{"id":66601,"date":"2021-04-29T21:40:48","date_gmt":"2021-04-30T01:40:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=66601"},"modified":"2021-04-30T07:22:56","modified_gmt":"2021-04-30T11:22:56","slug":"critique-camille-claudel-stephanie-pothier-molinari-chaudement-recommande","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2021\/04\/29\/critique-camille-claudel-stephanie-pothier-molinari-chaudement-recommande\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Camille Claudel, St\u00e9phanie Pothier et le Molinari: chaudement recommand\u00e9"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_66602\" aria-describedby=\"caption-attachment-66602\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-66602\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2021\/04\/Molinari-cover-1.jpg\" alt=\"St\u00e9phanie Pothier et le Quatuor Molinari dans le concert Camille Claudel: dans l'ombre du g\u00e9ant. (Photo: courtoisie)\" width=\"1200\" height=\"628\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-66602\" class=\"wp-caption-text\">St\u00e9phanie Pothier et le Quatuor Molinari dans le concert Camille Claudel: dans l&rsquo;ombre du g\u00e9ant. (Photo: courtoisie)<\/figcaption><\/figure>\n<p>La <strong>salle Bourgie<\/strong> pr\u00e9sentait cette semaine le concert multim\u00e9dia <em>Camille Claudel: dans l&rsquo;ombre du g\u00e9ant<\/em>, avec la mezzo-soprano <strong>St\u00e9phanie Pothier<\/strong> et le <strong>Quatuor Molinari<\/strong>. Curieuse de d\u00e9couvrir cette proposition artistique prometteuse, j&rsquo;ai d\u00e9laiss\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2021\/04\/28\/compte-rendu-cmim-france-italie-coree-du-sud-tres-bien-representees-en-demi-finale\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le piano<\/a> pendant quelques heures afin de m&rsquo;aventurer de ce c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>Excellente d\u00e9cision.<\/p>\n<p>Couvre-feu oblige, le concert commen\u00e7ait \u00e0 17 h 30. Parenth\u00e8se: comme la Maison symphonique, la salle Bourgie prend toutes les pr\u00e9cautions n\u00e9cessaires pour respecter les r\u00e8gles sanitaires et assurer la s\u00e9curit\u00e9 des spectateurs.<\/p>\n<p>Il est rare que l&rsquo;on entende des pi\u00e8ces pour voix et quatuor \u00e0 cordes. Avec une chanteuse du calibre de <strong>St\u00e9phanie Pothier<\/strong> (qui a incarn\u00e9, entre autres, Vera Lynn dans l&rsquo;op\u00e9ra <em>Another Brick in the Wall, <\/em>de <strong>Julien Bilodeau<\/strong>), on se demande pourquoi cette combinaison n&rsquo;est pas plus exploit\u00e9e, car le r\u00e9sultat est superbe. Sa belle voix chaude se marie parfaitement \u00e0 la sonorit\u00e9 du quatuor, et surtout avec le violoncelle, jou\u00e9 ici par <strong>Pierre-Alain Bouvrette.<\/strong><\/p>\n<h2>Les projections<\/h2>\n<p>Il importe de parler de l&rsquo;aspect visuel, puisque le concert est vendu comme \u00e9tant \u00ab\u00a0multim\u00e9dia\u00a0\u00bb. En fait, c&rsquo;est <strong>St\u00e9phanie Pothier<\/strong> elle-m\u00eame qui a pris les photos. Elles ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es par <strong>Julien-Robert<\/strong>, concepteur vid\u00e9o. La chanteuse est aussi l&rsquo;id\u00e9atrice de ce spectacle qui se veut une r\u00e9flexion sur la place des cr\u00e9atrices dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;art. Ce th\u00e8me explique le choix de Camille Claudel, figure embl\u00e9matique de la femme artiste n&rsquo;ayant pas eu droit, de son vivant, \u00e0 une reconnaissance digne de son talent.<\/p>\n<p><strong>St\u00e9phanie Pothier<\/strong> a aussi fond\u00e9 le <a href=\"https:\/\/www.stephaniepothier.com\/projet-clairobscur\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Projet ClairObscur<\/a>, qui vise pour sa part \u00e0 \u00ab\u00a0<em>d\u00e9passer la position d&rsquo;interpr\u00e8te de l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;un autre cr\u00e9ateur et \u00e0 s&rsquo;int\u00e9grer dans un parcours dans lequel diff\u00e9rentes disciplines artistiques s&rsquo;entrecroisent pour stimuler la cr\u00e9ation interm\u00e9diatique et interg\u00e9n\u00e9rationnelle<\/em>\u00ab\u00a0, comme l&rsquo;explique le programme.<\/p>\n<p>Le visuel, donc, est projet\u00e9 sur huit panneaux verticaux plac\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rentes hauteurs, et les images sont en mouvement. