{"id":85197,"date":"2024-12-02T10:26:49","date_gmt":"2024-12-02T15:26:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=85197"},"modified":"2024-12-02T13:00:04","modified_gmt":"2024-12-02T18:00:04","slug":"critique-paramirabo-et-thin-edge-new-music-collective-une-rencontre-stimulante-et-energisante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/12\/02\/critique-paramirabo-et-thin-edge-new-music-collective-une-rencontre-stimulante-et-energisante\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Paramirabo et Thin Edge New Music Collective\u00a0: une rencontre stimulante et \u00e9nergisante"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_85202\" aria-describedby=\"caption-attachment-85202\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-85202\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/12\/Copie-de-CRITIQUE6.jpg\" alt=\"Paramirabo. 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(Photo : Branden Friesen)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le concert <em>ChamberDestroy<\/em>, donn\u00e9 vendredi soir au Conservatoire de musique de Montr\u00e9al, est le fruit d&rsquo;une troisi\u00e8me collaboration entre l&rsquo;ensemble <strong>Paramirabo<\/strong> de Montr\u00e9al et le <strong>Thin Edge New Music<\/strong> <strong>Collective<\/strong> de Toronto. Il est \u00e9vident que cette rencontre entre les deux ensembles est artistiquement puissante et que le travail fait d&rsquo;\u00e9change et de compl\u00e9mentarit\u00e9 est particuli\u00e8rement fertile, tant pour les interpr\u00e8tes que pour le public. Il est d&rsquo;autant plus r\u00e9jouissant que cette r\u00e9union a permis l&rsquo;\u00e9mergence de cr\u00e9ations de grandes qualit\u00e9s sp\u00e9cifiquement pour ce projet.<\/p>\n<p>Le programme copieux de cinq \u0153uvres riches et substantielles a \u00e9t\u00e9 nourri par le travail approfondi et r\u00e9fl\u00e9chi de la part de ces deux sextuors (donc, au total, deux violons, deux violoncelles, deux fl\u00fbtes, deux clarinettes, deux piano et deux percussionnistes \u0153uvrant avec un bon nombre d&rsquo;instruments). C&rsquo;est toujours un immense plaisir de voir se c\u00f4toyer l&rsquo;excellence musicale et la complicit\u00e9 sinc\u00e8re entre les artistes sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<h3>Eastman comme mise en bouche<\/h3>\n<p>Il est r\u00e9jouissant que l\u2019\u0153uvre de<strong> Julius Eastman<\/strong> (1940-1990) trouve le chemin de la sc\u00e8ne, lui dont la production a surv\u00e9cu <em>in extremis<\/em> \u00e0 un destin trouble qui aurait put voir cette musique dispara\u00eetre \u00e0 jamais. Ce compositeur am\u00e9ricain iconoclaste, afro-descendant militant et homosexuel provocateur, a connu ses heures de gloire dans les ann\u00e9es 1960 et 1970 avant de sombrer dans l&rsquo;itin\u00e9rance et de mourir dans l&rsquo;indiff\u00e9rence. Une partie de sa musique lui a surv\u00e9cu, et ce n&rsquo;est que r\u00e9cemment que ce legs a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 sa juste valeur. Les deux sextuors nous ont propos\u00e9 leur adaptation de <em>Joy Boy<\/em> (1970), \u0153uvre \u00e0 instrumentation variable, initialement con\u00e7ue pour \u00ab quatre instruments aigus \u00bb. Les douze musiciens ont \u00e9labor\u00e9 leur adaptation sur la base de choix de dynamique coh\u00e9rents ainsi que sur celle d&rsquo;une exploitation subtile et pertinente des couleurs instrumentales<\/p>\n<h3>Les dangers cach\u00e9s par la beaut\u00e9<\/h3>\n<p>La compositrice afro-am\u00e9ricaine <strong>Yaz Lancester<\/strong> proposait ensuite <em>Datura <\/em>(2024) une \u0153uvre de vid\u00e9o-musique pr\u00e9sent\u00e9e en premi\u00e8re montr\u00e9alaise. La compositrice a con\u00e7u sa pi\u00e8ce portant comme titre le nom d&rsquo;une fleur toxique et mortelle en exploitant une opposition simultan\u00e9e des deux sextuors. Un premier joue une musique douce, consonante, hypnotisante et moelleuse qui a un je-ne-sai-quoi d\u2019enrobant et de r\u00e9confortant. Cependant, simultan\u00e9ment, le second sextuor vient parasiter cette beaut\u00e9 presque na\u00efve par des sonorit\u00e9s acides et brutes, L&rsquo;effet est r\u00e9ussi : la beaut\u00e9 c\u00f4toie l&rsquo;\u00e9trange, le lugubre, le dangereux, \u00e0 l&rsquo;image de cette magnifique fleur qu&rsquo;il vaut mieux observer de loin. Magnifique musique, mais accompagn\u00e9e d&rsquo;une vid\u00e9o plut\u00f4t terne qui n&rsquo;apportait pas grand chose au discours musical. La musique parlait d&rsquo;elle-m\u00eame, ce qui est d\u00e9j\u00e0 un grand accomplissement!