{"id":60485,"date":"2019-07-23T13:59:46","date_gmt":"2019-07-23T17:59:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=60485"},"modified":"2019-07-23T15:46:12","modified_gmt":"2019-07-23T19:46:12","slug":"critique-orchestre-national-jeunes-canada-coup-eclat-maison-symphonique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/07\/23\/critique-orchestre-national-jeunes-canada-coup-eclat-maison-symphonique\/","title":{"rendered":"CRITIQUE  | Orchestre national des jeunes du Canada : coup d&rsquo;\u00e9clat \u00e0 la Maison symphonique"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_60487\" aria-describedby=\"caption-attachment-60487\" style=\"width: 1200px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-60487\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/07\/NYO-Canada-David-Popoff-NYO-Canada-WEB-1.jpg\" alt=\"Concerto pour violon et violoncelle op. 102 \" width=\"1200\" height=\"795\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/07\/NYO-Canada-David-Popoff-NYO-Canada-WEB-1.jpg 1200w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/07\/NYO-Canada-David-Popoff-NYO-Canada-WEB-1-300x199.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/07\/NYO-Canada-David-Popoff-NYO-Canada-WEB-1-768x509.jpg 768w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/07\/NYO-Canada-David-Popoff-NYO-Canada-WEB-1-1024x678.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-60487\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;Orchestre national des jeunes du Canada &#8211; NYO Canada \u00e0 la Maison symphonique, le 22 juillet 2019. (Photo: David Popoff, NYO Canada)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dans le cadre d&rsquo;une tourn\u00e9e au Canada et en Espagne, l<strong>&lsquo;Orchestre national des jeunes du Canada &#8211; NYO Canada<\/strong> s&rsquo;arr\u00eatait hier soir \u00e0 la Maison symphonique devant un parterre bien rempli. La prestation des 94 jeunes musiciens, sous la direction de <strong>Michael Francis<\/strong>, fut \u00e0 la fois \u00e9clatante et touchante.<\/p>\n<p>C&rsquo;est que l&rsquo;on a affaire, ici, \u00e0 une machine bien rod\u00e9e, tant sur le plan artistique qu&rsquo;organisationnel. Fort de commanditaires majeurs comme la Banque TD, l&rsquo;orchestre, qui cumule 59 ans d&rsquo;exp\u00e9rience au compteur, a les moyens de se payer les meilleurs professeurs, par exemple Pierre Beaudry, trombone-basse \u00e0 l&rsquo;OSM, qui est venu sur sc\u00e8ne dire un mot de bienvenue.<\/p>\n<p>Deux musiciennes de l&rsquo;orchestre sont aussi venues nous pr\u00e9senter leurs 92 coll\u00e8gues, dont 26 proviennent du Qu\u00e9bec. Un nombre assez \u00e9lev\u00e9 vient de l&rsquo;Ontario et le reste \u00e9tant r\u00e9parti entre les autres provinces.<\/p>\n<p>Compos\u00e9 de musiciens de 16 \u00e0 28 ans, le NYO Canada impressionne par son niveau tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Nous avons devant nous la cr\u00e8me des jeunes instrumentistes canadiens et il s&rsquo;en d\u00e9gage une sonorit\u00e9 \u00e0 la fois claire et imposante.<\/p>\n<p>Le tout est dirig\u00e9 de main de ma\u00eetre par <strong>Michael Francis<\/strong>, un chef sobre et confiant qui communique clairement avec ses musiciens, qui semble avoir la personnalit\u00e9 id\u00e9ale pour accomplir sa mission p\u00e9dagogique, et qui obtient d&rsquo;eux les r\u00e9sultats qu&rsquo;il souhaite obtenir.<\/p>\n<p>Le programme est substantiel: en plus de l&rsquo;immense Symphonie no 5 de Mahler et du Concerto pour violon et violoncelle op. 102 de Brahms, on pr\u00e9sente une pi\u00e8ce command\u00e9e au compositeur canadien natif de Vancouver <strong>Jared Miller.