{"id":66616,"date":"2021-04-30T12:18:57","date_gmt":"2021-04-30T16:18:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=66616"},"modified":"2021-04-30T12:20:27","modified_gmt":"2021-04-30T16:20:27","slug":"piano-2021-cmim-dernier-compte-rendu-de-demi-finale-nos-favoris-finale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2021\/04\/30\/piano-2021-cmim-dernier-compte-rendu-de-demi-finale-nos-favoris-finale\/","title":{"rendered":"PIANO 2021 | CMIM: dernier compte-rendu de la demi-finale, nos favoris pour la finale"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_66620\" aria-describedby=\"caption-attachment-66620\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-66620\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/04\/Ying-Li-cover.jpg\" alt=\"Ying Li, concurrente de la Chine au CMIM, Piano 2021, le 29 avril 2021. (Photo: capture d'\u00e9cran de la webdiffusion)\" width=\"1200\" height=\"628\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-66620\" class=\"wp-caption-text\">Ying Li, concurrente de la Chine au CMIM, Piano 2021, le 29 avril 2021. (Photo: capture d&rsquo;\u00e9cran de la webdiffusion)<\/figcaption><\/figure>\n<p>C&rsquo;est le dernier jour des demi-finales du <strong>CMIM, Piano 2021.<\/strong> \u00c0 moins de deux heures de l&rsquo;annonce des noms des 8 finalistes, voici un compte-rendu des deux derni\u00e8res journ\u00e9es et un bilan avec nos coups de c\u0153ur et pr\u00e9dictions.<\/p>\n<h2>Russie<\/h2>\n<p>Pas besoin d&rsquo;entendre le Russe <strong>Andrei Iliushkin<\/strong> pendant tr\u00e8s longtemps pour esp\u00e9rer de tout c\u0153ur qu&rsquo;il aille en finale. Son jeu tr\u00e8s senti, son toucher de velours, sa sonorit\u00e9 moelleuse, sa musicalit\u00e9 touchante,\u00a0 sont comme de la drogue. On voudrait l&rsquo;\u00e9couter, encore et encore. S&rsquo;y ajoutent la ma\u00eetrise technique et la virtuosit\u00e9 indispensables au grand r\u00e9pertoire pianistique.<\/p>\n<p>Il nous fait entrer dans son monde avec le <em>Choral ich ruf zu dir<\/em> Bach\/Busoni, une tr\u00e8s belle pi\u00e8ce, suivie de Six pi\u00e8ces, op. 118 de Brahms, qui lui permettent de montrer plusieurs facettes de son jeu et sa ma\u00eetrise du style romantique. Finalement, l&rsquo;exigeante Sonate no 3 de Scriabine scelle ce r\u00e9cital en tous points satisfaisant et \u00e0 la hauteur des attentes pour ce genre de concours.<\/p>\n<h2>Japon<\/h2>\n<p>Le Japonais <strong>Yoichiro Chiba<\/strong> joue la Partita no 2 de Bach de fa\u00e7on vivante, fluide et quasi impeccable, mais sans y d\u00e9montrer particuli\u00e8rement d&rsquo;imagination. L&rsquo;autre pi\u00e8ce de son programme est la redoutable Sonate en si mineur de Liszt, \u0153uvre-culte s&rsquo;il en est une et certainement l&rsquo;une de mes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es du r\u00e9pertoire pour piano. Son interpr\u00e9tation de ce monument est percutante et contient tout ce qui est requis pour bien jouer cette sonate: vision musicale, virtuosit\u00e9, flamboyance, sonorit\u00e9, \u00e9quilibre entre le sens du d\u00e9tail et un sens de la structure globale, dosage des plans sonores. Bref, c&rsquo;est une r\u00e9ussite.<\/p>\n<h2>\u00c9tats-Unis<\/h2>\n<p>De tous les concurrents am\u00e9ricains cette ann\u00e9e, <strong>Anna Han<\/strong> est la plus forte techniquement, mais son style se rapproche de la performance sportive. Jouer du piano comme on va \u00e0 la guerre. Sa Sonate en fa di\u00e8se majeur op. 78 de Beethoven est vigoureuse et brillante. Par contre, la Barcarolle no 5 de Faur\u00e9 a quelque chose de contre-nature, sans respiration et me semble d\u00e9nu\u00e9e de po\u00e9sie, pas du tout \u00ab\u00a0faur\u00e9enne\u00a0\u00bb.\u00a0 Les <em>Trois \u00e9tudes<\/em> de Bartok, qui conviennent parfaitement \u00e0 la personnalit\u00e9 de la pianiste, sont \u00e9videmment impressionnantes. Elle termine avec la Sonate no 2 de Schumann, jou\u00e9e par moments de fa\u00e7on presque violente.<\/p>\n<p>Non.