{"id":81076,"date":"2024-04-15T12:42:35","date_gmt":"2024-04-15T16:42:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=81076"},"modified":"2024-04-15T14:00:02","modified_gmt":"2024-04-15T18:00:02","slug":"critique-jean-francois-rivest-et-loum-des-au-revoir-eclatants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/04\/15\/critique-jean-francois-rivest-et-loum-des-au-revoir-eclatants\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Jean-Fran\u00e7ois Rivest et l&rsquo;OUM : des au revoir \u00e9clatants"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_55851\" aria-describedby=\"caption-attachment-55851\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-55851\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/09\/UdeM-02_Concert_OUM_13oct18_1024px.jpg\" alt=\"L\u2019Orchestre de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al (OUM)\" width=\"1024\" height=\"682\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/09\/UdeM-02_Concert_OUM_13oct18_1024px.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/09\/UdeM-02_Concert_OUM_13oct18_1024px-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2017\/09\/UdeM-02_Concert_OUM_13oct18_1024px-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-55851\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Fran\u00e7ois Rivest dirigeant l&rsquo;OUM en 2018. (Photo: courtoisie de la Facult\u00e9 de musique de l&rsquo;UdeM)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Si <strong>Jean-Fran\u00e7ois Rives<\/strong>t <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/04\/08\/entrevue-retraite-de-jean-francois-rivest-ludem-la-fin-dun-cycle-le-debut-dun-autre\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">nous a confi\u00e9 plus t\u00f4t cette semaine<\/a> ses inqui\u00e9tudes sur l&rsquo;\u00e9tat de la formation musicale dans nos \u00e9coles, il a fait ce samedi soir, lors de son dernier concert avec l&rsquo;<strong>OUM<\/strong>, la d\u00e9monstration forte et \u00e9loquente qu&rsquo;il y a bien peu de choses aussi porteuses d&rsquo;espoir et de bonheur qu&rsquo;une jeunesse rassembl\u00e9e par la bienfaisance de la musique.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, le choix de la Deuxi\u00e8me Symphonie dite <em>R\u00e9surrection<\/em> de Mahler, un choix pour le moins audacieux, s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 d&rsquo;une grande pertinence. Car ce n&rsquo;est pas par la nostalgie d&rsquo;un dernier tour de piste que cette soir\u00e9e a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e, mais plut\u00f4t par une fougue relay\u00e9e d&rsquo;\u00e9clats provenant de toutes les sections et d&rsquo;une formation chorale au diapason, et spatialis\u00e9e s&rsquo;il vous pla\u00eet!<\/p>\n<p>La Deuxi\u00e8me Symphonie de Mahler porte en elle un \u00e9quilibre tr\u00e8s fragile et, in\u00e9vitablement, d&rsquo;une interpr\u00e9tation \u00e0 l&rsquo;autre, une polarit\u00e9 se construit et chemine vers un point de bascule qui marque toute l&rsquo;\u0153uvre : s&rsquo;agit-il d&rsquo;une mort ou d&rsquo;une renaissance? Tout se joue dans l&rsquo;ultime mouvement, o\u00f9 l&#8217;emphase du drame peut \u00eatre dos\u00e9e pour choisir l&rsquo;issue d\u00e9sir\u00e9e. Ici, aucun doute : Rivest nous livre une interpr\u00e9tation vive, insatiable, toujours aux aguets, qui ne rel\u00e2che jamais suffisamment ses tempos, il est vrai, mais qui demeure n\u00e9anmoins coh\u00e9rente.<\/p>\n<p>L&rsquo;audace de programmer cette \u0153uvre pour cet orchestre tient aussi aux innombrables \u00e9cueils techniques qui jonchent la partition. Il y a fort \u00e0 parier qu&rsquo;\u00e0 cet \u00e9gard, l&rsquo;exp\u00e9rience accumul\u00e9e par <strong>Rivest<\/strong> au sein de l&rsquo;<strong>OUM<\/strong> lui a permis de relever ce d\u00e9fi, parce qu&rsquo;il sait transmettre \u00e0 son groupe les conseils et la confiance n\u00e9cessaires pour transcender le simple exercice acad\u00e9mique. Les exemples fusent : la justesse et la souplesse dans les unissons des bois, la chaleur des timbres dans les chorals de cuivres, le dosage du grain chez les cordes graves, la pr\u00e9cision et l&rsquo;implacabilit\u00e9 des percussions tant dans les <em>fortissimos<\/em> que dans les triples <em>pianos<\/em> de la grosse caisse.<\/p>\n<p>Les chanteuses solistes <strong>Mireille Lebel<\/strong> (mezzo-soprano) et <strong>Layla Claire <\/strong>(soprano), entr\u00e9es en sc\u00e8ne comme il est coutume de le faire entre les premier et deuxi\u00e8me mouvements (fa\u00e7on d\u00e9tourn\u00e9e de r\u00e9pondre \u00e0 la demande du compositeur qui propose une pause de 5 minutes entre ces mouvements &#8211; demande qui, du reste, est tr\u00e8s rarement respect\u00e9e), nous ont offert une interpr\u00e9tation lumineuse qui s&rsquo;arrimait parfaitement avec la vision de <strong>Rivest<\/strong>. Leur positionnement en avant-sc\u00e8ne a fait perdre du rapport que leurs lignes vocales entretiennent avec le ch\u0153ur, mais a fait gagner en clart\u00e9 de timbre, en projection et en prononciation. L&rsquo;un ne devrait pourtant pas exclure l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Comme le faisait Mahler lui-m\u00eame, le ch\u0153ur s&rsquo;est tout d&rsquo;abord fait entendre en position assise et a soutenu d&rsquo;\u00e9ternelles harmonies dans des nuances d&rsquo;une tr\u00e8s grande douceur. Les pupitres de voix de femmes plac\u00e9s dans les corbeilles de part et d&rsquo;autre de la salle ont ajout\u00e9 beaucoup de confusion \u00e0 une \u00e9criture d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s fournie et complexe. Il y avait sans doute quelques si\u00e8ges id\u00e9alement plac\u00e9s pour appr\u00e9cier cette excentricit\u00e9 dict\u00e9e par la configuration de la salle, mais dans l&rsquo;ensemble, l&rsquo;effet a soudainement bris\u00e9 l&rsquo;\u00e9quilibre de l&rsquo;image sonore patiemment construite jusque l\u00e0. \u00c0 l&rsquo;inverse, le tr\u00e8s grand soin port\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ensemble des cuivres qui jouait hors sc\u00e8ne a contribu\u00e9 \u00e0 multiplier la profondeur et le pouvoir dramatique de l&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n<p>Un Mahler de jouvence alors? Absolument, et dont l&rsquo;intensit\u00e9 \u00e9tait telle que l&rsquo;on se laissait porter par une tr\u00e9pidation sous-jacente faisant abstraction de ses imperfections. Voil\u00e0 bien un legs important de la vision p\u00e9dagogique de <strong>Jean-Fran\u00e7ois Rivest<\/strong> : nourrir l&rsquo;ambition du d\u00e9passement dans le plaisir du partage et de la communication! L&rsquo;ovation monstre qui a suivi un des plus puissants crescendos de toute l&rsquo;histoire de la musique \u00e9tait chaleureuse, et c&rsquo;est \u00e0 ce moment seulement que la nostalgie du temps qui passe est venue accompagner le chef dans un dernier salut charg\u00e9 d&rsquo;une grande \u00e9motion.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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