{"id":73281,"date":"2022-10-07T09:40:51","date_gmt":"2022-10-07T13:40:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=73281"},"modified":"2022-10-07T13:47:26","modified_gmt":"2022-10-07T17:47:26","slug":"critique-harmonium-symphonique-surenchere-et-grandiloquence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2022\/10\/07\/critique-harmonium-symphonique-surenchere-et-grandiloquence\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Harmonium symphonique: surench\u00e8re et grandiloquence"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_73288\" aria-describedby=\"caption-attachment-73288\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-73288\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2022\/10\/Harmonium-cr-JS-Desilets.jpg\" alt=\"Harmonium symphonique, salle Wilfrid-Pelletier, 6 octobre 2022 (Photo: J.S. D\u00e9silets)\" width=\"1200\" height=\"628\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-73288\" class=\"wp-caption-text\">Harmonium symphonique, salle Wilfrid-Pelletier, 6 octobre 2022 (Photo: J.S. D\u00e9silets)<\/figcaption><\/figure>\n<h3><span style=\"color: #808080;\">Hier soir avait lieu la premi\u00e8re de la trilogie montr\u00e9alaise Histoire sans paroles &#8211; Harmonium symphonique, avec l&rsquo;Orchestre symphonique de Montr\u00e9al, sous la direction de Dina Gilbert, \u00e0 la salle Wilfrid-Pelletier. Le spectacle pr\u00e9sente les pi\u00e8ces d&rsquo;Harmonium \u00e9crites par Serge Fiori et ses collaborateurs dans une adaptation symphonique de Simon Leclerc.\u00a0<\/span><\/h3>\n<p>Disons le d&#8217;embl\u00e9e, je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement emball\u00e9e par le spectacle et les adaptations de <strong>Simon Leclerc<\/strong>, que j&rsquo;ai trouv\u00e9es, la plupart du temps, lourdes et grandiloquentes. Ce n&rsquo;est pas le cas pour toutes les pi\u00e8ces, car en pr\u00e8s de deux heures de musique symphonique \u00e9labor\u00e9e \u00e0 partir de l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;un g\u00e9nie, il y a, bien s\u00fbr, de tr\u00e8s beaux moments.<\/p>\n<h3>Visuels<\/h3>\n<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un spectacle \u00e0 grand d\u00e9ploiement qui a recours \u00e0 des moyens consid\u00e9rables, avec un traitement visuel important. Des projections tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9es, que la production qualifie de \u00ab\u00a0tableaux vivants\u00a0\u00bb sont pr\u00e9sentes en continu derri\u00e8re l&rsquo;orchestre. On verra divers d\u00e9cors en mouvement: ville futuriste, souterrain, formes g\u00e9om\u00e9triques, ciel nuageux et for\u00eat parsem\u00e9e de champignons lumineux \u00e0 la <em>Avatar.\u00a0<\/em>Cette conception visuelle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par <strong><em>PixMob<\/em><\/strong> et les projections, par <em><strong>Noisy Head Studio. <\/strong><\/em><\/p>\n<p>La direction artistique est de<strong> Nicolas Lemieux<\/strong>, qui est \u00e9galement producteur de ce projet ambitieux. C&rsquo;est aussi lui qui est derri\u00e8re un autre projet commercial avec l&rsquo;<strong>OSM<\/strong> et <strong>Simon Leclerc<\/strong>: <em>B\u00e9b\u00e9 symphonique<\/em>, ainsi que l&rsquo;id\u00e9ateur et le producteur d&rsquo;un projet en d\u00e9veloppement, <em>Riopelle symphonique<\/em>, qui verra le jour en 2023.<\/p>\n<p>Tout au long du spectacle, un banc de parc et une \u00e9chelle descendent d&rsquo;un grand trou au plafond de la sc\u00e8ne, puis remontent, tandis qu&rsquo;un homme et un enfant interagissent ensemble et avec ces objets. Il s&rsquo;agit, on pr\u00e9sume, d&rsquo;allusions aux paroles des chansons de<em> L&rsquo;Heptade<\/em>, notamment dans <em>Le premier ciel (Chacun devient le premier homme; Sorti d&rsquo;une autre forme; La terre lui fournit un visage; La lune lui donne son langage; S&rsquo;il pouvait voir le premier ciel; Avant qu&rsquo;on lui coupe les ailes &#8211; <\/em>\u00ab\u00a0<em>L&rsquo;enfant deviendra grand; Quand ses jouets vivront sur place\u00a0\u00bb) <\/em>et <em>L&rsquo;Exil<\/em> (\u00ab\u00a0<em>C&rsquo;est moi le crisse de fou qui marche au-dessus de la ville\u00a0\u00bb<\/em>).