{"id":82832,"date":"2024-07-22T17:49:46","date_gmt":"2024-07-22T21:49:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=82832"},"modified":"2024-07-24T14:00:04","modified_gmt":"2024-07-24T18:00:04","slug":"critique-envoutante-scheherazade-par-losm-et-payare-au-festival-de-lanaudiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/07\/22\/critique-envoutante-scheherazade-par-losm-et-payare-au-festival-de-lanaudiere\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Envo\u00fbtante Sch\u00e9h\u00e9razade par l&rsquo;OSM et Payare au Festival de Lanaudi\u00e8re"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_82833\" aria-describedby=\"caption-attachment-82833\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-82833\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/07\/Copie-de-CRITIQUE29.jpg\" alt=\"La baguette fougueuse de Rafael Payare en pleine action! 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(Photo : Simon Paradis, Agence Bigjaw)<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;<strong>Orchestre symphonique de Montr\u00e9al<\/strong> reprenait du service cette fin de semaine en collaboration avec le <strong>Festival de Lanaudi\u00e8re<\/strong> en pr\u00e9sentant, sur deux soirs, des \u0153uvres de Mozart, Saariaho, Wagner, R.Strauss, Tcha\u00efchovski et Rimski-Korsakov. Nous esp\u00e9rions rendre compte du concert de samedi dans son enti\u00e8ret\u00e9, et notamment des d\u00e9buts au Canada du pianiste <strong>Yoav Levanon<\/strong>, mais un contretemps ne nous a permis que d&rsquo;assister \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation de <em>Sch\u00e9h\u00e9razade<\/em>. De celle-ci, et sous la houlette toujours aussi fougueuse de <strong>Rafael Payare<\/strong>, l&rsquo;orchestre nous a offert une interpr\u00e9tation vari\u00e9e et color\u00e9e qui a notamment mis en valeur les tr\u00e8s grandes qualit\u00e9s de ses premi\u00e8res chaises.<\/p>\n<p>Si sa structure en quatre mouvements l&rsquo;avoisine de la grande forme symphonique allemande du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, si le d\u00e9veloppement cyclique de ses principaux th\u00e8mes (souvent inspir\u00e9s du folklore russe et oriental) lui donne l&rsquo;apparence d&rsquo;une suite, si m\u00eame Rimski-Korsakov consid\u00e9rait dans ses <em>Chroniques de ma vie musicale<\/em> que \u00ab\u00a0tous ses semblants de leitmotive ne sont que des mat\u00e9riaux purement musicaux\u00a0\u00bb, <em>Sch\u00e9h\u00e9razade <\/em>demeure n\u00e9anmoins une musique \u00e0 programme. Pour autant, et c&rsquo;est sans doute ce qui contribue \u00e0 sa grande richesse, ses qualit\u00e9s formelles demeurent ouvertes et une interpr\u00e9tation approfondie permet la cohabitation d&rsquo;au moins trois niveaux: celui de la tension entre le sultan Schahriar et la sultane Sch\u00e9h\u00e9razade, celui des quatre contes racont\u00e9s par la sultane et celui, plus abstrait, du d\u00e9veloppement orchestral des th\u00e8mes musicaux.<\/p>\n<p><strong>Rafael Payare<\/strong> voyage ais\u00e9ment entre ces trois niveaux d&rsquo;interpr\u00e9tation, mais favorise clairement le second \u00e0 travers le dynamisme d&rsquo;une performance th\u00e9\u00e2trale qui n&rsquo;est pas sans latiniser l&rsquo;esprit russe de la partition. Les rythmes de danse sont fluides et charnels, les tempos sont souvent en cavale, les \u00e9lans de lyrisme sont propuls\u00e9s par des gestuelles exub\u00e9rantes et dramatiques, et tout est fait avec un grand soin pour arrondir la moindre asp\u00e9rit\u00e9 de la partition. \u00a0Pour qui conna\u00eet l&rsquo;interpr\u00e9tation r\u00e9solument \u00ab\u00a0nationale\u00a0\u00bb de Gergiev avec le Philharmonique de Vienne par exemple, nous sommes ici aux extr\u00eames antipodes et, en ce sens, la proposition de Payare, qui \u00e9voque presque le son de la c\u00f4te ouest am\u00e9ricaine, est infus\u00e9e d&rsquo;une diversit\u00e9 stylistique totalement assum\u00e9e.