsquo;\u00e9tait produite dans Mozart avec <strong>Christian Blackshaw<\/strong> en mars : si c&rsquo;est un effet acoustique propre \u00e0 la sc\u00e8ne de la Maison symphonique, peut-\u00eatre du fait de l&rsquo;\u00e9cran cr\u00e9\u00e9 par le piano devant les violons, on n&rsquo;a pas \u00e0 s&rsquo;inqui\u00e9ter que cela se reproduise lors des concerts de tourn\u00e9e. Autrement, il y a un petit ajustement \u00e0 faire \u00e0 cet endroit.<\/p>\n<p data-start=\"3942\" data-end=\"4300\">Dans le cours du deuxi\u00e8me mouvement, le pianiste a choisi d&rsquo;interpr\u00e9ter l&rsquo;indication <em data-start=\"3972\" data-end=\"3984\">tranquillo<\/em> comme un ralentissement du tempo, plut\u00f4t qu&rsquo;une indication de caract\u00e8re, ce qui peut en soi se justifier &#8211; mais <strong>Kantorow<\/strong> opte pour un changement soudain dont l&rsquo;effet est d\u00e9stabilisant. La d\u00e9construction finale du th\u00e8me, ex\u00e9cut\u00e9e avec humour, a provoqu\u00e9 des murmures amus\u00e9s dans l&rsquo;auditoire.<\/p>\n<p data-start=\"4302\" data-end=\"4415\">La tarentelle du presto final \u00e9tait rendue avec une vivacit\u00e9 et un mordant emportants.<\/p>\n<h3 data-start=\"4422\" data-end=\"4464\">Tcha\u00efkovski \u2013 <em data-start=\"4440\" data-end=\"4462\">Symphonie Path\u00e9tique<\/em><\/h3>\n<p>\u00c0 l&rsquo;image de la premi\u00e8re partie, la symphonie a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;une mise en place quasi exemplaire (deux petits d\u00e9calages se sont manifest\u00e9s dans le premier mouvement, entre les violons 1 et les violoncelles d&rsquo;abord, puis chez les cors). Le manque restant \u00e0 gagner dans son interpr\u00e9tation r\u00e9sultait probablement de la m\u00eame disposition d&rsquo;esprit que dans le Ravel, soit un manque de cet abandon qui permettrait aux grandes lignes de se d\u00e9ployer avec plus de lyrisme et de sentiment.<\/p>\n<p>Une des nombreuses qualit\u00e9s de<strong> Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/strong> est sa fa\u00e7on de maintenir la tension en suspension dans les silences. Cela s&rsquo;est manifest\u00e9 \u00e0 plusieurs occasions, mais la grande pause du quatri\u00e8me mouvement et la f\u00e9rocit\u00e9 de l&rsquo;attaque qui a suivi chez les premiers violons \u00e9taient parfaites. \u00c9trangement, cette confiance dans le temps suspendu lui a fait d\u00e9faut au moment d&rsquo;encha\u00eener les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me mouvement, le chef pr\u00e9cipitant l&rsquo;entr\u00e9e des cordes, alors m\u00eame qu&rsquo;il avait pr\u00e9par\u00e9 le public \u00e0 cet encha\u00eenement et qu&rsquo;il aurait pu se permettre de laisser le moment respirer avec beaucoup plus d&rsquo;aise.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, le dosage des cuivres m\u00e9riterait un l\u00e9ger ajustement vers le bas. Chez les cordes, les appogiatures dans le th\u00e8me du deuxi\u00e8me mouvement demandent d&rsquo;\u00eatre articul\u00e9es avec plus de clart\u00e9.<\/p>\n<h3>Applaudissements<\/h3>\n<p data-start=\"4911\" data-end=\"5184\">Dans sa pr\u00e9sentation au micro avant la symphonie, le chef a demand\u00e9 au public de ne pas applaudir apr\u00e8s le troisi\u00e8me mouvement, m\u00eame si la fin de celui-ci invite \u00e0 une manifestation bruyante d&rsquo;enthousiasme. \u00ab\u00a0Je sais que \u00e7a va \u00eatre difficile, il faut pratiquement s&rsquo;asseoir sur ses mains\u00a0\u00bb, a-t-il pr\u00e9venu l&rsquo;auditoire. Il a alors ajout\u00e9 une phrase qui est souvant l&rsquo;argument manquant dans les d\u00e9bats autour de cette pratique : \u00ab\u00a0Vous avez tout \u00e0 y gagner!\u00a0\u00bb, epxliquant que la conception d&rsquo;ensemble et le choc du contraste ne pouvaient s&rsquo;exprimer que sans cette rupture que cr\u00e9eraient les applaudissements. C&rsquo;est cela qu&rsquo;il faut mettre de l&rsquo;avant : ce n&rsquo;est pas par respect ent\u00eatu d&rsquo;une tradition poussi\u00e9reuse que cette attente est pos\u00e9e, mais parce que l&rsquo;exp\u00e9rience de tout le monde en est rehauss\u00e9e.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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