{"id":58145,"date":"2018-12-31T16:50:01","date_gmt":"2018-12-31T21:50:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=58145"},"modified":"2019-01-01T16:48:27","modified_gmt":"2019-01-01T21:48:27","slug":"58145","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/12\/31\/58145\/","title":{"rendered":"SOUVENIRS |  Plus dr\u00f4les que le Bye bye: 10 chroniques assassines en m\u00e9moire de la plume vitriolique de Claude Gingras"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_58146\" aria-describedby=\"caption-attachment-58146\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-58146\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/12\/Claude-Gingras-cover-LVT-1024x535.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"535\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/12\/Claude-Gingras-cover-LVT-1024x535.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/12\/Claude-Gingras-cover-LVT-1024x535-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/12\/Claude-Gingras-cover-LVT-1024x535-768x401.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-58146\" class=\"wp-caption-text\">Claude Gingras, critique musical, 1931-2018.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Qu&rsquo;on l&rsquo;ait aim\u00e9 ou d\u00e9test\u00e9 &#8211; parfois les deux en m\u00eame temps &#8211; Claude Gingras a marqu\u00e9 la vie musicale qu\u00e9b\u00e9coise par la qualit\u00e9 de sa plume incisive pendant 60 ans. Si certains artistes ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ses bonnes gr\u00e2ces, d&rsquo;autres ont go\u00fbt\u00e9 \u00e0 son vinaigre! Voici des extraits de 10 chroniques qui nous rappellent qu&rsquo;au-del\u00e0 de ses connaissances encyclop\u00e9diques, le succ\u00e8s du critique tenait beaucoup au fait qu&rsquo;il \u00e9tait avant tout divertissant \u00e0 lire.<\/p>\n<p>NOTE: Les sous-titres mentionn\u00e9s ici sont les titres v\u00e9ritables des chroniques publi\u00e9es dans La Presse.<\/p>\n<h3>Pauvre Ang\u00e8le &#8211; La Presse, 8 novembre 1988<\/h3>\n<p>Ces mots durs sur Ang\u00e8le Dubeau sont sans doute les plus c\u00e9l\u00e8bres de ses terribles critiques. La phrase sur le Stradivarius de la violoniste est demeur\u00e9e dans les annales.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ang\u00e8le Dubeau compte parmi les personnes les plus aimables et les musiciens (hommes ou femmes) les moins pr\u00e9tentieux que je connaisse. <\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;aimerais ajouter qu&rsquo;elle est une grande violoniste. H\u00e9las! malgr\u00e9 la meilleure volont\u00e9 du monde, et au risque m\u00eame de provoquer une lev\u00e9e de boucliers sur le territoire entier de Lanaudi\u00e8re, o\u00f9 elle a statut d&rsquo;\u00abh\u00e9ro\u00efne nationale\u00bb, je ne vois en elle rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une violoniste de seconde zone. Pis encore: \u00e0 26 ans maintenant, la douce Ang\u00e8le constitue, j&rsquo;en ai bien peur, un cas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9.\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026] <\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Tout le monde sait qu&rsquo;Ang\u00e8le Dubeau joue sur un Stradivarius. Il s&rsquo;agit, \u00e0 mon sens, d&rsquo;un pur gaspillage\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Ren\u00e9e Fleming: l&rsquo;art de \u00ab\u00a0tourner autour\u00a0\u00bb &#8211; La Presse, 7 avril 2003<\/h3>\n<p>Si l&rsquo;on examine de pr\u00e8s les \u00e9crits de Claude Gingras, on constate qu&rsquo;il a souvent \u00e9corch\u00e9 les gens qui jugeait surestim\u00e9s ou pr\u00e9tentieux. Ce