{"id":84029,"date":"2024-09-23T15:58:46","date_gmt":"2024-09-23T19:58:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=84029"},"modified":"2024-09-25T02:00:08","modified_gmt":"2024-09-25T06:00:08","slug":"critique-bruckner-9-te-deum-une-messe-legerement-paradoxale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/09\/23\/critique-bruckner-9-te-deum-une-messe-legerement-paradoxale\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Bruckner 9 &amp; Te Deum : une messe l\u00e9g\u00e8rement paradoxale"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_84032\" aria-describedby=\"caption-attachment-84032\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-84032\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/Copie-de-CRITIQUE40.jpg\" alt=\"Le Ch\u0153ur et l'Orchestre M\u00e9tropolitain interpr\u00e9tant la Neuvi\u00e8me symphonie de Bruckner. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/Copie-de-CRITIQUE40.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/Copie-de-CRITIQUE40-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/Copie-de-CRITIQUE40-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/Copie-de-CRITIQUE40-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-84032\" class=\"wp-caption-text\">Le Ch\u0153ur et l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain interpr\u00e9tant la Neuvi\u00e8me symphonie de Bruckner. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/strong> et l\u2019<strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong> ont pr\u00e9sent\u00e9 dimanche apr\u00e8s-midi un concert d\u2019ouverture de saison ambitieux et m\u00e9morable. Prenant comme \u00e0 l\u2019habitude le micro en d\u00e9but de concert, le chef a partag\u00e9 sa vision de ce programme original envisag\u00e9 comme une sorte de messe d\u00e9complex\u00e9e avec grand orchestre, ch\u0153ur, quatre solistes (<strong>Latonia Moore<\/strong>, soprano; <strong>Jennifer Johnson Cano<\/strong>, mezzo-soprano; <strong>Limmie Pulliam<\/strong>, t\u00e9nor; <strong>Ryan Speedo Green<\/strong>, basse) et orgue. La soir\u00e9e s&rsquo;ouvrait par une \u0153uvre contemporaine in\u00e9dite<em>, Mamachimowin<\/em> d&rsquo;<strong>Andrew Balfour<\/strong>, encha\u00een\u00e9e sans interruption ni applaudissements avec l\u2019ultime symphonie de la tradition romantique-germanique : la <em>Neuvi\u00e8me symphonie<\/em> de Bruckner, coupl\u00e9e en fin de c\u00e9r\u00e9monial avec son <em>Te Deum<\/em> pour orchestre et ch\u0153ur.<\/p>\n<p>Au sujet de ce choix particulier, ouvrons une petite parenth\u00e8se.<\/p>\n<h3>Le dilemme particulier de la <em>Neuvi\u00e8me<\/em><\/h3>\n<p>Anton Bruckner est un compositeur dont l\u2019\u0153uvre demeure remplie de myst\u00e8res et de d\u00e9fis, m\u00eame apr\u00e8s plus de 250 ans de pr\u00e9sence dans les salles de concert du monde. La dimension m\u00eame de ses symphonies, qui peuvent d\u00e9passer 90 minutes en concert, en combinaison avec un langage marqu\u00e9 par une intensit\u00e9 inou\u00efe de modulations et \u2014 surtout \u00e0 partir de la huiti\u00e8me symphonie \u2014 la d\u00e9construction de plus en plus radicale de la tonalit\u00e9 classique, sont des aspects difficiles \u00e0 g\u00e9rer pour un public non initi\u00e9. Les instrumentistes souffrent des exigences parfois extr\u00eames au niveau de l\u2019ex\u00e9cution. Les chefs doivent en outre composer avec le choix des versions d\u2019ex\u00e9cution, car il y en a jusqu\u2019\u00e0 trois par symphonie \u2026<\/p>\n<p>Dans cet univers, la <em>Neuvi\u00e8me symphonie<\/em> de Bruckner poss\u00e8de un statut particulier. Derni\u00e8re \u0153uvre symphonique du ma\u00eetre autrichien, elle est demeur\u00e9e inachev\u00e9e, le compositeur ayant \u00e9crit les trois premiers mouvements trois ans avant sa mort sans toutefois pouvoir compl\u00e9ter le <em>finale<\/em>, sur lequel il travailla