<\/p>\n<p>Leur pr\u00e9sence finit toutefois par agacer, car elle est plaqu\u00e9e artificiellement sur tout le reste, sans rapport clair avec les projections et sans \u00e9volution, comme si on s&rsquo;\u00e9tait senti oblig\u00e9 d&rsquo;ajouter une couche mais qu&rsquo;on n&rsquo;avait pas su bien l&rsquo;exploiter. \u00c7a tourne en rond. Mais \u00e0 la fin, l&rsquo;homme a effectivement des ailes. D&rsquo;autre part, ce dispositif de banc qui monte et descend m&rsquo;a fait penser \u00e0 certains spectacles de musique pop ou rock que l&rsquo;on peut voir dans les grands amphith\u00e9\u00e2tres comme le Centre Bell, je pense, entre autres, \u00e0 Peter Gabriel et \u00e0 son inoubliable cabine t\u00e9l\u00e9phonique sortant de sc\u00e8ne. Sauf que, justement, c&rsquo;\u00e9tait dans les ann\u00e9es 90.<\/p>\n<p>Autre \u00e9l\u00e9ment, celui-l\u00e0 \u00e9nigmatique: sept personnages un peu effrayants \u00e0 t\u00eates de lapin qui m&rsquo;ont tout de suite fait penser au lapin horrible du film <em>Donnie Darko<\/em>. Ils apparaissent puis repartent de temps \u00e0 autres. Cette fois, on peut imaginer qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une allusion aux lapins de la pochette de <em>Si on avait besoin d&rsquo;une cinqui\u00e8me saison? <\/em>Mais tant qu&rsquo;\u00e0 faire un lien avec cette magnifique illustration, je me demande pourquoi on n&rsquo;a pas plus exploit\u00e9 son esth\u00e9tique dans les projections.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_73291\" aria-describedby=\"caption-attachment-73291\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-73291\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2022\/10\/Kim-Richardson-Credit-J.S.-Desilets.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"800\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-73291\" class=\"wp-caption-text\">Kim Richardson (Photo JS. D\u00e9silets)<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Musique<\/h3>\n<p>Les chansons des trois albums d&rsquo;Harmonium sont pr\u00e9sent\u00e9es dans un ordre qui en fait une sorte de longue suite orchestrale presque continue, et non dans l&rsquo;ordre pr\u00e9cis des pi\u00e8ces sur les albums.<\/p>\n<p>Depuis 2008, je couvre r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;OSM et j&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e0 la plupart des adaptations symphoniques de <strong>Simon Leclerc<\/strong> pour des concerts avec des artistes pop tels que Mika, C\u0153ur de Pirate, Les Trois Accords et plusieurs autres. Il a toujours eu le don d&rsquo;amener la musique de les artistes ailleurs, dans un monde musical plus \u00e9labor\u00e9 et recherch\u00e9 que leurs chansons originales, nous \u00e9merveillant par son imagination et les couleurs orchestrales qu&rsquo;il sait exploiter pour amener des ambiances inattendues et d\u00e9stabilisantes. C&rsquo;est un ma\u00eetre de ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;appeler les \u00ab\u00a0adaptations symphoniques\u00a0\u00bb car on ne peut parler de simples arrangements ni m\u00eame d&rsquo;orchestrations, tellement ses interventions sur les pi\u00e8ces sont \u00e9labor\u00e9es et sophistiqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Cette fois encore, on retrouve des id\u00e9es, des traitements instrumentaux et des proc\u00e9d\u00e9s compositionnels puis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;immense r\u00e9pertoire classique, exploitant \u00e0 fond les possibilit\u00e9s de l&rsquo;orchestre. Toutefois, comme la musique de <strong>Serge Fiori<\/strong> est d\u00e9j\u00e0, \u00e0 la base, assez \u00e9labor\u00e9e et carr\u00e9ment g\u00e9niale, on se retrouve avec une surench\u00e8re d&rsquo;id\u00e9es superpos\u00e9es et malheureusement, des effets souvent pompeux et grandiloquents. De combien de finales appuy\u00e9es, <em>fortissimo<\/em>, triomphales et bref, <em>over the top<\/em> avons-nous vraiment besoin dans un m\u00eame concert?