{"id":86846,"date":"2025-03-24T17:56:49","date_gmt":"2025-03-24T21:56:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=86846"},"modified":"2025-03-24T18:19:06","modified_gmt":"2025-03-24T22:19:06","slug":"critique-14","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2025\/03\/24\/critique-14\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Le Ch\u0153ur Saint-Laurent et ses accolytes, cr\u00e9ateurs de musique et r\u00eaveurs de r\u00eaves"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-86896\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/03\/Copie-de-CRITIQUE3.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/03\/Copie-de-CRITIQUE3.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/03\/Copie-de-CRITIQUE3-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/03\/Copie-de-CRITIQUE3-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/03\/Copie-de-CRITIQUE3-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n<p>Le <strong>Ch\u0153ur Saint-Laurent<\/strong> et son partenaire musical de la soir\u00e9e, le <strong>Ch\u0153ur de l&rsquo;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al<\/strong>, ont surmont\u00e9 avec succ\u00e8s un d\u00e9fi de taille samedi soir \u00e0 la Maison symphonique en encha\u00eenant deux \u0153uvres pour ch\u0153ur et orchestre exigeantes et peu connues ici, <em>The Music Makers<\/em> d&rsquo;Edward Elgar et <em>Belshazzar&rsquo;s Feast<\/em> de William Walton. Le ch\u0153ur combin\u00e9 d&rsquo;une centaine de choristes \u00e9tait appuy\u00e9 par un orchestre comprenant deux harpes, des sections compl\u00e8tes de cuivres et un arsenal assez \u00e9tendu de percussions, ainsi que des solistes <strong>Rose Naggar-Tremblay<\/strong> et <strong>Jorell Williams<\/strong>, le tout sous la direction assur\u00e9e de <strong>Philippe Bourque<\/strong>.<\/p>\n<h3><em>The Music Makers<\/em><\/h3>\n<p>La musique compos\u00e9e par Elgar sur ce po\u00e8me d&rsquo;Arthur O&rsquo;Shaughnessy est expansive, extravertie, lyrique et \u00e9tonnamment martiale par moments, le compositeur ayant manifestement choisi de mettre en lumi\u00e8re le vocabulaire aux connotations guerri\u00e8res employ\u00e9 dans le po\u00e8me (<em>an empire&rsquo;s glory;<\/em> <em>conquer a crown;<\/em> <em>the soldier, the king and the peasant;<\/em> <em>the multitudes are enlisted<\/em>). Cela se manifeste par des roulements de timbales (parfois \u00e0 des endroits \u00e9trangement choisis) et l&rsquo;utilisation de cuivres qui malheureusement avalent presque tout ce qui les entoure, ainsi que par de multiples passages <em>fortissimos<\/em> intempestifs. Le d\u00e9but <em>a cappella<\/em> sur <em>We are the music makers<\/em> agit comme une sorte de refrain contrastant, revenant p\u00e9riodiquement au cours des quelque 35 minutes que dure l&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n<p>Le timbre touchant et le lyrisme naturel de <strong>Rose Naggar-Tremblay<\/strong> formaient un excellent choix pour la partie de contralto solo. La fa\u00e7on dont la chanteuse a l\u00e9g\u00e8rement \u00e9tir\u00e9 la r\u00e9solution finale de sa derni\u00e8re intervention, sur <em>And a singer who sings no<\/em> <em>more<\/em>, offrait un exemple d&rsquo;int\u00e9riorisation et de sensibilit\u00e9 plus en ligne avec ma perception du texte que la r\u00e9alisation grandiloquente qu&rsquo;en a faite Elgar. Le ch\u0153ur a \u00e9galement su exploiter les moments plus contemplatifs, faisant entendre un fondu \u00e9quilibr\u00e9 et soutenu. Ce n&rsquo;est pas la faute des interpr\u00e8tes si Elgar passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de chaque occasion d&rsquo;illuminer la cadence sur <em>dreamers of dreams<\/em> et se contente de nous donner un accord mineur conventionnel.