jusqu\u2019au dernier jour de sa vie. Plusieurs pratiques se sont \u00e9tablies face au dilemme de cette \u0153uvre magistrale et inachev\u00e9e. Aujourd\u2019hui, la vaste majorit\u00e9 des ex\u00e9cutions en concert se limite aux trois premiers mouvements. Certains chefs s\u2019aventurent dans des versions \u00ab compl\u00e9t\u00e9es \u00bb bas\u00e9es sur des esquisses ayant \u00e9t\u00e9 soigneusement \u00e9dit\u00e9es dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies, sans qu\u2019aucune version ne fasse l\u2019unanimit\u00e9, notamment car la derni\u00e8re partie \u2014 apoth\u00e9ose non seulement de la symphonie mais de l\u2019\u0153uvre enti\u00e8re de Bruckner \u2014 est demeur\u00e9e compl\u00e9tement manquante.<\/p>\n<p>Une autre pratique ayant perdur\u00e9 du d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1970 consiste en l\u2019encha\u00eenement du <em>Te Deum<\/em>, \u0153uvre religieuse pour ch\u0153ur et orchestre que Bruckner avait \u00e9crite 15 ans avant sa mort, apr\u00e8s le troisi\u00e8me mouvement. Cette pratique fut longtemps justifi\u00e9e par la volont\u00e9 de Bruckner m\u00eame, comme le sugg\u00e8rent certains t\u00e9moignages (au demeurant fort contest\u00e9s) de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit : de nos jours, ni la tradition ni le dessein original de l\u2019artiste ne dictent la fa\u00e7on de pr\u00e9senter une \u0153uvre, m\u00eame si le respect impose la consid\u00e9ration des intentions du compositeur \u2013 la question est esth\u00e9tique, non pas dogmatique, ce qui ne la rend que plus int\u00e9ressante.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h3>Une introduction plus que r\u00e9ussie<\/h3>\n<p>Le programme d\u2019hier d\u00e9buta donc avec la pi\u00e8ce <em>Mamachimowin <\/em>(signifiant en langue crie \u00ab\u00a0L\u2019art de chanter des louanges\u00a0\u00bb) du compositeur <strong>Andrew Balfour<\/strong>. L&rsquo;\u0153uvre symbolise le sentiment d\u2019ambivalence des autochtones envers le catholicisme et la confrontation de leur spiritualit\u00e9 avec un r\u00e9el sentiment de foi chr\u00e9tienne. D\u00e8s les premiers murmures al\u00e9atoires du ch\u0153ur (pr\u00e9par\u00e9 par <strong>Fran\u00e7ois A. Ouimet<\/strong> et <strong>Pierre Tourville<\/strong>), \u00e9voquant une communaut\u00e9 en pri\u00e8re, se d\u00e9ploie une pi\u00e8ce \u00e9pur\u00e9e d\u2019une grande beaut\u00e9, port\u00e9e par des choristes pr\u00e9sents et les cordes graves \u00e0 l\u2019orchestre dans un langage inspir\u00e9 du minimalisme. La pi\u00e8ce transmet de fa\u00e7on fascinante cet \u00e9tat d\u2019esprit complexe dans lequel fluctuent les principes oppos\u00e9s de l\u2019introspection et de la d\u00e9clamation, de l\u2019espoir et de la peur, de la vie et de la mort. L\u2019\u0153uvre marquante se termine sur un <em>r\u00e9<\/em> jou\u00e9 \u00e0 l\u2019unisson, menant sans interruption aux premi\u00e8res notes de la <em>Neuvi\u00e8me symphonie<\/em>.<\/p>\n<h3>La symphonie<\/h3>\n<p><strong>Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/strong> poss\u00e8de un long historique avec Bruckner; l\u2019enregistrement de cette m\u00eame <em>Neuvi\u00e8me symphonie<\/em> sur <strong>ATMA<\/strong> avec l\u2019<strong>OM<\/strong> date de 2008. Ce qui resonnait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque est \u00e9galement pr\u00e9sent ce soir, soit l\u2019adh\u00e9rence \u00e0 une vision tr\u00e8s prononc\u00e9e des diff\u00e9rents blocs qui constituent les mouvements de l\u2019oeuvre. Contrairement aux lectures \u00ab monolithiques \u00bb, <strong>N\u00e9zet-S\u00e9guin<\/strong> met en relief les ruptures dans la partition avec des changements abruptes de tempos, qui paraissent pourtant tout \u00e0 fait organiques. Cette approche, qui contribue \u00e0 rendre l\u2019interpr\u00e9tation dynamique, pose n\u00e9anmoins des d\u00e9fis importants \u00e0 l\u2019orchestre, notamment aux cordes qui peinent occasionnellement \u00e0 suivre les intentions du chef, surtout dans le premier mouvement.