<\/strong><\/p>\n<p>Intitul\u00e9e <em>Under Sea, Above Sky<\/em>, cette derni\u00e8re ouvre le concert. S&rsquo;il arrive \u00e0 l&rsquo;occasion que ces commandes donnent des r\u00e9sultats tellement arides qu&rsquo;elles nous semblent comme une sorte de brocoli avant le dessert, ce n&rsquo;est pas le cas ici, car la pi\u00e8ce de Miller est magnifique et passionnante. Sans boule de cristal, on peut se risquer \u00e0 pr\u00e9voir qu&rsquo;elle aura une vraie et longue vie en \u00e9tant jou\u00e9e souvent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_60488\" aria-describedby=\"caption-attachment-60488\" style=\"width: 1000px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-60488\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/07\/Jared-Miller-Headshot-2014-1.jpg\" alt=\"Jared Miller, compositeur canadien. (Photo: courtoisie)\" width=\"1000\" height=\"1000\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/07\/Jared-Miller-Headshot-2014-1.jpg 1000w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/07\/Jared-Miller-Headshot-2014-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/07\/Jared-Miller-Headshot-2014-1-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/07\/Jared-Miller-Headshot-2014-1-768x768.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-60488\" class=\"wp-caption-text\">Jared Miller, compositeur canadien. (Photo: courtoisie)<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;hommage \u00e0 la Terre qu&rsquo;elle veut rendre est \u00e9vident par ses sonorit\u00e9s et son atmosph\u00e8re. On songe imm\u00e9diatement aux paysages c\u00f4tiers et marins de la Colombie-Britannique sans m\u00eame savoir que le compositeur est natif de cette province &#8211; chose que nous d\u00e9couvrirons par la suite en lisant sa biographie!<\/p>\n<p>Si le but de Jared Miller \u00e9tait de d\u00e9crire la nature, on peut lui attribuer une note parfaite de ce c\u00f4t\u00e9, avec les sons myst\u00e9rieux rappelant le chant des baleines ou des oiseaux dans un \u00e9cho lointain qu&rsquo;il est parvenu \u00e0 cr\u00e9er.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me partie de l&rsquo;oeuvre rappelle Debussy, notamment <em>La Mer<\/em>, par sa forme, son instrumentation et ses couleurs orchestrales. Je n&rsquo;aime pas les \u00e9tiquettes, mais on peut hasarder ici un terme comme \u00ab\u00a0n\u00e9o-impressionnisme\u00a0\u00bb ou impressionnisme modernis\u00e9. Quoiqu&rsquo;il en soit, c&rsquo;est une r\u00e9ussite.<\/p>\n<h2>Concerto pour violon et violoncelle de Brahms<\/h2>\n<p>Bien que l&rsquo;ex\u00e9cution du Concerto pour violon et violoncelle op. 102 de Brahms ait \u00e9t\u00e9 quasi impeccable, au regard de ce que l&rsquo;on allait entendre apr\u00e8s l&rsquo;entracte, il nous semble, avec du recul, que c&rsquo;\u00e9tait la partie la moins int\u00e9ressante du concert.<\/p>\n<p>Concerto \u00e0 deux soliste rarement jou\u00e9e, il s&rsquo;agit de la derni\u00e8re oeuvre orchestrale de Brahms, qui l&rsquo;a \u00e9crite pour ses amis, le violoniste Joseph Joachim, et le violoncelliste Robert Hausmann. Si le second mouvement est particuli\u00e8rement touchant avec son th\u00e8me principal tr\u00e8s po\u00e9tique, le premier est un peu long et lourd.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, les deux solistes de la soir\u00e9e, la violoniste Alison Kim et le violoncelliste Matthew Christakos, ma\u00eetrisent leur instrument et poss\u00e8dent une excellente technique ainsi que la musicalit\u00e9 que l&rsquo;on peut attendre de jeunes solistes en d\u00e9but de carri\u00e8re.