{"id":75264,"date":"2023-02-11T17:40:09","date_gmt":"2023-02-11T22:40:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=75264"},"modified":"2023-02-11T20:01:38","modified_gmt":"2023-02-12T01:01:38","slug":"critique-orchestre-metropolitain-etrange-beaute-concerto-theremine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2023\/02\/11\/critique-orchestre-metropolitain-etrange-beaute-concerto-theremine\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Orchestre M\u00e9tropolitain: l&rsquo;\u00e9trange beaut\u00e9 d&rsquo;un concerto introspectif et touchant"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_75265\" aria-describedby=\"caption-attachment-75265\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-75265\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/02\/Copie-de-CRITIQUE-18.jpg\" alt=\"Thorwald Jorgensen, th\u00e9r\u00e9ministe, \u00e9tait le soliste invit\u00e9 de l'Orchestre M\u00e9tropolitain, sous la direction de la cheffe Daniela Candillari, le 10 f\u00e9vrier 2023. (Photo: Fran\u00e7ois Goupil)\" width=\"1200\" height=\"628\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-75265\" class=\"wp-caption-text\">Thorwald Jorgensen, th\u00e9r\u00e9ministe, \u00e9tait le soliste invit\u00e9 de l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain, sous la direction de la cheffe Daniela Candillari, le 10 f\u00e9vrier 2023. (Photo: Fran\u00e7ois Goupil)<\/figcaption><\/figure>\n<h3><span style=\"color: #808080;\">Si cette critique \u00e9tait un \u00e9moji, ce serait un c\u0153ur. Pas un banal c\u0153ur rouge, mais un c\u0153ur noir. C&rsquo;est ce que m&rsquo;inspire le Concerto pour th\u00e9r\u00e9mine de Simon Bertrand cr\u00e9\u00e9 cette semaine \u00e0 Montr\u00e9al par l&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain, et que nous avons entendu \u00e0 la Maison symphonique hier soir, 10 f\u00e9vrier.<\/span><\/h3>\n<p>Le tout commence par l&rsquo;Ouverture du <em>Vaisseau fant\u00f4me<\/em>, de Richard Wagner, o\u00f9 tout est bien en place. Si la cheffe invit\u00e9e, <strong>Daniela Candillari<\/strong>, n&rsquo;est peut-\u00eatre pas la plus spectaculaire qu&rsquo;il nous eut \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de voir monter sur le podium \u00e0 la Maison symphonique, elle n&rsquo;en est pas moins une vraie musicienne qui sait ce qu&rsquo;elle fait, qui comprend les \u0153uvres qu&rsquo;elle dirige et transmet des intentions musicales conformes \u00e0 la partition. Elle m\u00e9rite tout autant le respect qu&rsquo;une multitude de chefs invit\u00e9s de stature artistique \u00e9quivalente que nous avons vus d\u00e9filer dans cette salle au fil des ans, pour le meilleur et pour le pire.<\/p>\n<p>Si la Symphonie no 7 de Anton\u00edn Dvo\u0159\u00e1k est peut-\u00eatre ce qui a fait vendre des billets au spectateur moyen, le spectateur curieux, lui, \u00e9tait venu pour entendre un th\u00e9r\u00e9mine \u00ab\u00a0en vrai\u00a0\u00bb pour la premi\u00e8re fois, jou\u00e9 par <strong>Thorwald Jorgensen<\/strong>, un ma\u00eetre de cet instrument dont il a tir\u00e9 des sons irr\u00e9sistibles et se rapprochant de la voix humaine. Et qui sait? Certains seront venus aussi pour d\u00e9couvrir cette nouvelle cr\u00e9ation d&rsquo;un compositeur qu\u00e9b\u00e9cois. C&rsquo;\u00e9tait mon cas.<\/p>\n<p>Parlons des <em>Cinq moments tr\u00e9pidants dans la vie de L\u00e9on Th\u00e9r\u00e9mine<\/em>. D&#8217;embl\u00e9e, il faut dire que la pr\u00e9sence du mot \u00ab\u00a0tr\u00e9pidant\u00a0\u00bb dans le titre aura probablement eu pour effet de susciter certaines attentes, \u00e9tant d&rsquo;ordinaire associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aventure et aux rebondissements. S&rsquo;il est une seule chose, alors, que <strong>Simon Bertrand<\/strong> pourrait changer dans sa pi\u00e8ce de vingt minutes, c&rsquo;est simplement le titre, car il ne doit, en aucun cas, changer la moindre note.