{"id":82095,"date":"2024-06-07T13:01:03","date_gmt":"2024-06-07T17:01:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=82095"},"modified":"2025-05-25T14:21:57","modified_gmt":"2025-05-25T18:21:57","slug":"critique-der-kaiser-von-atlantis-au-festival-classica","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/06\/07\/critique-der-kaiser-von-atlantis-au-festival-classica\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Der Kaiser von Atlantis au Festival Classica : une oeuvre marquante"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_82098\" aria-describedby=\"caption-attachment-82098\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-82098\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Copie-de-CRITIQUE21.jpg\" alt=\"Der Kaiser von Atlantis au Festival Classica (Photo : Festival Classica - Charles Mercier)\" width=\"1200\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Copie-de-CRITIQUE21.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Copie-de-CRITIQUE21-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Copie-de-CRITIQUE21-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Copie-de-CRITIQUE21-768x402.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-82098\" class=\"wp-caption-text\">Der Kaiser von Atlantis au Festival Classica (Photo : Festival Classica &#8211; Charles Mercier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Apr\u00e8s avoir ouvert avec La Grande Messe des morts de Gossec la semaine derni\u00e8re, le <strong>Festival Classica<\/strong> pr\u00e9sentait jeudi soir une raret\u00e9 d&rsquo;un autre ordre, l&rsquo;op\u00e9ra <em>Der Kaiser von Atlantis<\/em> (<em>L&rsquo;Empereur d&rsquo;Atlantis<\/em>) de Victor Ullmann, sur un livret de Peter Kien.<\/p>\n<p>Cet op\u00e9ra expressionniste en un acte a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 et r\u00e9p\u00e9t\u00e9 en 1943 alors qu&rsquo;Ullmann et Kien \u00e9taient prisonniers au camp de Theresienstadt. Les repr\u00e9sentations en ont \u00e9t\u00e9 interdites par les nazis apr\u00e8s la derni\u00e8re r\u00e9p\u00e9tition, une fois que le ton critique de l&rsquo;oeuvre leur soit apparu clairement. Le compositeur a pu remettre in extremis une valise contenant son manuscrit annot\u00e9 \u00e0 un ami avant d&rsquo;\u00eatre transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Auschwitz, assurant la survie de l&rsquo;oeuvre.<\/p>\n<h3>Synopsis<\/h3>\n<p>L&#8217;empereur Overall m\u00e8ne une guerre tout azimut insens\u00e9e, au point que la Mort elle-m\u00eame, vex\u00e9e, se rebiffe et brise son sabre, se privant par ce geste du pouvoir de donner la mort aux humains. Les condamn\u00e9s \u00e0 mort sont ex\u00e9cut\u00e9s, mais ne meurent pas; les soldats tombent bless\u00e9s sur les champs de bataille, mais restent suspendus entre la vie et la mort; les malades souffrent, mais ne peuvent plus esp\u00e9rer la d\u00e9livrance de la mort. L&rsquo;Empereur, d\u00e9sempar\u00e9 de voir son emprise sur son peuple ainsi diminu\u00e9e, cherche \u00e0 sauver la face en annon\u00e7ant qu&rsquo;il accorde la vie \u00e9ternelle \u00e0 tous ses sujets.<\/p>\n<p>Cette impossibilit\u00e9 de mourir a tout de m\u00eame un heureux r\u00e9sultat alors qu&rsquo;un soldat et une jeune fille de camps ennemis, incapables de se tuer, tombent plut\u00f4t en amour, ce qui va \u00e0 l&rsquo;encontre de la pens\u00e9e dominante. Le Tambour tente de les ramener \u00e0 des pens\u00e9es de guerre et de confrontation.<\/p>\n<figure id=\"attachment_82100\" aria-describedby=\"caption-attachment-82100\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-82100\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/DerKaiservonAtlantis_6juin2024-43-Tambour.jpg\" alt=\"Florence Bourget dans Der Kaiser von Atlantis (Photo : Festival Classica - Charles Mercier)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/DerKaiservonAtlantis_6juin2024-43-Tambour.