{"id":56609,"date":"2018-10-02T15:20:18","date_gmt":"2018-10-02T19:20:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=56609"},"modified":"2018-10-02T17:05:20","modified_gmt":"2018-10-02T21:05:20","slug":"invite-special-max-richter-absurdite-musique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/10\/02\/invite-special-max-richter-absurdite-musique\/","title":{"rendered":"INVIT\u00c9 SP\u00c9CIAL  | Max Richter: r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;absurdit\u00e9 par la musique"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_56610\" aria-describedby=\"caption-attachment-56610\" style=\"width: 768px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-56610\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/10\/Max-Richter.jpg\" alt=\"Le compositeur Max Richter. (Photo: courtoisie du FIJM)\" width=\"768\" height=\"432\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/10\/Max-Richter.jpg 768w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/10\/Max-Richter-300x169.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-56610\" class=\"wp-caption-text\">Le compositeur Max Richter. (Photo: courtoisie du FIJM)<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Max Richter<\/strong> visite Montr\u00e9al la semaine prochaine dans le cadre de la programmation \u00ab \u00e0 l\u2019ann\u00e9e \u00bb du Festival international de Jazz de Montr\u00e9al. Il pr\u00e9sentera les pi\u00e8ces de ses albums protestataires <em>The Blue Notebook<\/em> et <em>Infra<\/em>, avec l\u2019American Contemporary Music Ensemble. Nous avons eu l\u2019occasion de lui poser quelques questions par t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n<p><strong>LvM : The Blue Notebooks et Infra sont des albums de 2004 et 2008. Pourquoi avez-vous choisi de jouer votre ancien mat\u00e9riel au lieu du plus r\u00e9cent pour ce concert?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Max Richter :<\/strong> \u00ab\u00a0The Blue Notebooks a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 apr\u00e8s la guerre d\u2019Irak de 2003, et le point de d\u00e9part \u00e9tait mon impression que la politique \u00e9tait transform\u00e9e en une sorte de fiction. Les justifications pour cette guerre \u00e9taient pour le moins, tr\u00e8s douteuses. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 penser \u00e0 l\u2019absurdit\u00e9, \u00e0 son lien avec la politique, et \u00e0 Kafka. J\u2019ai voulu faire une pi\u00e8ce qui allait dans ce sens. Bien s\u00fbr, r\u00e9cemment, la politique a pris un nouveau virage dans cette direction. Nous vivons de nouveau une \u00e9poque qui refl\u00e8te cela. Cela m\u2019a donn\u00e9 envie de jouer cette pi\u00e8ce de nouveau.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"jetpack-video-wrapper\"><span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe loading=\"lazy\" class=\"youtube-player\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Nfy2fs01ZkI?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent\" allowfullscreen=\"true\" style=\"border:0;\" sandbox=\"allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation\"><\/iframe><\/span><\/div>\n<p><strong>LvM : Pouvez-vous d\u00e9crire l\u2019ensemble avec lequel vous allez jouer la semaine prochaine?\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Max Richter :<\/strong>\u00a0 \u00ab\u00a0C\u2019est un ensemble de New York, un quintette de cordes. Il y a un violoncelle de plus. Je vais jouer du piano, diff\u00e9rents claviers et utiliser un ordinateur. Il y aura aussi un narrateur qui lira des textes de Kafka et de Czeslaw Milosz.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>LvM : Quel est votre processus pour composer?