{"id":59327,"date":"2019-04-03T12:39:08","date_gmt":"2019-04-03T16:39:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=59327"},"modified":"2019-04-03T12:39:08","modified_gmt":"2019-04-03T16:39:08","slug":"critique-stylus-phantasticus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/04\/03\/critique-stylus-phantasticus\/","title":{"rendered":"CRITIQUE  | Stylus Phantasticus: de la musique pour les yeux, de la peinture pour les oreilles"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_59328\" aria-describedby=\"caption-attachment-59328\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-59328\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/04\/Stylus-critique-cover-web.jpg\" alt=\"Sur sc\u00e8ne, V\u00e9ronique Lacroix dirige 12 musiciens de l\u2019ECM+ et le violoniste virtuose Victor Fournelle-Blain au fil d\u2019une trame vid\u00e9o projetant une quarantaine de chefs-d\u2019\u0153uvre picturaux parcourant les styles moderne, surr\u00e9aliste et cubiste. 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(Photo: courtoisie)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le compositeur <strong>Jean Lesage<\/strong> aurait \u00e9t\u00e9 peintre s\u2019il n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 musicien.<\/p>\n<p>\u00ab Cette passion picturale a influenc\u00e9 sa mani\u00e8re de composer \u00bb a rappel\u00e9 V\u00e9ronique Lacroix en ouvrant ce concert si particulier, autant \u00e0 voir qu\u2019\u00e0 entendre.<\/p>\n<p>\u00ab Il a \u00e9tudi\u00e9 le clavecin, ce qui l\u2019a guid\u00e9 dans la musique baroque et enrichi son approche des ornementations et des contrastes qui caract\u00e9risent sa musique. \u00bb<\/p>\n<p>Principe musical du baroque allemand, le <em>stylus phantasticus<\/em> se d\u00e9marque par l&rsquo;invention et l&rsquo;improvisation, et permet une alternance rapide des climats, des affects, des textures, des discours m\u00e9lodiques tr\u00e8s ouverts, libres et sans limites\u2026 sauf celles qu\u2019on s\u2019impose. En cela, cette d\u00e9marche rappelle le mouvement surr\u00e9aliste et le cubisme, o\u00f9 la narration m\u00e8ne au r\u00eave et fait ressortir l\u2019\u00e9tranget\u00e9 des objets et des sujets familiers.<\/p>\n<p>Choisis par le compositeur, plusieurs tableaux de grands ma\u00eetres (Manet, V\u00e9lasquez, etc.) et certains fragments sont ainsi projet\u00e9s en fond de sc\u00e8ne en parall\u00e8le des r\u00e9interpr\u00e9tations qu\u2019en ont fait les peintres surr\u00e9alistes et cubistes Picasso, Metzinger, Magritte, Chirico, etc.<\/p>\n<p>Toutes les \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es dans ce Stylus Phantasticus m\u00ealent avec doigt\u00e9 la peinture et la musique.<\/p>\n<p>Selon Jean Lesage, \u00ab interpr\u00e9ter, c\u2019est aussi recomposer \u00bb, disait Glenn Gould. \u00c0 la mani\u00e8re de Picasso &#8211; qui a fait 58 versions de Las M\u00e9ninas de Velasquez &#8211; le compositeur qu\u00e9b\u00e9cois a r\u00e9\u00e9crit une m\u00e9lodie de Mozart, pr\u00e9sent\u00e9e auparavant par la pianiste <strong>Pamela Reimer<\/strong> en d\u00e9but de concert, qu\u2019il a intitul\u00e9 <em>Le projet Amadeus<\/em>.<\/p>\n<p>Une d\u00e9marche pour \u00ab se d\u00e9-familiariser de Mozart \u00bb dit Lesage, et qui permet d\u2019en mieux appr\u00e9cier la composition. Au bout du compte, voici une \u0153uvre chatoyante et ludique, pleine de surprises et d\u2019humour qui oscille entre les codes, les sons, les instruments, s\u2019en affranchit souvent et y revient sans cesse.<\/p>\n<p>\u00ab Cette narration non lin\u00e9aire s\u2019apparente au r\u00eave et prend des motifs familiers que la composition recombine dans une signification diff\u00e9rente, explique Jean Lesage, lors des interventions entre les \u0153uvres.