{"id":82160,"date":"2024-06-10T16:38:34","date_gmt":"2024-06-10T20:38:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=82160"},"modified":"2024-06-11T08:00:03","modified_gmt":"2024-06-11T12:00:03","slug":"critique-flamboyante-fin-de-saison-pour-les-violons-du-roy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/06\/10\/critique-flamboyante-fin-de-saison-pour-les-violons-du-roy\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Flamboyante fin de saison pour les Violons du Roy"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_82161\" aria-describedby=\"caption-attachment-82161\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-82161\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Copie-de-CRITIQUE23.jpg\" alt=\"Nicolas Ellis et les altistes Isaac Chalk et Annie Morrier des Violons du Roy. 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(Photo : David Mendoza H\u00e9laine)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Vendredi dernier, les<strong> Violons du Roy<\/strong> ont clos leur saison \u00e0 la <strong>salle Bourgie<\/strong> sous la direction de <strong>Nicolas Ellis<\/strong> avec un programme regroupant des \u0153uvres contemporaines judicieusement choisies et interpr\u00e9t\u00e9es avec une ferveur hors du commun.<\/p>\n<p>R\u00e9pertoire contemporain donc, mais aux esth\u00e9tiques accueillantes et ouvertes, loin d&rsquo;une exp\u00e9rimentation sonore d\u00e9concertante. L\u2019\u0153uvre la plus ancienne, entorse \u00e0 ce menu d\u2019\u0153uvres r\u00e9centes, \u00e9tait la <em>Fantasia on a Theme by Thomas Tallis<\/em> de Ralph Vaughan Williams, un chef-d\u2019\u0153uvre datant de 1910 (mais ici pr\u00e9sent\u00e9 dans sa version r\u00e9vis\u00e9e de 1919) et qui m\u00e9riterait d&rsquo;\u00eatre jou\u00e9 plus souvent dans nos saisons de concert. Exploitant l&rsquo;espace et l&rsquo;acoustique de la salle Bourgie, les musiciens solistes de l&rsquo;ensemble prenaient place au balcon, tandis que le reste de l&rsquo;orchestre demeurait sur sc\u00e8ne, permettant d&rsquo;accentuer les contrastes de couleurs et de masses propre \u00e0 cette partition envo\u00fbtante. L&rsquo;effet \u00e9tait carr\u00e9ment magique. Coupl\u00e9 \u00e0 une interpr\u00e9tation fluide et une sonorit\u00e9 feutr\u00e9e et riche, cela ouvrait le concert avec de tr\u00e8s hauts standards.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_82164\" aria-describedby=\"caption-attachment-82164\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-82164 size-full\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Andreanne-Brisson-Paquin_photo-Pierre-Etienne-Bergeron_cropped_1200.png\" alt=\"Andr\u00e9anne Brisson Paquin (Photo : Pierre-\u00c9tienne Bergeron)\" width=\"1200\" height=\"853\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Andreanne-Brisson-Paquin_photo-Pierre-Etienne-Bergeron_cropped_1200.png 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Andreanne-Brisson-Paquin_photo-Pierre-Etienne-Bergeron_cropped_1200-300x213.png 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Andreanne-Brisson-Paquin_photo-Pierre-Etienne-Bergeron_cropped_1200-1024x728.png 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Andreanne-Brisson-Paquin_photo-Pierre-Etienne-Bergeron_cropped_1200-768x546.png 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-82164\" class=\"wp-caption-text\">Andr\u00e9anne Brisson Paquin (Photo : Pierre-\u00c9tienne Bergeron)<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Tendre et sensuelle Andr\u00e9anne Brisson Paquin<\/h3>\n<p>Les <em>Three Songs<\/em> d&rsquo;<strong>Osvaldo Golijov<\/strong> suivaient avec comme soliste invit\u00e9e <strong>Andr\u00e9anne Brisson Paquin<\/strong> qui sut aviver la flamme de la musique du compositeur argentino-am\u00e9ricain. Ce dernier a un don pour cr\u00e9er des atmosph\u00e8res o\u00f9 la voix plane au-dessus d&rsquo;un univers instrumental hypnotisant. La magie op\u00e9ra gr\u00e2ce \u00e0 la musicalit\u00e9 sensuelle et tendre de la soprano, soutenue par une direction sensible et aguerrie de la part de <strong>Nicolas Ellis<\/strong>. Choix \u00e9trange\u00a0: il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de placer l&rsquo;entracte entre le deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me mouvements du cycle, brisant la structure interne de l\u2019\u0153uvre afin de la soumettre \u00e0 une structure conceptuelle du programme de la soir\u00e9e. M\u00eame si le r\u00e9sultat \u00e9tait convenable de fa\u00e7on globale avec le reste du concert, ce choix demeure discutable.