<\/p>\n<h2>Chine et Pologne<\/h2>\n<p><strong>Jiacheng Xiong<\/strong>, de la Chine, r\u00e9tablit l&rsquo;harmonie avec son Pr\u00e9lude et fugue en si b\u00e9mol majeur, bien jou\u00e9 sans \u00eatre remarquable. La Sonate no 6 de Beethoven est plus int\u00e9ressante, avec de minuscules accrochages. Il gagne toutefois des points avec l&rsquo;exigeante Sonate op. 26 de Samuel Barber, qu&rsquo;il joue presque \u00e0 la perfection, d\u00e9montrant ses talents d&rsquo;interpr\u00e8te.<\/p>\n<p><strong>Ying Li<\/strong>, sa compatriote, joue la Suite anglaise no 3 de Bach avec \u00e9norm\u00e9ment d&rsquo;\u00e9nergie et une approche du compositeur qui affirme un parti-pris pour le piano, sans essayer de faire le moindrement baroque, et qui s&rsquo;av\u00e8re quand m\u00eame r\u00e9ussie dans son genre. Pas de demi-mesures, ici, mais il se peut qu&rsquo;on s&rsquo;en lasse car la palette de nuances est somme toute limit\u00e9e. Heureusement, elle montre qu&rsquo;elle peut faire autre chose dans les Images de Debussy (<em>Reflets dans l&rsquo;eau<\/em>, <em>Hommage \u00e0 Rameau<\/em>, <em>Mouvement<\/em>).<\/p>\n<p>Sa pi\u00e8ce finale est l&rsquo;ambitieuse Sonate no 7 de Prokofiev. Excellent choix, compte-tenu du style de la pianiste, mais il faut avoir les nerfs solides pour \u00e9couter tout cela. \u00c9videmment, ce style de piano n&rsquo;est pas ma tass\u00e9 de th\u00e9, mais la technique et la solidit\u00e9 de la musicienne dans cette sonate extr\u00eamement difficile peuvent potentiellement lui donner une place en finale. Je ne suis toutefois pas emball\u00e9e \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de la r\u00e9entendre. Le manque de po\u00e9sie ne pardonne pas.<\/p>\n<p>Je ne sais pas si c&rsquo;\u00e9tait la fatigue, mais j&rsquo;ai compl\u00e8tement d\u00e9croch\u00e9 hier en \u00e9coutant <strong>Krysztof Ksiazek<\/strong>, de la Pologne. Question d&rsquo;\u00eatre \u00e9quitable, j&rsquo;ai donc repris mon \u00e9coute, en partie, de sa prestation ce matin. Constat: le m\u00eame ennui s&rsquo;installe \u00e0 mi-parcours. Je remarque des petits accrochages dans la fugue (Pr\u00e9lude et fugue en si mineur, BWV 869). Il joue ensuite quatre Mazurkas de Szymanowski, avec de belles couleurs, mais un manque d&rsquo;\u00e9lan, et r\u00e9ussit assez bien les \u00c9tudes-tableaux de Rachmaninov, avec quelques fautes. Rien de m\u00e9morable.<\/p>\n<h2>Jour 4: les deux derniers<\/h2>\n<p><strong>Kyoungsun Park <\/strong>est un excellent pianiste qui a fait des choix discutables. Apr\u00e8s son Pr\u00e9lude et fugue en mi b\u00e9mol mineur BWV 853, le 7e participant de la Cor\u00e9e du Sud, joue les <em>Variations sur un th\u00e8me de Pierre Rode <\/em>de Czerny. Premier mot qui me vient \u00e0 l&rsquo;esprit: pourquoi? Il les joue tr\u00e8s bien, certes, mais \u00e0 quoi bon pr\u00e9senter cela dans un concours? Se r\u00e9chauffer? Combler le minutage requis? Myst\u00e8re.<\/p>\n<p>Il encha\u00eene avec <em>Deux des Sei pezzi<\/em>, <em>Valse caressante<\/em> et <em>Notturna<\/em>, de Respighi. Un jeu exquis, mais encore une fois, des pi\u00e8ces charmantes qui pourraient \u00eatre jou\u00e9es par un candidat de 14 ans dans un concours r\u00e9gional.<\/p>\n<p>Il termine avec <em>Trois mouvements de Petrouchka<\/em>, de Stravinsky, (enfin quelque chose au niveau) et nous montre qu&rsquo;au-del\u00e0 de simplement \u00ab\u00a0bien jouer\u00a0\u00bb il est capable d&rsquo;avoir des id\u00e9es int\u00e9ressantes en plus d&rsquo;\u00eatre virtuose, et bref, comme musicien, d&rsquo;avoir de l&rsquo;envergure. D\u00e9but modeste, feux d&rsquo;artifices \u00e0 la fin. On l&rsquo;aime.<\/p>\n<p>Le dernier concurrent de cette demi-finale s&rsquo;appelle <strong>Marcel Tadokoro<\/strong>, et il repr\u00e9sente la France. Le hasard a voulu qu&rsquo;il joue \u00e9galement les Trois mouvements de Petrouchka, juste apr\u00e8s <strong>Kyoungsun Park.