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/DerKaiservonAtlantis_6juin2024-43-Tambour-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/DerKaiservonAtlantis_6juin2024-43-Tambour-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/DerKaiservonAtlantis_6juin2024-43-Tambour-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-82100\" class=\"wp-caption-text\">Florence Bourget dans Der Kaiser von Atlantis (Photo : Festival Classica &#8211; Charles Mercier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>La ruse de l&rsquo;Empereur n&rsquo;a pas fonctionn\u00e9 : plut\u00f4t que de lui \u00eatre reconnaissants, ses sujets lui en veulent de ne pas pouvoir quitter ce monde. Pouss\u00e9 dans des directions contraires par les conseils d&rsquo;Harlequin et du Tambour, l&rsquo;Empereur demande finalement \u00e0 la Mort d&rsquo;apporter le soulagement \u00e0 son peuple en reprenant ses fonctions. Celle-ci exige qu&rsquo;il soit le premier mort qu&rsquo;elle emporte, ce qu&rsquo;il finit par accepter. Les personnages restants (\u00e0 ceux d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9s s&rsquo;ajoute le Haut-parleur) chantent un choeur final <span title=\"German-language text\">sur la m\u00e9lodie du choral luth\u00e9rien <em>Ein&rsquo; feste Burg ist unser Gott<\/em>.<\/span><\/p>\n<h3>L&rsquo;interpr\u00e9tation<\/h3>\n<p>L&rsquo;orchestre de chambre, compos\u00e9 du quintette \u00e0 cordes, d&rsquo;une fl\u00fbte, d&rsquo;un hautbois, d&rsquo;une clarinette, d&rsquo;un saxophone, d&rsquo;une trompette, d&rsquo;un piano, d&rsquo;un harmonium, d&rsquo;un banjo (alternant avec une guitare), d&rsquo;une caisse claire et d&rsquo;autres percussions, a offert une prestation solide, avec des combinaisons de timbres r\u00e9ussies. Matthias Maute et les instrumentistes ont clairement accompli un excellent travail de pr\u00e9paration.<\/p>\n<p>Du moment que l&rsquo;orchestre est plac\u00e9 sur sc\u00e8ne pour la pr\u00e9sentation d&rsquo;un op\u00e9ra, l&rsquo;\u00e9quilibre devient une question d\u00e9licate (plus d\u00e9licate qu&rsquo;autrement, devrais-je dire), encore plus lorsque les effectifs vocaux sont plac\u00e9s derri\u00e8re les instruments. La production d&rsquo;hier, au cours de laquelle l&rsquo;\u00e9quilibre \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement satifaisant, est l&rsquo;exception qui prouve la r\u00e8gle : est-ce d\u00fb \u00e0 l&rsquo;orchestration clairsem\u00e9e, \u00e0 la disposition sur\u00e9lev\u00e9e de la distribution vocale leur permettant de projeter par-dessus l&rsquo;orchestre ou au doigt\u00e9 du chef? Si c&rsquo;est le dernier point, on exige que Maute fasse tout de suite conna\u00eetre son secret aux autres chefs. La caissse claire, m\u00eame plac\u00e9e en retrait, ne manquait pas de se distinguer par des attaques et des roulements violents, mais c&rsquo;est probablement une exigence de la partition.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_82099\" aria-describedby=\"caption-attachment-82099\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-82099\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/DerKaiservonAtlantis_6juin2024-Harlequin-et-Empereur.jpg\" alt=\"\u00c9ric Laporte et Pierre-Yves Pruvot dans Der Kaiser von Atlantis (Photo : Festival Classica - Charles Mercier)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/DerKaiservonAtlantis_6juin2024-Harlequin-et-Empereur.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/DerKaiservonAtlantis_6juin2024-Harlequin-et-Empereur-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/DerKaiservonAtlantis_6juin2024-Harlequin-et-Empereur-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/DerKaiservonAtlantis_6juin2024-Harlequin-et-Empereur-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-82099\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9ric Laporte et Pierre-Yves Pruvot dans Der Kaiser von Atlantis (Photo : Festival Classica &#8211; Charles Mercier)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Tous les chanteurs et chanteuses ne contribuaient pas avec autant de succ\u00e8s au m\u00e9lange