{"id":82938,"date":"2024-07-30T16:44:06","date_gmt":"2024-07-30T20:44:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=82938"},"modified":"2024-08-01T11:15:27","modified_gmt":"2024-08-01T15:15:27","slug":"critique-festival-dopera-de-quebec-bravo-aux-talents-locaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/07\/30\/critique-festival-dopera-de-quebec-bravo-aux-talents-locaux\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Festival d&rsquo;op\u00e9ra de Qu\u00e9bec : bravo aux talents locaux!"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_82949\" aria-describedby=\"caption-attachment-82949\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-82949\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/07\/Copie-de-CONCERTS33.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/07\/Copie-de-CONCERTS33.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/07\/Copie-de-CONCERTS33-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/07\/Copie-de-CONCERTS33-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/07\/Copie-de-CONCERTS33-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-82949\" class=\"wp-caption-text\">Olivier Bergeron; \u00c9lisabeth St-Gelais; Fr\u00e9d\u00e9ric Antoun.<\/figcaption><\/figure>\n<p>En fin de semaine derni\u00e8re avaient lieu les premiers concerts en salle de l&rsquo;\u00e9dition actuelle du <strong>Festival d&rsquo;op\u00e9ra de Qu\u00e9bec<\/strong>. Samedi soir \u00e9tait donn\u00e9 au Palais Montcalm le Grand concert du Festival, auquel participaient <strong>Les Violons du Roy<\/strong> sous la direction de <strong>Nicolas Ellis<\/strong>, ainsi que les solistes <strong>Isabelle Cals<\/strong>, soprano, et <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Antoun<\/strong>, t\u00e9nor. Dimanche apr\u00e8s-midi, c&rsquo;\u00e9tait au Th\u00e9\u00e2tre La Bord\u00e9e sur la rue St-Joseph qu&rsquo;avait lieu le rendez-vous musical, pour la deuxi\u00e8me repr\u00e9sentation de<em> La voix humaine<\/em> de Francis Poulenc, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de <em>Je chante la nuit et autres m\u00e9lodies<\/em> (une premi\u00e8re repr\u00e9sentation avait eu lieu vendredi soir).<\/p>\n<h3>Grand concert du Festival d&rsquo;op\u00e9ra de Qu\u00e9bec<\/h3>\n<p>Le programme du Grand concert pr\u00e9sentait un panorama de l&rsquo;op\u00e9ra classique fran\u00e7ais, prenant le soin d&rsquo;\u00e9tablir longuement le point de d\u00e9part marquant que repr\u00e9sente Gluck (<em>Iphig\u00e9nie en Aulide, Iphig\u00e9nie en Tauride<\/em>, <em>Alceste<\/em> et <em>Orph\u00e9e et Eurydice<\/em>) et aboutissant avec <em>Les<\/em> <em>Troyens<\/em> de Berlioz. Entre les deux, il y eut Cherubini avec <em>M\u00e9d\u00e9e<\/em> et Hal\u00e9vy avec<em> La juive.<\/em><\/p>\n<p>Fid\u00e8les \u00e0 leur habitude d&rsquo;excellence, <strong>Les Violons du Roy<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 superbes dans les pi\u00e8ces orchestrales comme dans les accompagnements. La fl\u00fbtiste <strong>Ariane Brisson<\/strong> s&rsquo;est distingu\u00e9e par sa magnifique ex\u00e9cution du Ballet des ombres extrait d&rsquo;<em>Orph\u00e9e et Eurydice<\/em>, mais l&rsquo;ensemble de la section des bois a \u00e9t\u00e9 remarquable d&rsquo;unit\u00e9 et de dosage, tout comme les cors d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et le bloc form\u00e9 par les trompettes et timbales de l&rsquo;autre, malgr\u00e9 leur \u00e9cart.<\/p>\n<p>La direction de <strong>Nicolas Ellis<\/strong> \u00e9tait engag\u00e9e et dynamique, habitant enti\u00e8rement la nature dramatique du r\u00e9pertoire. Sa gestuelle emphatique et \u00e9vocatrice dans les airs et les pi\u00e8ces orchestrales gagnerait \u00e0 \u00eatre r\u00e9duite dans les r\u00e9citatifs, l&rsquo;objectif \u00e9tant de guider l&rsquo;orchestre sobrement sans d\u00e9tourner l&rsquo;attention des solistes.