{"id":87895,"date":"2025-05-22T14:18:35","date_gmt":"2025-05-22T18:18:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=87895"},"modified":"2025-05-22T14:30:11","modified_gmt":"2025-05-22T18:30:11","slug":"critique-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2025\/05\/22\/critique-16\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Abel Selaocoe, charismatique et ind\u00e9finissable"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_87903\" aria-describedby=\"caption-attachment-87903\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-87903\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE11.jpg\" alt=\"Abel Selaocoe et Xiang Zhang (Photo : Antoine Saito)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE11.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE11-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE11-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE11-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-87903\" class=\"wp-caption-text\">Abel Selaocoe et Xiang Zhang (Photo : Antoine Saito)<\/figcaption><\/figure>\n<p>La semaine derni\u00e8re, j&rsquo;exprimais en introduction de ma<a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2025\/05\/07\/critique-60-ans-les-petits-violons-continuent-de-donner-espoir-en-lavenir\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> critique du concert des <strong>Petits Violons<\/strong><\/a> comment je me consid\u00e9rais chanceuse d&rsquo;\u00eatre mise en contact avec de jeunes apprentis musicien\u00b7ne\u00b7s \u00e0 travers mes activit\u00e9s professionnelles. Encore aujourd&rsquo;hui, je prends de nouveau conscience de la chance que j&rsquo;ai &#8211; la chance d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente pour l&rsquo;extraordinaire prestation d&rsquo;<strong>Abel Selaocoe<\/strong> \u00e0 l&rsquo;<strong>OSM<\/strong> hier soir, mais aussi, plus g\u00e9n\u00e9ralement, la chance de vivre cette \u00e9poque de d\u00e9cloisonnement et de red\u00e9finition de l&rsquo;idiome artistique de l&rsquo;orchestre symphonique.<\/p>\n<p>L&rsquo;exp\u00e9rience <strong>Abel Selaocoe<\/strong>, c&rsquo;est avant tout une pr\u00e9sence magn\u00e9tique, enti\u00e8re et authentique. Le musicien navigue entre passages \u00e9crits et improvisation, il transitionne d&rsquo;un jeu conventionnel du violoncelle \u00e0 l&rsquo;ajout de techniques \u00e9tendues, \u00e0 des types de chants vari\u00e9s, dont des chants de gorge, suivis de passages en voix de t\u00eate, tout en donnant des entr\u00e9es \u00e0 l&rsquo;orchestre et, dans le dernier mouvement, en entra\u00eenant la foule dans un chant commun \u00e9mouvant.<\/p>\n<p>Il est \u00e9galement le compositeur, avec la contribution de l&rsquo;arrangeur <strong>Benjamin Watergate<\/strong>, de l&rsquo;\u0153uvre pr\u00e9sent\u00e9e, <em>Four Spirits<\/em>. Le premier mouvement, <em>MaSebego<\/em>, rend hommage aux gu\u00e9risseurs\u00b7euses traditionnels\u00b7les, dont la dame qui lui \u00ab\u00a0a enseign\u00e9 comment vivre ma spiritualit\u00e9 dans nos temps modernes, et qu&rsquo;il existe d&rsquo;autres r\u00e9seaux auxquels se connecter que ceux de nos t\u00e9l\u00e9phones\u00a0\u00bb, comme il l&rsquo;a expliqu\u00e9 en introduction. Dans <em>Bana<\/em>, signifiant enfants, c&rsquo;est la curiosit\u00e9 de ceux-ci que le compositeur a voulu mettre de l&rsquo;avant. La foi (<em>Tshepo<\/em>) \u00e0 laquelle fait r\u00e9f\u00e9rence le troisi\u00e8me mouvement est une foi dans le potentiel du moment pr\u00e9sent, tandis que le dernier mouvement (<em>Simunye<\/em>, ou Nous ne sommes qu&rsquo;un), dans lequel le public est invit\u00e9 \u00e0 chanter, c\u00e9l\u00e8bre la force de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Bien que le titre de l&rsquo;\u0153uvre indique \u00ab\u00a0pour violoncelle, voix et orchestre\u00a0\u00bb, il faudrait y ajouter \u00ab\u00a0percussion\u00a0\u00bb, puisque <strong>Selaocoe<\/strong> est accompagn\u00e9 du percussionniste autrichien <strong>Bernhard Schimpelsberger<\/strong>, aux commandes d&rsquo;une batterie impressionnante de percussions vari\u00e9es. <strong>Schimpelsberger<\/strong> en joue de fa\u00e7on raffin\u00e9e et sensible, constamment alerte aux indications de <strong>Selaocoe<\/strong>. Il est \u00e0 supposer qu&rsquo;il a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 la composition, un passage en duo vocal \u00e9voquant nettement les jeux rythmiques du konnakol, art vocal rythmique de la musique classique indienne, que <strong>Schimpelsberger<\/strong> a \u00e9tudi\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_87906\" aria-describedby=\"caption-attachment-87906\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-87906 size-full\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Bernhard-Schimpelsberger-Antoine-Saito.jpg\" alt=\"Bernhard Schimpelsberger, ainsi que deux percussionnistes de l'OSM, Corey Rae et Josh Wynnyk, \u00e9galement install\u00e9s en avant-sc\u00e8ne. (Photo : Antoine Saito)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Bernhard-Schimpelsberger-Antoine-Saito.