{"id":74069,"date":"2022-11-20T11:31:08","date_gmt":"2022-11-20T16:31:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=74069"},"modified":"2022-11-21T13:13:56","modified_gmt":"2022-11-21T18:13:56","slug":"critique-la-beaute-du-monde-un-opera-reussi-auquel-il-manque-une-dose-demotion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2022\/11\/20\/critique-la-beaute-du-monde-un-opera-reussi-auquel-il-manque-une-dose-demotion\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | La beaut\u00e9 du monde: un op\u00e9ra r\u00e9ussi auquel il manque une dose d&rsquo;\u00e9motion"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_74073\" aria-describedby=\"caption-attachment-74073\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-74073\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2022\/11\/Copie-de-CRITIQUE-13.jpg\" alt=\"Isaiah Bell incarne le nazi Hermann G\u00f6ring dans La beaut\u00e9 du monde, \u00e0 l'Op\u00e9ra de Montr\u00e9al. (Photo: Vivien Gaumand)\" width=\"1200\" height=\"628\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-74073\" class=\"wp-caption-text\">Matthew Dalen incarne le nazi Hermann G\u00f6ring dans <em>La beaut\u00e9 du monde<\/em>, \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al. (Photo: Vivien Gaumand)<\/figcaption><\/figure>\n<h3><span style=\"color: #808080;\">L&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al pr\u00e9sentait hier soir la premi\u00e8re d&rsquo;une \u0153uvre attendue depuis longtemps, car elle fut report\u00e9e en raison de la pand\u00e9mie: La beaut\u00e9 du monde, de Julien Bilodeau, sur un livret de Michel Marc Bouchard. Dans l&rsquo;ensemble, une r\u00e9ussite, mais qui laisse peu de place \u00e0 l&rsquo;\u00e9motion.\u00a0<\/span><\/h3>\n<p>Nous avons l\u00e0 un op\u00e9ra plut\u00f4t conventionnel, dans tous les sens du terme, qui aurait pratiquement pu \u00eatre \u00e9crit et compos\u00e9 \u00e0 une autre \u00e9poque. Ceci n&rsquo;est pas un reproche mais un simple constat. Je ne suis pas de l&rsquo;\u00e9cole de pens\u00e9e voulant que la musique \u00e9crite aujourd&rsquo;hui doive absolument tenter d&rsquo;innover et de se r\u00e9inventer. Dans le cadre d&rsquo;une \u0153uvre ambitieuse comme un op\u00e9ra \u00e0 grand d\u00e9ploiement, elle peut se contenter d&rsquo;\u00eatre magnifique, et c&rsquo;est tout \u00e0 fait le cas ici. La musique de <strong>Julien Bilodeau<\/strong> est belle et touchante. Dans sa conception comme dans sa production, <em>La beaut\u00e9 du monde<\/em> suit les codes et les conventions de la grande tradition op\u00e9ratique, et on se retrouve en terrain connu, sans pour autant s&rsquo;ennuyer.<\/p>\n<p>Le livret est bas\u00e9e sur des \u00e9v\u00e9nements historiques, soit la sauvegarde des principales \u0153uvres du Louvre durant la Seconde Guerre mondiale. Alors que les Allemands sont sur le point d&rsquo;occuper Paris, Jacques Jaujard, fonctionnaire de l&rsquo;administration des Beaux-Arts, organise l&rsquo;\u00e9vacuation des collections du mus\u00e9e pour les mettre en s\u00fbret\u00e9 en divers lieux de province. <strong>Michel Marc Bouchard<\/strong> et <strong>Julien Bilodeau<\/strong> ont donc une mati\u00e8re premi\u00e8re de choix pour raconter une histoire et la mettre en musique, ce qu&rsquo;ils font assez bien.<\/p>\n<h3>Livret et musique<\/h3>\n<p>Le livret de <strong>Michel Marc Bouchard<\/strong>, plut\u00f4t simple, sert avant tout deux buts: transmettre un message et nous faire savoir ce que pensent les personnages, ce qui revient souvent au m\u00eame puisque les personnages servent avant tout \u00e0 faire passer ce m\u00eame message: l&rsquo;art est important et il faut pr\u00e9server le patrimoine artistique de l&rsquo;humanit\u00e9 (notamment contre la barbarie et le fanatisme, qu&rsquo;ils soient politiques ou religieux). Mission accomplie, nous avons compris. On pourrait dire qu&rsquo;ils pr\u00eachent \u00e0 un public de convertis, mais c&rsquo;est une chose d&rsquo;\u00e9noncer un message, et c&rsquo;en est une autre de l&rsquo;illustrer par des faits v\u00e9cus pour le mettre en perspective.