fut souvent le cas avec les chanteuses am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J&rsquo;AIMERAIS r\u00e9sumer en un mot l&rsquo;impression que m&rsquo;a laiss\u00e9e Ren\u00e9e Fleming. Ce mot, ce serait NON. <\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026] <\/em><\/p>\n<p><em>Authenticit\u00e9, noblesse et grandeur sont des vertus qu&rsquo;il est impossible d&rsquo;appliquer \u00e0 Miss Fleming. Tout d&rsquo;abord, elle n&rsquo;a absolument pas ce qu&rsquo;on appelle \u00ab\u00a0de la classe\u00a0\u00bb. Pire que d&rsquo;avoir l&rsquo;air d&rsquo;une petite secr\u00e9taire de bureau, son comportement en sc\u00e8ne fait cheap . M\u00eame avec ses toilettes qui doivent co\u00fbter les yeux de la t\u00eate.<\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026]<\/em><\/p>\n<p><em> Hier, si j&rsquo;ai pleur\u00e9 en observant la fille Fleming, c&rsquo;est que j&rsquo;avais enterr\u00e9 mon pauvre chien deux heures plus t\u00f4t.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Joshua Bell: rien \u00e0 dire &#8211;\u00a0La Presse, 17 janvier 2011<\/h3>\n<p>Claude n&rsquo;aimait pas que la foule soit b\u00e9ate devant des musiciens qu&rsquo;il jugeait ordinaires, et il le soulignait souvent dans ses critiques.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il a aujourd&rsquo;hui 43 ans. Il a atteint la maturit\u00e9&#8230; en \u00e2ge seulement. Comme musicien et comme interpr\u00e8te, il est demeur\u00e9 au m\u00eame niveau qu&rsquo;autrefois: celui du sympathique adolescent, de l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve tr\u00e8s appliqu\u00e9, du d\u00e9butant tr\u00e8s prometteur.<\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026]<\/em><\/p>\n<p><em>En fait, Bell semblait tellement loin de l&rsquo;essence des oeuvres qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas, dans tout ce qu&rsquo;il a jou\u00e9, une seule mesure de musique qui m&rsquo;inspire le moindre commentaire. <\/em><\/p>\n<p><em> [\u2026] <\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Enjoy the show!\u00a0\u00bb (sic) a lanc\u00e9 une voix anonyme au micro \u00e0 14h30. Environ 2000 personnes avaient r\u00e9pondu \u00e0 l&rsquo;appel, majoritairement des gens peu habitu\u00e9s au concert, venus du Violon rouge et autres cin\u00e9mas, qui ont \u00e9cout\u00e9 dans un beau silence mais d\u00e9rang\u00e9 le d\u00e9roulement des oeuvres en applaudissant machinalement apr\u00e8s chaque mouvement. En fait, elles n&rsquo;ont pas d\u00e9rang\u00e9 grand-chose&#8230; \u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Jessye Norman ou l&rsquo;art de ne rien dire &#8211;\u00a0La Presse, 16 mai 1993<\/h3>\n<p>Irr\u00e9v\u00e9rencieux: c&rsquo;est sans doute la caract\u00e9ristique qui d\u00e9crirait le mieux son attitude. Claude Gingras n&rsquo;avait que faire de la r\u00e9putation d&rsquo;un artiste, s&rsquo;il trouvait que cette r\u00e9putation \u00e9tait surfaite. Les \u00ab\u00a0grands noms\u00a0\u00bb ne l&rsquo;intimidaient pas et il ne s&rsquo;est jamais priv\u00e9 d&rsquo;\u00e9gratigner les plus \u00ab\u00a0grands\u00a0\u00bb. Lui qui avait rencontr\u00e9 la Callas, il en avait vu d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>Ici, le journaliste raconte une conf\u00e9rence de presse organis\u00e9e avec la c\u00e9l\u00e8bre diva am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La t\u00eate envelopp\u00e9e dans une esp\u00e8ce de turban vert \u00e0 rendre jalouse Francine Grimaldi, Jessye Norman a sign\u00e9 des autographes pendant deux heures hier apr\u00e8s-midi, chez