{"id":59181,"date":"2019-03-20T09:03:26","date_gmt":"2019-03-20T13:03:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=59181"},"modified":"2019-03-20T13:01:41","modified_gmt":"2019-03-20T17:01:41","slug":"critique-losm-tournee-salle-comble-ambiance-electrique-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/03\/20\/critique-losm-tournee-salle-comble-ambiance-electrique-a-paris\/","title":{"rendered":"CRITIQUE  | L&rsquo;OSM en tourn\u00e9e: salle comble et ambiance \u00e9lectrique \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_59182\" aria-describedby=\"caption-attachment-59182\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-59182\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/OSM-Marie-Nicole-Lemieux-Nagano-cr-Jean-Marc-Abela-WEB.jpg\" alt=\"La premi\u00e8re partie s'achevait avec le tr\u00e8s attendu cycle de Wagner interpr\u00e9t\u00e9 par Marie-Nicole Lemieux. (PHOTO: Jean-Marc Abela)\" width=\"1024\" height=\"682\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/OSM-Marie-Nicole-Lemieux-Nagano-cr-Jean-Marc-Abela-WEB.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/OSM-Marie-Nicole-Lemieux-Nagano-cr-Jean-Marc-Abela-WEB-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/OSM-Marie-Nicole-Lemieux-Nagano-cr-Jean-Marc-Abela-WEB-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-59182\" class=\"wp-caption-text\">La premi\u00e8re partie s&rsquo;achevait avec le tr\u00e8s attendu cycle de Wagner interpr\u00e9t\u00e9 par Marie-Nicole Lemieux. (PHOTO: Jean-Marc Abela)<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>L&rsquo;OSM poursuit sa tourn\u00e9e europ\u00e9enne entam\u00e9e le 11 mars. Apr\u00e8s D\u00fcsseldorf, Hambourg, Essen et Vienne, il s&rsquo;arr\u00eatait hier soir \u00e0 Paris. Ludwig van Montr\u00e9al avait d\u00e9p\u00each\u00e9 un collaborateur sur place.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Salle comble et ambiance \u00e9lectrique pour l&rsquo;\u00e9tape parisienne, \u00e0 la Philharmonie, de la douzi\u00e8me tourn\u00e9e europ\u00e9enne de l&rsquo;OSM, avec Kent Nagano, son directeur musical attitr\u00e9 depuis septembre 2006.<\/p>\n<p>Le programme, aussi vari\u00e9 que d\u00e9monstratif, met en regard deux pi\u00e8ces aussi diff\u00e9rentes que possible, quoique toutes deux \u00e9crites pour les Ballets russes de Sergue\u00ef Diaghilev, cr\u00e9\u00e9es \u00e0 quelques jours d&rsquo;intervalle \u00e0 Paris (Th\u00e9\u00e2tre des Champs \u00c9lys\u00e9es) en mai 1913, <em>Jeux <\/em>de Debussy et <em>Le Sacre du printemps<\/em> de Stravinsky. Entre les deux, se glisse le romantisme \u00e9chevel\u00e9 des <em>Wesendonck-Lieder<\/em> de Wagner.<\/p>\n<p>Le po\u00e8me dans\u00e9 de Debussy ouvre le tout, montrant d&#8217;embl\u00e9e les qualit\u00e9s de l&rsquo;OSM : \u00e9l\u00e9gance du jeu, sonorit\u00e9 &#8211; tr\u00e8s fran\u00e7aise &#8211; claire et transparente, excellence des bois, le tout au service d&rsquo;une partition allusive et volatile qu&rsquo;un Nagano aussi pr\u00e9cis que souple sert avec finesse et esprit.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re partie s&rsquo;achevait avec le tr\u00e8s attendu cycle de Wagner interpr\u00e9t\u00e9 par Marie-Nicole Lemieux. La comparaison est \u00e9loquente avec son tout premier disque, enregistr\u00e9 en 2000 dans la foul\u00e9e de sa victoire au Concours Reine Elisabeth, o\u00f9 la contralto qu\u00e9b\u00e9coise s&rsquo;attaquait d\u00e9j\u00e0 au cycle, mais dans l&rsquo;accompagnement piano &#8211; original, le compositeur n&rsquo;ayant par la suite orchestr\u00e9 lui-m\u00eame que <em>Tra\u00fcme<\/em> \u2013 et dans sa version pour voix grave.