{"id":85870,"date":"2025-01-16T05:05:44","date_gmt":"2025-01-16T10:05:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=85870"},"modified":"2025-01-17T13:00:04","modified_gmt":"2025-01-17T18:00:04","slug":"critique-documentaire-sympathique-sur-la-premiere-contrebassiste-du-ny-phil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2025\/01\/16\/critique-documentaire-sympathique-sur-la-premiere-contrebassiste-du-ny-phil\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Documentaire sympathique sur la premi\u00e8re contrebassiste du NY Phil"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_85876\" aria-describedby=\"caption-attachment-85876\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-85876\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/01\/Copie-de-CRITIQUE.jpg\" alt=\"Sc\u00e8ne du film The Only Girl in the Orchestra de Molly O'Brien (site web du film)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/01\/Copie-de-CRITIQUE.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/01\/Copie-de-CRITIQUE-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/01\/Copie-de-CRITIQUE-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2025\/01\/Copie-de-CRITIQUE-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-85876\" class=\"wp-caption-text\">Sc\u00e8ne du film <em>The Only Girl in the Orchestra<\/em> de Molly O&rsquo;Brien (site web du film)<\/figcaption><\/figure>\n<p>En 2024, alors que le <strong>New York Philharmonic<\/strong> d\u00e9frayait les manchettes pour son traitement cavalier de deux femmes membres de l&rsquo;orchestre tentant d&rsquo;obtenir justice dans <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/07\/24\/actualites-le-new-york-philharmonic-constamment-dans-la-soupe-chaude\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">une sordide affaire d&rsquo;agression sexuelle<\/a>, suscitant des questionnements sur la culture r\u00e9gnant au sein de l&rsquo;ensemble, le documentaire <em>The Only Girl in the Orchestra <\/em>(<em>La seule fille de l&rsquo;orchestre<\/em>), qui prend pour sujet <strong>Orin O&rsquo;Brien<\/strong>, la premi\u00e8re contrebassiste et premi\u00e8re femme \u00e0 occuper un poste \u00e0 temps plein au sein de ce m\u00eame orchestre, faisait le tour des festivals. Le documentaire est disponible (en anglais avec sous-titres) sur Netflix depuis le 4 d\u00e9cembre 2024.<\/p>\n<p>La r\u00e9alisatrice <strong>Molly O&rsquo;Brien<\/strong>, la ni\u00e8ce d&rsquo;<strong>Orin<\/strong>, a tent\u00e9 de convaincre sa tante pendant une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es de lui permettre de tourner un documentaire sur elle. D&rsquo;entr\u00e9e de jeu, la voix hors-champ de <strong>Molly<\/strong> annonce qu&rsquo;<strong>Orin<\/strong> est l&rsquo;adulte pour qui elle a ressenti la plus grande admiration tout au long de sa vie. Le portrait sympathique dress\u00e9 au cours des 35 minutes du film nous rallie rapidement \u00e0 son point de vue, nous faisant d\u00e9couvrir une artiste humble, enti\u00e8rement d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 son art et \u00e0 la transmission de celui-ci, que ce soit en tant que musicienne sur sc\u00e8ne avec l&rsquo;orchestre ou dans ses activit\u00e9s d&rsquo;enseignement. Il est clair que ses coll\u00e8gues et ses \u00e9l\u00e8ves sont tr\u00e8s attach\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 cette grande dame.