Archambault. <\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026] <\/em><\/p>\n<p><em>La \u00abconf\u00e9rence de presse\u00bb, si j&rsquo;ose dire, se d\u00e9roule devant des douzaines de curieux qui, retenus par un cordon, se sont attard\u00e9s apr\u00e8s la s\u00e9ance d&rsquo;autographes. L&rsquo;impression est celle d&rsquo;\u00eatre dans une vitrine. La vedette tr\u00f4ne. Elle en a l&rsquo;habitude. Nous, pas. <\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026] <\/em><\/p>\n<p><em>\u00c9tant donn\u00e9 que le sujet m&rsquo;int\u00e9resse assez peu, je ne me pr\u00e9cipite pas. Je laisse Marie Laurier, du Devoir , risquer la premi\u00e8re question: \u00abQuelle robe porterez-vous \u00e0 votre r\u00e9cital?\u00bb Je comprends Marie: c&rsquo;est le niveau de questions qu&rsquo;inspire Jessye Norman. R\u00e9ponse: \u00abOn verra!\u00bb <\/em><\/p>\n<p><em>Madame se moque visiblement de nous. Qu&rsquo;elle sache que le sentiment est tout \u00e0 fait r\u00e9ciproque. <\/em><br \/>\n<em>Son air suffisant n&rsquo;invite aucune esp\u00e8ce de dialogue. Il est vrai que j&rsquo;ai n\u00e9glig\u00e9 de me prosterner devant la d\u00e9esse, que je ne lui ai pas bais\u00e9 les pieds et que je ne l&rsquo;ai pas suppli\u00e9e de m&rsquo;entendre lui dire \u00abVous \u00eates la plus grande des plus grandes\u00bb, ou quelque chose du genre.<\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026] <\/em><\/p>\n<p><em>Le repr\u00e9sentant de sa maison de disques demande s&rsquo;il y a d&rsquo;autres questions. Sur un ton qui laisse entendre que les questions sont inutiles, j&rsquo;observe: \u00abMais il n&rsquo;y a pas de r\u00e9ponses&#8230;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>OSM\/Terrorisme &#8211; La Presse, 4 octobre 2001<\/h3>\n<p>Un titre qui frappe, c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire! Mais les paragraphes tr\u00e8s imag\u00e9s qui suivent ne sont pas piqu\u00e9s des vers.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Un mot circule partout ces jours-ci: terrorisme. Il m&rsquo;est venu \u00e0 l&rsquo;esprit hier soir en observant Pinchas Zukerman, playboy grisonnant du violon, zieuter la blonde et demi-nue joueuse de violoncelle avec laquelle il s&rsquo;exhibe maintenant. Ce que ces deux-l\u00e0, elle surtout, ont inflig\u00e9 \u00e0 Beethoven \u00e9tait proche d&rsquo;un saccage. Heureusement, le compositeur n&rsquo;aurait rien entendu.<\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026] <\/em><\/p>\n<p><em>L&rsquo;apr\u00e8s-entracte sera occup\u00e9 par la plus m\u00e9diocre lecture du Triple Concerto que j&rsquo;aie entendue et dont, encore une fois, je lib\u00e8re MM. Bertsch et Lortie, ce dernier souffrant manifestement le martyre en \u00e9coutant, au d\u00e9but du mouvement lent, la joueuse de violoncelle cherchant \u00e0 joindre une note \u00e0 une autre et \u00e0 y conserver un minimum de justesse et un semblant de son. \u00c0 cause, peut-\u00eatre, d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne de mim\u00e9tisme, M. Zukerman sentit lui aussi sa justesse glisser \u00e0 plus d&rsquo;un moment.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>N\u00e9zet-S\u00e9guin plut\u00f4t que Nagano &#8211; La Presse, 17 d\u00e9cembre 2011<\/h3>\n<p>Dans cette critique comparative de deux disques, Claude Gingras marque sa pr\u00e9f\u00e9rence pour Yannick N\u00e9zet-S\u00e9guin, pr\u00e9f\u00e9rence qui ne se d\u00e9mentira pas par la suite.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Concurrents sur notre sc\u00e8ne musicale &#8211; pour ne pas dire plus! -, les chefs respectifs de nos deux principaux orchestres se rencontrent, pur hasard, sur le m\u00eame terrain: la musique d&rsquo;Anton Bruckner.