{"id":81559,"date":"2024-05-10T16:23:25","date_gmt":"2024-05-10T20:23:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=81559"},"modified":"2024-05-13T18:13:24","modified_gmt":"2024-05-13T22:13:24","slug":"critique-la-belle-epoque-parisienne-forme-un-cadre-approprie-pour-une-opulente-la-traviata-lopera-de-montreal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/05\/10\/critique-la-belle-epoque-parisienne-forme-un-cadre-approprie-pour-une-opulente-la-traviata-lopera-de-montreal\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | La Belle \u00e9poque parisienne forme un cadre appropri\u00e9 pour une opulente La Traviata \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_81567\" aria-describedby=\"caption-attachment-81567\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-81567\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/05\/La-Traviata_Pre-Generale_Choeur_\u00a9VivienGaumand.jpg\" alt=\"Le ch\u0153ur color\u00e9 et dynamique, peupl\u00e9 de personnages plein de vie et d'\u00e9motions, constitue un des points forts de La Traviata de l'Op\u00e9ra de Montr\u00e9al. (Photo : Vivien Gaumand)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/05\/La-Traviata_Pre-Generale_Choeur_\u00a9VivienGaumand.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/05\/La-Traviata_Pre-Generale_Choeur_\u00a9VivienGaumand-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/05\/La-Traviata_Pre-Generale_Choeur_\u00a9VivienGaumand-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/05\/La-Traviata_Pre-Generale_Choeur_\u00a9VivienGaumand-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-81567\" class=\"wp-caption-text\">Le ch\u0153ur color\u00e9 et dynamique, peupl\u00e9 de personnages plein de vie et d&rsquo;\u00e9motions, constitue un des points forts de La Traviata de l&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al. (Photo : Vivien Gaumand)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il reste deux occasions d&rsquo;aller voir l&rsquo;opulente production de <em>La Traviata<\/em> mise en sc\u00e8ne par <strong>Alain Gauthier<\/strong> \u00e0 l&rsquo;<strong>Op\u00e9ra de Montr\u00e9al<\/strong>. La transposition de l&rsquo;action dans le Paris de la Belle \u00e9poque s&rsquo;exprime par une sc\u00e9nographie somptueuse adroitement transform\u00e9e selon les tableaux. Les moments les plus r\u00e9ussis sont les sc\u00e8nes festives, c&rsquo;est-\u00e0-dire le premier acte et le finale du deuxi\u00e8me acte chez Flora, mettant en sc\u00e8ne un ch\u0153ur color\u00e9 et dynamique, peupl\u00e9 de personnages plein de vie et d&rsquo;\u00e9motions.<\/p>\n<p>Le premier acte est men\u00e9 \u00e0 rythme effervescent parfaitement ajust\u00e9 aux \u00e9motions fortes qui s&rsquo;y d\u00e9roulent. Les sc\u00e8nes de groupe et celles \u00e9tablissant l&rsquo;intimit\u00e9 naissante entre Violetta et Alfredo s&rsquo;encha\u00eenent avec naturel, soutenues par un <strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong> en grande forme et flexible entre les mains de <strong>Jordan de Souza<\/strong>. La Violetta de <strong>Talise Trevigne<\/strong> est elle aussi en magnifique forme vocale. Si son jeu manque un peu de diff\u00e9rentiation, ce n&rsquo;est pas encore un inconv\u00e9nient. <strong>Antoine B\u00e9langer<\/strong>, relevant avec succ\u00e8s le d\u00e9fi d&rsquo;un remplacement de derni\u00e8re minute, joue un Alfredo maladroit et d\u00e9guingand\u00e9, plus proche du <em>nerd<\/em> solitaire que du jeune homme confiant habitu\u00e9 \u00e0 fr\u00e9quenter les f\u00eates. Ce choix dramatique d&rsquo;abord \u00e9tonnant r\u00e9v\u00e8le sa logique au fur et \u00e0 mesure du d\u00e9roulement de l&rsquo;op\u00e9ra (son inconscience compl\u00e8te des frais occasionn\u00e9s par l&rsquo;entretien d&rsquo;une vaste maison et d&rsquo;un mode de vie faste, ses r\u00e9actions immatures face \u00e0 son p\u00e8re et \u00e0 Violetta, le manque de logique entre ses raisonnements et ses actions), sauf pour un point : pourquoi diable Violetta est-elle amoureuse \u00e0 ce point de ce grand enfant sans personnalit\u00e9 &#8230;<\/p>\n<p>Les vertus du premier acte deviennent cependant les vices du deuxi\u00e8me : dans la sc\u00e8ne entre Germont p\u00e8re (<strong>James Westman<\/strong>) et Violetta, tout passe trop vite. Dans la fosse, l&rsquo;orchestre