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai dit plus haut que l&rsquo;op\u00e9ra suivait les conventions du genre, mais \u00e0 une chose pr\u00e8s: dans <em>La beaut\u00e9 du monde<\/em>, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;intrigue amoureuse, un \u00e9l\u00e9ment qui sert habituellement \u00e0 ajouter du drame et \u00e0 rendre les personnages plus vrais et plus attachants. Je ne suis pas en train de dire qu&rsquo;une histoire d&rsquo;amour est obligatoire, ce qui serait ridicule, mais sans drame intime v\u00e9cu \u00e0 un second niveau de la trame narrative principale, les personnages demeurent plus anonymes, avec peu d&rsquo;affects et de pens\u00e9es propres. Ils sont comme les pions de l&rsquo;\u00e9chiquier d&rsquo;une grande partie qui les d\u00e9passe, ce qu&rsquo;est, en somme, la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement historique tellement vaste qu&rsquo;\u00e0 moins d&rsquo;aller dans le personnel et dans l&rsquo;intime, il est difficile d&rsquo;en raconter des \u00e9pisodes sans donner l&rsquo;impression que les humains sont les jouets impuissants d&rsquo;un destin collectif incompr\u00e9hensible. Dans tous les r\u00e9cits historiques ou les fictions qui s&rsquo;en inspirent, la vie int\u00e9rieure des personnages est cruciale pour le lecteur, l&rsquo;auditeur ou le t\u00e9l\u00e9spectateur, qui a besoin de partager quelque chose avec eux pour se sentir concern\u00e9 et plonger dans l&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n<p>Or, dans l&rsquo;ensemble, on peut dire qu&rsquo;il y a peu de moments d&rsquo;\u00e9motion et que les personnages de <em>La beaut\u00e9 du monde<\/em> ne sont pas tr\u00e8s attachants, malgr\u00e9 leur statut courageux de h\u00e9ros. Il leur manque une dimension. En ne sachant pas r\u00e9ellement ce qu&rsquo;ils ressentent, il nous est difficile de ressentir nous aussi quelque chose. Le premier acte est plus documentaire que tragique, et ce n&rsquo;est qu&rsquo;au deuxi\u00e8me &#8211; le plus r\u00e9ussi &#8211; que la tension dramatique fonctionne r\u00e9ellement et nous touche enfin, alors que le monstrueux Hermann G\u00f6ring terrorise Jaujard et son entourage. \u00c0 l&rsquo;instar de l&rsquo;Histoire avec un grand H, qui n&rsquo;a que peu d&rsquo;\u00e9gards pour ceux qui la vivent, <strong>Michel Marc Bouchard<\/strong> utilise ses personnages comme des pions en racontant ce fait v\u00e9cu pour servir un plus grand dessein: passer un message et nous faire r\u00e9fl\u00e9chir. Et il atteint son objectif, mais s&rsquo;av\u00e8re un peu trop didactique.<\/p>\n<p>Le langage musical de <strong>Julien Bilodeau<\/strong> est g\u00e9n\u00e9ralement tonal, intelligent, \u00e9quilibr\u00e9, recherch\u00e9 mais accessible, int\u00e9ressant \u00e0 \u00e9couter et se tient sur le plan esth\u00e9tique. En accomplissant une sorte de synth\u00e8se de la musique occidentale de diff\u00e9rentes \u00e9poques, il fait de nombreux clins d&rsquo;\u0153il \u00e0 ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, mais penche plut\u00f4t vers le post-romantisme. Il nous offre un traitement exceptionnel des ch\u0153urs, qui constituent l&rsquo;aspect le plus abouti de sa composition. On peut \u00e9galement dire que le compositeur respecte le public et s&rsquo;adresse \u00e0 notre intelligence. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, il n&rsquo;essaie pas de choquer inutilement, de l&rsquo;autre il \u00e9vite certains clich\u00e9s faciles. Il a travaill\u00e9 sa partition de mani\u00e8re \u00e0 maintenir un int\u00e9r\u00eat constant.<\/p>\n<p>Il y a deux types de ch\u0153urs: ceux qui sont sur sc\u00e8ne, et dont le r\u00f4le est traditionnel; ils d\u00e9crivent l&rsquo;action en la faisant avancer, comme une sorte de moteur narratif. Les autres, en arri\u00e8re-plan, ont un r\u00f4le plus harmonique, et apportent une couleur particuli\u00e8re que l&rsquo;on peut consid\u00e9rer comme la touche plus personnelle de l&rsquo;auteur, sa signature, et l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment de sa musique dont on se souviendra le mieux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_74075\" aria-describedby=\"caption-attachment-74075\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-74075\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2022\/11\/Layla-Claire-Allyson-McHardy-et-Damien-Pass-cr-Vivien-Gaumand.