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me mouvement brille surtout par un excellent trio au milieu, o\u00f9 le choix d\u2019un tempo relativement mod\u00e9r\u00e9 donne un caract\u00e8re particuli\u00e8rement lumineux \u00e0 ces instants de gaiet\u00e9 au milieu du chaos harmonique du scherzo.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me mouvement \u2014 l\u2019adagio \u2014 est une longue contemplation qui traverse les plus divers \u00e9tats d\u2019esprit, culminant en trois climax de couleurs et de tonalit\u00e9s de plus en plus sombres. Dans ce mouvement, la musique symphonique de tradition romantique atteint un niveau d\u2019abstraction et de d\u00e9construction inou\u00ef, avec des d\u00e9veloppements d\u2019une radicalit\u00e9 sans pareil.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_84038\" aria-describedby=\"caption-attachment-84038\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-84038\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/OM-et-solistes_Bruckner-9_Francois-Goupil.jpg\" alt=\"Les solistes Ryan Speedo Green, Limmie Pulliam, Jennifer Johnson Cano et Latonia Moore au sein du Ch\u0153ur et de l'Orchestre M\u00e9tropolitain dirig\u00e9s par Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/OM-et-solistes_Bruckner-9_Francois-Goupil.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/OM-et-solistes_Bruckner-9_Francois-Goupil-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/OM-et-solistes_Bruckner-9_Francois-Goupil-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/09\/OM-et-solistes_Bruckner-9_Francois-Goupil-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-84038\" class=\"wp-caption-text\">Les solistes Ryan Speedo Green, Limmie Pulliam, Latonia Moore et Jennifer Johnson Cano au sein du Ch\u0153ur et de l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain dirig\u00e9s par Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin. (Photo : Fran\u00e7ois Goupil)<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Le dilemme paradoxal<\/h3>\n<p>Et nous voici devant le dilemme paradoxal de la soir\u00e9e : l\u2019\u0153uvre qui suit ce monument, le <em>Te Deum<\/em>, est d\u2019un autre monde. C\u2019est d\u2019abord celui de la musique chorale, avec des possibilit\u00e9s beaucoup plus r\u00e9duites au niveau de l\u2019abstraction harmonique; c\u2019est \u00e9galement celui de la musique sacr\u00e9e, qui posait certaines limites m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9ternel ambitieux qu\u2019\u00e9tait Bruckner. En d\u2019autres termes, malgr\u00e9 la fascination d\u2019ampleur qu\u2019exerce le <em>Te Deum<\/em> avec orchestre, ch\u0153ur, orgue et solistes, sa substance et son langage musical ne semblent pas \u00e0 la hauteur des dimensions transcendantes de l\u2019adagio de la <em>Neuvi\u00e8me symphonie<\/em>.<\/p>\n<p>Cela n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 la tr\u00e8s bonne performance du ch\u0153ur et notamment \u00e0 celle du baryton-basse <strong>Ryan Speedo Green<\/strong>. Le caract\u00e8re triomphal, notamment de la fin du <em>Te Deum<\/em> avec son accord final simplissime, nous ram\u00e8ne brutalement sur terre \u2014 quel paradoxe, vu la vocation de l\u2019\u0153uvre. Aussi bon qu\u2019il soit, on ne sert pas un Beaujolais apr\u00e8s le Bordeaux.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s r\u00e9flexion, une deuxi\u00e8me \u0153uvre dans le style de <em>Mamachimowin<\/em> \u2013 ou m\u00eame sa r\u00e9p\u00e9tition! \u2013 aurait peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 \u00e0 consid\u00e9rer.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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