{"id":87732,"date":"2025-05-14T10:40:35","date_gmt":"2025-05-14T14:40:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=87732"},"modified":"2025-05-14T11:28:58","modified_gmt":"2025-05-14T15:28:58","slug":"critique-la-boheme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2025\/05\/14\/critique-la-boheme\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Une Boh\u00e8me entra\u00eenante pour clore la saison de l&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_87747\" aria-describedby=\"caption-attachment-87747\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-87747 size-full\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE8.jpg\" alt=\"Jean-Philippe McClish, Lauren Margison, Fr\u00e9d\u00e9ric Antoun, Mikelis Rogers, Andrea Nunez et John Brancy. (Photo : Vivien Gaumand)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE8.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE8-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE8-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE8-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-87747\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Philippe McClish, Lauren Margison, Fr\u00e9d\u00e9ric Antoun, Mikelis Rogers, Andrea Nunez et John Brancy. (Photo : Vivien Gaumand)<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;<strong>Op\u00e9ra de Montr\u00e9al<\/strong> couronne sa saison articul\u00e9e autour du th\u00e8me de la jeunesse par une production bien rythm\u00e9e de <em>La boh\u00e8me\u00a0<\/em>avec <strong>Lauren<\/strong> <strong>Margison<\/strong> et <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Antoun<\/strong> dans les r\u00f4les principaux, mise en sc\u00e8ne par <strong>Fran\u00e7ois Racine<\/strong> et accompagn\u00e9e par l&rsquo;<strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong> dirig\u00e9 par <strong>Simon Rivard<\/strong>.<\/p>\n<h3>Distribution<\/h3>\n<p>Vocalement, on n&rsquo;a rien \u00e0 reprocher \u00e0 <strong>Lauren Margison<\/strong> dans le r\u00f4le de Mimi : elle poss\u00e8de une voix pleine et ronde, qui r\u00e9pond bien aux exigences de la partition. C&rsquo;est du c\u00f4t\u00e9 du jeu qu&rsquo;il y a place \u00e0 am\u00e9lioration : l&rsquo;expression reste relativement neutre, qu&rsquo;elle tombe en amour, qu&rsquo;elle soit surprise par la r\u00e9v\u00e9lation que ses jours sont compt\u00e9s ou qu&rsquo;elle rende son dernier souffle dans les bras de son amoureux \u00e9plor\u00e9. Ce registre limit\u00e9 provoque un d\u00e9s\u00e9quilibre lors de la premi\u00e8re rencontre des deux futurs amants, cr\u00e9ant l&rsquo;impression d&rsquo;un Rodolfo trop entreprenant, sollicitant l&rsquo;amour d&rsquo;une jeune \u00e9trang\u00e8re qui ne lui manifeste de son c\u00f4t\u00e9 aucun encouragement (une spectatrice derri\u00e8re moi a laiss\u00e9 entendre une r\u00e9action de malaise en entendant Rodolfo demander \u00e0 Mimi : \u00ab\u00a0Dis-moi que tu m&rsquo;aimes!\u00a0\u00bb). Il est tout \u00e0 fait possible que le metteur en sc\u00e8ne ait consciemment d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;explorer la relation de cet angle, compte tenu de la jalousie manifest\u00e9e plus tard par le jeune homme &#8211; mais cela nous ram\u00e8ne au probl\u00e8me initial : rien dans la fa\u00e7on d&rsquo;incarner Mimi ne nous permet de juger si cette retenue fait partie du personnage, ni de comprendre l&rsquo;\u00e9volution de ses sentiments.<\/p>\n<p>Le Rodolfo de <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Antoun<\/strong>, lui, ne laisse planer aucun doute sur ses sentiments. Le t\u00e9nor qu\u00e9b\u00e9cois \u00e0 la feuille de route bien garnie a r\u00e9cemment pris la d\u00e9cision de concentrer ses activit\u00e9s au Qu\u00e9bec. Des trois \u00e9v\u00e9nements dans lesquels j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de l&rsquo;entendre au cours de la derni\u00e8re ann\u00e9e, sa prestation en tant que Rodolfo est la plus r\u00e9ussie : l&rsquo;op\u00e9ra semble lui ouvrir une libert\u00e9 physique que le concert (<a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/07\/30\/critique-festival-dopera-de-quebec-bravo-aux-talents-locaux\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Grand concert du Festival d&rsquo;op\u00e9ra de Qu\u00e9bec<\/a>) et l&rsquo;oratorio (<a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/12\/11\/critique-le-messie-avec-lom-et-yannick-nezet-seguin-une-interpretation-resserree-avec-du-relief\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Messie<\/em> avec l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain<\/a>) ne lui fournissaient pas. Les aigus continuent de lui causer des difficult\u00e9s, les passages les plus exigeants de ce point de vue ayant malheureusement tendance \u00e0 \u00eatre \u00e9galement les plus intenses dramatiquement, mais dans l&rsquo;ensemble, il campe Rodolfo avec conviction et naturel.