chant\/orchestre. In\u00e9vitablement, certaines voix, plus sombres ou chantant dans un registre moins avantageux, se d\u00e9marquaient moins. C&rsquo;est malheureusemement le cas de Fr\u00e9d\u00e9ric Caton, qui manquait de pr\u00e9sence dans le r\u00f4le pourtant central de la Mort. \u00c9ric Laporte s&rsquo;est montr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aise dans le r\u00f4le d&rsquo;Harlequin, poss\u00e9dant d&rsquo;ailleurs la meilleure prononciation allemande de la soir\u00e9e (le niveau de la comp\u00e9tition n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de ce c\u00f4t\u00e9, doit-on dire, variant chez les autres membres de la distribution entre incompr\u00e9hensible et laborieuse). L&rsquo;autre t\u00e9nor, tr\u00e8s bon Emmanuel Hassler, a brill\u00e9 entre autres dans son trio avec la Jeune fille de Sophie Naubert, remarquable, et le Tambour de Florence Bourget, d\u00e9montrant une belle \u00e9galit\u00e9 de timbre dans tous les registres. La prononciation laborieuse de Tomislav Lavoie posait une entrave \u00e0 une appr\u00e9ciation libre de son r\u00f4le de Haut-parleur autrement bien rendu. C&rsquo;est \u00e0 Pierre-Yves Pruvot qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 le r\u00f4le de l&rsquo;Empereur, dont il s&rsquo;est acquitt\u00e9 avec succ\u00e8s, en particulier dans le long num\u00e9ro qu&rsquo;il doit soutenir seul.<\/p>\n<p>La sc\u00e9nographie, constitu\u00e9e uniquement de projections, tirait profit de la forme concave de la sc\u00e8ne et des avanc\u00e9es blanches autour des loges pour former un grand \u00e9cran sur lequel \u00e9taient projet\u00e9es de grandes images. On peut d\u00e9battre de l&rsquo;\u00e0-propos du premier visuel, nous donnant l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre \u00e0 bord d&rsquo;un train arrivant \u00e0 un camp. L&rsquo;image d&rsquo;un immeuble d\u00e9truit par une bombe, elle, faisait un lien efficace avec les images de notre actualit\u00e9 pr\u00e9sente, semblant provenir d&rsquo;Ukraine ou de Syrie.<\/p>\n<h3>Pr\u00e9sentation pr\u00e9-concert<\/h3>\n<p>En deuxi\u00e8me partie de concert \u00e9tait jou\u00e9e la Symphonie pour orchestre de chambre no 1, \u00ab\u00a0Remember to Forget\u00a0\u00bb de Jaap Nico Hamburger, compositeur n\u00e9erlandais habitant \u00e0 Montr\u00e9al depuis 2000 et compositeur en r\u00e9sidence de l&rsquo;organisme M\u00e9cenat Montr\u00e9al. L&rsquo;oeuvre en deux mouvements correspondait dans son idiome exactement \u00e0 ce \u00e0 quoi on peut s&rsquo;attendre de la part d&rsquo;un compositeur ayant re\u00e7u (pour une autre oeuvre) une commande de l&rsquo;Organisation des nations unies, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la musique correcte et passe-partout.<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 M. Hamburger aurait mieux fait de s&rsquo;abstenir, c&rsquo;est dans sa longue et inepte pr\u00e9sentation pr\u00e9-concert, qui n&rsquo;avait comme point positif que d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e en bon fran\u00e7ais par quelqu&rsquo;un de qui c&rsquo;est la troisi\u00e8me langue. N&#8217;emp\u00eache, quand on se donne autant d&rsquo;efforts pour une pr\u00e9sentation, il faut \u00e9viter de dire des \u00e2neries. Faire autant de g\u00e9n\u00e9ralisations grossi\u00e8res au point d&rsquo;\u00eatre erron\u00e9es et de fausset\u00e9s fondamentales dans une salle associ\u00e9e \u00e0 un lieu d&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur proposant non seulement des programmes de musicologie, mais aussi le seul programme en m\u00e9diation de la musique au Canada, c&rsquo;est insulter l&rsquo;intelligence et les efforts &#8211; j&rsquo;allais chercher \u00e0 pr\u00e9ciser de qui, mais de tout le monde en fait.