{"id":80212,"date":"2024-02-29T13:43:42","date_gmt":"2024-02-29T18:43:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=80212"},"modified":"2024-03-01T09:52:08","modified_gmt":"2024-03-01T14:52:08","slug":"critique-de-di-castri-bruckner-chute-de-temperature-losm","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2024\/02\/29\/critique-de-di-castri-bruckner-chute-de-temperature-losm\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | De Di Castri \u00e0 Bruckner, chute de temp\u00e9rature \u00e0 l&rsquo;OSM"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_80215\" aria-describedby=\"caption-attachment-80215\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-80215\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/02\/Barbara-Hannigan-2-c-MarcoBorggreve.jpg\" alt=\"Barbara Hannigan \u00e9tait en grand form dans In the Half-Light de la compositrice Zosha Di Castri. (Photo : Marco Borggreve)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/02\/Barbara-Hannigan-2-c-MarcoBorggreve.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/02\/Barbara-Hannigan-2-c-MarcoBorggreve-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/02\/Barbara-Hannigan-2-c-MarcoBorggreve-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2024\/02\/Barbara-Hannigan-2-c-MarcoBorggreve-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-80215\" class=\"wp-caption-text\">Barbara Hannigan \u00e9tait en grande forme dans <em>In the Half-Light<\/em> de la compositrice Zosha Di Castri. (Photo : Marco Borggreve)<\/figcaption><\/figure>\n<p><span style=\"color: #808080;\"><em><strong>\u00c0 l\u2019image des r\u00e9cents soubresauts de Dame Nature, le public montr\u00e9alais a connu hier une chute de temp\u00e9rature marqu\u00e9e au concert pr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019Orchestre symphonique de Montr\u00e9al \u00e0 la Maison symphonique.<\/strong> <\/em><\/span><\/p>\n<p>La soir\u00e9e a d\u00e9but\u00e9 avec \u00e9clat avec une <strong>Barbara Hannigan<\/strong> au sommet de sa forme interpr\u00e9tant <em>In the Half-Light<\/em> de la compositrice albertaine <strong>Zosha Di Castri<\/strong> \u2014 une \u0153uvre \u00e9crite pour la soprano canadienne en collaboration avec l\u2019\u00e9crivain <strong>Tash Aw<\/strong> et cr\u00e9\u00e9e au <em>Toronto Symphony Orchestra<\/em> en 2022. Prenant forme autour du th\u00e8me de l\u2019ali\u00e9nation humaine face au \u00ab passage d\u2019un espace physique \u00e0 un autre\u00a0\u00bb, le cycle de m\u00e9lodies en 7 mouvements aborde le th\u00e8me de la migration en particulier et le sentiment d\u2019\u00e9trang\u00e9it\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. \u00c0 cet \u00e9gard, il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 judicieux d\u2019inclure le texte des courts po\u00e8mes au programme en papier car l\u2019instantan\u00e9it\u00e9 des paroles projet\u00e9es en salle ne permettait pas de saisir toute la puissance du livret.<\/p>\n<p>Bien que la pr\u00e9misse de l\u2019\u0153uvre soit assez abstraite, la musique demeure en revanche tr\u00e8s concr\u00e8te\u00a0: la compositrice explique qu\u2019elle s\u2019inspire de sons r\u00e9els (allant du cri du huard jusqu\u2019aux sifflements des trains) pour ensuite les enregistrer et les transcrire en musique avec maints d\u00e9tails. Les impressionnantes strates sonores, construites avec pr\u00e9cision par l\u2019<strong>OSM<\/strong> et un <strong>Rafael Payare<\/strong> engag\u00e9, t\u00e9moignent d\u2019une superbe ma\u00eetrise des techniques d\u2019orchestration.<\/p>\n<h3>Souveraine interpr\u00e8te<\/h3>\n<p>Barbara Hannigan attaque les d\u00e9fis impos\u00e9s par la partition, dont des dynamiques extr\u00eames, des sauts d\u2019octaves et des passages oscillant entre le chant et la d\u00e9clamation, de fa\u00e7on souveraine (pourrions-nous \u00e9noncer le souhait de la voir interpr\u00e9ter le <em>Pierrot lunaire<\/em> \u00e0 l\u2019occasion du 150<sup>e<\/sup> anniversaire de naissance d\u2019Arnold Sch\u00f6nberg en 2025?). La sixi\u00e8me (et avant-derni\u00e8re) partie dont s\u2019inspire aussi le nom de l\u2019\u0153uvre s\u2019av\u00e8re le v\u00e9ritable point culminant de la pi\u00e8ce : une conversation intime et m\u00e9ditative entre la voix et les timbales ex\u00e9cut\u00e9e par la soprano avec une sensualit\u00e9 \u00e0 couper le souffle. Si la balance entre l\u2019orchestre et la soliste repr\u00e9sente un certain d\u00e9fi impos\u00e9 par la partition lors des premiers couplets, l\u2019\u0153uvre se termine sur la complicit\u00e9 retrouv\u00e9e entre l\u2019humaine et l\u2019\u00ab espace physique \u00bb qui l\u2019entoure.