{"id":56407,"date":"2018-09-16T09:54:48","date_gmt":"2018-09-16T13:54:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=56407"},"modified":"2018-09-16T12:42:34","modified_gmt":"2018-09-16T16:42:34","slug":"critique-rigoletto-a-lopera-de-montreal-le-triomphe-des-voix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/09\/16\/critique-rigoletto-a-lopera-de-montreal-le-triomphe-des-voix\/","title":{"rendered":"CRITIQUE | Rigoletto \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Montr\u00e9al : le triomphe des voix"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_56380\" aria-describedby=\"caption-attachment-56380\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-56380\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/09\/James-Westman-Rigoletto-Myriam-Leblanc-Gilda-2-\u00a9-Yves-Renaud.jpg\" alt=\"James Westman et Myriam Leblanc dans Rigoletto \u00e0 l'Op\u00e9ra de Montr\u00e9al, septembre 2018. (Cr\u00e9dit: Yves Renaud)\" width=\"1024\" height=\"683\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/09\/James-Westman-Rigoletto-Myriam-Leblanc-Gilda-2-\u00a9-Yves-Renaud.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/09\/James-Westman-Rigoletto-Myriam-Leblanc-Gilda-2-\u00a9-Yves-Renaud-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/09\/James-Westman-Rigoletto-Myriam-Leblanc-Gilda-2-\u00a9-Yves-Renaud-768x512.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-56380\" class=\"wp-caption-text\">James Westman et Myriam Leblanc dans Rigoletto \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al, septembre 2018. (Cr\u00e9dit: Yves Renaud)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le tout se r\u00e9sume assez simplement : si le <em>Rigoletto<\/em> de l\u2019<strong>Op\u00e9ra de Montr\u00e9al<\/strong>, dont la premi\u00e8re avait lieu hier soir \u00e0 Wilfrid-Pelletier, est r\u00e9ussi, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ses trois excellents chanteurs principaux et en d\u00e9pit de sa mise en sc\u00e8ne plus ou moins convaincante.<\/p>\n<p>Pour sa premi\u00e8re production de saison, l\u2019Op\u00e9ra de Montr\u00e9al pr\u00e9sente g\u00e9n\u00e9ralement des mises en sc\u00e8ne traditionnelles et l\u2019on sait \u00e0 quoi s\u2019attendre.<\/p>\n<p>D\u00e9cors classiques et costumes d\u2019\u00e9poque \u00e9taient donc encore au rendez-vous.<br \/>\nLe premier tableau de l\u2019acte 1, au palais du duc de Mantoue, est domin\u00e9 par un grand rideau rouge et une statue, avec une vo\u00fbte peinte d\u2019une sc\u00e8ne n\u00e9o-classique, \u00e9l\u00e9ments mal int\u00e9gr\u00e9s les uns aux autres qui distraient de l\u2019action plut\u00f4t qu\u2019ils ne la compl\u00e8tent. Rien de bien original dans tout cela.<\/p>\n<p>De plus, les nombreux personnages pr\u00e9sents pour cette sc\u00e8ne semblent \u00e9voluer sans direction et la confusion s\u2019installe. Heureusement, le baryton <strong>James Westman<\/strong> (Rigoletto) et le t\u00e9nor <strong>Ren\u00e9 Barbera<\/strong> (le Duc) ont vite fait de nous rassurer sur le fait qu\u2019ils seront \u00e0 la hauteur, et c\u2019est ce qui compte avant tout.<\/p>\n<p>Le Canadien <strong>James Westman<\/strong> poss\u00e8de bien son r\u00f4le de Rigoletto et il est cr\u00e9dible, dramatique sans sombrer dans la caricature, bien qu\u2019il ne soit pas aussi \u00e9mouvant qu\u2019il aurait pu l\u2019\u00eatre en p\u00e8re \u00e9plor\u00e9 dans la sc\u00e8ne finale. <strong>Ren\u00e9 Barbera<\/strong> poss\u00e8de le physique de l\u2019emploi et la voix de t\u00e9nor id\u00e9ale pour chanter le Duc. Sans \u00eatre renversant, il fera bonne figure dans l\u2019air le plus c\u00e9l\u00e8bre de l\u2019op\u00e9ra, <em>La Dona e mobile.