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"800\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-74075\" class=\"wp-caption-text\">Layla Claire, Allyson McHardy et Damien Pass. (Photo: Vivien Gaumand)<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Mise en sc\u00e8ne et interpr\u00e8tes<\/h3>\n<p>La mise en sc\u00e8ne assez classique, sign\u00e9e <strong>Florent Siaud<\/strong>, sert bien l&rsquo;\u0153uvre et permet \u00e0 l&rsquo;action de se d\u00e9ployer convenablement dans une sc\u00e9nographie assez sobre, constitu\u00e9e d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments architecturaux r\u00e9alistes en \u00e9volution. Les d\u00e9placements sont fluides et logiques, le jeu dramatique est bien dirig\u00e9.<\/p>\n<p>Le baryton-basse franco-australien<strong>\u00a0Damien Pass<\/strong> incarne Jacques Jaujard avec une voix solide et ma\u00eetris\u00e9e mais il n&rsquo;a pas, \u00e0 mon avis, la pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne, la prestance et le charisme n\u00e9cessaires pour tenir ce premier r\u00f4le et nous convaincre de l&rsquo;importance vitale de son propos.<\/p>\n<p><strong>France Bellemarre<\/strong> (Esther) est tr\u00e8s bonne et parfaitement dans son personnage. On peut en dire autant de <strong>Layla Claire<\/strong>, qui incarne la com\u00e9dienne et femme de la R\u00e9sistance Jeanne Boitel, et d&rsquo;<strong>Isaiah Bell<\/strong>, tr\u00e8s juste en Dr Bruno Lohse.<\/p>\n<p><strong>Allyson McHardy<\/strong> se d\u00e9marque en \u00e9tant particuli\u00e8rement convaincante dans le r\u00f4le de Rose Valland, conservatrice de mus\u00e9e et aussi r\u00e9sistante. Avec elle, on n&rsquo;est jamais d\u00e9\u00e7u.<\/p>\n<p>Le t\u00e9nor canadien <strong>Rocco Rupolo<\/strong>, ancien membre de l&rsquo;Atelier lyrique de l&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al, est fantastique dans le r\u00f4le d&rsquo;Alexandre Rosenberg, tandis que le baryton am\u00e9ricain <strong>John Brancy<\/strong> (Franz Wolff-Metternich), laur\u00e9at du <strong>Concours musical international de Montr\u00e9al 2018<\/strong> est absolument impeccable. Depuis son passage au concours, sa voix a encore gagn\u00e9 en profondeur et il \u00e9volue sur sc\u00e8ne avec assurance. L&rsquo;inf\u00e2me G\u00f6ring est interpr\u00e9t\u00e9 par<strong> Matthew Dalen,<\/strong> qui s&rsquo;en tire bien, quoique son entr\u00e9e en sc\u00e8ne aurait pu \u00eatre plus tonitruante. Finalement, <strong>\u00c9mile Schneider<\/strong> s&rsquo;av\u00e8re tr\u00e8s bon acteur dans le r\u00f4le du jeune handicap\u00e9 Jacob, fils d&rsquo;Esther.<\/p>\n<p>Sous la direction inspir\u00e9e de <strong>Jean-Marie Zeitouni<\/strong>, remarquable chef d&rsquo;op\u00e9ra, l&rsquo;<strong>Orchestre M\u00e9tropolitain<\/strong> apporte une riche contribution.<\/p>\n<h3>Y aller ou pas?<\/h3>\n<p>Sans r\u00e9serve, on y va! <em>La beaut\u00e9 du monde<\/em> est un op\u00e9ra r\u00e9ussi dans une production de grande qualit\u00e9 dot\u00e9e d&rsquo;un budget cons\u00e9quent, avec d&rsquo;excellents interpr\u00e8tes, une histoire peu racont\u00e9e auparavant, ainsi qu&rsquo;un message fort et plus pertinent que jamais \u00e0 notre \u00e9poque.<\/p>\n<p><strong>Les prochaines repr\u00e9sentations auront lieu les 22 et 24 novembre \u00e0 19h30, et le 27 novembre \u00e0 14h.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.operademontreal.com\/saison-2223\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00c9TAILS ET BILLETS<\/a><\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l&rsquo;op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> \u00a0<span style=\"color: #ff0000;\"><a style=\"color: #ff0000;\" href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI\u00a0<\/a><\/span><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al pr\u00e9sentait hier soir la premi\u00e8re d&rsquo;une \u0153uvre attendue depuis longtemps, car elle fut report\u00e9e en raison de la pand\u00e9mie: La beaut\u00e9 du monde, de Julien Bilodeau, sur un livret de Michel Marc Bouchard. 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