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_77717\" aria-describedby=\"caption-attachment-77717\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-77717\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/09\/Payare-cr-Antoine-Saito.jpg\" alt=\"Rafael Payare en ao\u00fbt 2023. (Photo : Antoine Saito)\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/09\/Payare-cr-Antoine-Saito.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/09\/Payare-cr-Antoine-Saito-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/09\/Payare-cr-Antoine-Saito-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/09\/Payare-cr-Antoine-Saito-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-77717\" class=\"wp-caption-text\">Rafael Payare en ao\u00fbt 2023. (Photo : Antoine Saito)<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Quatri\u00e8me symphonie de Bruckner h\u00e2tive<\/h3>\n<p>L\u2019OSM pr\u00e9sentait en seconde moiti\u00e9 de concert la Quatri\u00e8me symphonie d\u2019Anton Bruckner, seule \u0153uvre symphonique du compositeur autrichien avec une appellation officielle (<em>Romantique<\/em>) et \u00e0 qui l\u2019on attribue souvent un caract\u00e8re programmatique, m\u00eame si le r\u00f4le des association extra-musicales lors de sa composition est tout sauf certain. Cette symphonie existe, comme une bonne partie de l\u2019\u0153uvre symphonique de Bruckner, en plusieurs versions. La version interpr\u00e9t\u00e9e hier soir \u00e9tait la troisi\u00e8me (et non la derni\u00e8re!) mouture de l\u2019\u0153uvre, qui s\u2019est impos\u00e9e comme la version la plus populaire \u00e0 ce jour et avec raison car elle articule avec grande fluidit\u00e9 et \u00e9l\u00e9gance la radicalit\u00e9 harmonique du compositeur.<\/p>\n<p>Or d\u00e8s le premier mouvement de la symphonie, une \u00e9trange sensation de d\u00e9j\u00e0-vu nous frappe avec des tempos tr\u00e8s rapides et encha\u00een\u00e9s \u2014 un choix qui avait plut\u00f4t mal servi Rafael Payare lors de sa premi\u00e8re incursion dans l\u2019\u0153uvre de Bruckner avec l\u2019OSM en 2022. Malheureusement, plusieurs tendances probl\u00e9matiques observ\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque font surface \u00e0 nouveau : les nuances semblant plafonner de <em>mezzo-forte <\/em>\u00e0 <em>fortissimo<\/em>, un manque de contraste dans les tempos mais, surtout, une h\u00e2te jouant au d\u00e9triment de la pr\u00e9cision et de la rh\u00e9torique musicale.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que des progressions paraissent fades tant le climax dynamique semble atteint d\u00e8s la premi\u00e8re note et que des passages empreints du caract\u00e8re folklorique autrichien n\u2019arrivent qu\u2019\u00e0 faire danser le m\u00e9tronome. C\u2019est d\u2019autant plus dommage que l\u2019on voit l\u2019<em>Andante<\/em> (deuxi\u00e8me mouvement) perdre son caract\u00e8re introspectif, voire tragique, et que la vitesse galopante du <em>Scherzo<\/em> (troisi\u00e8me mouvement) finit par d\u00e9courager les vents, \u00e0 un point tel que leurs interventions deviennent approximatives et parfois m\u00eame raccourcies.<\/p>\n<p>Il faut patienter jusqu\u2019\u00e0 la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du mouvement final pour retrouver cette lenteur qui nous permet d\u2019appr\u00e9cier la fureur avec laquelle Bruckner, par ses progressions harmoniques exaltantes, \u00e9largit pour mieux d\u00e9construire les colonnes du temple de la tradition classique. Miraculeusement, l\u2019orchestre, dont les cuivres en particulier, retrouvent leur forme en fin de parcours. Une fin remarquable, qui donne une id\u00e9e du potentiel d\u2019une prochaine rencontre entre le chef, son orchestre et le ma\u00eetre autrichien.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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