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord, M. Hamburger n&rsquo;a jamais pr\u00e9cis\u00e9 de quelle musique il avait entrepris de brosser une vague histoire. Il n&rsquo;y aucune r\u00e9elle fa\u00e7on d&rsquo;affirmer avec une quelconque cr\u00e9dibilit\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9, la gamme avait cinq notes (pentatonique) et qu&rsquo;au Moyen-\u00c2ge elle en avait sept (modes d&rsquo;\u00e9glise), laissant entendre que la gamme pentatonique avait disparu avec l&rsquo;ajout de deux notes suppl\u00e9mentaires, mais <em>au moins <\/em>pr\u00e9ciser qu&rsquo;on parlait de musique savante occidentale aurait possiblement cr\u00e9er un espace conceptuel o\u00f9 la gamme pentatonique aurait pu continuer de mener une existence paisible dans des musiques autres, existence florissante qu&rsquo;elle menait avant l&rsquo;Antiquit\u00e9 et qu&rsquo;elle continue de mener dans une panoplie de musiques d&rsquo;origines multiples.<\/p>\n<p>La suite n&rsquo;a pas arrang\u00e9 les choses : semble-t-il qu&rsquo;\u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9poque baroque, la gamme comptait douze notes. Non. Absolument pas. J&rsquo;imagine que M. Hamburger faisait r\u00e9f\u00e9rence, de la fa\u00e7on la plus maladroite et fallacieuse possible, \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e du temp\u00e9rament \u00e9gal, qui a fameusement permis \u00e0 Johann Sebastian Bach de composer ses Pr\u00e9ludes et fugues du Clavier bien temp\u00e9r\u00e9 dans toutes les tonalit\u00e9s. Avant l&rsquo;\u00e9tablissement du temp\u00e9rament \u00e9gal &#8211; qui n&rsquo;est rien de plus qu&rsquo;une convention, mais une convention sur laquelle repose tout l&rsquo;\u00e9difice de la musique tonale -, ni l&rsquo;accord juste ni aucun des types de temp\u00e9rament (fa\u00e7on d&rsquo;accorder les instruments) qui prolif\u00e9raient ne permettait d&rsquo;utiliser toutes les notes chromatiques dans une m\u00eame oeuvre. Le temp\u00e9rament \u00e9gal a chang\u00e9 cela, soit. Mais cela ne veut pas dire que la <em>gamme <\/em>a subitement explos\u00e9 pour compter douze notes, bien au contraire. C&rsquo;est \u00e0 partir de l&rsquo;arriv\u00e9e du temp\u00e9rament \u00e9gal qu&rsquo;a pu se d\u00e9velopper ce qui est appel\u00e9 dans le monde anglophone la musique de <em>common practice<\/em>, soit la musique tonale, qui repose essentiellement <strong>sur une hi\u00e9rarchie des degr\u00e9s de la gamme diatonique \u00e0 sept sons<\/strong>. Pas de musique tonale sans la relation dominante\/tonique (V-I).<\/p>\n<p>Il aurait \u00e9t\u00e9 possible de dire que l&rsquo;arriv\u00e9e du temp\u00e9rament \u00e9gal <strong>a donn\u00e9 acc\u00e8s aux douze notes chromatiques<\/strong>, mais \u00ab\u00a0donner acc\u00e8s \u00e0\u00a0\u00bb ne veut pas dire inclure dans la gamme. La gamme est un concept d\u00e9fini, et la gamme associ\u00e9e aux \u00e9poques baroque, classique et m\u00eame romantique est la gamme diatonique \u00e0 sept sons, principalement celle de mode majeur. Affirmer toute autre chose, m\u00eame par souci de concision (<strong>surtout <\/strong>quand la concision est un enjeu!), est une malhonn\u00eatet\u00e9 intellectuelle.<\/p>\n<p>Plus loin dans son expos\u00e9, M. Hamburger en est venu \u00e0 parler de la mont\u00e9e du nationalisme au XIXe si\u00e8cle, appuy\u00e9 d&rsquo;une diapositive simulant un tableau de comp\u00e9tition sportive o\u00f9 Wagner (1813-1883) \u00e9tait mis en comp\u00e9tition avec Debussy (1862-1918) et Elgar (1857-1934) avec Albeniz (1860-1909), fa\u00e7on se voulant humoristique d&rsquo;illustrer le d\u00e9veloppement des caract\u00e8res nationaux en musique. Seulement, M. Hamburger ayant n\u00e9glig\u00e9 de pr\u00e9ciser les dates auxquelles chacun des compositeurs a v\u00e9cu, comme je viens de le faire ci-haut, cela donnait l&rsquo;impression qu&rsquo;ils ont tous v\u00e9cu en m\u00eame temps et que la mont\u00e9e du nationalisme s&rsquo;est produite au m\u00eame moment dans chacune de ces nations, ce qui est bien s\u00fbr faux. J&rsquo;avoue qu&rsquo;il s&rsquo;agit ici d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ralisation h\u00e2tive de sa part, plus que d&rsquo;une erreur factuelle, mais la solution \u00e9tait, comme je viens de le d\u00e9montrer, si simple.