{"id":88187,"date":"2025-06-02T18:50:25","date_gmt":"2025-06-02T22:50:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=88187"},"modified":"2025-06-05T14:00:02","modified_gmt":"2025-06-05T18:00:02","slug":"critique-cloture-de-saison-locm-differentes-teintes-de-joie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2025\/06\/02\/critique-cloture-de-saison-locm-differentes-teintes-de-joie\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Cl\u00f4ture de saison \u00e0 l&rsquo;OCM\u00a0: Diff\u00e9rentes teintes de joie"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_88189\" aria-describedby=\"caption-attachment-88189\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-88189\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/06\/Copie-de-CRITIQUE16.jpg\" alt=\"L'OCM et le Choeur Saint-Laurent ainsi que les solistes Elizabeth Polese, Florence Bourget, \u00c9ric Lapointe et David John Pike sous la direction de Philippe Bourque. 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(Photo : Tam Photography)<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;<strong>Orchestre classique de Montr\u00e9al<\/strong>, auquel se joignaient le <strong>Ch\u0153ur St-Laurent<\/strong> et son chef <strong>Philippe Bourque<\/strong>, terminait sa saison samedi dernier avec un grand concert \u00e0 la Maison symphonique. La programmation intelligente offrait un \u00e9ventail musical autour du th\u00e8me de la joie, Affichant complet, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement aura \u00e9t\u00e9 certes festif, sans pour autant occulter d&rsquo;autres \u00e9tats d&rsquo;esprits port\u00e9s par la musique.<\/p>\n<p>Difficile de statuer sur une bonne d\u00e9finition de ce qu&rsquo;est la joie. Le Petit Robert propose celle-ci\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c9motion agr\u00e9able et profonde, sentiment exaltant ressenti par toute la conscience.\u00a0\u00bb, tout en \u00e9tayant son propos sur de nombreuses autres possibilit\u00e9s d&rsquo;interpr\u00e9tation. La musique des trois compositeurs du programme refl\u00e9tait ces nombreuses nuances de ce qu&rsquo;est la joie.<\/p>\n<p>La premier partie de programme, toute canadienne, regroupait des \u0153uvres de <strong>Kevin Lau<\/strong> et Pierre Mercure. Dans <em>Joy<\/em>, pour violon solo et orchestre \u00e0 cordes, <strong>Kevin Lau<\/strong> offrait une musique toute en tendresse et en douceur, port\u00e9e par une partition tr\u00e8s lyrique que le violon solo de l&rsquo;orchestre, <strong>Marc Djokic<\/strong>, a interpr\u00e9t\u00e9e avec grande ma\u00eetrise et sensibilit\u00e9. On ne boudera pas son plaisir car l\u2019\u0153uvre \u00e9tait sinc\u00e8re et plaisante, bien qu&rsquo;ultra consonante, mais elle restera un peu \u00e9vanescente \u00e0 notre esprit.<\/p>\n<h3>Musique chorale qu\u00e9b\u00e9coise \u00e0 l&rsquo;honneur<\/h3>\n<p>Sur une autre tribune, je me suis r\u00e9cemment d\u00e9sol\u00e9 que le r\u00e9pertoire choral qu\u00e9b\u00e9cois n&rsquo;\u00e9tait pas assez valoris\u00e9, en soulignant \u00e0 quel point la <em>Cantate pour une joie<\/em> de Pierre Mercure m\u00e9riterait plus de consid\u00e9ration et une meilleure diffusion sur nos sc\u00e8nes. C&rsquo;\u00e9tait donc un v\u00e9ritable bonheur que de l&rsquo;entendre \u00e0 la Maison symphonique. Il faut souligner que le titre peut laisser place \u00e0 une certaine confusion, car de la joie, il n&rsquo;en est question que dans le dernier mouvement. L&rsquo;ensemble de l\u2019\u0153uvre est sombre et oppressante : elle expose plut\u00f4t les craintes de l&rsquo;\u00eatre humain contemporain en qu\u00eate de bonheur. Cr\u00e9\u00e9e en 1955, cette cantate est bien ancr\u00e9e dans son temps o\u00f9 la guerre froide et la menace nucl\u00e9aire plombaient le moral de l&rsquo;Occident. Le po\u00e8me de Gabriel Charpentier est d&rsquo;une justesse et d&rsquo;une pertinence qui parle encore au public d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, et la musique de Mercure est en phase avec cet esprit sombre qui cherche la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation propos\u00e9e avait de grandes qualit\u00e9s, notamment dans l&rsquo;orchestre m\u00eame, qui d\u00e9voilait des jeux de couleurs originales et \u00e9blouissantes, le tout propuls\u00e9 par des dynamiques contrastantes et un jeu g\u00e9n\u00e9reux. Pierre Mercure exploite une \u00e9criture vocale et instrumentale qui rappelle le meilleur d&rsquo;Honneger, avec quelques touches rappelant Poulenc. On regrettera un peu certains choix de tempo, surtout dans le premier et le dernier mouvements, qui auraient gagn\u00e9 \u00e0 \u00eatre un peu plus alertes. Dans <em>Les lions jaunes<\/em>, mouvement d&rsquo;ouverture, la crainte et l\u2019effroi auraient \u00e9t\u00e9 plus prenants avec un rythme plus mordant, ce que la battue pos\u00e9e a un peu gomm\u00e9. M\u00eame constat pour le mouvement final, <em>Le cri de joie<\/em>, qui manquait un peu de sautillement et d&rsquo;all\u00e9gresse.