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_56379\" aria-describedby=\"caption-attachment-56379\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-56379\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/09\/James-Westman-Rigoletto-Myriam-Leblanc-Gilda-1-\u00a9-Yves-Renaud.jpg\" alt=\"James Westman et Myriam Leblanc dans Rigoletto \u00e0 l'Op\u00e9ra de Montr\u00e9al, septembre 2018. (Cr\u00e9dit: Yves Renaud)\" width=\"1024\" height=\"718\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/09\/James-Westman-Rigoletto-Myriam-Leblanc-Gilda-1-\u00a9-Yves-Renaud.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/09\/James-Westman-Rigoletto-Myriam-Leblanc-Gilda-1-\u00a9-Yves-Renaud-300x210.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/09\/James-Westman-Rigoletto-Myriam-Leblanc-Gilda-1-\u00a9-Yves-Renaud-768x539.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-56379\" class=\"wp-caption-text\">James Westman et Myriam Leblanc dans Rigoletto \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Montr\u00e9al, septembre 2018. (Cr\u00e9dit: Yves Renaud)<\/figcaption><\/figure>\n<p>D\u00e8s le deuxi\u00e8me tableau, la charismatique soprano <strong>Myriam Leblanc<\/strong> s\u2019impose en Gilda avec une voix d\u2019une merveilleuse puret\u00e9 qui restera magnifique et ma\u00eetris\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la toute fin. Si sa prestation dans Rigoletto est gage de son avenir professionnel, on peut dire que la jeune soprano, que <a href=\"http:\/\/plus.lapresse.ca\/screens\/4033733c-c91c-470c-9d94-7def1f4b54ef__7C___0.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019on avait d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9e<\/a> dans <em>Aida<\/em>, en 2016, aura une belle carri\u00e8re. Elle s\u2019\u00e9tait aussi av\u00e9r\u00e9e fantastique dans le r\u00f4le de la future mari\u00e9e dans <em>Svadba<\/em>, d&rsquo;Ana Sokolovic, en f\u00e9vrier, et nous avait \u00e9pat\u00e9s par ses interventions dans la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre musical <a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2017\/10\/20\/critique-edgar-2-et-ses-fantomes-divertissant-et-tres-emouvant\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span style=\"display: inline !important; float: none; background-color: transparent; color: #333333; font-family: -apple-system,BlinkMacSystemFont,'Segoe UI',Roboto,Oxygen-Sans,Ubuntu,Cantarell,'Helvetica Neue',sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; line-height: 22.4px; orphans: 2; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">Edgar et ses F<\/span>ant\u00f4mes 2<\/a>, l\u2019an dernier. Il est certain que pour la jeune chanteuse, cette derni\u00e8re ann\u00e9e fut l\u2019occasion de se r\u00e9v\u00e9ler au public et de s\u2019imposer comme l\u2019une des nouvelles sopranos qu\u00e9b\u00e9coises qui comptent.<\/p>\n<p>Parenth\u00e8se : la sc\u00e8ne de l\u2019enl\u00e8vement de Gilda avec l\u2019\u00e9chelle est une \u00e9ni\u00e8me occasion de nous rappeler qu\u2019\u00e0 l\u2019op\u00e9ra, les personnages peuvent \u00eatre compl\u00e8tement idiots sous pr\u00e9texte qu\u2019il fait noir. On est toujours perplexe de voir Rigoletto tenir l\u2019\u00e9chelle \u00e0 deux pas de sa maison tout en croyant participer \u00e0 l\u2019enl\u00e8vement de la comtesse Ceprano, laquelle, en toute logique, ne doit certainement pas vivre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de chez lui. Aucun effort n\u2019est fait, ici, pour donner \u00e0 cette sc\u00e8ne absurde une quelconque vraisemblance. Fin de la parenth\u00e8se.<\/p>\n<p>Les autres chanteurs sont tr\u00e8s bons. Le baryton-basse <strong>Vartan Gabrielian<\/strong> (Sparafucile) impressionne par sa voix profonde, son physique et sa forte pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne. <b>Carolyn Sproule <\/b>(Maddalena), mezzo-soprano, a une belle voix chocolat\u00e9e et souple qui fait plaisir \u00e0 entendre dans les graves.