<\/p>\n<p>Pour en revenir aux erreurs factuelles &#8211; car nous n&rsquo;avions pas \u00e9puiser la cat\u00e9gorie&#8230; &#8211; , Mendelssohn n&rsquo;a pas compos\u00e9 le choral <em>Ein&rsquo; feste Burg<\/em>. Il l&rsquo;a orchestr\u00e9 dans le quatri\u00e8me mouvement de sa Symphonie de la R\u00e9forme, comm\u00e9morant le tricentennaire de la r\u00e9forme luth\u00e9rienne. Et si cela avait un sens d&rsquo;inclure ce choral dans sa symphonie, c&rsquo;est que la m\u00e9lodie du dit choral avait \u00e9t\u00e9 compos\u00e9e par Martin Luther, fournissant un contexte r\u00e9f\u00e9rentiel directement reli\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement comm\u00e9mor\u00e9.<\/p>\n<p>Tout ce long survol mal avis\u00e9 de l&rsquo;histoire de la musique avait pour but (je crois) de conclure par \u00ab\u00a0comme tous les grands compositeurs des ann\u00e9es 30, Ullmann savait combiner tous ces \u00e9l\u00e9ments des musiques ant\u00e9rieures dans sa propre musique\u00a0\u00bb &#8211; ce qui, en soi, est une affirmation douteuse qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de laisser l\u00e0 sans aucune justification. M. Hamburger a poursuivi en faisant la d\u00e9monstration de comment Ullmann combinait les \u00e9l\u00e9ments mentionn\u00e9s dans sa musique, ce qui est bien. C&rsquo;est la portion \u00ab\u00a0comme tous les grands compositeurs des ann\u00e9es 30\u00a0\u00bb qui m&rsquo;irrite. Vraiment? Honegger? Hindemith? La Seconde \u00e9cole viennoise? Il semble que M. Hamburger ne les compte pas aux rangs des grands compositeurs&#8230;<\/p>\n<p>Je suis d\u00e9sol\u00e9e d&rsquo;avoir pass\u00e9 plus de lignes \u00e0 vous parler d&rsquo;une pr\u00e9sentation parl\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 la musique elle-m\u00eame. Si jamais vous vous dites \u00ab\u00a0Regarde la longueur de ce que tu as \u00e9crit! Jamais il n&rsquo;avait le temps de dire tout \u00e7a, c&rsquo;est pour \u00e7a qu&rsquo;il est tomb\u00e9 dans les g\u00e9n\u00e9ralisations!\u00a0\u00bb, je contre que j&rsquo;ai d\u00fb prendre autant d&rsquo;espace pour corriger les multiples erreurs v\u00e9hicul\u00e9es dans son discours. Il est tout \u00e0 fait possible de faire moins long si on donne les informations justes et exactes du premier coup.<\/p>\n<p>La portion musicale \u00e9tait, je le r\u00e9it\u00e8re, tout \u00e0 fait m\u00e9ritoire et devrait \u00eatre reprise afin d&rsquo;\u00eatre vue par un public plus nombreux. Mais de gr\u00e2ce, ne laissez plus jamais Jaap Nico Hamburger faire de pr\u00e9sentation.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> \u00a0<a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI\u00a0<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir ouvert avec La Grande Messe des morts de Gossec la semaine derni\u00e8re, le Festival Classica pr\u00e9sentait jeudi soir une raret\u00e9 d&rsquo;un autre ordre, l&rsquo;op\u00e9ra Der Kaiser von Atlantis (L&rsquo;Empereur d&rsquo;Atlantis) de Victor Ullmann, sur un livret de Peter Kien.<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":82098,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42107,52],"tags":[42106,42116,19920],"yst_prominent_words":[12354],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/06\/Copie-de-CRITIQUE21.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-lm7","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82095"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=82095"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82095\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":82103,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82095\/revisions\/82103"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/82098"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=82095"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=82095"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=82095"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=82095"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}