{"id":84521,"date":"2024-10-21T22:19:54","date_gmt":"2024-10-22T02:19:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=84521"},"modified":"2024-10-23T08:00:03","modified_gmt":"2024-10-23T12:00:03","slug":"critique-marathon-beethoven-de-lom-des-hauts-et-des-bas-menant-une-eclatante-finale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/10\/21\/critique-marathon-beethoven-de-lom-des-hauts-et-des-bas-menant-une-eclatante-finale\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Marathon Beethoven de l&rsquo;OM : des hauts et des bas menant \u00e0 une \u00e9clatante finale"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_84527\" aria-describedby=\"caption-attachment-84527\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-84527\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/Copie-de-CRITIQUE51.jpg\" alt=\"Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin dirigeant les solistes Ying Fang, Rihab Chaieb, Matthew Cairns et Joshua Hopkins, le Ch\u0153ur et l'Orchestre M\u00e9tropolitain dans la Neuvi\u00e8me symphonie de Beethoven le 20 octobre 2024. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/Copie-de-CRITIQUE51.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/Copie-de-CRITIQUE51-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/Copie-de-CRITIQUE51-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/Copie-de-CRITIQUE51-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-84527\" class=\"wp-caption-text\">Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin dirigeant les solistes Ying Fang, Rihab Chaieb, Matthew Cairns et Joshua Hopkins, le Ch\u0153ur et l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain dans la Neuvi\u00e8me symphonie de Beethoven le 20 octobre 2024. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)<\/figcaption><\/figure>\n<p>S&rsquo;\u00e9tant conclu dimanche par deux concerts en quelques heures, le <strong>Marathon Beethoven<\/strong> de l&rsquo;<strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong> est maintenant chose du pass\u00e9. Le concert d&rsquo;apr\u00e8s-midi, pr\u00e9sentant les premi\u00e8re et neuvi\u00e8me symphonies ainsi qu&rsquo;<em>Amor fati<\/em> de <strong>Marie-Pierre Brasset<\/strong>, a attir\u00e9 de nombreux et nombreuses m\u00e9lomanes sacrifiant l&rsquo;attrait du soleil d&rsquo;automne pour entendre ch\u0153ur et orchestre lancer un appel \u00e0 l&rsquo;union de l&rsquo;humanit\u00e9 dans le c\u00e9l\u00e8bre \u00ab\u00a0Hymne \u00e0 la joie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3><em>Amor fati<\/em><\/h3>\n<p>Conform\u00e9ment au d\u00e9roulement \u00e9tabli lors des trois autres concerts, le programme d\u00e9butait par la cr\u00e9ation de l&rsquo;\u0153uvre s\u00e9lectionn\u00e9e dans le cadre du concours H\u00e9ritage Beethoven. Il s&rsquo;agissait cette fois d&rsquo;<em>Amor fati<\/em>, une composition de <strong>Marie-Pierre Brasset<\/strong>. La section principale de l&rsquo;\u0153uvre brossait de larges plans harmoniques soutenus par les timbres des instruments de l&rsquo;orchestre. La pr\u00e9sence d&rsquo;une introduction bas\u00e9e sur une citation exacte des accords du d\u00e9but de la <em>Premi\u00e8re symphonie<\/em> de Beethoven, dont la fragmentation menait \u00e0 un traitement plut\u00f4t simpliste en <em>accelerando<\/em>, permettait de lier l&rsquo;\u0153uvre au programme principal qui suivait, et semblait avoir \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e dans ce but \u00e0 une section principale qui en r\u00e9alit\u00e9 se suffisait \u00e0 elle-m\u00eame.<\/p>\n<h3><em>Premi\u00e8re symphonie<\/em><\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong> s&rsquo;est ensuite lanc\u00e9 dans une ex\u00e9cution enlevante, dynamique et bien men\u00e9e de la <em>Premi\u00e8re symphonie<\/em>. D\u00e8s l&rsquo;introduction, <strong>Yannick<\/strong> <strong>N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/strong> d\u00e9montre son parti pris pour les tempos vigoureux, qu&rsquo;il a maintenu \u00e0 travers les quatre mouvements. Les notes de programme expliquent que lors de la premi\u00e8re de l&rsquo;\u0153uvre, Beethoven s&rsquo;est fait reprocher la pr\u00e9sence trop d\u00e9velopp\u00e9e des vents, contrevenant aux conventions du moment. <strong>N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/strong> a clairement d\u00e9cid\u00e9 de jouer cette carte jusqu&rsquo;au bout, faisant ressortir certaines lignes secondaires, par exemple chez les cors, sans toutefois faire ombrage aux cordes. Chez celles-ci, les deuxi\u00e8mes violons, qui souffraient parfois d&rsquo;un d\u00e9s\u00e9quilibre sonore d\u00fb \u00e0 leur placement les faisant projeter vers le fond de la sc\u00e8ne, ont entam\u00e9 le deuxi\u00e8me mouvement avec une pr\u00e9sence assur\u00e9e de mise. Si j&rsquo;ai bien observ\u00e9, les premiers violons ont choisi d&rsquo;ex\u00e9cuter certains passage du troisi\u00e8me mouvement en position \u00e9lev\u00e9e sur la corde grave, leur donnant \u00e0 la fois du corps et une couleur nuanc\u00e9e, pour un r\u00e9sultat int\u00e9ressant.<\/p>\n<p>L&rsquo;encha\u00eenement des troisi\u00e8me et quatri\u00e8me mouvements a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9v\u00e9lation. \u00c0 travers cette simple d\u00e9cision, la construction progressive de la mont\u00e9e donnant naissance au premier th\u00e8me du mouvement final acqu\u00e9rait un nouveau niveau de coh\u00e9rence.