{"id":59209,"date":"2019-03-21T10:39:45","date_gmt":"2019-03-21T14:39:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=59209"},"modified":"2019-03-21T10:48:52","modified_gmt":"2019-03-21T14:48:52","slug":"critique-losm-a-bruxelles-crescendo-vers-sublime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/03\/21\/critique-losm-a-bruxelles-crescendo-vers-sublime\/","title":{"rendered":"CRITIQUE  | L&rsquo;OSM \u00e0 Bruxelles : un crescendo vers le sublime"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_59210\" aria-describedby=\"caption-attachment-59210\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-59210\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/Bruxelles-OSM-WEB.jpg\" alt=\"L'OSM au Palais des beaux-arts de Bruxelles, 20 mars 2019. (Photo: Jean-Marc Abela)\" width=\"1024\" height=\"682\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/Bruxelles-OSM-WEB.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/Bruxelles-OSM-WEB-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/Bruxelles-OSM-WEB-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-59210\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;OSM au Palais des beaux-arts de Bruxelles, 20 mars 2019. (Photo: Jean-Marc Abela)<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Apr\u00e8s Paris, Bruxelles. L\u2019OSM \u00e9tait de passage, hier soir, dans la capitale de l\u2019Europe et de la Belgique. Un de nos collaborateurs \u00e9tait pr\u00e9sent au Palais des beaux-arts.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>De m\u00e9moire de m\u00e9lomane belge, on n\u2019avait plus vu l\u2019OSM dans notre petit royaume depuis tr\u00e8s longtemps. Lorsque la phalange nord-am\u00e9ricaine arrive, avec un programme brillant et pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019une s\u00e9rie d\u2019enregistrements qui, s\u2019ils remontent pour beaucoup \u00e0 l\u2019\u00e8re Dutoit, n\u2019en ont pas moins marqu\u00e9, les attentes sont \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s pas mal de retard, et un discours de pr\u00e9sentation qui aurait gagn\u00e9 \u00e0 \u00eatre raccourci, <strong>Kent Nagano<\/strong> fait enfin son entr\u00e9e sur sc\u00e8ne. La tension est maximale, d\u2019autant que la salle du Palais des Beaux-Arts est bond\u00e9e comme rarement.<\/p>\n<p>Malheureusement, <em>La Damnation de Faust<\/em> de Berlioz d\u00e9\u00e7oit. Un menuet \u00e9teint, comme r\u00e9cit\u00e9 par des instrumentistes fatigu\u00e9s, une danse des Sylphes certes finement color\u00e9e, mais vide de substance, et une marche hongroise qui se tra\u00eene, avec des cuivres tonitruants et un cymbalier distrait : le bilan n\u2019est gu\u00e8re r\u00e9jouissant, et on s\u2019appr\u00eate \u00e0 ranger le concert au rayon des occasions manqu\u00e9es.<\/p>\n<p>C\u2019est alors que <strong>Marie-Nicole Lemieux<\/strong> fait son entr\u00e9e, d\u2019un pas r\u00e9solu, pour interpr\u00e9ter les <em>Wesendonck-Lieder<\/em> de Wagner. La contralto canadienne dispose d\u2019un fort capital de sympathie aupr\u00e8s du public belge depuis sa victoire au concours musical reine Elisabeth en 2000.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_59211\" aria-describedby=\"caption-attachment-59211\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-59211\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/Marie-Nicole-Lemieux-cr-Jean-Marc-Abela-WEB.jpg\" alt=\"Marie-Nicole Lemieux\" width=\"1024\" height=\"682\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/Marie-Nicole-Lemieux-cr-Jean-Marc-Abela-WEB.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/Marie-Nicole-Lemieux-cr-Jean-Marc-Abela-WEB-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/Marie-Nicole-Lemieux-cr-Jean-Marc-Abela-WEB-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-59211\" class=\"wp-caption-text\">\u00ab\u00a0Inspir\u00e9s par la voix chaude de Lemieux et sa fa\u00e7on d\u2019habiter ce qu\u2019elle chante, les instrumentistes et le chef se ressaisissent, offrant un \u00e9crin ou les d\u00e9tails rivalisent de finesse.\u00a0\u00bb (PHOTO: Jean-Marc Abela)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Par la force de son inspiration, par sa capacit\u00e9 \u00e0 alterner introversion et extraversion, par sa gestion de la puissance, par la perfection de sa diction, par sa musicalit\u00e9 hors pair, la chanteuse va mener le concert sur des cimes qu\u2019il ne quittera plus. C\u2019est que le g\u00e9nie de la contralto semble contagieux. Oubli\u00e9, le Berlioz h\u00e9sitant du d\u00e9but.