{"id":85169,"date":"2024-11-29T13:19:44","date_gmt":"2024-11-29T18:19:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=85169"},"modified":"2024-12-01T19:00:03","modified_gmt":"2024-12-02T00:00:03","slug":"critique-denis-kozhukhin-et-mozart-avec-musici-un-concert-en-contrastes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/11\/29\/critique-denis-kozhukhin-et-mozart-avec-musici-un-concert-en-contrastes\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Denis Kozhukhin et I Musici : un concert en contrastes"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_85172\" aria-describedby=\"caption-attachment-85172\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-85172\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/11\/Copie-de-CRITIQUE5.jpg\" alt=\"Le pianiste Denis Kozhukhin \u00e9tait l'invit\u00e9 d'I Musici jeudi soir. 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Initialement pr\u00e9vu en troisi\u00e8me position d\u2019une saison qui devait compter neuf \u00e9v\u00e9nements, ce programme d\u2019ouverture s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un jeu de contrastes musicaux et stylistiques, sous la direction de l\u2019altiste ukraino-britannique r\u00e9cemment devenu \u00e9galement chef d\u2019orchestre <strong>Maxim Rysanov<\/strong>.<\/p>\n<p>Avant que les premi\u00e8res notes ne r\u00e9sonnent, <strong>Julie Triquet<\/strong>, violon solo, et <strong>Am\u00e9lie Beno\u00eet-Bastien<\/strong> ont pris la parole pour remercier le public et annoncer qu\u2019elles occupent d\u00e9sormais respectivement les postes de pr\u00e9sidente et vice-pr\u00e9sidente du conseil d\u2019administration de l\u2019orchestre. Ce discours a aussi \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de rappeler les d\u00e9fis financiers auxquels fait face l\u2019ensemble, ne recevant que 60 % des subventions n\u00e9cessaires \u00e0 son fonctionnement pour les quatre prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<h3>Un programme entre tradition et modernit\u00e9<\/h3>\n<p>Le concert s\u2019est ouvert avec l\u2019<em>Adagio et fugue<\/em> <em>en do mineur<\/em> de Mozart. Dans cette \u0153uvre, la tension dramatique des cordes et la rigueur contrapuntique m\u00ealant gravit\u00e9 et \u00e9nergie semblaient faire \u00e9cho \u00e0 la d\u00e9termination des musicien\u00b7ne\u00b7s \u00e0 faire entendre leur voix, celle de la musique classique et de leur orchestre.<\/p>\n<p>Le premier temps fort de la soir\u00e9e est venu avec le <em>Concerto pour piano n<sup>o<\/sup> 18<\/em> <em>en si b\u00e9mol majeur<\/em>, K. 456 de Mozart, mettant en vedette le pianiste belge d\u2019origine russe <strong>Denis Kozhukhin<\/strong>. Le discours du pianiste manquait parfois d\u2019unit\u00e9 avec le style mozartien avec un <em>Allegro vivace <\/em>qui souffrait d\u2019une utilisation excessive de la p\u00e9dale, rendant certains passages moins articul\u00e9s. Cependant, l\u2019<em>Andante un poco sostenuto <\/em>a permis au soliste de briller par sa sensibilit\u00e9, un dialogue soign\u00e9 avec l\u2019orchestre et sa fa\u00e7on de faire ressortir les subtilit\u00e9s harmoniques de l\u2019\u0153uvre. Le final, vif et virtuose, a atteint un \u00e9quilibre plus convaincant entre expressivit\u00e9 et clart\u00e9.<\/p>\n<p>En rappel, <strong>Kozhukhin<\/strong> a offert une interpr\u00e9tation touchante du <em>Pr\u00e9lude en si mineur<\/em> BWV 855 de Bach (arr. Siloti) dans un moment suspendu o\u00f9 le pianiste a d\u00e9voil\u00e9 une facette plus introspective.<\/p>\n<h3>Exploration contemporaine avec Silvestrov<\/h3>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019entracte, l\u2019orchestre s\u2019est aventur\u00e9 dans des territoires plus contemporains avec <em>Der Bote<\/em> (Le messager) et <em>Stille Musik<\/em> (Musique calme) du compositeur ukrainien <strong>Valentyne Silvestrov<\/strong>. Dans la premi\u00e8re pi\u00e8ce, l\u2019alternance entre les cordes et un enregistrement sonore simulant un effet de vent a quelque peu att\u00e9nu\u00e9 l\u2019intention initiale d\u2019un piano <em>una corda<\/em>. Le lyrisme du premier violon prenait parfois le dessus et diminuait la volont\u00e9 fantomatique et flottante souhait\u00e9e de la partition qui se voulait un hommage au d\u00e9c\u00e8s de la femme du compositeur.<\/p>\n<p>Avec <em>Stille Musik<\/em>, <strong>Rysanov<\/strong> a ajout\u00e9 une dimension litt\u00e9raire en ponctuant les trois parties de textes (en anglais) du po\u00e8te ukrainien <strong>Ivan Franko<\/strong>. Si la deuxi\u00e8me section aurait gagn\u00e9 \u00e0 accentuer son l\u00e9ger clin d\u2019\u0153il \u00e0 Schubert, l\u2019ensemble a n\u00e9anmoins su maintenir une coh\u00e9sion musicale convaincante.<\/p>\n<h3>La r\u00e9v\u00e9lation : Mozart<\/h3>\n<p>La soir\u00e9e s\u2019est conclue avec la <em>Symphonie n<sup>o<\/sup> 33<\/em> <em>en si b\u00e9mol majeur<\/em>, K. 319, de Mozart. Dans cette \u0153uvre, l\u2019orchestre s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 admirable en offrant des lignes m\u00e9lodiques assur\u00e9es aux cordes, un phras\u00e9 dynamique et une section de vents remarquable. L\u2019orchestre a ici transmis toute sa vitalit\u00e9 dans une ex\u00e9cution impeccable.<\/p>\n<p>Bien que l\u2019enthousiasme du public ait interrompu la fluidit\u00e9 de l\u2019ex\u00e9cution avec des applaudissements entre les mouvements de chacune des \u0153uvres au programme, les ovations finales ont su t\u00e9moigner d\u2019un engagement et d\u2019un engouement bien m\u00e9rit\u00e9s pour I Musici.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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