{"id":81373,"date":"2024-04-29T19:05:36","date_gmt":"2024-04-29T23:05:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=81373"},"modified":"2024-04-30T08:00:02","modified_gmt":"2024-04-30T12:00:02","slug":"critique-lopera-information-montreal-oct-1970-de-tim-brady-projet-ambitieux-resultat-mitige","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/04\/29\/critique-lopera-information-montreal-oct-1970-de-tim-brady-projet-ambitieux-resultat-mitige\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | L&rsquo;op\u00e9ra INFORMATION : Montr\u00e9al oct. 1970 de Tim Brady : projet ambitieux, r\u00e9sultat mitig\u00e9"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_81376\" aria-describedby=\"caption-attachment-81376\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-81376\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-Pierre-Rancourt-Jacqueline-Woodley-Marie-Annick-Beliveau.jpg\" alt=\"Pierre Rancourt (Sylvain Leclair), Jacqueline Woodley (irina Kotova), Marie-Annick B\u00e9liveau (Mary Vance); en arri\u00e8re-plan : David Menzies (Jim) et Clayton Kennedy (r\u00f4les divers). (Photo : Pierre-\u00c9tienne Bergeron)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-Pierre-Rancourt-Jacqueline-Woodley-Marie-Annick-Beliveau.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-Pierre-Rancourt-Jacqueline-Woodley-Marie-Annick-Beliveau-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-Pierre-Rancourt-Jacqueline-Woodley-Marie-Annick-Beliveau-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-Pierre-Rancourt-Jacqueline-Woodley-Marie-Annick-Beliveau-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-81376\" class=\"wp-caption-text\">Pierre Rancourt (Sylvain Leclair), Jacqueline Woodley (Irina Kotova), Marie-Annick B\u00e9liveau (Mary Vance); en arri\u00e8re-plan : David Menzies (Jim) et Clayton Kennedy (r\u00f4les divers). (Photo : Pierre-\u00c9tienne Bergeron)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le nouvel op\u00e9ra du prolifique compositeur <strong>Tim Brady<\/strong>, <em>INFORMATION : Montr\u00e9al oct. 1970<\/em>, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en fin de semaine derni\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Espace Orange de l&rsquo;\u00e9difice Wilder. Co-produite par <strong>Bradyworks<\/strong> et <strong>Chants libres<\/strong>, en collaboration avec <strong>Le Vivier<\/strong>, l&rsquo;\u0153uvre est le deuxi\u00e8me opus d\u2019une t\u00e9tralogie pr\u00e9vue intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Espoir (et la mati\u00e8re noire de l\u2019histoire)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Brady a opt\u00e9 pour une combinaison originale d&rsquo;instruments &#8211; piano, guitare \u00e9lectrique, violoncelle et saxophone &#8211; livrant des r\u00e9sultats int\u00e9ressants au niveau de la combinaison des timbres. L&rsquo;ensemble souffre cependant d&rsquo;un manque de brillant que m\u00eame les passages dans l&rsquo;aigu du violoncelle ne r\u00e9ussit pas \u00e0 pallier. Peut-\u00eatre en voulant laisser la place aux voix, le registre reste souvent emp\u00e2t\u00e9 dans le m\u00e9dium et le grave, un effet accentu\u00e9 par l&rsquo;usage excessif de \u00ab\u00a0grupettos encha\u00een\u00e9s\u00a0\u00bb, des groupes de notes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s en boucle rapidement. Les passsages au piano seul apportent le plus de soulagement et de renouveau \u00e0 la texture.<\/p>\n<p>Chez les voix, la distribution fait un travail remarquable avec des lignes vocales au relief travaill\u00e9, \u00e9chappant aux lignes d\u00e9clam\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ambitus restreint favoris\u00e9es par plusieurs op\u00e9ras contemporains. La prosodie, lourde et statique, est cependant plus probl\u00e9matique &#8211; pas \u00e0 cause de l&rsquo;alternance fran\u00e7ais\/anglais, qui fonctionne bien, mais \u00e0 cause de formules rythmiques \u00e9loign\u00e9es de la d\u00e9clamation naturelle. Heureusement pour un op\u00e9ra bilingue pr\u00e9sent\u00e9 sans surtitres, la prononciation de tous les protagonistes est claire et permet de bien suivre le r\u00e9cit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_81382\" aria-describedby=\"caption-attachment-81382\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-81382\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-distribution-complete-debout_photo-Pierre-Etienne-Bergeron.jpg\" alt=\"David Menzies (Jim), Pierre Rancourt (Sylvain Leclair), Marie-Annick B\u00e9liveau (Mary Vance), Jacqueline Woodley (Irina Kotova) et Clayton Kennedy (r\u00f4les divers). (Photo : Pierre-\u00c9tienne Bergeron)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-distribution-complete-debout_photo-Pierre-Etienne-Bergeron.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-distribution-complete-debout_photo-Pierre-Etienne-Bergeron-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-distribution-complete-debout_photo-Pierre-Etienne-Bergeron-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-distribution-complete-debout_photo-Pierre-Etienne-Bergeron-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-81382\" class=\"wp-caption-text\">David Menzies (Jim), Pierre Rancourt (Sylvain Leclair), Marie-Annick B\u00e9liveau (Mary Vance), Jacqueline Woodley (Irina Kotova) et Clayton Kennedy (r\u00f4les divers). (Photo : Pierre-\u00c9tienne Bergeron)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Heureusement \u00e9galement pour une autre raison, celle-ci \u00e9tant que la faute principale de cet op\u00e9ra (livret de <strong>Mishka Lavigne<\/strong>) est de tout raconter et de peu montrer. Un des moments les plus r\u00e9ussis est la sc\u00e8ne o\u00f9 Mary, la journaliste anglophone, sort de la clinique clandestine d&rsquo;avortement pour trouver son coll\u00e8gue Sylvain