<\/p>\n<p>\u00ab Ce n\u2019est pas un emprunt ou une citation, c\u2019est l\u2019\u0153uvre elle-m\u00eame qu\u2019on r\u00e9interpr\u00e8te selon le prisme du Cubisme ou du Surr\u00e9alisme. Une d\u00e9construction de plusieurs perspectives en une seule. \u00bb<\/p>\n<p>Cet approche surr\u00e9aliste teinte le Quatuor \u00e0 cordes IV, \u00ab une mosa\u00efque \u00e9nigmatique \u00bb selon <strong>V\u00e9ronique Lacroix<\/strong>, un voyage alternatif entre de multiples paysages sonores et riche d\u2019\u00e9motions diverses, parfois sombres, parfois enjou\u00e9es, \u00e9tranges ou r\u00eaveuses mais selon un cheminement toujours serein entre les toiles de Miro, Chirico, Ernst, etc.<\/p>\n<p><em>Ivresse songes sourdes nuits<\/em> est un \u00ab\u00a0ovni\u00a0\u00bb musical dans le (tr\u00e8s) bon sens du terme. Un accompagnement inter-dimensionnel. Sobre mais profond.<\/p>\n<p>Ce solo de violon image le morcellement contradictoire de nos sentiments les plus int\u00e9rieurs qui se r\u00e9v\u00e8lent, apais\u00e9s, lors d\u2019un r\u00eave \u00e9veill\u00e9. Un moment de gr\u00e2ce diaboliquement interpr\u00e9t\u00e9 par <strong>Victor Fournelle-Blain<\/strong>, au milieu m\u00eame du public. Le pur exemple du <em>stylus phantasticus.<\/em><\/p>\n<p>Pour finir, <em>Soliloques aux figures \u00e9ph\u00e9m\u00e8res<\/em> rassemble tous les musiciens auxquels s\u2019ajoute le violon de <strong>Victor Fournelle-Blain<\/strong>. D\u2019une forme plus classique, ce concerto en trois mouvements se pr\u00e9sente comme un ensemble restitutif de toutes les images et \u00e9motions des \u0153uvres pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p>La composition se risque \u00e0 m\u00ealer les archets et les percussions, cr\u00e9ant de nouvelles couleurs sonores qui ouvre l\u2019esprit, \u00e9largit notre \u00e9coute. Si le soliste \u00ab\u00a0m\u00e8ne la danse\u00a0\u00bb au gr\u00e9 de ses pens\u00e9es, il raccompagne ainsi l\u2019auditoire, comme le ferait un h\u00f4te, vers la r\u00e9alit\u00e9 du pr\u00e9sent sous les bons auspices de l\u2019orchestre qui replante le d\u00e9cor.<\/p>\n<p>Ponctu\u00e9 d\u2019images projet\u00e9es pendant les \u0153uvres et d\u2019interventions explicatives entre elles, je recommande ce concert aux n\u00e9ophytes en musique contemporaine. Id\u00e9al pour commencer la d\u00e9couverte et l\u2019aventure !<\/p>\n<p><em><strong>Ce concert \u00e9tait le premier d\u2019une tourn\u00e9e du Conseil des Arts de Montr\u00e9al. Il sera pr\u00e9sent\u00e9 les 3 avril (Quai 5160, Verdun, 19h30), le 7 avril (Th\u00e9\u00e2tre Saputo, Saint-L\u00e9onard, 16h), le 10 avril (Maison Claude-L\u00e9veill\u00e9, Villeray, 20h), 13 avril (Maison culturelle, Montr\u00e9al-Nord, 19h30), 28 avril (Pavillon de l\u2019Entrep\u00f4t, Lachine, 11h) et le 9 mai (Th\u00e9\u00e2tre Paradoxe, Sud-Ouest, 20h).<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le compositeur Jean Lesage aurait \u00e9t\u00e9 peintre s\u2019il n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 musicien. <\/p>\n","protected":false},"author":71,"featured_media":59328,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[28802,52],"tags":[28789,1110],"yst_prominent_words":[20664,30783,10097,7202,30784,11224,12536,12926,11185,9811,10497,30503,17950,30502,30501,30785,12929,12856,8652,15054],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/04\/Stylus-critique-cover-web.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-fqT","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59327"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/71"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=59327"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59327\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":59331,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59327\/revisions\/59331"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/59328"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=59327"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=59327"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=59327"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=59327"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}