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Bernhard-Schimpelsberger-Antoine-Saito-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Bernhard-Schimpelsberger-Antoine-Saito-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Bernhard-Schimpelsberger-Antoine-Saito-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-87906\" class=\"wp-caption-text\">Bernhard Schimpelsberger, ainsi que deux percussionnistes de l&rsquo;OSM, Corey Rae et Josh Wynnyk, \u00e9galement install\u00e9s en avant-sc\u00e8ne. (Photo : Antoine Saito)<\/figcaption><\/figure>\n<p>La foule survolt\u00e9e ayant demand\u00e9 un rappel, <strong>Selaocoe<\/strong> a amorc\u00e9 une interpr\u00e9tation d\u00e9pouill\u00e9e de la \u00ab\u00a0Sarabande\u00a0\u00bb de la <em>Troisi\u00e8me suite pour violoncelle en do majeur<\/em> de J.S. Bach. \u00c0 la reprise de la premi\u00e8re partie, il a abandonn\u00e9 l&rsquo;archet pour jouer <em>pizzicato<\/em> la structure harmonique de Bach, tout en improvisant vocalement par-dessus. Il a ensuite repris l&rsquo;archet pour poursuivre la deuxi\u00e8me partie telle qu&rsquo;\u00e9crite, mais \u00e0 l&rsquo;accord final, plut\u00f4t que de jouer la reprise indiqu\u00e9e, il a amorc\u00e9 un nouveau chant, d&rsquo;abord seul, int\u00e9grant ensuite les contrebasses de l&rsquo;orchestre et finalement le public : conclure cette extraordinaire prestation autrement que par un nouveau moment d&rsquo;union commmunautaire musicale aurait sembl\u00e9 inappropri\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"jetpack-video-wrapper\"><span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe loading=\"lazy\" class=\"youtube-player\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/zOTuY1C8-dw?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent\" allowfullscreen=\"true\" style=\"border:0;\" sandbox=\"allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation\"><\/iframe><\/span><\/div>\n<p>Comment compl\u00e9ter le programme, quand on a en position centrale une pr\u00e9sentation aussi forte? L&rsquo;OSM a choisi d&rsquo;ouvrir par l&rsquo;univers fantastique des cinq mouvements d\u00e9licats de la <em>Suite Ma m\u00e8re l&rsquo;Oye<\/em> de Maurice Ravel. <strong>Xiang Zhang<\/strong>, cheffe solide et rassembleuse, y \u00e9tait un peu trop active, mais le r\u00e9sultat fonctionnait bien. Le vibrato d&rsquo;<strong>Andrew Wan<\/strong> m&rsquo;a sembl\u00e9 trop large dans le solo du \u00ab\u00a0Jardin f\u00e9\u00e9rique\u00a0\u00bb, un aspect qui m&rsquo;avait \u00e9galement frapp\u00e9e dans son solo de la <em>Gaelic Symphony<\/em> d&rsquo;Amy Beach il y a deux semaines.<\/p>\n<p>En deuxi\u00e8me partie, l&rsquo;orchestre interpr\u00e9tait une s\u00e9lection de mouvements extraits des deux suites <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> de Prokofiev. Apr\u00e8s l&rsquo;excitation de la premi\u00e8re partie, la cheffe a eu de la difficult\u00e9 \u00e0 recentrer l&rsquo;\u00e9nergie. Le tempo choisi pour le c\u00e9l\u00e8bre mouvement des \u00ab\u00a0Montague et Capulet\u00a0\u00bb \u00e9tait un peu trop vif et l&rsquo;orchestre ne suivait pas de fa\u00e7on homog\u00e8ne. Nonobstant cette remarque, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les mouvements dynamiques ont mieux r\u00e9ussi \u00e0 la cheffe que les mouvements lents ou int\u00e9rieurs : les lignes chantantes restaient un peu verticales et manquaient de connexion (par exemple, dans la partie centrale du \u00ab\u00a0Madrigal\u00a0\u00bb, dans laquelle Rom\u00e9o et Juliette dansent ensemble pour la premi\u00e8re fois). Les mouvements \u00ab\u00a0Les Masques\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0La Mort de Tybalt\u00a0\u00bb, par contraste, ont \u00e9t\u00e9 remarquables et ont m\u00eame apport\u00e9 une mini-r\u00e9v\u00e9lation : dans aucune autre interpr\u00e9tation n&rsquo;ai-je senti cette insouciance juv\u00e9nile et surcharg\u00e9e d&rsquo;\u00e9nergie de trois jeunes hommes un peu trop s\u00fbrs d&rsquo;eux, dont les fanfaronnades, dans \u00ab\u00a0Les Masques\u00a0\u00bb, annoncent l&rsquo;escalade incontr\u00f4lable menant \u00e0 \u00ab\u00a0La Mort de Tybalt\u00a0\u00bb. Musicalement, la soir\u00e9e aurait d\u00fb se conclure en apoth\u00e9ose avec ce d\u00e9ferlement sonore : m\u00eame si narrativement, l&rsquo;ajout du mouvement \u00ab\u00a0Rom\u00e9o au tombeau de Juliette\u00a0\u00bb semble indispensable, l&rsquo;encha\u00eenement avec le mouvement pr\u00e9c\u00e9dent n&rsquo;a pas fonctionn\u00e9 et a \u00e9teint l&rsquo;intensit\u00e9 d&rsquo;une soir\u00e9e qui m\u00e9ritait de conclure en feux d&rsquo;artifices. Des commentaires de membres du public glan\u00e9s \u00e0 la sortie ont confirm\u00e9 cette impression.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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