<\/p>\n<p>Dix-neuf ans apr\u00e8s, force est de constater que l&rsquo;instrument a encore gagn\u00e9 en ampleur et en moelleux, la musicalit\u00e9 s&rsquo;est affirm\u00e9e et affin\u00e9e, l&rsquo;allemand sonne plus naturel et fluide, malgr\u00e9 quelques n\u00e9gligences parfois sur des doubles consonnes (\u00ab h\u00fcllet \u00bb,\u00ab Sonne \u00bb).<\/p>\n<p>Confront\u00e9e de plus \u00e0 la tessiture originale de soprano, la voix sonne glorieuse dans <em>Der Engel<\/em>, entrav\u00e9e seulement par quelques aigus pris par en-dessous et un peu trop vibr\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;agitation de <em>Stehe still<\/em> lui convient moins, avec un d\u00e9but plus impr\u00e9catoire qu&rsquo;exalt\u00e9 et certains aigus assez tendus, et un retour au calme final sans doute pas assez apais\u00e9.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est dans les chromatismes exacerb\u00e9s d&rsquo;<em>Im Treibhaus<\/em>, d&rsquo;un \u00e9rotisme morbide, que, port\u00e9e par un orchestre enveloppant \u00e0 souhait, la chanteuse d\u00e9ploie tous ses sortil\u00e8ges, timbre moelleux et sensuel et cantabile sans faille osant d&rsquo;ineffables <em>piani<\/em> aigus.<\/p>\n<p>Elle trouve le grand ton n\u00e9cessaire \u00e0 <em>Schmerzen<\/em>, m\u00eame si le La de \u00ab <em>Glorie<\/em> \u00bb est un peu arrach\u00e9. Elle revient enfin \u00e0 sa musicalit\u00e9 la plus naturelle de douce ferveur pour un <em>Tra\u00fcme<\/em> au charme insinuant, pris dans un tempo assez allant, ce qui peut tout \u00e0 fait se justifier (l&rsquo;indication de partition est d&rsquo;un mouvement tr\u00e8s r\u00e9gulier mais sans jamais tra\u00eener) \u00e0 condition toutefois d&rsquo;aller vers une fin de plus en plus douce et apais\u00e9e ( indiqu\u00e9e express\u00e9ment avec toujours plus d&rsquo;abandon), afin de sugg\u00e9rer la paix ultime du tombeau, ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas tout \u00e0 fait le cas ici.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s aim\u00e9e du public parisien, qui l&rsquo;a souvent entendue et appr\u00e9ci\u00e9e aussi bien en concert qu&rsquo;\u00e0 la sc\u00e8ne, la contralto canadienne a recueilli un tonnerre d&rsquo;applaudissements tr\u00e8s m\u00e9rit\u00e9, quittant l&rsquo;estrade avec ce sautillement primesautier qu&rsquo;on lui conna\u00eet bien en r\u00e9cital, et dont elle s&rsquo;\u00e9tait sagement abstenue pendant une prestation toute de concentration fervente.<\/p>\n<h2>Le Sacre du printemps<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;entracte, l&rsquo;OSM retrouvait l\u2019un de ses chevaux de batailles, le <em>Sacre<\/em> stravinskien, particuli\u00e8rement d&rsquo;actualit\u00e9 en cette veille de printemps, qui a permis d&rsquo;exhiber la solidit\u00e9 de tous les pupitres et la rythmicit\u00e9 implacable du chef, tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;aise dans le foisonnement d&rsquo;une partition aussi exaltante que p\u00e9rilleuse pour le grand orchestre convoqu\u00e9, et dont on ne dira jamais assez le caract\u00e8re novateur et fondateur de tout le XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote><p>Le r\u00e9sultat est \u00e9blouissant de s\u00fbret\u00e9 et de pr\u00e9cision, avec une battue d&rsquo;une clart\u00e9 qui jamais ne s&rsquo;affole et des rutilances qui ne vont jamais jusqu&rsquo;au clinquant, dans des tutti fortissimo toujours tr\u00e8s maitris\u00e9s.