{"id":63203,"date":"2019-11-20T14:23:52","date_gmt":"2019-11-20T19:23:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=63203"},"modified":"2019-11-20T14:23:52","modified_gmt":"2019-11-20T19:23:52","slug":"disques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/11\/20\/disques\/","title":{"rendered":"DISQUES |  Une Neuvi\u00e8me Symphonie de Beethoven renouvel\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p class=\"Standard\" style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-63204 size-full\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/11\/Wiener-Symphoniker-Beethoven-9.jpg\" alt=\"couverture du disque du Wiener Symphoniker, Philippe Jordan de dos, Neuvi\u00e8me symphonie de Beethoven\" width=\"1200\" height=\"1200\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/11\/Wiener-Symphoniker-Beethoven-9.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/11\/Wiener-Symphoniker-Beethoven-9-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/11\/Wiener-Symphoniker-Beethoven-9-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/11\/Wiener-Symphoniker-Beethoven-9-768x768.jpg 768w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/11\/Wiener-Symphoniker-Beethoven-9-1024x1024.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n<p class=\"Standard\"><span lang=\"FR-BE\">\u00a0<\/span><span lang=\"FR-BE\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\"><span lang=\"FR-BE\">\u00c0 quoi bon une 150\u00e8me lecture de la Neuvi\u00e8me symphonie de Beethoven\u00a0? 150 est en effet <i>grosso modo<\/i> le nombre de versions disponibles pour le moment, tenant compte du fait que le march\u00e9 est sinistr\u00e9 et que pas mal d\u2019interpr\u00e9tations attendent une r\u00e9\u00e9dition. Pour pr\u00e9tendre s\u2019imposer dans une telle jungle, il faut avoir quelque chose de neuf \u00e0 proposer. Philippe Jordan le sait, et il va s\u2019employer \u00e0 d\u00e9poussi\u00e9rer toutes nos id\u00e9es sur l\u2019oeuvre, quitte \u00e0 bousculer et ses auditeurs et son noble orchestre. Le <strong>Wiener Symphoniker<\/strong> est une phalange plut\u00f4t traditionnelle, dont les v\u00e9n\u00e9rables origines remontent \u00e0 1900, et qui a compt\u00e9 parmi ses chefs attitr\u00e9s <strong>Furtw\u00e4ngler<\/strong>, <strong>Krips<\/strong>, <strong>Giulini<\/strong> ou <strong>Karajan<\/strong>, excusez du peu! S\u2019il est moins connu que son rival (le Philharmonique), c\u2019est lui qui assure l\u2019essentiel de la vie symphonique viennoise. C\u2019est dire que ses membres sont issus d\u2019une certaine tradition, d\u2019une certaine fa\u00e7on de voir Beethoven. Mais le chef n\u2019en a cure, et s\u2019il s\u2019appuie sur les riches sonorit\u00e9s de son ensemble, c\u2019est pour en tirer quelque chose d\u2019in\u00e9dit.<\/span><span lang=\"FR-BE\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\"><span lang=\"FR-BE\">La rapidit\u00e9 est la premi\u00e8re des originalit\u00e9s offertes par <strong>Philippe Jordan<\/strong>. Les baroqueux l\u2019ont certes pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans cette voix, mais avec 63 minutes au total, il se range parmi les interpr\u00e8tes les plus rapides de la discographie. Contrairement \u00e0 d\u2019autres, sa rapidit\u00e9 ne s\u2019exerce pas au d\u00e9triment de l\u2019articulation, et toutes les richesses de la partition demeurent audibles. Arriver \u00e0 faire se mouvoir si vite un orchestre aussi dense que le Wiener Symphoniker, sans ab\u00eemer sa sonorit\u00e9, montre \u00e0 quel niveau technique de direction est parvenu Jordan, et l\u2019exploit m\u00e9rite un coup de chapeau. \u00c9videmment, cela ne va pas sans inconv\u00e9nient. Il y a pas mal de moments o\u00f9 cela ne chante pas autant qu\u2019on l\u2019aurait voulu, notamment dans l\u2019<i>Adagio<\/i>. Mais pour ces quelques regrets, quelle vie, quelle dramatisme, quelle urgence!<\/span><span lang=\"FR-BE\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\"><span lang=\"FR-BE\">Deuxi\u00e8me marque de fabrique du disque\u00a0: la sollicitation de la partition. Le chef a visiblement m\u00fbri son interpr\u00e9tation pendant longtemps, et il a \u00e0 c\u0153ur de nous faire d\u00e9couvrir une foule de d\u00e9tails. Le r\u00f4le des cuivres dans le mouvement initial, la d\u00e9coupe rythmique du <i>Scherzo<\/i>, l\u2019\u00e9quilibre entre les vents et les cordes dans le premier \u00e9nonc\u00e9 de l\u2019O<i>de \u00e0 la joie<\/i> ne sont que des exemples, mais l\u2019inou\u00ef est au rendez-vous, quitte parfois \u00e0 faire hurler les puristes, parce qu\u2019il semble que Jordan aille au-del\u00e0 du texte. Il est aid\u00e9 par une prise de son qui radiographie la partition et ne laisse rien perdre des d\u00e9tails qu\u2019il s\u2019ing\u00e9nie \u00e0 faire saillir.