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 bien le sillon que trace le chef dans sa relation avec l&rsquo;orchestre depuis ses tout d\u00e9buts : Payare bride peu ses ouailles et semble \u00eatre davantage \u00e0 son aise lorsque transport\u00e9 par la musique plut\u00f4t que de se mettre dans une position pour la commander.<\/p>\n<p>Est-ce que cette approche est toujours aussi efficace, maintenant que son effet de surprise et de nouveaut\u00e9 tend \u00e0 se dissiper? Le lest qui a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 des \u00e9paules des musiciens apr\u00e8s le d\u00e9part de <strong>Kent Nagano<\/strong> et qui a vu rena\u00eetre une force, une libert\u00e9 et une vigueur inou\u00efes il y a maintenant deux ans appelle peut-\u00eatre d\u00e9sormais \u00e0 une approche plus pos\u00e9e, qui creuse davantage le sens des textes qui sont interpr\u00e9t\u00e9s. Il est vrai que le contexte du Festival de Lanaudi\u00e8re n&rsquo;appelle pas \u00e0 ces exigences, mais il ne doit pas non plus servir de pr\u00e9texte. Chose certaine et qui contribue grandement au succ\u00e8s et \u00e0 la joie ressentie par le public, l&rsquo;orchestre demeure enti\u00e8rement d\u00e9vou\u00e9 et manifeste un malin plaisir \u00e0 nous transmettre l&rsquo;\u00e9nergie et la passion d\u00e9bordante du chef.<\/p>\n<p>Ceci dit, l&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;<strong>OSM<\/strong> ne repose pas uniquement sur une s\u00e9rie d&rsquo;affects au service d&rsquo;un argument extra musical. En fusionnant les couleurs comme on coule des m\u00e9taux, en sculptant les timbres en des blocs qui rappellent parfois Mahler, lui-m\u00eame d\u00e9fenseur de l&rsquo;\u0153uvre sur le podium, en dosant les reliefs d&rsquo;amplitude et les alliages qui annoncent les trouvailles r\u00e9volutionnaires de son \u00e9l\u00e8ve Stravinski, <strong>Payare<\/strong> donne aux grandes verticalit\u00e9s de la partition de Rimski-Korsakov beaucoup d&rsquo;ampleur, de richesse et de puissance. Exceptionnellement, dans le quatri\u00e8me volet, elles souffrent d&rsquo;un manque d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 que nous attribuons aux percussions, malheureusement trop excentr\u00e9es \u00e0 gauche et \u00e0 cent lieues de la section des cuivres. Les cymbales, le triangle et la caisse claire sont des instruments \u00e0 l&rsquo;\u00e9mission sonore si directe que le soin de leur positionnement est crucial si tant est que l&rsquo;on veuille maximiser la coh\u00e9rence de l&rsquo;exp\u00e9rience sonore pour l&rsquo;ensemble du public.<\/p>\n<p>Il revient aux premi\u00e8res chaises de toutes les sections de l&rsquo;orchestre de recevoir ici sans r\u00e9serve, un \u00e0 un, tous les compliments tant leur performance fut inspirante. Men\u00e9s par le violon solo, <strong>Andrew<\/strong> <strong>Wan<\/strong>, ce sont tour \u00e0 tour <strong>Brian Manker<\/strong> (violoncelle), <strong>Albert Brouwer<\/strong> (fl\u00fbte solo), <strong>Christopher James<\/strong> (piccolo), <strong>Jean-Luc Cot\u00e9<\/strong> (hautbois), <strong>Pierre-Vincent Plante<\/strong> (cor anglais), <strong>Todd Cope<\/strong> (clarinette solo), <strong>Mathieu Harel<\/strong> (basson solo), <strong>Catherine Turner<\/strong> (cor solo), <strong>St\u00e9phane Beaulac<\/strong> (trompette solo) et <strong>Jennifer Swartz<\/strong> (Harpe) qui ont permis \u00e0 notre imaginaire de s&rsquo;immiscer dans l&rsquo;intimit\u00e9 de la chambre de Schahriar et d&rsquo;\u00eatre le t\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 des r\u00e9cits enlevants de Sch\u00e9h\u00e9razade. Ces instants fragiles et \u00e9ph\u00e9m\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 accueillis comme autant de confidences, en t\u00e9moigne le silence d&rsquo;or qui a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 pour tous les solos de la partition dans un amphith\u00e9\u00e2tre pourtant passablement bien rempli.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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