<\/p><\/blockquote>\n<p>Certes, on devra chercher chez d&rsquo;autres une vision plus sauvage de ce vaste rite pa\u00efen, avec par moments des cordes plus \u00e2pres, un mart\u00e8lement rythmique plus tribal ou une vraie course \u00e0 l&rsquo;ab\u00eeme pour la fin. Mais on ne saurait nier que cette lecture, sans doute plus apollinienne que dionysiaque, a beaucoup d&rsquo;allure.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est le g\u00e9n\u00e9reux rappel qui ach\u00e8vera de transporter la salle avec une <em>Valse<\/em> de Ravel de grande classe, claire de son, irr\u00e9sistible d&rsquo;\u00e9lan et au d\u00e9hanch\u00e9 d\u00e9licieusement d\u00e9cadent.<\/p>\n<p>Pour sa premi\u00e8re prestation \u00e0 la Philharmonie de Paris, l&rsquo;OSM n&rsquo;aura pas rat\u00e9 son rendez-vous !<\/p>\n<p>Ce concert \u00e9tait diffus\u00e9 sur la cha\u00eene sp\u00e9cialis\u00e9e Mezzo Live HD. Il sera rediffus\u00e9 aux dates suivantes:<\/p>\n<p>Le 3 avril \u00e0 20h<br \/>\nLe 9 avril \u00e0 1h15<br \/>\nLe 18 avril \u00e0 12h30<br \/>\nLe 23 avril \u00e0 8h45<br \/>\nLe 28 avril \u00e0 20h<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;OSM jouera ce soir au Palais des beaux-arts de Bruxelles. Nous y serons \u00e9galement! \u00c0 lire, notre critique, demain.\u00a0<\/strong><\/p>\n<h2>LIRE AUSSI:<\/h2>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"P0DZrZz4N1\"><p><a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/03\/07\/critique-osm-fabuleuse-prestation-tournee\/\">CRITIQUE  | OSM : une fabuleuse prestation juste avant la tourn\u00e9e<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2019\/03\/07\/critique-osm-fabuleuse-prestation-tournee\/embed\/#?secret=P0DZrZz4N1\" data-secret=\"P0DZrZz4N1\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0CRITIQUE  | OSM : une fabuleuse prestation juste avant la tourn\u00e9e\u00a0\u00bb &#8212; Ludwig Van Montreal\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Orchestre symphonique de Montr\u00e9al poursuit ta tourn\u00e9e europ\u00e9enne entam\u00e9e le 11 mars. Apr\u00e8s D\u00fcsseldorf, Hambourg, Essen et Vienne, il s&rsquo;arr\u00eatait hier soir \u00e0 Paris. Ludwig van Montr\u00e9al avait d\u00e9p\u00each\u00e9 un collaborateur sur place. <\/p>\n","protected":false},"author":79,"featured_media":59182,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[28802,52],"tags":[28789,2542],"yst_prominent_words":[30495,30486,30484,20664,30497,30492,30487,30493,30489,10443,9886,30494,24802,30491,30490,18029,15196,30496,30488,30485],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2019\/03\/OSM-Marie-Nicole-Lemieux-Nagano-cr-Jean-Marc-Abela-WEB.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-fox","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59181"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/79"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=59181"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59181\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":59188,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59181\/revisions\/59188"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/59182"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=59181"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=59181"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=59181"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=59181"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}