<\/p>\n<p>Le ch\u0153ur bien pr\u00e9par\u00e9 s&rsquo;est acquis honorablement de sa t\u00e2che. Quant \u00e0 la soprano <strong>Elizabeth Polese<\/strong>, son interpr\u00e9tation sentie et intime \u00e9tait quelquefois entach\u00e9e par une projection in\u00e9gale. N\u00e9anmoins, la <em>Complainte<\/em>, mouvement o\u00f9 la soprano dialoguait avec un alto en solo, \u00e9tait un moment d&rsquo;une magnifique beaut\u00e9 et d&rsquo;une \u00e9motion pure.<\/p>\n<h3>Encore la Neuvi\u00e8me de Beethoven!<\/h3>\n<p>Il ne se passe pratiquement pas une saison sans que la Neuvi\u00e8me symphonie de Beethoven ne soit \u00e0 l&rsquo;affiche de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des orchestres de la ville (et de la province). On reconna\u00eet bien le statut de chef-d\u2019\u0153uvre de cette symphonie, mais l&rsquo;effet de saturation commence \u00e0 se faire sentir. Tout comme pour le <em>Messie <\/em>d&rsquo;Haendel, la Neuvi\u00e8me de Beethoven est tr\u00e8s (presque trop) pr\u00e9sente et les chefs ne semblent plus savoir quoi faire pour se d\u00e9marquer les uns des autres.<\/p>\n<p>Bien que g\u00e9n\u00e9ralement respectueux de la partition, <strong>Philippe Bourque<\/strong> a surpris par certains tempos. Le premier mouvement \u00e9tait bien pos\u00e9, sans trop d&rsquo;\u00e9lans fulgurants. On a souvent tendance \u00e0 s&#8217;emporter dans ce mouvement : si cette version plus calme nous fait perdre un peu drame, elle a pour principal avantage de nous faire go\u00fbter plus \u00e0 fond les sonorit\u00e9s de l&rsquo;orchestre, qui \u00e9tait loin d&rsquo;\u00eatre avare, notamment dans les vents. En ce sens, une section de cordes plus fournies aurait cr\u00e9\u00e9 un meilleur \u00e9quilibre, mais on comprend bien que l&rsquo;<strong>OCM<\/strong> n&rsquo;a pas les m\u00eames moyens que l&rsquo;<strong>OSM<\/strong>!<\/p>\n<p>Si le deuxi\u00e8me mouvement resplendissait de vigueur rythmique, le troisi\u00e8me mouvement a \u00e9t\u00e9 pris avec un peu plus d&rsquo;\u00e9lan que ce que l&rsquo;on est habitu\u00e9 d&rsquo;entendre. <strong>Philippe Bourque<\/strong> a donn\u00e9 un souffle vigoureux \u00e0 une musique qui est plus souvent interpr\u00e9t\u00e9e avec une langueur r\u00eaveuse. Le dernier mouvement, kal\u00e9idoscopique dans sa forme, \u00e9tait d&rsquo;une tr\u00e8s bonne tenue, avec une coda pas trop pr\u00e9cipit\u00e9e (et Dieu sait que les finales pr\u00e9cipit\u00e9es ont la cote en g\u00e9n\u00e9ral!).<\/p>\n<p>Le ch\u0153ur semblait encore plus investi que dans la <em>Cantate<\/em> de Mercure, avec notamment les voix d&rsquo;hommes plus pr\u00e9sentes et plus solides. Quant au quatuor de solistes vocaux, tr\u00e8s bien distribu\u00e9, on soulignera l&rsquo;\u00e9clat de caract\u00e8re et la projection rayonnante du t\u00e9nor <strong>\u00c9ric Laporte<\/strong>. Du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;orchestre, nous avons grandement appr\u00e9ci\u00e9 la section des cors et le jeu nourri de la timbali\u00e8re <strong>Catherine Varvaro<\/strong>. Cette derni\u00e8re a jou\u00e9, ironie du sort (ou plut\u00f4t r\u00e9alit\u00e9 des musiciens surnum\u00e9raires), aux c\u00f4t\u00e9 de <strong>Julien B\u00e9langer<\/strong>, ici attitr\u00e9 \u00e0 la grosse caisse, mais qui fait des miracles aux timbales \u00e0 l&rsquo;<strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong>! Il faut croire qu&rsquo;il se forme au Qu\u00e9bec une sorte d&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;interpr\u00e9tation qui renouvelle le jeu si distinctif de cette percussion embl\u00e9matique, et ce pour notre plus grand bonheur.<\/p>\n<p>Si la joie reste difficile \u00e0 exprimer, il faut croire que la musique peut nous aider \u00e0 mieux cerner et \u00e0 mieux exalter ce sentiment. Et il faut en ce sens remercier l&rsquo;OCM pour ce programme intelligent qui a clairement r\u00e9chauff\u00e9 le c\u0153ur du public.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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