<\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026] <\/em><\/p>\n<p><em>Bien que s\u00e9par\u00e9s par une g\u00e9n\u00e9ration, les deux chefs ont Bruckner bien ancr\u00e9 dans leur r\u00e9pertoire et tous deux signent ici des interpr\u00e9tations respectueuses de cette musique noble et grandiose. \u00c0 valeur \u00e9gale, les deux symphonies cr\u00e9ent pourtant des impressions bien diff\u00e9rentes. Nagano reproduit scrupuleusement toutes les nuances; N\u00e9zet-S\u00e9guin les vit intens\u00e9ment. Le Bruckner de Nagano n&rsquo;\u00e9meut jamais; celui de N\u00e9zet-S\u00e9guin vient du coeur et fait vibrer \u00e0 chaque instant. Cette Romantique que j&rsquo;ai entendue je ne sais plus combien de fois, j&rsquo;ai le sentiment de la d\u00e9couvrir, alors que cette version de la Septi\u00e8me ne se distingue en rien de douzaines d&rsquo;autres. Ce rapprochement m&rsquo;apporte une nouvelle confirmation &#8211; et j&rsquo;ose le dire &#8211; que N\u00e9zet-S\u00e9guin est un plus grand musicien que Nagano.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Le pianiste et le joueur de piano &#8211; La Presse, 26 mars 2012<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;\u00e9tait pas rare que Claude Gingras assiste \u00e0 deux concerts le m\u00eame week-end et en fasse un compte-rendu dans la m\u00eame chronique. Cette comparaison douloureuse entre Marc-Andr\u00e9 Hamelin et Cyprien Katsaris en est un bon exemple.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Si Marc-Andr\u00e9 Hamelin n&rsquo;est pas l&rsquo;un des grands pianistes actuels, au monde entier, je me demande bien qui l&rsquo;est. Cette impression tr\u00e8s forte a accompagn\u00e9 chacune des oeuvres qu&rsquo;il jouait hier apr\u00e8s-midi au LMMC o\u00f9, invit\u00e9 une troisi\u00e8me fois, il \u00e9tait accueilli par une salle archi-comble (assortie d&rsquo;une longue liste d&rsquo;attente!).\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026]<\/em><\/p>\n<p><em><strong>Samedi soir<\/strong> <\/em><\/p>\n<p><em>Apr\u00e8s son ex\u00e9cution de la fameuse Polonaise militaire de Chopin, Cyprien Katsaris saisit le micro pour \u00ab\u00a0avertir les jeunes pianistes de ne jamais imiter ce qu&rsquo;ils viennent d&rsquo;entendre, sous peine d&rsquo;\u00eatre d\u00e9capit\u00e9s par les critiques et juges de concours\u00a0\u00bb. <\/em><\/p>\n<p><i>[\u2026]<\/i><\/p>\n<p><em>Le pianiste franco-chypriote de 60 ans aurait pu garder pour la toute fin de l&rsquo;interminable soir\u00e9e (vers 22h30) cet \u00ab\u00a0avertissement\u00a0\u00bb qui, en fait, s&rsquo;appliquait \u00e0 la quasi-totalit\u00e9 de ce qu&rsquo;il venait de nous infliger. Car si le Chopin fut effectivement marqu\u00e9 d&rsquo;erreurs flagrantes (notes escamot\u00e9es, notes autres que celles qui sont \u00e9crites, etc.), presque tout ce qui pr\u00e9c\u00e9dait et suivait fut du m\u00eame m\u00e9diocre niveau.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Monsieur Mazurka &#8211; La Presse, 16 juillet 2010<\/h3>\n<p>Dans cette amusante chronique qui aurait pu s&rsquo;intituler \u00ab\u00a0Les aventures de Claude \u00e0 Lanaudi\u00e8re\u00a0\u00bb, le critique passe presque autant de temps \u00e0 raconter son p\u00e9nible trajet pour se rendre au festival qu&rsquo;\u00e0 parler du r\u00e9cital du pianiste C\u00e9dric Tiberghien.