{"id":80336,"date":"2024-03-06T09:43:28","date_gmt":"2024-03-06T14:43:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=80336"},"modified":"2025-01-03T15:14:21","modified_gmt":"2025-01-03T20:14:21","slug":"compte-rendu-exterminating-angel-lopera-de-paris-recit-dune-soprano-epoustouflee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/03\/06\/compte-rendu-exterminating-angel-lopera-de-paris-recit-dune-soprano-epoustouflee\/","title":{"rendered":"COMPTE-RENDU | The Exterminating Angel \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris\u00a0: r\u00e9cit d\u2019une soprano \u00e9poustoufl\u00e9e"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_80338\" aria-describedby=\"caption-attachment-80338\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-80338\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/03\/The-Exterminating-Angel-Opera-de-Paris_Agathe-Poupeney_1200.jpg\" alt=\"La mise en sc\u00e8ne d\u00e9jant\u00e9e de Calisto Bieito pour The Exterminating Angel de Thomas Ad\u00e8s \u00e0 l'Op\u00e9ra de Paris. (Photo : Agathe Poupeney)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/03\/The-Exterminating-Angel-Opera-de-Paris_Agathe-Poupeney_1200.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/03\/The-Exterminating-Angel-Opera-de-Paris_Agathe-Poupeney_1200-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/03\/The-Exterminating-Angel-Opera-de-Paris_Agathe-Poupeney_1200-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/03\/The-Exterminating-Angel-Opera-de-Paris_Agathe-Poupeney_1200-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-80338\" class=\"wp-caption-text\">La mise en sc\u00e8ne d\u00e9jant\u00e9e de Calisto Bieito pour The Exterminating Angel de Thomas Ad\u00e8s \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris. (Photo : Agathe Poupeney)<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"color: #808080;\"><strong>The Exterminating Angel<\/strong><em><strong>, de Thomas Ad\u00e8s\u2026 Une \u0153uvre magistrale qui m\u2019a laiss\u00e9e compl\u00e8tement pantoise.<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p>Cet article n\u2019est ni un compte rendu ni une critique <span class=\"x4k7w5x x1h91t0o x1h9r5lt x1jfb8zj xv2umb2 x1beo9mf xaigb6o x12ejxvf x3igimt xarpa2k xedcshv x1lytzrv x1t2pt76 x7ja8zs x1qrby5j\"><span class=\"x1lliihq x1plvlek xryxfnj x1n2onr6 x193iq5w xeuugli x13faqbe x1vvkbs x1s928wv xhkezso x1gmr53x x1cpjm7i x1fgarty x1943h6x x1xmvt09 x6prxxf x1fcty0u xzsf02u xudqn12 x3x7a5m xq9mrsl\" dir=\"auto\">(je ne pr\u00e9tends pas avoir l&rsquo;\u00e9rudition que cela exige!).<\/span><\/span> Non, je voudrais plut\u00f4t que ceci soit un plaidoyer pour les op\u00e9ras qui nous bouleversent, pour l\u2019art en \u00e9bullition, pour des productions lyriques \u2013 qu\u2019elles soient contemporaines ou traditionnelles \u2013 qui nous \u00e9bahissent.<\/p>\n<p>Par o\u00f9 commencer?<\/p>\n<p>Imaginez\u00a0le plateau\u00a0: nous voyons la salle \u00e0 manger du couple Nobile, qui a invit\u00e9 plusieurs membres de la haute soci\u00e9t\u00e9 pour une r\u00e9ception apr\u00e8s une repr\u00e9sentation de l\u2019op\u00e9ra <em>Lucia di Lammermoor<\/em>. Les femmes sont v\u00eatues de couleurs vives, qui contrastent avec le blanc immacul\u00e9 du d\u00e9cor. Les sourires des personnages sont exag\u00e9r\u00e9s. Tout le monde est faux, l\u00e9ch\u00e9, insupportable.<\/p>\n<p>Le livret\u00a0\u2013\u00a0inspir\u00e9 du film surr\u00e9aliste de Luis Bu\u00f1uel (1968)\u00a0\u2013\u00a0consiste en une critique acide de la bourgeoisie. On a l\u2019impression d\u2019atterrir au c\u0153ur d\u2019un jeu de <em>Clue<\/em> d\u00e9jant\u00e9 d\u2019o\u00f9, en raison d\u2019une force obscure, les convives ne pourront ressortir qu\u2019apr\u00e8s plusieurs jours (et dans quel \u00e9tat!). L&rsquo;ajout des ondes Martenot dans l&rsquo;orchestre ajoute une touche \u00ab\u2009Hitchcock\u2009\u00bb au tout.<\/p>\n<p>Impossible de tout raconter. La mise en sc\u00e8ne de <strong>Calixto Bieito<\/strong> est dense\u00a0: il y a toujours plusieurs actions simultan\u00e9ment sur le plateau. Ce formidable huis clos d\u00e9g\u00e9n\u00e8re chaque minute en un magistral chaos au c\u0153ur duquel l\u2019hommerie prend une place pr\u00e9pond\u00e9rante. On assiste, par exemple, \u00e0 de nombreux \u00e9bats sexuels, on aper\u00e7oit une femme essayant de se pendre avec sa robe, <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Antoun<\/strong> marchant sur ses mains, un contre-t\u00e9nor qui fait dans sa culotte<strong>, <\/strong>une colorature arm\u00e9e de fourchettes, les bras en croix, debout sur la table, port\u00e9e comme un corbillard par ses coll\u00e8gues en une marche solennelle, des protagonistes \u00e0 bout qui creusent le sol \u00e0 la recherche d\u2019eau (ils r\u00e9ussissent : un conduit d\u2019eau jaillit du centre de la sc\u00e8ne) et plusieurs personnages qui meurent devant nos yeux (dont celui interpr\u00e9t\u00e9 par <strong>Philippe Sly<\/strong>)\u2026 C\u2019est la maison des fous dans Ast\u00e9rix version bourgeoise! \u00c0 la fin, tout est d\u00e9truit, le plancher est d\u00e9construit par endroits, les invit\u00e9s, en sous-v\u00eatements, ont touch\u00e9 le fond du baril.