<\/p>\n<p>Une notion est aussi oubli\u00e9e: celle de \u00ab\u00a0progressif\u00a0\u00bb. On dirait que la volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre grandiose \u00e9touffe la po\u00e9sie, et nous avec. J&rsquo;aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 un traitement orchestral qui d\u00e9coupe davantage les interventions des diff\u00e9rentes sections de l&rsquo;orchestre et nous propose des couleurs plus douces et plus subtiles, que le tout puisse respirer. Dans ce contexte, les magnifiques interventions \u00e0 la guitare de<strong> Sylvain Quesnel<\/strong> sont comme une bouff\u00e9e d&rsquo;air frais, un baume qui nous ram\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;essentiel et auquel on s&rsquo;accroche.<\/p>\n<p>Je sais que <strong>Simon Leclerc<\/strong> d\u00e9teste que l&rsquo;on emploie le terme \u00ab\u00a0cin\u00e9matographique\u00a0\u00bb pour d\u00e9crire son travail, mais il y a tout de m\u00eame beaucoup de \u00e7a ici, je parle de musique de film conventionnelle. \u00c0 plusieurs reprises, le tout sonne aussi un peu comme une fanfare, assez pompeuse. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement exasp\u00e9r\u00e9e par cette version de <em>Dixie<\/em>, pourtant l&rsquo;une de mes pi\u00e8ces pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es du groupe mythique. H\u00e9las, le solo de clarinette y est compl\u00e8tement enterr\u00e9 par les cuivres.<\/p>\n<p>L&rsquo;amplification, qui \u00e9crase les textures et amalgame les timbres instrumentaux en un seul \u00ab\u00a0gros son\u00a0\u00bb un peu artificiel et m\u00eame m\u00e9tallique, contribue \u00e9videmment \u00e0 cet effet de \u00ab\u00a0tout est trop\u00a0\u00bb que d\u00e9gage la production. Cela dit, l&rsquo;ex\u00e9cution de l&rsquo;OSM est impeccable et la direction de <strong>Dina Gilbert<\/strong> est \u00e9nergique, pr\u00e9cise et rigoureuse, comme toujours.<\/p>\n<p>Comme l&rsquo;indique le titre du spectacle &#8211; emprunt\u00e9 \u00e0 ce qui est \u00e0 mon avis la plus belle pi\u00e8ce d&rsquo;Harmonium, <em>Histoire sans paroles<\/em>, il n&rsquo;y a pas la moindre parole de chansons dans ces deux heures. C&rsquo;est un spectacle instrumental. <strong>Le Ch\u0153ur des jeunes de Laval<\/strong> intervient plusieurs fois avec des \u00ab\u00a0la-la-la\u00a0\u00bb, <strong>Kim Richardson<\/strong> (voix superbe et ma\u00eetris\u00e9e, pr\u00e9sence charismatique) chante des \u00ab\u00a0hou-hou\u00a0\u00bb dans <em>L&rsquo;Exil<\/em>, et <strong>Luce Dufault<\/strong> fait les \u00ab\u00a0daahahhh\u00a0\u00bb d&rsquo;<em>Histoire sans paroles<\/em>. Celle-ci a le timbre de voix parfait pour la chanson, mais malheureusement, elle d\u00e9faille ou \u00ab\u00a0craque\u00a0\u00bb pendant une seconde. Peu de gens, sans doute, l&rsquo;auront remarqu\u00e9.<\/p>\n<p>Parlant d&rsquo;<em>Histoire sans paroles<\/em>, il s&rsquo;agit de la pi\u00e8ce la plus r\u00e9ussie du spectacle, qui nous plonge v\u00e9ritablement dans l&rsquo;ambiance de r\u00eave et de po\u00e9sie de l&rsquo;originale et garde sa substance.<\/p>\n<p>Je suis convaincue que bien des spectateurs auront \u00e9t\u00e9 \u00e9merveill\u00e9s par cette proposition artistique grandiose et tout \u00e0 fait valable, \u00e9pat\u00e9s par les projections, ou \u00e9mus par la musique. Pour ma part, grande admiratrice d&rsquo;Harmonium, je suis perplexe \u00e0 savoir si le traitement symphonique de ces pi\u00e8ces \u00e9tait, finalement, une bonne id\u00e9e. Le moment le plus \u00e9mouvant est le rappel, alors que la cheffe se tourne vers la foule et qu&rsquo;on chantera tous ensemble les fameuses lignes d&rsquo;<em>Un musicien parmi tant d&rsquo;autres. <\/em><\/p>\n<p><em>O\u00f9 est all\u00e9 tout ce monde, qui avait quelque chose \u00e0 raconter? On a mis quelqu&rsquo;un au monde, on devrait peut-\u00eatre l&rsquo;\u00e9couter?\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Ce genre de moments qui nous donnent \u00e0 penser que, comme peuple, nous ne sommes pas encore morts.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! 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