{"id":85224,"date":"2024-12-03T15:57:33","date_gmt":"2024-12-03T20:57:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=85224"},"modified":"2024-12-06T13:00:03","modified_gmt":"2024-12-06T18:00:03","slug":"critique-solomons-knot-un-noeud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/12\/03\/critique-solomons-knot-un-noeud\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Solomon&rsquo;s Knot, un noeud qui s&rsquo;est rel\u00e2ch\u00e9 progressivement"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_85236\" aria-describedby=\"caption-attachment-85236\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-85236\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/Copie-de-CRITIQUE7.jpg\" alt=\"Les chanteurs et chanteuses du collectif Solomon's Knot. (Photo : Gerard Collett)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/Copie-de-CRITIQUE7.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/Copie-de-CRITIQUE7-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/Copie-de-CRITIQUE7-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/Copie-de-CRITIQUE7-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-85236\" class=\"wp-caption-text\">Les chanteurs et chanteuses de Solomon&rsquo;s Knot. (Photo : Gerard Collett)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Vendredi soir dernier, le Festival Bach accueillait \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise Saint-George le groupe <strong>Solomon&rsquo;s Knot<\/strong>, qui faisait ses d\u00e9buts nord-am\u00e9ricains. De ce collectif sp\u00e9cialis\u00e9 en musique ancienne, seuls les chanteurs et chanteuses ont travers\u00e9 l&rsquo;Atlantique pour venir interpr\u00e9ter <em>a cappella<\/em> des motets de Johann Sebastian Bach et du cousin de son p\u00e8re, Johann Christoph Bach.<\/p>\n<p>Tous et toutes form\u00e9\u00b7e\u00b7s en Angleterre, les huit chanteurs et chanteuses (<strong>Zo\u00eb Brookshaw<\/strong> et <strong>Rebecca Lea<\/strong>, sopranos; <strong>Kate Symonds-Joy<\/strong> et <strong>Nathan Mercieca<\/strong>, altos; <strong>Thomas Herford<\/strong> et <strong>James Robinson<\/strong>, t\u00e9nors; <strong>Alex Ashworth<\/strong>, basse et <strong>Jonathan Sells<\/strong>, basse et directeur artistique) cultivent l&rsquo;esth\u00e9tique sonore \u00e9th\u00e9r\u00e9e et lisse caract\u00e9ristique de la tradition chorale anglicane, comme on peut l&rsquo;entendre par exemple chez leurs compatriotes de <strong>Voces8<\/strong>, un groupe de la m\u00eame composition que celui pr\u00e9sent vendredi.<\/p>\n<p>Toutes les pi\u00e8ces sont interpr\u00e9t\u00e9es de m\u00e9moire, un \u00e9norme accomplissement compte tenu de l&rsquo;enchev\u00eatrement touffu des lignes dans ces \u0153uvres exigeantes. Les vocalistes profitent de la libert\u00e9 ainsi gagn\u00e9e pour varier leur disposition sur la sc\u00e8ne, faisant ressortir le r\u00f4le distinct de certaines lignes par leur placement physique autant que par la r\u00e9alisation sonore.<\/p>\n<p>Le concert d\u00e9butait avec le motet <em>F\u00fcrchte dich nicht<\/em> (<em>Ne crains rien<\/em>) de Johann Christoph Bach, chant\u00e9 sur sc\u00e8ne par un quatuor d&rsquo;hommes (alto masculin, t\u00e9nor, basse 1 et basse 2), les femmes ajoutant la m\u00e9lodie du choral \u00e0 partir du jub\u00e9. Ce d\u00e9placement est probablement la raison pour laquelle ce motet a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 en t\u00eate de programme, car il ne s&rsquo;agissait pas par ailleurs du meilleur choix pour cr\u00e9er une premi\u00e8re impression : les voix d&rsquo;hommes sur sc\u00e8ne se fondaient mal, et le petit nombre de chanteurs amplifiait la vuln\u00e9rabilit\u00e9 suscit\u00e9e par le chant <em>a cappella<\/em>, une personne par partie de surcro\u00eet, et dans un lieu non familier. Cet inconfort a pris quelques temps \u00e0 se dissiper, l&rsquo;assurance commen\u00e7ant \u00e0 se faire sentir \u00e0 partir du troisi\u00e8me motet, <em>Komm, Jesu, komm<\/em> BWV 229, qui, sur l&rsquo;album de deux CDs duquel est tir\u00e9 le programme du concert, est justement la premi\u00e8re pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Autre diff\u00e9rence notable, sur l&rsquo;enregistrement, les voix sont accompagn\u00e9es d&rsquo;un continuo form\u00e9 de <strong>Pawel Siwczak<\/strong> \u00e0 l&rsquo;orgue et de <strong>Jan Zahourek<\/strong> au violone (anc\u00eatre de la contrebasse), ce qui offre un soutien non n\u00e9gligeable dans les passages expos\u00e9s et les modulations recherch\u00e9es. M\u00eame avec ce soutien, les parties de basses constituent malheureusement un des points faibles du groupe, que ce soit sur le disque ou en concert : elles sont moins agiles que leurs pairs dans les vocalises et surtout, moins stables du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;intonation, des faiblesses particuli\u00e8rement perceptibles dans les passages aux entr\u00e9es successives o\u00f9 la partie de basse entre en dernier.<\/p>\n<p>Dans la deuxi\u00e8me partie, le groupe, plus \u00e0 l&rsquo;aise, a pu d\u00e9montrer l&rsquo;\u00e9tendue de ce dont il est capable. Le grand motet <em>Jesu meine Freude<\/em>, pi\u00e8ce de r\u00e9sistance au c\u0153ur de cette partie, s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 une r\u00e9ussite qui a fait beaucoup pour rattraper l&rsquo;impression ambivalente laiss\u00e9e par le d\u00e9but du concert. Le <em>Gute Nacht, o Wesen <\/em>en particulier \u00e9tait touchant de d\u00e9licatesse.<\/p>\n<p>Le groupe excelle aux cadences finales : sans exception, chaque moment o\u00f9 les voix \u00e9parses se r\u00e9unissent au point de rencontre form\u00e9 par une cadence est poli, soign\u00e9, d&rsquo;une justesse irr\u00e9prochable et rempli d&rsquo;impact.<\/p>\n<p>Le public assembl\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9glise Saint-George a r\u00e9serv\u00e9 un accueil chaleureux et enthousiaste \u00e0 cette premi\u00e8re prestation de Solomon&rsquo;s Knot \u00e0 Montr\u00e9al. Nous esp\u00e9rons les r\u00e9-entendre en compagnie des instruments dans un prochain programme.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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