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 Thomas Ad\u00e8s qu\u2019est confi\u00e9e la direction musicale. Apr\u00e8s tout, qui de mieux que le compositeur lui-m\u00eame pour diriger ce mastodonte \u00e0 l\u2019impressionnante orchestration?<\/p>\n<p>Que dire de la musique? Elle est extraordinaire! Une partition qui n\u2019a pas d\u00fb \u00eatre facile \u00e0 m\u00e9moriser pour les chanteurs! Lorsque j\u2019entends ce genre d\u2019\u0153uvre, j\u2019ai souvent le r\u00e9flexe de me demander \u00ab\u2009Mais pourquoooooiiiiiiiiiii?\u2009\u00bb (avec une expression faciale rappelant vaguement <em>Le Cri<\/em> de Munch). Ce n\u2019est \u00e9videmment pas le cas de tout le r\u00e9pertoire contemporain, bien loin de l\u00e0 (rassurez-vous, chers amis compositeurs\u00a0: je vous adore!). Cependant, le niveau de difficult\u00e9 de certaines partitions n\u2019apporte parfois rien de concret \u00e0 l\u2019action. Ici, c\u2019est tout \u00e0 fait le contraire\u00a0: Thomas Ad\u00e8s offre une merveilleuse le\u00e7on de composition.<\/p>\n<p>Les lignes vocales refl\u00e8tent exactement l\u2019\u00e9tat psychologique des personnages. Il y a beaucoup de \u00ab\u2009d\u00e9cousu\u2009\u00bb, des intervalles pas possibles, certes. Cela fonctionne tr\u00e8s bien dans ce contexte de folie. D\u2019ailleurs, le personnage de la chanteuse d\u2019op\u00e9ra (Leticia) chante presque strictement des contre-notes (jusqu\u2019\u00e0 des sol di\u00e8se \/ la) et c\u2019est fabuleux! Mais il y a aussi des envol\u00e9es vocales d\u2019une grande beaut\u00e9 qui viennent contraster avec la cacophonie ambiante et cr\u00e9er des moments magiques. J\u2019ai particuli\u00e8rement \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par le duo d\u2019amour de Beatriz et d\u2019Eduardo qui chantent \u00ab\u2009<em>Fold your body into mine<\/em>\u2009\u00bb.<\/p>\n<p>J\u2019ai vu autour de moi un public captiv\u00e9, des gens assis au bout de leurs si\u00e8ges comme s\u2019ils assistaient \u00e0 un match de football : ils ont ri et ont r\u00e9agi, un exploit \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra!<\/p>\n<p>L\u2019Op\u00e9ra de Paris pr\u00e9sente une \u0153uvre fantastique interpr\u00e9t\u00e9e par une excellente distribution (solistes, choristes, orchestre) dans une mise en sc\u00e8ne et une sc\u00e9nographie \u00e9clat\u00e9es. C\u2019est plus qu\u2019un op\u00e9ra, c\u2019est une exp\u00e9rience! Voil\u00e0 ce qui peut arriver quand l\u2019art lyrique se permet d\u2019\u00eatre aussi palpitant. Et \u00e7a fait un bien fou!<\/p>\n<p><em>La repr\u00e9sentation de <\/em>The Exterminating Angel <em>du samedi 9 mars est transmise en direct \u00e0 14 h heure de Paris &#8211; 8 h heure de Montr\u00e9al sur la plateforme <a href=\"https:\/\/play.operadeparis.fr\/p\/the-exterminating-angel-live?utm_source=site&amp;utm_medium=spectacle-push&amp;utm_campaign=angel-live\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Paris Opera Play.<\/a><\/em><\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l\u2019op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em>\u00a0\u00a0<a href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI\u00a0<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La production parisienne de The Exterminating Angel a laiss\u00e9 notre collaboratrice invit\u00e9e, la soprano Catherine Saint-Arnaud, compl\u00e8tement pantoise.<\/p>\n","protected":false},"author":120,"featured_media":80228,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[42107,52],"tags":[42157,15305,3298],"yst_prominent_words":[15268,9842,15288,15277,10538,35991,11152,11145,7560,17959,10541,10019,15276,15275,11525,15278],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/03\/Copie-de-NOUVELLE4.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-kTK","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80336"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/120"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=80336"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80336\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":85731,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80336\/revisions\/85731"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/80228"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=80336"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=80336"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=80336"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=80336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}