<\/p>\n<p>Inspir\u00e9s par la voix chaude de Lemieux et sa fa\u00e7on d\u2019habiter ce qu\u2019elle chante, les instrumentistes et le chef se ressaisissent, offrant un \u00e9crin ou les d\u00e9tails rivalisent de finesse. Rarement aura-t-on entendu un accompagnement de lieder aussi subtil, parsem\u00e9 de plaisirs \u00e0 se p\u00e2mer.<\/p>\n<p>L\u2019attention du public, au d\u00e9part tr\u00e8s flottante, se fixe, et les toux se font moins nombreuses au fur et \u00e0 mesure que la chanteuse et l\u2019orchestre progressent dans ce bouleversant cycle de l\u2019amour condamn\u00e9. Les derniers accords de <em>Traume<\/em> s\u2019\u00e9teignent dans un silence charg\u00e9 d\u2019\u00e9motion.<\/p>\n<p>Dans le trop rare <em>Jeux<\/em>, le po\u00e8me dans\u00e9 de Debussy, l\u2019orchestre confirme son ad\u00e9quation au r\u00e9pertoire fran\u00e7ais qui a tant fait pour sa gloire : toute la grammaire de l\u2019impressionnisme musical est convoqu\u00e9e et expos\u00e9e avec maestria.<\/p>\n<p>Lumi\u00e8re des bois, tremolos des cordes, br\u00e8ves et essentielles interventions des cuivres, richesse des percussions utilis\u00e9es non pour faire du bruit mais pour enrichir la palette du compositeur &#8230; Les montr\u00e9alais s\u2019en donnent \u00e0 coeur joie, tout \u00e0 l\u2019ivresse de chanter dans leur arbre g\u00e9n\u00e9alogique.<\/p>\n<p>Mais l\u2019OSM a plus d\u2019une corde \u00e0 son arc, et il ne se contente pas d\u2019exceller dans les pi\u00e8ces d\u00e9licates ou les cama\u00efeux de nuances. Le <em>Petrouchka<\/em> de Stravinsky r\u00e9clame en effet d\u2019autres qualit\u00e9s : du mordant, de l\u2019\u00e2pret\u00e9, une capacit\u00e9 \u00e0 affronter les angles et les ruptures d\u2019une musique qui est l\u2019\u00e9quivalent sonore du cubisme.<\/p>\n<p>On est stup\u00e9fait par la facilit\u00e9 avec laquelle la baguette de Nagano passe d\u2019un monde \u00e0 l\u2019autre, avec la m\u00eame conviction, la m\u00eame pr\u00e9cision, la m\u00eame flamme. L\u2019orchestre suit au quart de tour, n\u2019offrant plus le moindre signe de fatigue dans une partition pourtant longue et redoutable.<\/p>\n<p>Certains instrumentistes se couvrent de gloire : on n\u2019est pas pr\u00e8s d\u2019oublier la trompette solo ou le tuba. Face aux incessants rappels du public, Nagano propose en bis une <em>Valse<\/em> de Ravel a\u00e9rienne et f\u00e9line, qui n\u2019aura jamais \u00e9t\u00e9 aussi proche de ses mod\u00e8les viennois, avec ce qu\u2019il faut de cauchemar a la fin. La salle est hors d\u2019elle.<\/p>\n<p>Dans les couloirs, la question qui \u00e9tait sur toutes les l\u00e8vres : \u00ab Quand reviendront-ils ? \u00bb<\/p>\n<h2>LIRE AUSSI:<\/h2>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"aUkBbNkvaS\"><p><a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/03\/20\/critique-losm-tournee-salle-comble-ambiance-electrique-a-paris\/\">CRITIQUE  | L&rsquo;OSM en tourn\u00e9e: salle comble et ambiance \u00e9lectrique \u00e0 Paris<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/03\/20\/critique-losm-tournee-salle-comble-ambiance-electrique-a-paris\/embed\/#?secret=aUkBbNkvaS\" data-secret=\"aUkBbNkvaS\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0CRITIQUE  | L&rsquo;OSM en tourn\u00e9e: salle comble et ambiance \u00e9lectrique \u00e0 Paris\u00a0\u00bb &#8212; Ludwig Van Montreal\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s Paris, Bruxelles. L\u2019OSM \u00e9tait de passage, hier soir, dans la capitale de l\u2019Europe et de la Belgique. Un de nos collaborateurs \u00e9tait pr\u00e9sent au Palais des beaux-arts. <\/p>\n","protected":false},"author":53,"featured_media":59210,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[28802,52],"tags":[28789,2542],"yst_prominent_words":[30533,30531,30532,30523,30526,30530,30521,30528,30520,30529,30537,30534,15238,30536,30527,30524,30525,30535,30538,30522],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/Bruxelles-OSM-WEB.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-foZ","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59209"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/53"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=59209"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59209\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":59213,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59209\/revisions\/59213"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/59210"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=59209"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=59209"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=59209"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=59209"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}