<\/p>\n<p>Avec <em>Three Wings<\/em>, du canadien d&rsquo;origine am\u00e9ricaine <strong>Marcus Goddard<\/strong>, l&rsquo;enthousiasme monte d&rsquo;un cran. Un peu comme Vaughan Williams qui puisa son inspiration dans l\u2019\u0153uvre d&rsquo;un compositeur de la Renaissance, <strong>Goddard<\/strong> se tourne vers une musique ancienne, en l\u2019occurrence un hymne d&rsquo;Hildegarde de Bingen, non pas pour exposer une citation factice mais bien pour en faire une source vive d&rsquo;o\u00f9 \u00e9manera une musique palpitante, riche en couleurs et en textures, mais surtout fascinante et emballante pour l&rsquo;auditeur. Sa pi\u00e8ce a un souffle dramatique, un discours tout autant \u00e9pique qu&rsquo;intime, et d\u00e9ploie avec une vive intelligence des proc\u00e9d\u00e9s contemporains sans pour autant tomber dans l\u2019\u00e9cueil de l&rsquo;herm\u00e9tisme. Une \u0153uvre fascinante d&rsquo;un compositeur dont on esp\u00e8re d\u00e9couvrir son travail plus en profondeur.<\/p>\n<p>Et pour clore dans l&rsquo;\u00e9nergie et la r\u00e9jouissance, l&rsquo;orchestre interpr\u00e9ta <em>Orawa<\/em> du polonais <strong>Wojciech Kilar<\/strong>. Compositeur peut-\u00eatre plus connu des cin\u00e9philes (on lui doit notamment la musique du <em>Dracula<\/em> de Francis Ford Coppola), il est encore trop peu connu du public des concerts (on r\u00eaverait d&rsquo;entendre \u00e0 Montr\u00e9al son po\u00e8me symphonique <em>Krzesany<\/em>, v\u00e9ritable feu d&rsquo;artifice pour les oreilles). Avec cette \u0153uvre vive, <strong>Kilar<\/strong> signe une partition redevable autant \u00e0 Bart\u00f2k (son <em>Divertimento<\/em> pour orchestre \u00e0 cordes n&rsquo;est pas loin) qu&rsquo;\u00e0 la musique folklorique polonaise, mais toujours avec une touche nouvelle et unique qui fait mouche. Le public enthousiaste a clairement \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 par cette \u0153uvre jou\u00e9e avec une \u00e9nergie contagieuse.<\/p>\n<h3>Cr\u00e9ation des Interludes de Claudie Bertounesque<\/h3>\n<p>Parsem\u00e9s \u00e0 travers le concert, les trois <em>Interludes<\/em> de la jeune compositrice qu\u00e9b\u00e9coise<strong> Claudie Bertounesque<\/strong>, donn\u00e9s ici en cr\u00e9ation, nous permettaient de d\u00e9couvrir un talent rare, une voix d&rsquo;une grande maturit\u00e9 qui s&rsquo;impose d\u00e9j\u00e0 comme une valeur s\u00fbre dans l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me de la cr\u00e9ation musicale d&rsquo;ici. Il est un peu regrettable cependant que de ces trois pi\u00e8ces, les deux premi\u00e8res servent de prologue \u00e0 une \u0153uvre au programme : rel\u00e9guer cette musique au r\u00f4le d&rsquo;atmosph\u00e8re pr\u00e9paratoire est un peu ingrat au regard du talent que la compositrice d\u00e9voile dans sa cr\u00e9ation. Reprenant habilement le cantique de Tallis pour introduire la musique de Vaughan Williams, puis s&rsquo;inspirant d&rsquo;Hildegarde de Bingen pour guider l&rsquo;\u00e9coute de la cr\u00e9ation de Goddard, <strong>Bertounesque<\/strong> s&rsquo;est acquitt\u00e9 avec \u00e9loquence d&rsquo;une commande conceptuelle strictement associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;arche dramatique du programme. Le troisi\u00e8me interlude \u00e9tait quant \u00e0 lui plus substantiel, personnel et r\u00e9ellement emballant\u00a0: une v\u00e9ritable \u0153uvre d&rsquo;art, coh\u00e9rente et consistante. La compositrice y d\u00e9voile un imaginaire passionnant qui captive l&rsquo;auditeur gr\u00e2ce \u00e0 un langage ma\u00eetris\u00e9 au service d&rsquo;une expression sinc\u00e8re. Il est impressionnant de voir sa facilit\u00e9 \u00e0 coupler des trames \u00e9lectroacoustiques aux textures instrumentales qu&rsquo;elle \u00e9labore dans sa partition. Un talent \u00e0 suivre, en esp\u00e9rant qu&rsquo;on lui propose une place de choix dans de futurs programmes.<\/p>\n<p>\u00c0 tout cela s&rsquo;ajoutait la projection d&rsquo;illustrations de <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Ellis<\/strong>. C&rsquo;\u00e9tait joli, mais la musique parlait d&rsquo;elle-m\u00eame, elle n&rsquo;avait pas besoin de plus pour plaire. Sous le titre de <em>R\u00eaves fantastiques<\/em>, ce concert semblait con\u00e7u comme un concept o\u00f9 les \u0153uvres d\u00e9voilaient leur potentiel onirique, voire imag\u00e9. Dieu merci, on n&rsquo;a pas appuy\u00e9 \u00e0 outrance sur ce concept, cela aurait \u00e9t\u00e9 superflu. Faisons confiance \u00e0 la musique\u00a0: lorsqu&rsquo;elle est bonne, elle se suffit \u00e0 elle-m\u00eame! Un r\u00e9pertoire nouveau mais brillant et \u00e9loquent, un orchestre engag\u00e9 et un chef enthousiaste, voil\u00e0 les ingr\u00e9dients pour une soir\u00e9e m\u00e9morable. La recette \u00e9tait la bonne!<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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