{"id":55434,"date":"2018-07-16T19:20:34","date_gmt":"2018-07-16T23:20:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/?p=55434"},"modified":"2018-07-16T19:31:36","modified_gmt":"2018-07-16T23:31:36","slug":"critique-christian-blackshaw-a-orford-musique-meditation-sonore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/07\/16\/critique-christian-blackshaw-a-orford-musique-meditation-sonore\/","title":{"rendered":"CRITIQUE  | Christian Blackshaw \u00e0 Orford Musique: m\u00e9ditation sonore"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_53517\" aria-describedby=\"caption-attachment-53517\" style=\"width: 1024px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-53517\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/04\/Christian-Blackshaw_Photographer-nb.jpg\" alt=\"Le pianiste Christian Blackshaw. (Photo: courtoisie d'Orford Musique\" width=\"1024\" height=\"672\" srcset=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/04\/Christian-Blackshaw_Photographer-nb.jpg 1024w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/04\/Christian-Blackshaw_Photographer-nb-300x197.jpg 300w, https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2018\/04\/Christian-Blackshaw_Photographer-nb-768x504.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-53517\" class=\"wp-caption-text\">Le pianiste Christian Blackshaw. (Photo: courtoisie d&rsquo;Orford Musique)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Soyons honn\u00eates. Mon intention, en allant \u00e0 <strong>Orford Musique<\/strong> entendre <strong>Christian Blackshaw<\/strong> en r\u00e9cital, \u00e9tait de me donner une troisi\u00e8me chance de l\u2019appr\u00e9cier et de mieux comprendre pourquoi je ne l\u2019avais pas aim\u00e9 les deux premi\u00e8res fois que je l\u2019ai entendu. Je repartirais avec quelques r\u00e9ponses.<\/p>\n<p>Il est bon pour une journaliste de remettre ses id\u00e9es en question \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de nouvelles exp\u00e9riences. Les gens trop bien p\u00e9tris de certitudes ne font pas de bons critiques. Invit\u00e9e pour le week-end par <strong>Orford Musique<\/strong>, j\u2019ai d\u2019abord profit\u00e9 de la beaut\u00e9 du site, de son d\u00e9licieux bistro et de la fra\u00eecheur ambiante en attendant le r\u00e9cital, qui avait lieu samedi le 14 juillet \u00e0 la salle Gilles-Lefebvre.<\/p>\n<p>Pr\u00e9c\u00e9demment, j\u2019ai entendu <strong>Christian Blackshaw<\/strong> deux fois en concert. Les deux fois dans Mozart, avec I Musici. Le 25 d\u00e9cembre 2017, j\u2019\u00e9crivais ceci :<\/p>\n<p><em>\u00ab L\u2019impression produite hier est la m\u00eame que la premi\u00e8re et renforce notre opinion : celle que dans le jeu tr\u00e8s int\u00e9rieur et r\u00e9fl\u00e9chi de Christian Blackshaw, la moindre nuance est calcul\u00e9e au micro-d\u00e9cibel pr\u00e8s, que tout est pr\u00e9vu, chronom\u00e9tr\u00e9 et planifi\u00e9 avec un soin si m\u00e9ticuleux, un tel souci de la perfection qu\u2019il ne reste plus de place pour que surgisse la moindre id\u00e9e musicale dans la spontan\u00e9it\u00e9 et la v\u00e9rit\u00e9 du moment. Sa musique est pens\u00e9e et analys\u00e9e plus que sentie, ce qui peut plaire \u00e0 certains au point de le d\u00e9crire comme le plus grand mozartien de la galaxie. En ce qui nous concerne, Christian Blackshaw incarne un paradoxe : celui qu\u2019un jeu trop parfait peut parfois faire na\u00eetre l\u2019ennui. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>La plupart de ces commentaires me semblent encore vrais apr\u00e8s le r\u00e9cital de samedi soir, \u00e0 une chose pr\u00e8s : cette fois, l\u2019ennui \u00e9tait absent, puisqu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une enqu\u00eate musicale.<\/p>\n<h2>Schubert et Schumann<\/h2>\n<p>En premi\u00e8re partie du concert, le pianiste avait programm\u00e9 du Schubert. D\u2019abord, les <em>Moment musicaux<\/em>, D. 780, six petites pi\u00e8ces sans pr\u00e9tention, mais qui \u00e9voquent un certain pan du romantisme, celui de la vie sociale et des salons. Blackshaw y applique la m\u00eame minutie maniaque qu\u2019il met dans tout. Chaque note est timbr\u00e9e avec soin.<\/p>\n<p>La plus grande qualit\u00e9 du pianiste est certainement l\u2019\u00e9coute. Lorsqu\u2019il joue, il entre en symbiose avec les sonorit\u00e9s qu\u2019il produit, son principal souci semblant \u00eatre de tout contr\u00f4ler \u00e0 la perfection. Il nous fait penser \u00e0 un chimiste dans un laboratoire, calculant \u00e0 la goutte pr\u00e8s le dosage de chaque \u00e9prouvette, mais Blackshaw a d\u00e9pass\u00e9 le stade de l&rsquo;exp\u00e9rimentation. Il poursuit une qu\u00eate : trouver la formule id\u00e9ale de la beaut\u00e9. Tandis que nous sommes plong\u00e9s dans la p\u00e9nombre, on le voit fermer les yeux en grima\u00e7ant lorsqu\u2019un spectateur tousse au mauvais moment, juste \u00e0 la fin d\u2019une pi\u00e8ce. Malheureux quidam, qui nous a fait rater l\u2019\u00e9coute du silence! Une hypoth\u00e8se nous traverse l\u2019esprit, c\u2019est que l\u2019artiste doit \u00eatre aussi tatillon dans les moindres d\u00e9tails de son existence.<\/p>\n<p>La tr\u00e8s belle Sonate no 14 D. 784 permet diverses observations. L\u2019introduction est fun\u00e8bre \u00e0 souhait, les crescendos sont magnifiques. Son utilisation quasi-scientifique des p\u00e9dales est pour le moins impressionnante. Dans son inlassable polissage des nuances, le pianiste semble toutefois avoir accord\u00e9 moins d\u2019importance aux passages <em>forte<\/em>, qui nous semblent un peu comme des passages oblig\u00e9s et peu investis musicalement, en attendant de retourner \u00e0 sa zone de confort: toutes les nuances de douceur.\u00a0On pourra en dire autant de la Fantaisie en do majeur op. 17 de Schumann, une alternance entre moments sublimes et moments d&rsquo;indiff\u00e9rence.<\/p>\n<p>Pour conclure, objectivement, <strong>Christian Blackshaw<\/strong> est un grand ma\u00eetre de son art et de son instrument, mais son approche ne peut pas plaire \u00e0 tout le monde. La question des go\u00fbts personnels entre en ligne de compte. En ce qui me concerne, je pr\u00e9f\u00e8re les artistes plus libres, plus imaginatifs et plus spontan\u00e9s.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"JC1f8CsI3l\"><p><a href=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/07\/16\/chant-onze-jeunes-artistes-lyriques-canadiens-a-decouvrir\/\">CHANT | Onze jeunes artistes lyriques canadiens \u00e0 d\u00e9couvrir<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"https:\/\/www.ludwig-van.com\/montreal\/2018\/07\/16\/chant-onze-jeunes-artistes-lyriques-canadiens-a-decouvrir\/embed\/#?secret=JC1f8CsI3l\" data-secret=\"JC1f8CsI3l\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0CHANT | Onze jeunes artistes lyriques canadiens \u00e0 d\u00e9couvrir\u00a0\u00bb &#8212; Ludwig Van Montreal\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<h2>NE RATEZ PLUS NOS ARTICLES! 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