{"id":84392,"date":"2024-10-17T22:28:45","date_gmt":"2024-10-18T02:28:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=84392"},"modified":"2024-10-19T12:14:08","modified_gmt":"2024-10-19T16:14:08","slug":"critique-13","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/10\/17\/critique-13\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Premier concert r\u00e9ussi pour l&rsquo;int\u00e9grale Schubert du Quatuor Cobalt"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-84431\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/Copie-de-CRITIQUE48.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/Copie-de-CRITIQUE48.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/Copie-de-CRITIQUE48-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/Copie-de-CRITIQUE48-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/10\/Copie-de-CRITIQUE48-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n<p>Le <strong>Quatuor Cobalt<\/strong> entamait hier soir son int\u00e9grale de longue haleine des quatuors de Schubert, dont la fin en 2028 co\u00efncidera avec le bicentennaire de la mort du compositeur. Le quatuor a pos\u00e9 d&#8217;embl\u00e9e les balises du chemin \u00e0 parcourir, juxtaposant l&rsquo;inexp\u00e9rience du premier quatuor, compos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 13 ans, \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture achev\u00e9e du quatuor <em>La jeune fille et la mort<\/em>, compos\u00e9 14 ans plus tard.<\/p>\n<h3>Premier Quatuor<\/h3>\n<p>Le premier quatuor, aussi impressionnant soit-il de penser qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 par un enfant de 13 ans, a certainement besoin de l&rsquo;aide d&rsquo;interpr\u00e8tes chevronn\u00e9s comme sont ceux et celle du <strong>Quatuor Cobalt<\/strong> (<strong>Guillaume Villeneuve<\/strong> et <strong>Diane Bayard<\/strong>, violons, <strong>Cl\u00e9ment Bufferne<\/strong>, alto et <strong>Fran\u00e7ois Leclerc<\/strong>, violoncelle) pour capter l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du public. Comme le jeune Mendelssohn une douzaine d&rsquo;ann\u00e9es plus tard, Schubert y emploie abondamment les d\u00e9doublements de notes en croches ou en doubles croches r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, dans l&rsquo;accompagnement comme dans les lignes sup\u00e9rieures, pour \u00e9nergiser des m\u00e9lodies et des harmonies manquant de chair.<\/p>\n<p>Les membres du quatuor ont opt\u00e9 pour des ex\u00e9cutions sur instruments mont\u00e9s en cordes de boyaux, refl\u00e9tant les moyens disponibles \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, une d\u00e9cision dont les cons\u00e9quences sur le mode d&rsquo;interpr\u00e9tation d\u00e9passent l&rsquo;ajout in\u00e9vitable de s\u00e9ances d&rsquo;accord entre les mouvements. D\u00e8s les premi\u00e8res notes, la ma\u00eetrise et la compr\u00e9hension intrins\u00e8que qu&rsquo;ont les interpr\u00e8tes de cette approche est manifeste. \u00c9tonnamment, ce parti pris pour les sonorit\u00e9s archa\u00efsantes &#8211; sons blancs, archet en surface de la corde, phras\u00e9s coll\u00e9s aux courbes de la m\u00e9lodie &#8211; ajoute du relief aux efforts du compositeur adolescent. Les instrumentistes ne craignent pas non plus l&rsquo;ajout de <em>rubato <\/em>bien dos\u00e9, quoique non indiqu\u00e9 dans la partition, toujours au profit de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;ex\u00e9cution.<\/p>\n<p>Le d\u00e9savantage cr\u00e9\u00e9 par la combinaison cordes de boyaux + archet moderne s&rsquo;est manifest\u00e9 dans les accords \u00e0 trois et quatre sons : la sensibilit\u00e9 de la corde en boyau jumel\u00e9e au poids de l&rsquo;archet moderne cr\u00e9e une situation difficile \u00e0 g\u00e9rer sur plusieurs cordes \u00e0 la fois, for\u00e7ant les instrumentistes \u00e0 (trop) retenir leurs \u00e9lans, menant \u00e0 un affaiblissement de l&rsquo;impact rh\u00e9torique de ces ponctuations r\u00e9solues.