<\/p>\n<p>Je conserve par ailleurs certaines r\u00e9ticences face \u00e0 la gestion globale des nuances, qui manquait de discipline : les nuances douces n&rsquo;allaient pas assez loin et ne se maintenaient souvent pas aussi longtemps que le dicte la partition.<\/p>\n<h3><em>La Neuvi\u00e8me<\/em><\/h3>\n<p>La<em> Neuvi\u00e8me symphonie<\/em> a altern\u00e9 entre grandes r\u00e9ussites et passages souffrant des m\u00eames faiblesses que <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/10\/19\/critique-deuxieme-volet-du-marathon-beethoven-de-lom-un-concert-manquant-de-finition\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">celles constat\u00e9es vendredi soir<\/a>, dont certaines peuvent assur\u00e9ment \u00eatre mises sur le compte de la fatigue. Le point le plus fr\u00e9quent \u00e9tait de nouveau le manque de coh\u00e9sion dans l&rsquo;orchestre, se manifestant par des tempos variables et vari\u00e9s. Les valeurs courtes suivant des valeurs longues &#8211; la croche suivant une noire point\u00e9e, par exemple &#8211; \u00e9taient tr\u00e8s souvent pr\u00e9cipit\u00e9es, ce qui devenait particuli\u00e8rement \u00e9vident quand une autre section jouait des doubles croches en continu. Certaines attaques manquaient de nettet\u00e9, de sorte qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas possible de saisir si l&rsquo;intention \u00e9tait d&rsquo;attaquer la note directement, ou si un gonflement (crescendo-decrescendo) \u00e9tait pr\u00e9vu. La diff\u00e9rence n&rsquo;est pas anecdotique, d\u00e9notant une prise de position par rapport au mouvement d&rsquo;interpr\u00e9tation historique.<\/p>\n<p>Certaines r\u00e9ussites se d\u00e9marquent : le <em>pianissimo<\/em> du d\u00e9but du d\u00e9veloppement dans le premier mouvement; le trio du deuxi\u00e8me mouvement tr\u00e8s bien r\u00e9ussi de la part de tous les instruments impliqu\u00e9s, dont les altos, les bois et particuli\u00e8rement le cor; la couleur tendre et touchante dans le troisi\u00e8me mouvement. <strong>Yannick<\/strong> <strong>N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/strong> r\u00e9servait cependant le meilleur pour la fin : une finale enlevante avec un ch\u0153ur et un orchestre d\u00e9cha\u00een\u00e9s, entra\u00eenant la salle enti\u00e8re dans leur orbite aux couleurs de fraternit\u00e9 et d&rsquo;harmonie. Que le texte ait \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement inintelligible sauf \u00e0 de rares endroits est peut-\u00eatre secondaire dans le contexte.<\/p>\n<h3>Les solistes<\/h3>\n<p>Le placement des solistes au premier rang du ch\u0153ur (et non sur le devant de la sc\u00e8ne) fonctionnait relativement bien sans \u00eatre compl\u00e8tement convaincant. La mezzo-soprano <strong>Rihab Chaieb<\/strong> en a le plus souffert : elle qui n&rsquo;a d&rsquo;habitude aucune difficult\u00e9 \u00e0 projeter se retrouvait encercl\u00e9e de sonorit\u00e9s dans le m\u00eame registre que sa voix, la camouflant un peu. Le baryton <strong>Joshua Hopkins<\/strong> n&rsquo;\u00e9tait pas expos\u00e9 au m\u00eame probl\u00e8me pour son entr\u00e9e fracassante, Beethoven r\u00e9duisant les interventions instrumentales \u00e0 cet endroit.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des voix aigues, la soprano <strong>Ying Fang<\/strong> a d\u00e9voil\u00e9 un timbre \u00e9tonnant pour son registre de voix, avec beaucoup de corps, pas du tout fl\u00fbt\u00e9 ou cristallin. Le t\u00e9nor <strong>Matthew Cairns\u00a0<\/strong>a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 une d\u00e9couverte agr\u00e9able, tenant sa partie avec pr\u00e9sence et agilit\u00e9.<\/p>\n<h3>La suite des choses<\/h3>\n<p>Apr\u00e8s cette plong\u00e9e ambitieuse dans le rude univers beethov\u00e9nien, les prochains projets de l&rsquo;<strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong> sont de nature moins r\u00e9volutionnaire : un concert famille intitul\u00e9 <em>La sorci\u00e8re m\u00e9lomane<\/em> sollicitant une partie des cuivres et des percussions est propos\u00e9 le 27 octobre \u00e0 la Salle Bourgie, suivi d&rsquo;une autre pr\u00e9sentation s&rsquo;adressant aux familles (mais pas seulement), soit le r\u00e9cit du Petit Prince de St-Exup\u00e9ry mis en musique par <strong>\u00c9ric Champagne<\/strong>.<\/p>\n<p><em>LA SORCI\u00c8RE M\u00c9LOMANE<\/em> : LE 27 OCTOBRE, 14 H 30, SALLE BOURGIE <a href=\"https:\/\/www.mbam.qc.ca\/fr\/activites\/la-sorciere-melomane\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00c9TAILS ET BILLETS<\/a><\/p>\n<p><em>LE PETIT PRINCE<\/em> : LE 17 NOVEMBRE, 13 H 30 ET 15 H 30, MAISON SYMPHONIQUE <a href=\"https:\/\/orchestremetropolitain.com\/fr\/concerts\/le-petit-prince-2\/?show_date_id=8640\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00c9TAILS ET BILLETS<\/a><\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> <a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S&rsquo;\u00e9tant conclu dimanche par deux concerts en quelques heures, le Marathon Beethoven de l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain est maintenant chose du pass\u00e9. 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