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Un accident dont j&rsquo;ignore la nature avait compl\u00e8tement paralys\u00e9 la circulation sur l&rsquo;autoroute &#8211; d\u00e9j\u00e0 encombr\u00e9e de ces perp\u00e9tuels \u00abtravaux d&rsquo;\u00e9t\u00e9\u00bb &#8211; qui m\u00e8ne de Montr\u00e9al \u00e0 Joliette. Heureusement, des personnes qui se rendaient au concert avaient eu la pr\u00e9sence d&rsquo;esprit d&rsquo;en informer par t\u00e9l\u00e9phone la direction du Festival. Une remarque, concernant ce village situ\u00e9 au sud de la \u00abcapitale\u00bb de Lanaudi\u00e8re. La petite route qui y conduit d\u00e9bouche \u00e0 un moment donn\u00e9 sur une fourche et il n&rsquo;y a pas l\u00e0 le moindre panneau indiquant d&rsquo;aller \u00e0 gauche ou \u00e0 droite. Je vais presque chaque ann\u00e9e \u00e0 Saint-Paul, mais je ne passe pas l&rsquo;hiver \u00e0 me rem\u00e9morer qu&rsquo;il faut aller \u00e0 droite!<\/em><\/p>\n<p><em>Le chauffeur qui me conduisait \u00e0 Saint-Paul hier soir a, bien s\u00fbr, pris la gauche. Se rendant bient\u00f4t compte de son erreur, il fit une rapide volte-face dans une entr\u00e9e de maison, faillit frapper un gros chien qui courait apr\u00e8s la voiture en jappant, demanda \u00e0 toute vitesse son chemin \u00e0 la ma\u00eetresse du chien qui lui r\u00e9pondit \u00e0 la m\u00eame vitesse \u00abC&rsquo;est par l\u00e0!\u00bb, et arriva \u00e0 destination juste \u00e0 temps pour le concert. <\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;atterris sur mon banc (car nous sommes \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise!) au moment m\u00eame o\u00f9 le pianiste plaquait son premier accord fortissimo.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><i><\/i>Alexandra ne l\u00e2che pas &#8211; La Presse, 18 mai 2012<\/h3>\n<p>Le critique se faisait un devoir de couvrir toutes les cat\u00e9gories musicales et la musique contemporaine n&rsquo;y \u00e9chappait pas. Il fut souvent tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re envers les productions d&rsquo;op\u00e9ra.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Pauline Vaillancourt est comme les \u00e9tudiants: elle ne l\u00e2che pas. \u00c0 Chants Libres, la compagnie lyrique qu&rsquo;elle a fond\u00e9e en 1990, elle monte annuellement des op\u00e9ras d&rsquo;avant-garde dans le but \u00e9vident de gagner le grand public \u00e0 sa cause. Le grand public ne r\u00e9pond jamais, bien s\u00fbr. <\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026]<\/em><\/p>\n<p><em>Le sujet de cette Alexandra, sa 14e cr\u00e9ation, avait de quoi inspirer des gens de talent et int\u00e9resser un vaste public. H\u00e9las! le talent est absent, le public aussi. Dans les deux cas, nous assistons \u00e0 un d\u00e9primant rat\u00e9. <\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026]<\/em><\/p>\n<p><em>H\u00e9las! encore, les auteurs n&rsquo;ont rien tir\u00e9 du personnage de la jeune Alexandra. On observe une simple pique-niqueuse peinant sous son sac \u00e0 dos, alors qu&rsquo;on voudrait vibrer aux \u00e9preuves de toutes sortes que l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne a d\u00fb traverser. Le seul moment o\u00f9 on la sent face \u00e0 un probl\u00e8me, c&rsquo;est la minute qu&rsquo;elle prend \u00e0 ajuster son casque de poil.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Le monde o\u00f9 on s&rsquo;ennuie &#8211; La Presse, 30 janvier 1995<\/h3>\n<p>C&rsquo;est bien connu: \u00e0 l&rsquo;exception de Bach, Claude Gingras n&rsquo;appr\u00e9ciait pas beaucoup la musique baroque ou ancienne. Cette critique en est un parfait exemple.