<\/p>\n<h3>A Letter from the After-life<\/h3>\n<p>Entre le Schubert de jeunesse et celui de la maturit\u00e9, le <strong>Quatuor Cobalt<\/strong> a gliss\u00e9 une ex\u00e9cution de \u00ab A Letter from the After-life\u00a0\u00bb, tir\u00e9 des <em>Two pop songs on an antique poem<\/em>, du compositeur canadien d&rsquo;origine sri lankaise <strong>Dinuk Wijeratne<\/strong>. Ici, le paradoxe \u00e9tait que le quatuor \u00e9tait forc\u00e9 d&rsquo;interpr\u00e9ter une \u0153uvre contemporaine (compos\u00e9e en 2015) sur des instruments outill\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ancienne, dans un renversement des param\u00e8tres habituels. La pertinence de cette inclusion s&rsquo;explique par les citations abondantes du Quatuor <em>La jeune fille et la mort<\/em> dans l&rsquo;\u0153uvre de <strong>Wijeratne<\/strong>, mais \u00e9galement par le trait d&rsquo;union efficace qu&rsquo;elle cr\u00e9e dans sa propre \u00e9criture entre l&rsquo;antique &#8211; une longue m\u00e9lop\u00e9e modale &#8211; et le moderne &#8211; les rythmes fr\u00e9n\u00e9tiques et inlassables.<\/p>\n<h3>La jeune fille et la mort<\/h3>\n<p>Venait ensuite la pi\u00e8ce de r\u00e9sistance. Si la question s&rsquo;\u00e9tait pos\u00e9e au terme de l&rsquo;\u00e9coute du premier quatuor \u00e0 savoir \u00e0 quel point l&rsquo;approche \u00ab\u00a0musique ancienne\u00a0\u00bb choisie pourrait s&rsquo;appliquer \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture dramatique du p\u00e9nultime quatuor, elle trouva rapidement r\u00e9ponse : le <strong>Quatuor Cobalt<\/strong> y a adh\u00e9r\u00e9 tout au long des quatre mouvements avec une coh\u00e9rence d&rsquo;interpr\u00e9tation irr\u00e9prochable. Le r\u00e9sultat \u00e9tait une lecture rafra\u00eechissante qui, plut\u00f4t que de gommer les caract\u00e9ristiques originales de l&rsquo;\u0153uvre, les faisait ressortir avec plus de vivacit\u00e9. La texture transparente r\u00e9sultant des timbres \u00e9pur\u00e9s mettait en lumi\u00e8re la sophistication des voix int\u00e9rieures, dont les passages tarabiscot\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s sans fl\u00e9chir par <strong>Diane Bayard<\/strong> et<strong> Cl\u00e9ment Bufferne<\/strong>. La gestion des nuances, que ce soit les pianissimos extr\u00eames autant que les crescendos parfaitement gradu\u00e9s, \u00e9tait ma\u00eetris\u00e9e et r\u00e9fl\u00e9chie. La conduite des voix soigneusement cisel\u00e9e \u00e9voquait par moments le contrepoint de la Renaissance, dont au d\u00e9but du deuxi\u00e8me mouvement, empreint d&rsquo;une atmosph\u00e8re glauque appropri\u00e9e. Ici encore, s&rsquo;il y a une faiblesse \u00e0 soulever, elle est li\u00e9e aux limites des cordes de boyaux, dont la capacit\u00e9 de r\u00e9action a occasionnellement atteint son point de saturation dans la chevauch\u00e9e du mouvement final, un inconv\u00e9nient qui compte peu devant la r\u00e9ussite et l&rsquo;int\u00e9r\u00eat global de l&rsquo;interpr\u00e9tation offerte.<\/p>\n<p>Au terme de cette premi\u00e8re soir\u00e9e, il est \u00e9vident que <strong>Simon Blanchet<\/strong>, directeur de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, a fait le bon choix en confiant la r\u00e9alisation de cette int\u00e9grale au <strong>Quatuor Cobalt<\/strong>, ancien ensemble en r\u00e9sidence de la Chapelle. <strong>Guillaume Villeneuve<\/strong> et <strong>Fran\u00e7ois Leclerc<\/strong>, prenant la parole au nom du quatuor, ont tous deux tenu \u00e0 exprimer leur reconnaissance envers celle-ci, soulignant que m\u00eame en absence d&rsquo;un lieu assign\u00e9, son \u00e9quipe garde vivant l&rsquo;esprit de sa mission en continuant d&rsquo;offrir une vitrine aux jeunes artistes. Choy\u00e9s par la prestation d&rsquo;hier soir et la perspective de celles \u00e0 venir, on ne peut que joindre nos voix aux leurs.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> <a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Quatuor Cobalt entamait hier soir son int\u00e9grale de longue haleine des quatuors de Schubert, dont la fin en 2028 co\u00efncidera avec le bicentennaire de la mort du compositeur. 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