<\/p>\n<p>Une oeuvre \u00e0 deux solistes peut s&rsquo;av\u00e9rer int\u00e9ressante gr\u00e2ce au dialogue qu&rsquo;elle cr\u00e9e entre ces instruments. Toutefois, il y a quelques pi\u00e8ges dans cela, \u00e0 savoir que, dans une volont\u00e9 consciente ou non de ne pas se voler mutuellement la vedette, les deux solistes peuvent en arriver \u00e0 une sorte de moyenne, un juste milieu \u00e0 ne pas confondre avec une v\u00e9ritable complicit\u00e9. Ajoutez \u00e0 cela qu&rsquo;on a ici deux musiciens dont la personnalit\u00e9 de soliste est encore en gestation, et le r\u00e9sultat global s&rsquo;av\u00e8re tout simplement correct, avec de superbes passages, mais manque de mordant.<\/p>\n<h2>La Symphonie no 5<\/h2>\n<p>C&rsquo;est avec l&rsquo;extraordinaire Symphonie no 5 que l&rsquo;orchestre r\u00e9v\u00e9lera ce qu&rsquo;il a dans le ventre. \u00c0 94 musiciens, la masse sonore est amplement satisfaisante, les contrastes dynamiques, sont soulign\u00e9s \u00e0 grands traits, le chemin est trac\u00e9 pour que l&rsquo;auditeur comprenne tout ce qui se passe en temps r\u00e9el.<\/p>\n<p>On ne peut faire autrement qu&rsquo;\u00eatre \u00e9merveill\u00e9 par une version aussi \u00e9loquente qui met en relief l&rsquo;esprit visionnaire de l&rsquo;oeuvre, tellement repr\u00e9sentative des d\u00e9chirements de son \u00e9poque.<\/p>\n<p>Alors qu&rsquo;une \u00e8re b\u00e9nie d&rsquo;accomplissement artistique et de prosp\u00e9rit\u00e9 tire \u00e0 sa fin en Europe, cette p\u00e9riode que Stefan Zweig a si bien d\u00e9crite dans <em>Le Monde hier<\/em>, une douceur et un art de vivre sont menac\u00e9s par la modernit\u00e9, les tensions politiques et deux guerres \u00e0 venir. Personne ne pouvait mieux exprimer cette tension que Mahler, et ce que nous avons entendu hier soir \u00e0 la Maison symphonique n&rsquo;avait rien \u00e0 envier \u00e0 des interpr\u00e9tations d\u00e9j\u00e0 entendues, entre ces murs, d&rsquo;orchestres professionnels.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s des tonnerres d&rsquo;applaudissements bien m\u00e9rit\u00e9s, on a eu droit \u00e0 un rappel tout en douceur, une vraie surprise: au lieu de jouer de leur instruments (que peut-on jouer, d&rsquo;ailleurs, en rappel de la Cinqui\u00e8me de Mahler?), les musiciens se sont lev\u00e9s pour chanter a cappella une pi\u00e8ce de la compositrice franco-ontarienne <strong>Marie-Claire Saindon<\/strong>, <em>Garde ton r\u00eave<\/em>. Un moment de gr\u00e2ce. Elle fut suivie d&rsquo;une autre pi\u00e8ce chant\u00e9e en anglais, <em>Lead Us Home<\/em>, de <strong>Matthew Emery<\/strong>, conclusion parfaite d&rsquo;une soir\u00e9e m\u00e9morable.<\/p>\n<h2>LIRE AUSSI:<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"eN3T4N40un\"><p><a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/07\/16\/icav-2019-les-operas-meconnus-du-jeune-mozart-a-lhonneur\/\">ICAV 2019 | Les op\u00e9ras m\u00e9connus du jeune Mozart \u00e0 l&rsquo;honneur<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/07\/16\/icav-2019-les-operas-meconnus-du-jeune-mozart-a-lhonneur\/embed\/#?secret=eN3T4N40un\" data-secret=\"eN3T4N40un\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0ICAV 2019 | Les op\u00e9ras m\u00e9connus du jeune Mozart \u00e0 l&rsquo;honneur\u00a0\u00bb &#8212; Ludwig Van Montreal\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre d&rsquo;une tourn\u00e9e au Canada et en Espagne, l&rsquo;Orchestre national des jeunes du Canada &#8211; NYO Canada s&rsquo;arr\u00eatait hier soir \u00e0 la Maison symphonique devant un parterre bien rempli. 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