<\/p>\n<p>Cependant, pendant le quatuor avec le Duc, Rigoletto et Gilda, elle est d\u00e9savantag\u00e9e par son timbre aux couleurs sombres qui est mal assorti aux voix de ses coll\u00e8gues. Ce n\u2019est absolument pas sa faute et avec d\u2019autres chanteurs, cela aurait pu marcher.<\/p>\n<p>On passe souvent assez vite sur le r\u00f4le de l\u2019orchestre, qui s\u2019acquitte g\u00e9n\u00e9ralement bien de sa t\u00e2che dans la fosse, mais il faut dire que le M\u00e9tropolitain, cette fois, sonnait particuli\u00e8rement bien sous la direction du chef <strong>Carlo Montanaro<\/strong>. Des instruments ressortent clairement : violoncelle, clarinette, hautbois.<\/p>\n<p>Alors que les \u00e9clairages sont habituellement remarquables \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Montr\u00e9al, ils \u00e9taient cette fois \u00e0 l\u2019avenant du d\u00e9cor : assez ternes et sans imagination. Bref, on ira entendre ce <em>Rigoletto<\/em> plus qu\u2019on n\u2019ira le \u00ab voir \u00bb, car visuellement, rien dans tout cela ne frappe par sa beaut\u00e9 ou son audace et cette mise en sc\u00e8ne insipide ne passera pas \u00e0 l\u2019histoire. Nous avons plut\u00f4t assist\u00e9 \u00e0 un triomphe des voix, et chez Verdi, c\u2019est cela le plus important.<\/p>\n<h2>LIRE AUSSI:<\/h2>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"yAtr9oZQoR\"><p><a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/09\/15\/critique-marie-nicole-lemieux-pouvoir-de-faire-craquer-seule-note\/\">CRITIQUE | Marie-Nicole Lemieux: le pouvoir de faire craquer avec une seule note<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/09\/15\/critique-marie-nicole-lemieux-pouvoir-de-faire-craquer-seule-note\/embed\/#?secret=yAtr9oZQoR\" data-secret=\"yAtr9oZQoR\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0CRITIQUE | Marie-Nicole Lemieux: le pouvoir de faire craquer avec une seule note\u00a0\u00bb &#8212; Ludwig Van Montreal\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le tout se r\u00e9sume assez simplement : si le Rigoletto de l\u2019Op\u00e9ra de Montr\u00e9al, dont la premi\u00e8re avait lieu hier soir \u00e0 Wilfrid-Pelletier, est r\u00e9ussi, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ses trois excellents chanteurs principaux et en d\u00e9pit de sa mise en sc\u00e8ne plus ou moins convaincante. <\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":56380,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[16745],"tags":[16421,2498,2843],"yst_prominent_words":[14943,25994,26003,25999,10519,26006,26000,26009,26001,11145,26011,26007,13814,26005,18911,26010,26002,10541,26008,26004],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/09\/James-Westman-Rigoletto-Myriam-Leblanc-Gilda-2-\u00a9-Yves-Renaud.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9bdYt-eFN","amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56407"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=56407"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56407\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":56413,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56407\/revisions\/56413"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media\/56380"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=56407"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=56407"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=56407"},{"taxonomy":"yst_prominent_words","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-json\/wp\/v2\/yst_prominent_words?post=56407"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}