{"id":84811,"date":"2024-11-08T14:46:14","date_gmt":"2024-11-08T19:46:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=84811"},"modified":"2024-11-11T13:00:03","modified_gmt":"2024-11-11T18:00:03","slug":"critique-kavakos-seul-avec-bach-la-salle-bourgie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/11\/08\/critique-kavakos-seul-avec-bach-la-salle-bourgie\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Kavakos et Bach \u00e0 la Salle Bourgie"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_84814\" aria-describedby=\"caption-attachment-84814\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-84814\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/11\/Copie-de-CRITIQUE.jpg\" alt=\"Leonidas Kavakos (Photo : Marco Borggreve)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/11\/Copie-de-CRITIQUE.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/11\/Copie-de-CRITIQUE-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/11\/Copie-de-CRITIQUE-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/11\/Copie-de-CRITIQUE-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-84814\" class=\"wp-caption-text\">Leonidas Kavakos (Photo : Marco Borggreve)<\/figcaption><\/figure>\n<p>La <strong>Salle Bourgie<\/strong> accueillait hier soir le r\u00e9put\u00e9 violoniste <strong>Leonidas Kavakos<\/strong>, qui offrait la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 d&rsquo;une int\u00e9grale des sonates et partitas pour violon seul de Bach entam\u00e9e au Club musical de Qu\u00e9bec deux jours auparavant.<\/p>\n<p>Par la fa\u00e7on diff\u00e9renci\u00e9e dont il attaque les accords, par celle dont il se permet de jouer avec la longueur des notes pour souligner leur r\u00f4le dans la conduite des voix, <strong>Leonidas Kavakos<\/strong> fait la d\u00e9monstration d&rsquo;une approche r\u00e9fl\u00e9chie et m\u00fbrie, et d&rsquo;une volont\u00e9 de rafra\u00eechir le discours de ces \u0153uvres jou\u00e9es maintes et maintes fois. Que l&rsquo;archet glisse plus d&rsquo;une fois sur les cordes sup\u00e9rieures sans les faire parler est certes \u00e9tonnant de la part d&rsquo;un interpr\u00e8te de ce calibre (son crin d&rsquo;archet est-il us\u00e9, ou maladapt\u00e9 aux temp\u00e9ratures actuelles?), mais n&rsquo;annule pas en soi la qualit\u00e9 et la profondeur de l&rsquo;interpr\u00e9tation offerte.<\/p>\n<p>Sans s&rsquo;inscrire enti\u00e8rement dans le mouvement des interpr\u00e9tations historiquement inform\u00e9es sur instruments d&rsquo;\u00e9poque, <strong>Kavakos<\/strong> s&rsquo;en inspire clairement. L&rsquo;ornementation qu&rsquo;il se permet d&rsquo;ajouter &#8211; trilles, mordants, remplissage de grands sauts par l&rsquo;ajout de passages en mouvement conjoint &#8211; est constamment gracieuse et suscite le ravissement.<\/p>\n<p>L&rsquo;articulation fait elle aussi l&rsquo;objet d&rsquo;une recherche attentionn\u00e9e : au fil d&rsquo;un arp\u00e8ge descendant, Kavakos passe progressivement d&rsquo;un legato sur les notes sup\u00e9rieures \u00e0 un staccato soign\u00e9 sur les graves, un choix confirm\u00e9 par les reprises en s\u00e9quence du motif qui re\u00e7oivent le m\u00eame traitement. Les coups d&rsquo;archet, parfois originaux, sont au service des fonctions harmoniques. Cela s&rsquo;exprime par exemple dans les cadences dont le mouvement m\u00e9lodique se poursuit au-del\u00e0 du point de chute du mouvement harmonique, dont les derni\u00e8res notes sont r\u00e9articul\u00e9es \u00e0 la pointe sans changer de direction, leur conservant ainsi la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 appropri\u00e9e.<\/p>\n<p>L&#8217;emploi judicieux de variations de nuances et de coloris constitue un autre point fort. Les reprises, en plus de donner lieu aux ajouts d&rsquo;ornementation mentionn\u00e9s, sont vari\u00e9es soit par l&rsquo;ajout d&rsquo;un \u00e9cho velo\u00fbt\u00e9 ou au contraire, d&rsquo;une pr\u00e9sentation plus affirm\u00e9e. La r\u00e9alisation chambranlante de certaines intentions joue cependant des tours au violoniste, sp\u00e9cifiquement au d\u00e9but de la fugue de la premi\u00e8re sonate : en voulant amplifier l&rsquo;addition s\u00e9quentielle des voix par l&rsquo;ajout d&rsquo;un crescendo contr\u00f4l\u00e9, Kavakos s&rsquo;oblige \u00e0 aborder la premi\u00e8re entr\u00e9e dans une nuance tr\u00e8s douce, pour un r\u00e9sultat plus ou moins heureux hier soir. Il faut dire qu&rsquo;en g\u00e9n\u00e9ral, ses d\u00e9buts de mouvements sont pr\u00e9cipit\u00e9s et manquent de pr\u00e9paration anticip\u00e9e, alors que ses finales sont soign\u00e9es et remplies d&rsquo;atmosph\u00e8re (qu&rsquo;il \u00e9tire d&rsquo;ailleurs parfois trop).<\/p>\n<p>Au sujet de cette fugue, ajoutons que le tempo choisi \u00e9tait \u00e9tonnamment lent, plus lent que celui de son propre enregistrement, nourrissant les soup\u00e7ons que le violoniste lui-m\u00eame ou son instrument \u00e9tait indispos\u00e9 et port\u00e9 \u00e0 opter pour la prudence.<\/p>\n<p>Nonobstant cette r\u00e9serve, Kavakos r\u00e9ussit le mieux dans les coloris tendres, transportant le public dans des contr\u00e9es int\u00e9rieures dont l&rsquo;enchantement semble \u00e0 l&rsquo;abri des corruptions du monde ext\u00e9rieur. \u00c0 ce titre, la sicilienne de la premi\u00e8re sonate et la sarabande de la premi\u00e8re <em>partita<\/em> ont repr\u00e9sent\u00e9 de grands moments.<\/p>\n<p>Malheureusement, les mouvements \u00e9nergiques remplis d&rsquo;accords souffrent, eux, d&rsquo;une sonorit\u00e9 un peu r\u00eache provoqu\u00e9e par un mouvement d&rsquo;archet trop vertical. Cons\u00e9quemment, le d\u00e9but de la grande chaconne de la <em>Partita en r\u00e9 mineur<\/em>, qui couronne le concert, manque d&rsquo;ampleur et de r\u00e9sonnance, bien que la suite soit garnie de trouvailles et cisel\u00e9e comme un bijou.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, le violoniste grec a brill\u00e9 par des choix originaux, une approche m\u00fbrie et des moments de gr\u00e2ce o\u00f9 tous les \u00e9l\u00e9ments ont converg\u00e9 pour former un r\u00e9sultat d&rsquo;une beaut\u00e9 inali\u00e9nable. La surprise de la soir\u00e9e, \u00e9tant donn\u00e9 la r\u00e9putation de l&rsquo;invit\u00e9, a \u00e9t\u00e9 la fragilit\u00e9 de ces moments.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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