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un support plus efficace que les simples \u00e9crans ordinaires souvent utilis\u00e9s dans des concerts. Combin\u00e9e au mouvement subtil des projections, la disposition de ces panneaux, qui fragmentent les images, apporte une profondeur \u00e0 la sc\u00e8ne. Celle-ci d\u00e9passe alors son r\u00f4le de contenant pour devenir un contenu faisant partie int\u00e9grante de la prestation. L&rsquo;art visuel apporte ainsi une dimension esth\u00e9tique suppl\u00e9mentaire ad\u00e9quate sans pour autant distraire de la musique, car le dosage est juste. L&rsquo;objectif d&rsquo;int\u00e9grer harmonieusement deux formes d&rsquo;arts est donc atteint.<\/p>\n<h2>La musique<\/h2>\n<p>La premi\u00e8re pi\u00e8ce, <em>Trois Chansons de Bilitis<\/em>, de Claude Debussy, est peut-\u00eatre, \u00e0 mon sens, la moins int\u00e9ressante du programme, mais il s&rsquo;agit ici d&rsquo;une question de pr\u00e9f\u00e9rence personnelle et non de la qualit\u00e9 de l&rsquo;interpr\u00e9tation, qui est tout \u00e0 fait juste. Le compositeur a \u00e9crit ces m\u00e9lodies sur des po\u00e8mes de Pierre Lou\u00ffs, lui-m\u00eame inspir\u00e9 de la po\u00e9sie grecque. Sur les panneaux, on voit des images de nature, de champs de bl\u00e9, et de ce qui ressemble \u00e0 de la glace en train de fondre \u00e0 la surface de l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Le Quatuor \u00e0 cordes de Germaine Tailleferre, que je n&rsquo;avais jamais entendu, valait \u00e0 lui seul le d\u00e9placement. Bien que des tableaux de peintres f\u00e9minines soient projet\u00e9s en m\u00eame temps, la musique \u00e0 elle seule suscite d&rsquo;autres images, avec ses th\u00e8mes et ses rythmes d&rsquo;inspiration folklorique rappelant l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est et le monde slave. Quelle musique passionnante! C&rsquo;est un scandale qu&rsquo;on ne la joue pas plus. Et pourquoi? Le th\u00e8me de ce concert, soit la place des cr\u00e9atrices dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;art, r\u00e9pond \u00e0 cette question. Quant \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation du <strong>Quatuor Molinari<\/strong>, elle est irr\u00e9prochable.<\/p>\n<h2>Jake Heggie<\/h2>\n<p>La pi\u00e8ce de r\u00e9sistance du concert est <em>Camille Claudel: Into the Fire<\/em>, de <strong>Jake Heggie<\/strong>, dont nous avons d\u00e9couvert l&rsquo;op\u00e9ra <em>Dead Man Walking<\/em>, en 2013, \u00e0 l&rsquo;<strong>Op\u00e9ra de Montr\u00e9al<\/strong>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un cycle de chansons magnifiques, \u00e0 \u00e9couter absolument si on aime d\u00e9couvrir une musique de notre \u00e9poque \u00e0 la fois complexe, riche et porteuse d&rsquo;un message fort, tout en demeurant accessible. Jake Heggie a puis\u00e9 \u00e0 travers une multitude d&rsquo;influences pour cr\u00e9er un langage musical coh\u00e9rent, personnel, bien construit et captivant.<\/p>\n<p>Bien que la pi\u00e8ce dure une trentaine de minutes, je n&rsquo;ai pas d\u00e9croch\u00e9 une seconde, envo\u00fbt\u00e9e tant pas les prouesses vocales de <strong>St\u00e9phanie Pothier<\/strong>, qui livre une prestation \u00e9poustouflante, que par la richesse de la partition, rendue avec virtuosit\u00e9 et justesse par le <strong>Quatuor Molinari<\/strong>.<\/p>\n<p>Artiste d\u00e9termin\u00e9e et pers\u00e9v\u00e9rante, <strong>St\u00e9phanie Pothier<\/strong> a su mener ce projet sur Camille Claudel en se basant sur la force de son contenu, et un traitement intelligent de celui-ci. Bravo.<\/p>\n<p>Vous \u00eates intrigu\u00e9 par ce concert?\u00a0 On pourra aussi l&rsquo;\u00e9couter et le voir en ligne, puisqu&rsquo;il sera webdiffus\u00e9 du 12 au 26 mai. <a href=\"https:\/\/www.mbam.qc.ca\/fr\/activites\/camille-claudel-dans-lombre-du-geant---en-ligne-1\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00c9TAILS ET BILLETS<\/a><\/p>\n<h2><em>Inscrivez-vous \u00e0 notre infolettre! La musique classique et l&rsquo;op\u00e9ra en 5 minutes, chaque jour<\/em> \u00a0<span style=\"color: #ff0000;\"><a style=\"color: #ff0000;\" href=\"https:\/\/ludwig-van.us9.list-manage.com\/subscribe?u=4f785cb3f9058f2393ccad035&amp;id=b9b160c032\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI\u00a0<\/a><\/span><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La salle Bourgie pr\u00e9sentait cette semaine le concert multim\u00e9dia Camille Claudel: dans l&rsquo;ombre du g\u00e9ant, avec la mezzo-soprano St\u00e9phanie Pothier et le Quatuor Molinari. 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