l&rsquo;attendant pour la reconduire chez elle : la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de l&rsquo;une et la compassion respectueuse de l&rsquo;autre sont mises en \u00e9vidence par des moyens \u00e9conomes et efficaces. \u00c0 l&rsquo;inverse, tout ce qui touche aux \u00e9v\u00e9nements de la Crise d&rsquo;octobre est racont\u00e9 avec distance et presque indiff\u00e9rence, malgr\u00e9 l&rsquo;habilet\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne (<strong>Anne-Marie Donovan<\/strong>). Ce qui semblait \u00eatre une bonne id\u00e9e &#8211; raconter la Crise d&rsquo;octobre du point de vue d&rsquo;une salle de nouvelles combinant une journaliste anglophone fra\u00eechement arriv\u00e9e et un journaliste francophone \u00e0 l&rsquo;aube de la retraite &#8211; rel\u00e8gue ce sujet pourtant riche en mat\u00e9riau dramatique au niveau de r\u00e9cit de seconde main, sans r\u00e9ussir \u00e0 rendre les autres couches narratives &#8211; la grossesse ind\u00e9sir\u00e9e de Mary, la d\u00e9fection de la ballerine Irina &#8211; aussi prenantes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_81381\" aria-describedby=\"caption-attachment-81381\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-81381\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970.jpg\" alt=\"En avant-plan, une partie de l'ensemble instrumental : Tim Brady (guitare \u00e9lectrique et composition), Pamela Reimer (piano) et Chlo\u00e9 Dominguez (violoncelle), tandis que Clayton Kennedy change la page du calendrier. (Photo : Pierre-\u00c9tienne Bergeron)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Information-Montreal-1970-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-81381\" class=\"wp-caption-text\">En avant-plan, une partie de l&rsquo;ensemble instrumental : Tim Brady (guitare \u00e9lectrique et composition), Pamela Reimer (piano) et Chlo\u00e9 Dominguez (violoncelle), tandis que Clayton Kennedy change la page du calendrier. (Photo : Pierre-\u00c9tienne Bergeron)<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Les ex\u00e9cutants<\/h3>\n<p>Au sein d&rsquo;une distribution de grande qualit\u00e9, <strong>Jacqueline Woodley<\/strong> s&rsquo;est d\u00e9marqu\u00e9e dans le r\u00f4le de la Voyageuse intemporelle gr\u00e2ce \u00e0 son timbre riche et \u00e9gal et \u00e0 sa pr\u00e9sence l\u00e9g\u00e8rement hant\u00e9e dans sa double identit\u00e9 ballerine russe passant \u00e0 l&rsquo;Ouest\/voyageuse dans le temps en possession d&rsquo;informations choc. Le r\u00f4le de journaliste vieillissant prenant conscience des sacrifices que lui ont co\u00fbt\u00e9s sa carri\u00e8re convenait parfaitement \u00e0 la voix de baryton chaleureusement humaine de<strong> Pierre Rancourt<\/strong>. En Mary Vance, le personnage le plus sollicit\u00e9, <strong>Marie-Annick B\u00e9liveau<\/strong> a livr\u00e9 une prestation solide malgr\u00e9 une indisposition \u00e9vidente rendant les aigus difficiles. <strong>David Menzies<\/strong> incarnait un r\u00e9dacteur en chef ferme mais avenant et <strong>Clayton Kennedy<\/strong>, tour \u00e0 tour ma\u00eetre de ballet, m\u00e9decin ou journaliste, faisait preuve de sa ma\u00eetrise habituelle dans chaque r\u00f4le.<\/p>\n<p>L&rsquo;ensemble instrumental \u00e9tait form\u00e9 des musicien.ne.s chevronn\u00e9.e.s <strong>Pamela Reimer<\/strong> (piano),<strong> Chlo\u00e9 Dominguez<\/strong> (violoncelle), <strong>Jean-Marc Bouchard<\/strong> (saxophones) et <strong>Tim Brady<\/strong> lui-m\u00eame (guitare \u00e9lectrique), qui ont tous su, ensemble et individuellement, rendre une partition touffue dirig\u00e9e habilement par <strong>Pascal Germain-Berardi<\/strong>.<\/p>\n<h3>Bilan<\/h3>\n<p>On aime le courage de s&rsquo;attaquer aux grands sujets des ann\u00e9es 1970 &#8211; la Crise d&rsquo;octobre, les d\u00e9bats sur l&rsquo;avortement, la Guerre froide &#8211; et le fait de le faire dans un cadre bilingue bien int\u00e9gr\u00e9. On se demande par contre si ce n&rsquo;est pas trop de sujets ambitieux pour un seul op\u00e9ra, limitant la capacit\u00e9 du public \u00e0 se laisser toucher par les conflits \u00e9motionnels pourtant profonds des protagonistes.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> \u00a0<a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le nouvel op\u00e9ra du prolifique compositeur Tim Brady, INFORMATION : Montr\u00e9al oct. 1970, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en fin de semaine derni\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Espace Orange de l&rsquo;\u00e9difice Wilder. Co-produit par Bradyworks et Chants libres, en collaboration avec Le Vivier, l&rsquo;\u0153uvre est le deuxi\u00e8me opus d\u2019une t\u00e9tralogie pr\u00e9vue intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Espoir (et la mati\u00e8re noire de l\u2019histoire)\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":81377,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42107,52],"tags":[42106,42047,12141,42210,42211],"yst_prominent_words":[27679,8681,12154,17114,14134],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/04\/Copie-de-CRITIQUE13.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-lat","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81373"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81373"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81373\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":81393,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81373\/revisions\/81393"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/81377"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81373"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81373"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81373"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=81373"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}