<\/p>\n<h3><em>Belshazzar&rsquo;s Feast<\/em><\/h3>\n<p>L&rsquo;\u0153uvre compos\u00e9e en 1931 par Walton est le fruit de la premi\u00e8re commande pass\u00e9e par la BBC (fond\u00e9e \u00e0 peine quelques ann\u00e9es avant en 1927) aupr\u00e8s d&rsquo;un compositeur britannique. Le r\u00e9sultat est une fr\u00e9n\u00e9sie bacchanale excessive du d\u00e9but jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, illustrant d&rsquo;abord les exc\u00e8s de la cour babylonienne, puis c\u00e9l\u00e9brant sa chute. Produisant un effet ind\u00e9niable, la densit\u00e9 et l&rsquo;enchev\u00eatrement des parties forment cependant un tout difficilement saisissable \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9coute. Curieusement, les grands intervalles, les phrases hachur\u00e9es, les accents jazz et m\u00eame certains choix d&rsquo;instrumentation annoncent certaines caract\u00e9ristiques plus tard exploit\u00e9es par les compositeurs d&rsquo;outre-atlantique Aaron Copland et Leonard Bernstein, consid\u00e9r\u00e9s comme les premiers repr\u00e9sentants d&rsquo;une musique de concert typiquement \u00e9tats-unienne.<\/p>\n<p>Le baryton torontois <strong>Jorell Williams<\/strong> a \u00e9t\u00e9 remarquable dans les difficiles passages <em>a cappella<\/em> exigeant tout \u00e0 la fois pr\u00e9cision d&rsquo;intonation sur des intervalles d\u00e9cousus, projection et noblesse. Ni lui ni <strong>Naggar-Tremblay<\/strong> n&rsquo;ont cependant r\u00e9ussi \u00e0 percer par-dessus des forces orchestrales d\u00e9cha\u00een\u00e9es dans les passages accompagn\u00e9s les plus violents.<\/p>\n<p>Le ch\u0153ur bien pr\u00e9par\u00e9 a fait preuve d&rsquo;une solidit\u00e9 et d&rsquo;une endurance exceptionnelles, maintenant jusqu&rsquo;au bout l&rsquo;intensit\u00e9 exig\u00e9e par deux partitions touffues. Pour le texte, c&rsquo;\u00e9tait peine perdue : valait mieux se r\u00e9jouir des quelques passages compr\u00e9hensibles plut\u00f4t que de regretter ceux qui ne l&rsquo;\u00e9taient pas.<\/p>\n<h3><em>La Nuit et le po\u00e8te<\/em><\/h3>\n<p>En ouverture de concert, le <strong>Ch\u0153ur de l&rsquo;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al<\/strong> sous la direction de son chef attitr\u00e9 <strong>Matthew Lane<\/strong> a pr\u00e9sent\u00e9 la cr\u00e9ation de <em>La Nuit et le po\u00e8te<\/em>. La compositrice <strong>Isabelle Fleury<\/strong> y met en musique un texte de l&rsquo;\u00e9crivain romantique montr\u00e9alais Albert Boisjoly (1901-1951) d\u00e9crivant le contraste entre le feu int\u00e9rieur animant le po\u00e8te peinant sur un texte et la tranquillit\u00e9 nocturne qui l&rsquo;entoure. Le ch\u0153ur a rendu justice \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre aux sonorit\u00e9s suspendues et aux intervalles rapproch\u00e9s.<\/p>\n<p>R\u00eaveurs de r\u00eaves et agitateurs du monde, il fallait l&rsquo;\u00eatre pour mener \u00e0 bout un projet aussi ambitieux. Je m&rsquo;attendais \u00e0 voir la Maison symphonique pleine de m\u00e9lomanes avides et d&rsquo;amoureux\u00b7ses de d\u00e9couvertes inusit\u00e9s souhaitant faire l&rsquo;exp\u00e9rience de ces \u0153uvres d\u00e9mesur\u00e9es.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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