<\/span><span lang=\"FR-BE\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\"><span lang=\"FR-BE\">Enfin le disque se distingue par la qualit\u00e9 de sa partie vocale. Ici, on sent la patte du chef d\u2019op\u00e9ra, actif depuis 8 ans \u00e0 Paris et d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e prochaine au Staatsoper de Vienne. Les ch\u0153urs sont men\u00e9s d\u2019une main de ma\u00eetre, et les chanteurs, au lieu d\u2019\u00eatre livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames dans leurs redoutables parties, sont accompagn\u00e9s, guid\u00e9s, aid\u00e9s. Jordan all\u00e8ge son orchestre, adapte son tempo ou son volume \u00e0 chaque fois que cela s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire, et cela nous vaut un dernier mouvement o\u00f9 la partie d\u00e9volue \u00e0 la voix humaine n\u2019est plus oppos\u00e9e \u00e0 l\u2019orchestre en un vain combat, mais fusionn\u00e9e en une harmonie parfaite. Les individualit\u00e9s n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 se d\u00e9ployer. Au premier rang, un Ren\u00e9 Pape pourtant familier de la partition, mais qu\u2019on n\u2019a jamais entendu aussi bien chantant et investi dans sa partie, qui du coup para\u00eetrait presque facile. Burkhard Fritz transcende ses limites de timbre et de volume, et nous offre une marche\u00a0<em>alla turca<\/em>\u00a0haletante. Les deux dames, si elles ont des r\u00f4les moins identifiables, donnent du moins l\u2019impression que leurs partitions n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crites \u00ab\u00a0 contre\u00a0\u00bb les voix, mais pour elles.<\/span><span lang=\"FR-BE\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\"><span lang=\"FR-BE\">Au total, Philippe Jordan cl\u00f4ture son int\u00e9grale Beethoven avec une Neuvi\u00e8me surprenante, pleine d\u2019atouts et d\u2019id\u00e9es originales, qui r\u00e9v\u00e8le une pens\u00e9e musicale d\u2019une profondeur rare en cette p\u00e9riode d\u2019uniformisation. En septembre 2020, il prendra ses fonctions \u00e0 l\u2019op\u00e9ra de Vienne. Nous attendons avec impatience ses premiers t\u00e9moignages \u00e0 ce poste expos\u00e9, o\u00f9 il aura la lourde t\u00e2che de succ\u00e9der \u00e0 un certain Gustav Mahler. \u00ab\u00a0A c\u0153ur vaillant, rien d\u2019impossible\u00a0\u00bb, ce disque en est une preuve. Bon vent, Maestro\u00a0!<\/span><\/p>\n<p class=\"Standard\"><b><i><span lang=\"FR-BE\">Beethoven, Symphonie n\u00b0 9<\/span><\/i><\/b><b><i><span lang=\"FR-BE\">\u00a0<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p class=\"Standard\"><b><i><span lang=\"FR-BE\">Ren\u00e9 Pape, basse<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p class=\"Standard\"><b><i><span lang=\"FR-BE\">Burkhard Fritz, t\u00e9nor<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p class=\"Standard\"><b><i><span lang=\"FR-BE\">Anja Kampe, soprano<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p class=\"Standard\"><b><i><span lang=\"FR-BE\">Daniela Sindram, alto<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p class=\"Standard\"><b><i><span lang=\"FR-BE\">Wiener Singverein<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p class=\"Standard\"><b><i><span lang=\"FR-BE\">Wiener Symphoniker, direction : Philippe Jordan<\/span><\/i><\/b><b><i><span lang=\"FR-BE\">\u00a0<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p class=\"Standard\"><b><i><span lang=\"FR-BE\">1 CD Wiener Symphoniker label, WS 017, 63\u2019, enregistr\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0live\u00a0\u00bb \u00e0 Vienne en mai 2017<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>LIRE AUSSI :<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"3dFBkM01be\"><p><a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/11\/20\/critique-lorchestre-metropolitain-a-chicago-tempete-et-passion-dans-la-ville-des-vents\/\">CRITIQUE | L&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain \u00e0 Chicago : m\u00e9morables d\u00e9buts dans la ville des vents<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/11\/20\/critique-lorchestre-metropolitain-a-chicago-tempete-et-passion-dans-la-ville-des-vents\/embed\/#?secret=3dFBkM01be\" data-secret=\"3dFBkM01be\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0CRITIQUE | L&rsquo;Orchestre M\u00e9tropolitain \u00e0 Chicago : m\u00e9morables d\u00e9buts dans la ville des vents\u00a0\u00bb &#8212; Ludwig Van Montreal\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 quoi bon une 150\u00e8me lecture de la Neuvi\u00e8me de Beethoven\u00a0? Pour pr\u00e9tendre s\u2019imposer dans une telle jungle, il faut avoir quelque chose de neuf \u00e0 proposer. Philippe Jordan le sait, et il va s\u2019employer \u00e0 d\u00e9poussi\u00e9rer toutes nos id\u00e9es sur l\u2019oeuvre, <\/p>\n","protected":false},"author":53,"featured_media":63205,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[28802,52,13965],"tags":[28789,36836,36837,36834,36835],"yst_prominent_words":[36830,9964,36827,9842,10006,14276,24970,10001,11593,13719,11556,36825,31564,36826,26686,10109,36829,9971,36828,36824],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/11\/Beethoven-IX.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/s9bdYt-disques","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63203"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/53"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=63203"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63203\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":63211,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63203\/revisions\/63211"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/63205"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=63203"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=63203"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=63203"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=63203"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}