<\/p>\n<p><strong>O&rsquo;Brien<\/strong> a int\u00e9gr\u00e9 le <strong>New York Philharmonic<\/strong> en 1966, alors que Leonard Bernstein en \u00e9tait le directeur musical, et a pris sa retraite en 2021, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 87 ans, au terme de 55 saisons. Une sc\u00e8ne du documentaire s&rsquo;attarde aux articles et au battage publicitaire qui ont entour\u00e9 son arriv\u00e9e au sein de l&rsquo;orchestre. Alors qu&rsquo;une amie d&rsquo;Orin lit \u00e0 voix haute certaines des platitudes sexistes des documents de l&rsquo;\u00e9poque, celle-ci s&rsquo;insurge, \u00ab Nulle part ils n&rsquo;ont fait mention de mes dix ann\u00e9es comme pigiste, de mon temps au <strong>New York City Ballet<\/strong> ou de tous les enregistrements que j&rsquo;ai faits, juste \u00ab\u00a0elle est mignonne et les hommes se battent pour transporter ses valises\u00a0\u00bb &#8211; ils n&rsquo;ont jamais transport\u00e9 mes valises, ils devaient d\u00e9j\u00e0 transporter leur propre instrument! \u00bb<\/p>\n<p>S&rsquo;il est clair qu&rsquo;<strong>O&rsquo;Brien<\/strong> et sa carri\u00e8re remarquable forment un sujet en or pour un documentaire, le film a le m\u00e9rite de traiter non seulement la personne, mais \u00e9galement le monde orchestral, avec l&rsquo;admiration et le respect n\u00e9s d&rsquo;une r\u00e9elle familiarit\u00e9, r\u00e9ussissant \u00e0 \u00e9viter le pi\u00e8ge de la v\u00e9n\u00e9ration exag\u00e9r\u00e9e et distanci\u00e9e. En faisant entrer le public dans les derniers moments de vie professionnelle de cette musicienne chevronn\u00e9e, c&rsquo;est la vie quotidienne des instrumentistes d&rsquo;orchestre en g\u00e9n\u00e9ral qui est d\u00e9voil\u00e9e, \u00e0 partir de cet exemple certes remarquable.<\/p>\n<p>L&#8217;emploi d&rsquo;extraits de compositions de musique classique en guise de trame sonore est, pour une fois, naturel et \u00e0 la hauteur du sujet. Le film ouvre avec les premi\u00e8res notes de la <em>Deuxi\u00e8me symphonie<\/em> de Mahler et tout au long, additionnellement aux sc\u00e8nes de r\u00e9p\u00e9tition qui fournissent pour ainsi dire leur propre trame sonore, des pi\u00e8ces classiques connues ont \u00e9t\u00e9 arrang\u00e9es pour ensemble de contrebasses.<\/p>\n<p>Court et facilement absorb\u00e9, le documentaire laisse au spectateur le soin de combler certains d\u00e9tails : on s&rsquo;\u00e9tonne par exemple de l&rsquo;absence d&rsquo;hommage de la part de l&rsquo;orchestre pour souligner son d\u00e9part \u00e0 la retraite (bien qu&rsquo;on assiste \u00e0 un rassemblement informel d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves et d&rsquo;ancien\u00b7ne\u00b7s \u00e9l\u00e8ves). En fait, c&rsquo;est en \u00e9coutant une entrevue (en anglais) que j&rsquo;ai pu comprendre qu&rsquo;O&rsquo;Brien n&rsquo;est pas retourn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;orchestre lors de la reprise des activit\u00e9s apr\u00e8s la pand\u00e9mie, et qu&rsquo;en fait ni elle ni l&rsquo;orchestre n&rsquo;\u00e9taient conscients qu&rsquo;elle venait de jouer son dernier concert lorsque les salles ont ferm\u00e9. D&rsquo;autre part, des sc\u00e8nes de r\u00e9p\u00e9tition d&rsquo;un petit ensemble de contrebasses nous sont pr\u00e9sent\u00e9es, dont on ne saisit pas tout \u00e0 fait le contexte : j&rsquo;ai eu l&rsquo;impression qu&rsquo;un \u00ab\u00a0faux\u00a0\u00bb concert avait \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 pour les besoins de la mise en sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>N&#8217;emp\u00eache, <em>The Only Girl in the Orchestra<\/em> dresse un portrait r\u00e9ussi d&rsquo;une femme \u00e0 la r\u00e9putation brillante dans le monde des contrebassistes, mais dont le nom restait inconnu au-del\u00e0 de ce cercle restreint.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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