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Max Richter :<\/strong> \u00ab Je compose en tout temps, si on peut dire. Il y a toujours une pi\u00e8ce musicale dans ma t\u00eate. Je la retourne dans tous les sens, je l\u2019observe, comme quelqu\u2019un qui marche en tournant autour d\u2019une sculpture pour en voir tous les angles. Pour \u00e9crire la pi\u00e8ce, cela d\u00e9pend du type de composition. Si c\u2019est instrumental ou orchestral, je la note sur du papier, j\u2019essaie des choses au piano. Si c\u2019est une musique de film, je vais plut\u00f4t travailler \u00e0 l\u2019ordinateur, j\u2019utilise des synth\u00e9tiseurs. J\u2019ai re\u00e7u une formation acad\u00e9mique traditionnelle, donc mon instinct premier est souvent d\u2019aller vers le papier, mais c\u2019est tr\u00e8s vari\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p><strong>LvM : Pr\u00e9f\u00e9rez-vous composer sur commande ou bien concevoir vos propres projets?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Max Richter :<\/strong> \u00ab J\u2019aime faire une vari\u00e9t\u00e9 de choses. Les albums sont au centre de ma vie cr\u00e9ative, mais souvent, les commandes que je re\u00e7ois deviennent des albums. Par exemple, Three Worlds, au d\u00e9part, \u00e9tait un ballet. Ces deux aspects de ma carri\u00e8re s\u2019influencent l\u2019un l\u2019autre. \u00bb<\/p>\n<p><strong>LvM : \u00c0 votre avis, quelle est votre \u0153uvre la plus r\u00e9ussie? Ou votre favorite? <\/strong><\/p>\n<p><strong>Max Richter :<\/strong> \u00ab C\u2019est une question difficile. Je crois que mon \u0153uvre favorite est probablement la prochaine, celle qui m\u2019emm\u00e8ne \u00e0 des endroits que je n\u2019ai pas encore d\u00e9couverts. C\u2019est ce qui me stimule le plus. \u00bb<\/p>\n<p><strong>LvM : D\u2019o\u00f9 vient votre inspiration?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Max Richter :<\/strong> \u00ab Pour moi la musique est vraiment une fa\u00e7on de parler. C\u2019est une sorte de processus de compensation. On parle des choses qui nous int\u00e9ressent. Une grande partie de mon travail est li\u00e9 au monde cr\u00e9atif et aux arts, mais la musique est aussi un projet social, un objet qui fait partie de la soci\u00e9t\u00e9. Notre monde est complexe et c\u2019est naturel que le travail cr\u00e9atif \u00e9voque les d\u00e9fis politiques et sociaux que nous vivons. \u00bb<\/p>\n<p><strong>LvM : Votre musique refl\u00e8te-t-elle votre personnalit\u00e9? Quel genre de personne \u00eates-vous, comment vous d\u00e9cririez-vous, vis-\u00e0-vis de votre travail de cr\u00e9ateur?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Max Richter :<\/strong> \u00ab Je suis probablement la derni\u00e8re personne \u00e0 savoir qui je suis. Comme bien des gens cr\u00e9atifs, je vis beaucoup dans mon imagination et la musique est une fa\u00e7on de naviguer dans le monde, de passer \u00e0 travers la vie. Elle est au centre de mon exp\u00e9rience et je suis constamment pr\u00e9occup\u00e9 par elle. \u00bb<\/p>\n<p><strong>LvM : \u00ab Vous avez \u00e9tudi\u00e9 avec Luciano Berio, que retenez-vous de lui?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Max Richter :<\/strong> \u00ab Berio, dans sa musique, \u00e9tait tr\u00e8s omnivore et il avait une sensibilit\u00e9 post-moderne, mais j\u2019ai toujours appr\u00e9ci\u00e9 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 pr\u00e9sente dans son esth\u00e9tique, qui int\u00e9grait diff\u00e9rents courants historiques, diff\u00e9rentes cultures musicales. Une grande partie de la musique moderne \u00e9tait en quelque sorte antagoniste aux autres musiques, comme si elle essayait de les effacer. La musique de Berio n\u2019\u00e9tait pas comme cela, et c\u2019est un aspect que j\u2019aime vraiment de son \u0153uvre. C\u2019\u00e9tait un g\u00e9nie, un esprit musical brillant. \u00bb<\/p>\n<p><strong>LvM : \u00ab Comment la musique \u00e9lectronique s\u2019est-elle introduite dans votre travail?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Max Richter<\/strong> : \u00ab Mon propre parcours avec l\u2019\u00e9lectronique a commenc\u00e9 \u00e0 14 ans, alors que je jouais du synth\u00e9tiseur dans ma chambre. La musique \u00e9lectronique a donc toujours \u00e9t\u00e9 importante pour moi, mais je ne l\u2019ai jamais utilis\u00e9e d\u2019une fa\u00e7on classique, acad\u00e9mique, comme d\u2019autres compositeurs l\u2019ont fait. Ma relation avec l\u2019\u00e9lectronique est tr\u00e8s intuitive. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"jetpack-video-wrapper\"><span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe loading=\"lazy\" class=\"youtube-player\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/1xS5sKohCPg?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent&#038;listType=playlist&#038;list=PLJM7wMTvxIe1Nj_Ezu2huMqHWZCFUYnWd\" allowfullscreen=\"true\" style=\"border:0;\" sandbox=\"allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation\"><\/iframe><\/span><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>LvM : \u00ab Il y a quelques ann\u00e9es, vous avez compos\u00e9 Sleep, une longue pi\u00e8ce de huit heures, destin\u00e9e \u00e0 aider les gens \u00e0 dormir. Comment en \u00eates-vous arriv\u00e9 \u00e0 cette id\u00e9e? \u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Max Richter<\/strong> : \u00ab Je voulais faire une pi\u00e8ce qui serait comme un endroit pour atterrir. Nous vivons dans un monde satur\u00e9 d\u2019informations, et Sleep est une invitation \u00e0 se reposer, une forme de r\u00e9sistance active, une protestation contre cette culture de productivit\u00e9 24\/7 qui est tr\u00e8s profitable aux besoins des multinationales, mais pas n\u00e9cessairement aux \u00eatres humains. C\u2019est une pi\u00e8ce pour r\u00e9clamer un grand morceau de temps et d\u2019espace dans lequel on n\u2019est pas engag\u00e9 dans l\u2019engrenage du commerce. Le droit de ne rien faire. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Max Richter sera au Th\u00e9\u00e2tre Maisonneuve le 9 octobre, \u00e0 20 h<\/strong>. <a href=\"https:\/\/placedesarts.com\/fr\/evenement\/max-richter\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00c9TAILS ET BILLETS.\u00a0<\/a><\/p>\n<h2>LIRE AUSSI:<\/h2>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"YvYFWmCebT\"><p><a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/09\/30\/nouvelle-clive-owen-tim-roth-francois-girard-song-of-names\/\">NOUVELLE  | Tim Roth et Clive Owen joueront dans le film de Fran\u00e7ois Girard \u00ab\u00a0The Song of Names\u00a0\u00bb<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/09\/30\/nouvelle-clive-owen-tim-roth-francois-girard-song-of-names\/embed\/#?secret=YvYFWmCebT\" data-secret=\"YvYFWmCebT\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0NOUVELLE  | Tim Roth et Clive Owen joueront dans le film de Fran\u00e7ois Girard \u00ab\u00a0The Song of Names\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb &#8212; Ludwig Van Montreal\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Max Richter visite Montr\u00e9al la semaine prochaine dans le cadre de la programmation \u00ab \u00e0 l\u2019ann\u00e9e \u00bb du Festival international de Jazz de Montr\u00e9al. Il pr\u00e9sentera les pi\u00e8ces de ses albums protestataires The Blue Notebook et Infra, avec l\u2019American Contemporary Music Ensemble. Nous avons eu l\u2019occasion de lui poser quelques questions par t\u00e9l\u00e9phone.  <\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":56610,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[16745,18,16447,10998,26399],"tags":[16421,26400,2154],"yst_prominent_words":[10427,24006,26395,9842,26398,14439,14707,12044,26390,26392,10583,9811,26397,11737,26394,26396,10019,26393,26391,10898],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/10\/Max-Richter.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-eJ3","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56609"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=56609"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56609\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":56615,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56609\/revisions\/56615"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/56610"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=56609"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=56609"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=56609"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=56609"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}