<\/p>\n<p>Ses pr\u00e9sentations r\u00e9sumant l&rsquo;intrigue des op\u00e9ras avant chaque bloc d&rsquo;extraits \u00e9taient malheureusement h\u00e9sitantes et laborieuses. On comprend qu&rsquo;un chef soit plus \u00e0 l&rsquo;aise \u00e0 diriger la musique qu&rsquo;il a pr\u00e9par\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 parler devant un public de fa\u00e7on semi-spontan\u00e9e. La solution aurait \u00e9t\u00e9 de confier la narration au directeur g\u00e9n\u00e9ral du festival <strong>Jean-Fran\u00e7ois Lapointe<\/strong>, qui a fait un discours d&rsquo;introduction bien articul\u00e9 sans \u00eatre guind\u00e9, dans lequel il a de surcro\u00eet admis \u00eatre un grand admirateur du r\u00e9pertoire pr\u00e9sent\u00e9. Il est \u00e0 supposer que sa familiarit\u00e9 avec les pi\u00e8ces du programme lui aurait inspir\u00e9 des interventions au flot plus organique.<\/p>\n<p>Parlant de familiarit\u00e9, la soprano <strong>Isabelle Cals<\/strong>, qui a tout chant\u00e9 par c\u0153ur, est manifestement famili\u00e8re avec ce r\u00e9pertoire nich\u00e9, dans lequel elle a investi tout son sens dramatique. Cependant, la voix n&rsquo;est pas impressionnante, en particulier les aigus qui sont minces et forc\u00e9s. La diction \u00e9tait d\u00e9faillante, ce qui repr\u00e9sente un handicap majeur pour un concert d&rsquo;extraits d&rsquo;op\u00e9ra sans surtitres et m\u00eame sans textes imprim\u00e9s dans le programme.<\/p>\n<p>Son coll\u00e8gue d&rsquo;un soir <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Antoun<\/strong> faisait preuve au contraire d&rsquo;une diction extr\u00eamement claire. Incommod\u00e9 par un torticolis, <strong>Antoun <\/strong>n&rsquo;\u00e9tait pas en mesure de r\u00e9pondre de la m\u00eame mani\u00e8re au jeu de Cals, ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas forc\u00e9ment un inconv\u00e9nient dans le contexte de la formule choisie pour la soir\u00e9e. Sa voix restait chaleureuse et vibrante, et si lui-m\u00eame sentait des limitations, le public, lui, a manifest\u00e9 son enthousiasme et son soutien \u00e0 l&rsquo;artiste.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des d\u00e9couvertes musicales, la juxtaposition d&rsquo;airs en enfilade est devenue un peu monotone. L&rsquo;annonce du directeur g\u00e9n\u00e9ral comme quoi il aimerait monter un de ces op\u00e9ras comme production principale lors d&rsquo;une \u00e9dition future du festival laisse penser que le concert de samedi soir tenait lieu \u00ab\u00a0d&rsquo;essai routier\u00a0\u00bb pour jauger l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du public envers ce r\u00e9pertoire. Il est donc un peu \u00e9tonnant que plus d&rsquo;efforts n&rsquo;aient pas \u00e9t\u00e9 mis dans la pr\u00e9sentation extra-musicale de la soir\u00e9e, qui en aurait bien profit\u00e9, soit dans une veine similaire \u00e0 celle employ\u00e9e pour meubler la premi\u00e8re partie de <em>La voix humaine<\/em> (dont il est question plus bas), soit selon une tout autre formule imagin\u00e9e pour l&rsquo;occasion.<\/p>\n<h3><em>Je chante la nuit<\/em> et <em>La voix humaine<\/em><\/h3>\n<p>Le point focal de la matin\u00e9e du lendemain \u00e9tait bien s\u00fbr <em>La voix humaine<\/em>, que nous avions entendue dans la <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/02\/22\/critique-unique-barbara-hannigan\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">version stup\u00e9fiante de Barbara Hannigan<\/a> \u00e0 l&rsquo;OSM en f\u00e9vrier dernier. L&rsquo;\u0153uvre \u00e9tait port\u00e9e cette fois par la voix \u00e9mouvante d&rsquo;<strong>\u00c9lisabeth St-Gelais<\/strong>. Gagnante du Prix d&rsquo;Europe l&rsquo;an dernier, R\u00e9v\u00e9lation classique Radio-Canada la m\u00eame ann\u00e9e et nomm\u00e9e sur la liste des 30 artistes de moins de 30 ans \u00e0 suivre de la CBC l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, <strong>\u00c9lisabeth St-Gelais<\/strong> est en pleine ascension. Pour son portrait sensible de la femme d\u00e9laiss\u00e9e par son amant dans le monodrame de Poulenc, pr\u00e9sent\u00e9 en co-production avec les <strong>Jeunesses musicales Canada<\/strong>, <strong>St-Gelais<\/strong> module sa voix \u00e0 travers toute une gamme d&rsquo;\u00e9motions, de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la frustration. Les fins de phrase tenues en suspens dans un decrescendo ne voulant pas finir sont particuli\u00e8rement touchantes.