\u00a0<\/strong>Bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un bon pianiste, qui nous donne droit \u00e0 de beaux moments po\u00e9tiques, j&rsquo;ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la version pr\u00e9c\u00e9dente. Quant aux autres pi\u00e8ces, dont les Six variations en fa majeur de Beethoven, elles \u00e9taient aussi bien jou\u00e9es, sans toutefois nous permettre de dire qu&rsquo;on aimerait le r\u00e9entendre en finale.<\/p>\n<h2>Mes pr\u00e9f\u00e9rences pour la finale<\/h2>\n<p>Depuis que j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 suivre le CMIM en 2012, et plus particuli\u00e8rement ses \u00e9ditions piano, j&rsquo;annonce mes favoris en public. Je me suis souvent tromp\u00e9e, mais j&rsquo;ai aussi souvent vu juste. La plupart du temps, mon premier choix se retrouve en deuxi\u00e8me place&#8230;<\/p>\n<p>Mes coups de c\u0153ur sont guid\u00e9s par la musicalit\u00e9 des candidats, leur capacit\u00e9 de transmettre une \u00e9motion juste et personnelle \u00e0 travers l&rsquo;interpr\u00e9tation, d&rsquo;avoir des id\u00e9es int\u00e9ressantes, un jeu riche en couleurs et captivant, et la beaut\u00e9 du son, bref, voil\u00e0 ce qui repr\u00e9sente pour moi les qualit\u00e9s les plus importantes d&rsquo;un interpr\u00e8te, devant la virtuosit\u00e9 pure et la technique. Au-del\u00e0 de mes go\u00fbts, cette liste tient quand m\u00eame compte de crit\u00e8res plus objectifs, notamment le niveau de difficult\u00e9 du r\u00e9pertoire pr\u00e9sent\u00e9, qui se doit d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la hauteur d&rsquo;un concours international.<\/p>\n<p>Mais il s&rsquo;agit avant tout de pr\u00e9f\u00e9rences, et non de pr\u00e9dictions. En musique comme au hockey, les \u00ab\u00a0pools\u00a0\u00bb ne sont pas mon fort.<\/p>\n<p><strong>Alexey Trushechkin<\/strong> (Russie)<\/p>\n<p><strong>Andrei Iliushkin<\/strong> (Russie)<\/p>\n<p><strong>Dimitri Malignan<\/strong> (France)<\/p>\n<p><strong>Zhu Wang<\/strong> (Chine)<\/p>\n<p><strong>Joon Yoon<\/strong> (Cor\u00e9e du Sud)<\/p>\n<p><strong>Chaeyoung Park <\/strong>(Cor\u00e9e du Sud)<\/p>\n<p><strong>Francesco Granata<\/strong> (Italie)<\/p>\n<p><strong>Kyoungsun Park<\/strong> (Cor\u00e9e du Sud)<\/p>\n<p>On peut toujours r\u00e9entendre les concurrents de la demi-finale, <a href=\"https:\/\/concoursmontreal.ca\/fr\/webdiffusion\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">sur le site du CMIM.\u00a0<\/a><\/p>\n<p>Les finalistes seront annonc\u00e9s aujourd&rsquo;hui, \u00e0 14 h.<\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l&rsquo;op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> \u00a0<span style=\"color: #ff0000;\"><a style=\"color: #ff0000;\" href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI\u00a0<\/a><\/span><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est le dernier jour des demi-finales. \u00c0 moins de deux heures de l&rsquo;annonce des noms des 8 finalistes, voici un compte-rendu des deux derni\u00e8res journ\u00e9es et un bilan avec nos coups de c\u0153ur et pr\u00e9dictions.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":66620,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[41122,52,47],"tags":[41124,4839],"yst_prominent_words":[41241,41240,12028,16374,13661,12692,13947,7141,41236,13660,10059,16233],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/04\/Ying-Li-cover.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-hks","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66616"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66616"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66616\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":66623,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66616\/revisions\/66623"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/66620"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66616"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66616"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66616"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=66616"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}