<\/p>\n<h3>Cr\u00e9ation et classique<\/h3>\n<p>Suivait <em>Darkside<\/em> de <strong>James O&rsquo;Callaghan<\/strong>, une \u0153uvre pour double sextuor, support \u00e9lectronique et mise en sc\u00e8ne. On savait le compositeur tr\u00e8s habile \u00e0 manipuler diverses sonorit\u00e9s pour construire un discours pertinent avec des sons qui, entre des mains moins exp\u00e9riment\u00e9es, seraient rel\u00e9gu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;anecdote. Sa musique se pr\u00e9sente dans un encha\u00eenement de sections fragment\u00e9es tr\u00e8s \u00e9vocatrices, presque cin\u00e9matographiques, ce qui stimule grandement l&rsquo;imagination \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute. La derni\u00e8re section de l\u2019\u0153uvre laisse cependant un peu perplexe : sur un aplat harmonique un peu longuet, les deux percussionnistes recouvrent graduellement les autres interpr\u00e8tes d&rsquo;un voile blanc. Cet \u00e9l\u00e9ment de mise en sc\u00e8ne ne convainc pas totalement car, bien que l&rsquo;effet soit visuellement int\u00e9ressant, il semble gratuit et peu en phase avec le propos musical qui pr\u00e9c\u00e9dait.<\/p>\n<p>Au retour de la pause, nos deux sextuors ont pr\u00e9sent\u00e9 <em>Workers Union<\/em> (1975) de <strong>Louis Andriessen<\/strong> (1939-2021), un classique qui avait fait l&rsquo;objet d&rsquo;un enregistrement en 2016 par ces m\u00eame musicien\u00b7ne\u00b7s lors de leur premi\u00e8re collaboration. Cette partition embl\u00e9matique du compositeur n\u00e9erlandais n&rsquo;a rien perdu de sa pertinence et de sa vitalit\u00e9. L&rsquo;implication minutieuse des douze instrumentistes a fait mouche et leur interpr\u00e9tation pleine d&rsquo;\u00e9nergie a soulev\u00e9 d&rsquo;enthousiasme le public.<\/p>\n<h3>Une finale baroque<\/h3>\n<p>Le concert se terminait avec une \u0153uvre de <strong>Nicole Liz\u00e9e<\/strong>, <em>ChamberDestroy AKA ChamberVania, FKA ChamberKill<\/em> (2022) pour double sextuor, bande originale et vid\u00e9o. Tout comme <strong>James O&rsquo;Callaghan<\/strong>, la compositrice est pass\u00e9e ma\u00eetre (ou devrait-on dire pass\u00e9e ma\u00eetresse?) du bidouillage sonore, ici au service d&rsquo;un imaginaire ancr\u00e9 dans la pop culture des ann\u00e9es 1970 \u00e0 1990, des arcades et des consoles de jeux vid\u00e9os. Avec sa mise en sc\u00e8ne qui met \u00e0 profit principalement les percussionnistes (\u00e0 la fois musiciens, mimes et acteurs) et la vid\u00e9o bourr\u00e9e de r\u00e9f\u00e9rences (on y retrouvait des allusions \u00e0 <em>Pacman<\/em> et \u00e0 <em>Pong<\/em>, entre autres choses &#8230;), ce projet baroque et flamboyant prenait des allures de th\u00e9\u00e2tre musical, voire de performance tel qu&rsquo;on le d\u00e9finit dans le milieu des arts visuels. La profusion des effets sonores et visuels (les musicien\u00b7ne\u00b7s manipulant divers objets en plus de leur propre instrument) rend cette pi\u00e8ce tr\u00e8s dynamique et, malgr\u00e9 une petite impression de longueur \u00e0 mi-parcours, laisse une forte impression dans l&rsquo;esprit du public.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une rencontre riche et stimulante que nous ont offert les deux ensembles sp\u00e9cialis\u00e9s en musique contemporaine. Saluons l&rsquo;audace et la prise de risque dans les cr\u00e9ations ainsi que dans le r\u00e9pertoire qui formait le c\u0153ur de cette soir\u00e9e dynamique et \u00e9nergique.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> <a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le concert Chamberdestroy, donn\u00e9 vendredi soir au Conservatoire de musique de Montr\u00e9al, est le fruit de la troisi\u00e8me collaboration entre l&rsquo;ensemble Paramirabo de Montr\u00e9al et le Thin Edge New Music Collective de Toronto. 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