<\/p>\n<h3>Sobri\u00e9t\u00e9 et introspection<\/h3>\n<p>Il existe plusieurs fa\u00e7ons de raconter une histoire ou de brosser un portrait. Demandez aux romanciers et aux peintres. Chacun a sa vision d&rsquo;une personne, d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement, d&rsquo;un r\u00e9cit. C&rsquo;est ce qui fait la beaut\u00e9 de l&rsquo;art. Dans son r\u00e9cit de la vie de L\u00e9on Th\u00e9r\u00e9mine, <strong>Simon Bertrand,<\/strong> artiste sensible et r\u00e9fl\u00e9chi, semble avoir vu au-del\u00e0 des p\u00e9rip\u00e9ties pour raconter le monde int\u00e9rieur d&rsquo;un humain dont l&rsquo;existence a \u00e9t\u00e9 tragique sous plusieurs aspects, et de son \u00e9poque, avec ses c\u00f4t\u00e9s sombres (et c&rsquo;est pour cela, l&rsquo;\u00e9moji du c\u0153ur noir).<\/p>\n<p>Quand on \u00e9coute ces \u00ab\u00a0Cinq moments&#8230;\u00a0\u00bb on a l&rsquo;impression d&rsquo;ouvrir une bo\u00eete de myst\u00e9rieuses photos en noir et blanc, peupl\u00e9es d&rsquo;inconnus au regard \u00e9nigmatique, fixant l&rsquo;objectif ou vaquant \u00e0 leurs occupations dans une dimension \u00e9vanescente et d\u00e9sormais inaccessible. Qu&rsquo;ont-ils pens\u00e9? Qu&rsquo;ont-ils v\u00e9cu? Et qui ont-ils aim\u00e9? Ces souvenirs d&rsquo;un pass\u00e9 insaisissable sont disparus \u00e0 jamais, mais il est possible, \u00e0 travers l&rsquo;art, d&rsquo;en ressentir une fugace impression, comme si l&rsquo;artiste, avec son imagination, \u00e9tait parvenu \u00e0 en saisir l&rsquo;essentiel pour nous le transmettre. Et s&rsquo;ils y parviennent, c&rsquo;est que leur \u0153uvre, au-del\u00e0 de son titre ou des prouesses techniques ou sonores attendues d&rsquo;un instrument, est r\u00e9ussie.<\/p>\n<p>Est-ce \u00e0 dire que la musique que nous avons entendue est pass\u00e9iste? Pas du tout. Je dirais plut\u00f4t qu&rsquo;elle est intemporelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_75267\" aria-describedby=\"caption-attachment-75267\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-75267\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2023\/02\/Thorwald-Simon-Bertrand-cr-Francois-Goupil.jpg\" alt=\"Simon Bertrand, Thorwald Jorgensen, Daniela Candillari (Photo: Fran\u00e7ois Goupil)\" width=\"1200\" height=\"800\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-75267\" class=\"wp-caption-text\">Simon Bertrand, Thorwald Jorgensen, Daniela Candillari (Photo: Fran\u00e7ois Goupil)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, ce concerto introspectif, qui puise plusieurs mesures \u00e0 la beaut\u00e9 de la m\u00e9lodie du <em>Cygne<\/em>, de Saint-Sa\u00ebns, modifi\u00e9e, est une \u0153uvre profonde \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique sobre et touchante. Le compositeur a r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la tentation d&rsquo;en faire trop avec les potentiels \u00ab\u00a0effets\u00a0\u00bb du th\u00e9r\u00e9mine pour suivre son inspiration et une ligne directrice ax\u00e9e sur la fusion des timbres et la cr\u00e9ation d&rsquo;atmosph\u00e8res plut\u00f4t que sur les effets surprise et la narration. Au vu de l&rsquo;effet produit, il a eu raison, et on esp\u00e8re que cette \u0153uvre sera enregistr\u00e9e, par cet orchestre ou par un autre.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le concerto, <strong>Thorwald Jorsgensen<\/strong> nous a fait l&rsquo;immense plaisir d&rsquo;un rappel, une de ses propres compositions o\u00f9 le th\u00e9r\u00e9mine \u00e9voque la mer et les oiseaux, un vrai moment de magie, \u00e9galement tout en sobri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Une obligation m&rsquo;ayant contrainte \u00e0 partir \u00e0 l&rsquo;entracte, je n&rsquo;ai malheureusement pas pu entendre la Symphonie no 7 de Dvo\u0159\u00e1k. Malgr\u00e9 cela, cette soir\u00e9e demeurera quand m\u00eame grav\u00e9e dans ma m\u00e9moire.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l&rsquo;op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> \u00a0<span style=\"color: #ff0000;\"><a style=\"color: #ff0000;\" href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI\u00a0<\/a><\/span><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si cette critique \u00e9tait un emoji, ce serait un c\u0153ur. Pas un banal c\u0153ur rouge, mais un c\u0153ur noir. 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