s&rsquo;\u00e9panche dans des revirements poignants de registre \u00e9motif, sans que ces changements ne soient r\u00e9fl\u00e9t\u00e9s sur sc\u00e8ne. On attendait en vain un changement de timbre ou un appui m\u00eame minime sur tel intervalle ou telle harmonie pour exprimer la substantifique moelle des notes, en elles-m\u00eames magistrales il est vrai, de Verdi. <strong>Westman<\/strong> fournit des efforts louables pour transmettre les diff\u00e9rents \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me du patriarche confront\u00e9 \u00e0 une femme aux valeurs \u00ab\u00a0vertueuses\u00a0\u00bb plut\u00f4t que la courtisane l\u00e9g\u00e8re \u00e0 laquelle il s&rsquo;attendait, sans que le r\u00e9sultat ne traverse suffisamment la rampe (la salle Wilfrid-Pelletier est grande et peu conciliante, ce n&rsquo;est pas une nouvelle&#8230;).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_81569\" aria-describedby=\"caption-attachment-81569\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-81569\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/05\/La-Traviata_Pre-Generale_Talise-Trevigne_\u00a9VivienGaumand.jpg\" alt=\"Talise Trevigne en Violetta Val\u00e9ry (Photo : Vivien Gaumand)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/05\/La-Traviata_Pre-Generale_Talise-Trevigne_\u00a9VivienGaumand.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/05\/La-Traviata_Pre-Generale_Talise-Trevigne_\u00a9VivienGaumand-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/05\/La-Traviata_Pre-Generale_Talise-Trevigne_\u00a9VivienGaumand-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/05\/La-Traviata_Pre-Generale_Talise-Trevigne_\u00a9VivienGaumand-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-81569\" class=\"wp-caption-text\">Talise Trevigne en Violetta Val\u00e9ry (Photo : Vivien Gaumand)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Chez <strong>Trevigne<\/strong>, \u00e0 l&rsquo;\u00e9clat fortissimo manifestant son premier refus de quitter Alfredo pour toujours (\u00ab\u00a0Ah no! Giammai!\u00a0\u00bb), on esp\u00e9rait d\u00e9couvrir du coffre jusque l\u00e0 gard\u00e9 en r\u00e9serve, mais ce ne fut pas le cas : la voix est telle que pr\u00e9sent\u00e9e dans le premier acte, ma\u00eetris\u00e9e, satisfaisante, mais sans richesse cach\u00e9e. L&rsquo;agitation inh\u00e9rente au passage suivant cet \u00e9clat (\u00ab\u00a0Non sapete quale affetto\u00a0\u00bb) est \u00e9vacu\u00e9e par un rythme trop consciencieusement plac\u00e9, respectant la lettre mais non l&rsquo;esprit de la partition.<\/p>\n<p>(Parlant de lettre, bravo \u00e0 <strong>Simon Aldrich<\/strong>, premier clarinettiste de l&rsquo;<strong>OM<\/strong>, pour le magnifique solo d\u00e9chirant nous faisant plonger au c\u0153ur du d\u00e9sarroi de Violetta tandis qu&rsquo;elle \u00e9crit la lettre devant la s\u00e9parer pour toujours d&rsquo;Alfredo.)<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me acte ach\u00e8ve de d\u00e9montrer que les v\u00e9ritables acteurs de l&rsquo;histoire sont Giorgio Germont et Violetta, et que la maturation du passif Alfredo ne se fait qu&rsquo;au prix de la mort de Violetta. La r\u00e9demption de la femme d\u00e9voy\u00e9e, la <em>traviata<\/em>, se produit bien plus par l&rsquo;affection re\u00e7ue du p\u00e8re que par la passion turbulente offerte par le fils.<\/p>\n<p>Finalement, on esp\u00e8re que le pieux mensonge du Docteur Grenvil (solide <strong>Jean-Philippe McClish<\/strong>) \u00e0 l&rsquo;intention de Violetta, \u00ab\u00a0La convalescence n&rsquo;est pas loin\u00a0\u00bb, s&rsquo;appliquera avec plus de v\u00e9rit\u00e9 au contingent de tuberculeux qui peuplait la salle Wilfrid-Pelletier jeudi soir. On croise les doigts qu&rsquo;ils et elles attenderont la gu\u00e9rison compl\u00e8te avant de se repr\u00e9senter \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement public &#8230;<\/p>\n<p>ERRATUM <em>Une version pr\u00e9c\u00e9dente de cet article annon\u00e7ait de fa\u00e7on erron\u00e9e qu&rsquo;il ne restait qu&rsquo;une repr\u00e9sentation samedi soir, alors qu&rsquo;en fait la prochaine repr\u00e9sentation est dimanche apr\u00e8s-midi, en plus d&rsquo;une suppl\u00e9mentaire ajout\u00e9e le 14 au soir.<\/em><\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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