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai vu trop de gens b\u00e2iller \u00e0 se d\u00e9crocher la m\u00e2choire, \u00e0 l&rsquo;entracte puis \u00e0 la sortie &#8211; sans parler de ceux que j&rsquo;ai vus dormir &#8211; , pour mettre sur le seule compte de mon allergie \u00e0 une certaine musique ancienne l&rsquo;ennui profond qui m&rsquo;a accompagn\u00e9 pendant ces deux interminables heures. <\/em><\/p>\n<p><em>Le concert tant attendu du Studio de Musique ancienne confi\u00e9 \u00e0 Ton Koopman s&rsquo;est donc sold\u00e9 par une am\u00e8re d\u00e9ception.<\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026] <\/em><\/p>\n<p><em>\u00c0 quoi attribuer cet ennui ? Aux oeuvres elles-m\u00eames et \u00e0 leur ex\u00e9cution, certes, mais d&rsquo;abord, je le crains, \u00e0 M. Koopman lui-m\u00eame, qui a) les a choisies et b) n&rsquo;a pas su y obtenir des choristes ce qu&rsquo;en d\u00e9but de concert il \u00e9tait all\u00e9 chercher avec tant de succ\u00e8s chez les instrumentistes. <\/em><\/p>\n<p><em>Ces pages \u00e9tant toutes assez semblables, c&rsquo;est le travail du chef d&rsquo;en faire quelque chose d&rsquo;int\u00e9ressant, de stimulant. M. Koopman s&rsquo;est content\u00e9 d&rsquo;une direction terne qui ne nous changeait gu\u00e8re du style Christopher Jackson &#8211; si on peut parler ici de \u00abstyle\u00bb&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>LIRE AUSSI:<\/h2>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"FlLee8pDMI\"><p><a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/12\/30\/in-memoriam-critique-musical-claude-gingras-decede\/\">IN MEMORIAM  | Le critique musical Claude Gingras est d\u00e9c\u00e9d\u00e9<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/12\/30\/in-memoriam-critique-musical-claude-gingras-decede\/embed\/#?secret=FlLee8pDMI\" data-secret=\"FlLee8pDMI\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0IN MEMORIAM  | Le critique musical Claude Gingras est d\u00e9c\u00e9d\u00e9\u00a0\u00bb &#8212; Ludwig Van Montreal\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;on l&rsquo;ait aim\u00e9 ou d\u00e9test\u00e9 &#8211; parfois les deux en m\u00eame temps &#8211; Claude Gingras a marqu\u00e9 la vie musicale qu\u00e9b\u00e9coise par la qualit\u00e9 de sa plume incisive pendant 60 ans. Si certains artistes ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ses bonnes gr\u00e2ces, d&rsquo;autres ont go\u00fbt\u00e9 \u00e0 son vinaigre! Voici des extraits de 10 chroniques qui nous rappellent qu&rsquo;au-del\u00e0 de ses connaissances encyclop\u00e9diques, le succ\u00e8s du critique tenait beaucoup au fait qu&rsquo;il \u00e9tait avant tout divertissant \u00e0 lire. <\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":58146,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[16745,5797],"tags":[16421,814,28773],"yst_prominent_words":[10472,22534,9842,11167,20306,28772,10933,28754,28774,28743,21292,28771,9811,10652,28768,18597,28770,28767,9841,28747],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/12\/Claude-Gingras-cover-LVT-1024x535.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/s9bdYt-58145","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58145"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=58145"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58145\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":58155,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58145\/revisions\/58155"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/58146"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=58145"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=58145"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=58145"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=58145"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}