<\/p>\n<p>La chanteuse est soutenue efficacement par <strong>Louise Pelletier<\/strong> au piano. Comme le soulignent les notes de programme de <strong>Benjamin Goron<\/strong>, la version pour piano et voix est plus \u00e2pre et brute que la version orchestrale, fournissant un d\u00e9cor musical d&rsquo;un ordre diff\u00e9rent dans lequel se d\u00e9ployent la voix et le drame de l&rsquo;unique personnage.<\/p>\n<p>Pour meubler la premi\u00e8re partie, les Jeunesse musicales ont fait appel au sc\u00e9nariste <strong>Pascal Blanchet<\/strong> qui, reprenant l&rsquo;id\u00e9e du t\u00e9l\u00e9phone comme \u00e9l\u00e9ment central de la narration, imagine le d\u00e9but heureux d&rsquo;une histoire amoureuse en contrebalant \u00e0 la souffrance de la s\u00e9paration d\u00e9peinte en seconde partie. Le personnage masculin est jou\u00e9 par le baryton <strong>Olivier Bergeron<\/strong>, qui, \u00e0 en juger par ce que nous avons entendu dimanche apr\u00e8s-midi, m\u00e9rite sa place sur la nouvelle <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/07\/30\/nouvelle-la-liste-des-artistes-de-moins-de-30-ans-suivre-de-la-cbc-est-sortie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">liste des 30 artistes de moins de 30 ans de la CBC<\/a> parue hier. La voix souple et \u00e9gale de Bergeron se fait tour \u00e0 tour coquine, frivole ou suppliante dans ce floril\u00e8ge de chansons fran\u00e7aises l\u00e9g\u00e8res.<\/p>\n<p><em>Dans une version pr\u00e9c\u00e9dente de cet article, une erreur s&rsquo;\u00e9tait gliss\u00e9e dans le nom de l&rsquo;auteur des notes de programme, qui \u00e9tait donn\u00e9 comme \u00e9tant Benjamin Coron, plut\u00f4t que Benjamin Goron. De m\u00eame, ce n&rsquo;est pas le Festival d&rsquo;op\u00e9ra de Qu\u00e9bec qui a fait appel au sc\u00e9nariste Pascal Blanchet pour Je chante la nuit, tel qu&rsquo;indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, mais bien les Jeunesses musicales.<\/em><\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em>\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI\u00a0<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En fin de semaine derni\u00e8re avaient lieu les premiers concerts en salle de l&rsquo;\u00e9dition actuelle du Festival d&rsquo;op\u00e9ra de Qu\u00e9bec. Samedi soir \u00e9tait donn\u00e9 au Palais Montcalm le Grand concert du Festival, auquel participaient Les Violons du Roy sous la direction de Nicolas Ellis, ainsi que les solistes Isabelle Cals, soprano, et Fr\u00e9d\u00e9ric Antoun, t\u00e9nor. Dimanche apr\u00e8s-midi, c&rsquo;\u00e9tait au Th\u00e9\u00e2tre La Bord\u00e9e sur la rue St-Joseph qu&rsquo;avait lieu le rendez-vous musical, pour la deuxi\u00e8me repr\u00e9sentation de La voix humaine de Francis Poulenc, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de Je chante la nuit et autres m\u00e9lodies (une premi\u00e8re repr\u00e9sentation avait eu lieu vendredi soir).<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":82949,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42107,52],"tags":[42106,21250],"yst_prominent_words":[13955,41928,15333,14251,11891,15281,9974,20900],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/07\/Copie-de-CONCERTS33.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-lzI","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82938"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=82938"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82938\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":82982,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82938\/revisions\/82982"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/82949"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=82938"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=82938"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=82938"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=82938"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}