<\/p>\n<p>Le quatuor de comparses insouciants qu&rsquo;il forme avec Marcello (vibrant <strong>John Brancy<\/strong>), Schaunard (imposant <strong>Mikelis Rogers<\/strong>) et Colline (chaleureux <strong>Jean-Philippe McClish<\/strong>) est \u00e9quilibr\u00e9 et attachant. En Musetta, <strong>Andrea Nunez<\/strong> est impertinente sans \u00eatre caricaturale. La basse am\u00e9ricaine <strong>Valerian Ruminski<\/strong> fait valoir son c\u00f4t\u00e9 comique dans le r\u00f4le du propri\u00e9taire ridiculis\u00e9 Beno\u00eet au premier acte et de l&rsquo;amant riche de Musetta au deuxi\u00e8me.<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Les deux petits r\u00f4les de Parpignol et du Sergent ont \u00e9t\u00e9 confi\u00e9s \u00e0 deux membres actuels de l&rsquo;Atelier lyrique, <strong>Angelo Moretti<\/strong> et <strong>Jamal al Titi<\/strong> respectivement, qui s&rsquo;en acquittent parfaitement.<\/p>\n<p>Comme \u00e0 son habitude, le <strong>Ch\u0153ur de l&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al<\/strong> fait preuve d&rsquo;une pr\u00e9sence solide, dramatiquement et vocalement. Au milieu de l&rsquo;action fourmillante du deuxi\u00e8me acte, les enfants chantent avec assurance tout en se ruant sur les jouets de Parpignol, et le petit qui se plaint de ne pas recevoir le cheval qu&rsquo;il convoite provoque les rires sympathisants du public.<\/p>\n<h3>Mise en sc\u00e8ne et sc\u00e9nographie<\/h3>\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne exp\u00e9riment\u00e9 <strong>Fran\u00e7ois Racine<\/strong> ne cherche pas midi \u00e0 quatorze heures. Il ne surcharge pas les interpr\u00e8tes, leur laissant toute la place pour chanter \u00e0 leur aise, au point de risquer occasionnellement le statisme. \u00c0 une occasion, cette sobri\u00e9t\u00e9 sc\u00e9nique rompt la cr\u00e9dibilit\u00e9 de l&rsquo;action, alors que, dans la sc\u00e8ne o\u00f9 Rodolfo avoue \u00e0 Marcello que Mimi est mourante, les deux hommes, ignorant pourtant la pr\u00e9sence de Mimi cach\u00e9e, se font face et attendent sagement que celle-ci ait chant\u00e9 ses apart\u00e9s. Ces moments de suspension dans leur dialogue demandent \u00e0 \u00eatre meubl\u00e9s de fa\u00e7on organique.<\/p>\n<p>Les d\u00e9cors, lou\u00e9s au Arizona Opera et con\u00e7us par <strong>Peter Dean Beck<\/strong>, s&rsquo;articulent autour d&rsquo;une structure commune repr\u00e9sentant tour \u00e0 tour l&rsquo;immense logement inchauffable, l&rsquo;int\u00e9rieur du Caf\u00e9 Momus et, en r\u00e9organisant les structures, la porte fortifi\u00e9e de la ville.<\/p>\n<h3>Orchestre<\/h3>\n<p>Dans la fosse, la sonorit\u00e9 \u00e9manant de l&rsquo;<strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong> est riche en textures et en couleurs, la p\u00e2te orchestrale est model\u00e9e avec adresse. Les tempos sont bien dos\u00e9s; d\u00e8s le d\u00e9but, le rythme est fluide, vif sans \u00eatre press\u00e9. Entre les mains du chef <strong>Simon Rivard<\/strong>, qui fait avec cette production ses d\u00e9buts \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al, l&rsquo;orchestre est presque un personnage suppl\u00e9mentaire, soutenant, commentant ou compl\u00e9mentant l&rsquo;action sur sc\u00e8ne. De ma place \u00e0 la rang\u00e9e M du parterre, le tout \u00e9tait dans l&rsquo;ensemble un peu fort, mais il est possible que ce soit n\u00e9cessaire pour satisfaire les \u00e9tages sup\u00e9rieurs. Il resterait indiqu\u00e9 de temp\u00e9rer les \u00e9lans expressifs des premiers violons lorsqu&rsquo;ils doublent les lignes vocales de fa\u00e7on trop enthousiastes.<\/p>\n<p>Les prochaines repr\u00e9sentations ont lieu les 15, 18 et 20 mai \u00e0 la salle Wilfrid-Pelletier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al couronne sa saison articul\u00e9e autour du th\u00e8me de la jeunesse avec une production bien rythm\u00e9e de La boh\u00e8me\u00a0avec Lauren Margison et Fr\u00e9d\u00e9ric Antoun dans les r\u00f4les principaux, mise en sc\u00e8ne par Fran\u00e7ois Racine et accompagn\u00e9e par l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain dirig\u00e9 par Simon Rivard.<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":87747,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42299,52],"tags":[42300,2498],"yst_prominent_words":[29231,39760,13173,12310,15281,23174,10519,14956,10537,33307,11145,7694,11452,10541,22390],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/05\/Copie-de-CRITIQUE8.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-mP2","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87732"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=87732"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87732\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":87789,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87732\/revisions\/87789"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/87747"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=87732"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=87732"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=87732"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=87732"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}